Stupeur et tremblements

TOP 14... 17ème journée                       Agen – Clermont      15 – 32

Gros effort (payant) des avants de l'ASM

Au tournant.

À dix journées du terme de la phase régulière, les jeux sont loin d’être faits pour les six élus à la phase finale, tout comme pour les deux promis à la relégation.

Et ce week-end, les 7 matches de la 17ème journée du championnat ont secoué les 14 protagonistes entre stupeur et tremblements...

à l’image de Clermont en mal de tête et sueurs froides.

Tremblants toute la première période, comme chaque fois depuis le début de saison, les Jaunards ont retrouvé un second souffle salvateur en deuxième, tel un bon présage dans la dernière ligne droite. C’est qu’ils jouaient gros à Armandie, après leur défaite coupable au Michelin face au leader, pour revenir dans la partie chez des Agenais qui, eux, jouaient encore plus gros pour leur survie.

Dès le premier quart d’heure, Moala perforait le premier rideau sur un turn-over pour offrir une première munition à Lopez qui, d’une passe millimétrée au pied, envoyait Abendanon derrière la ligne pour le premier essai, transformé par Laidlaw, impeccable après déjà une première pénalité réussie.

L’ASM menait 10-0 dans une entame parfaite. Trop beau pour durer.

Et ça n’a pas raté ! Cinq minutes plus tard, la danseuse Nanai-Williams nous gratifiait d’un salto arrière sur un ballon haut de Berdeu, entraînant dans sa chute le dernier défenseur Jeune et Bleu, Tiberghien, laissant l’en-but grand ouvert à Decron pour aplatir.

Mais heureusement pour Azéma, deux hommes en forme allaient faire la différence sur un temps fort, Yato et Moala, le centre néo-zélandais cassant in fine deux plaquages pour inscrire le second essai clermontois.

Pas suffisant pour pallier au manque criant d’engagement des Jaunards sur l’action suivante où les locaux parvenaient à aplatir le cuir en coin devant des visiteurs en tourisme défensif.

15 partout à la pause, après un carton jaune contre Fisher qui n’allait pas arranger les affaires des Asémistes entamant la seconde période en infériorité numérique.

Et pourtant, le sort allait leur sourire dès le retour des vestiaires quand Laidlaw se faisait contrer dans son en-but, en lutte pour aplatir le premier avant Gergalenner. Tout s’est joué à la vidéo, à un dixième de seconde, finalement en faveur du demi de mêlée clermontois, tout heureux. Il s’en est fallu de peu d’un coup fatal derrière la tête des Jaunards.

Sans doute le tournant du match... et de la saison ?

Comme un réveil brutal, en pleine sieste dans le hamac d’Armandie, les visiteurs allaient reprendre du poil de la bête qu’on a connue par le passé et éteindre à petit feu le collectif agenais, lui confisquant le ballon et armant quelques contre-attaques de premières mains derrière un énorme travail des avants, sous la baguette de Laidlaw. L’international écossais écartait tantôt au large ou se créait lui-même une brèche dans le dos de la défense, pour l’essai de Yato puis celui de Lapandry en finisseurs faciles.

Et la cerise sur le gâteau, pour ces Clermontois sans âme depuis le début du championnat, viendra encore de Yato, sur un dernier ballon porté, propulsant le flanker fidjdien dans l’en-but pour l’essai du bonus offensif… le tout premier de la saison !

Agen sombre dans la zone relégable quand Clermont se hisse à nouveau dans le TOP 6.

Car, derrière, d’autres ont eu moins de chance, comme Montpellier et Toulouse, sortis respectivement par Pau et Bayonne, deux protagonistes à la course au maintien qui n’allaient pas manquer l’occasion de distancer les Agenais.

 

Les autres matches en bref...

Pau  (12) – Montpellier (8)                     19 – 15

Pau à la conquête !

Les Palois ont tenu bon dans un match compliqué, face à l’ogre montpelliérain emmené par le champion du monde Pollard, dans l’ombre d’Hastoy qui a pris le dessus au pied, en première période (9-6), récompensant une domination de son pack en mêlée, avant que son homologue héraultais lui repasse devant en seconde, peu avant l’heure de jeu (12-15).

Mais là où les visiteurs échouaient à bonifier leurs temps forts par un essai, les locaux allaient y parvenir, à cinq minutes du terme, pour ce qui sera, au bout du compte et du courage, l’essai d’une victoire précieuse.

Bayonne (9) – Toulouse (7)                   20 – 10

De pluie et de rage

3-0 à la pause, cela en dit long sur le niveau de jeu produit par les deux formations sous la pluie à Jean-Dauger.

Le second acte sera à peine plus jouissif et surtout très décevant de la part des champions de France, brouillons et indisciplinés. Il faudra attendre l’entrée de Médard et un exploit perso de Fouyssac pour voir le premier essai et le premier beau mouvement toulousains.

Mais derrière Bayonne enquille les points grâce aux fautes adverses et inscrit même un essai plein de détermination par Alofa, après avoir mis Kolbe sur les fesses et renversé le ruck suivant. Une opération parfaite qui hisse le club basque à sept longueurs de la relégation.

Brive (11) – Lyon (2)                              30 – 16

Jurand, héros d’un jour

L’ailier briviste aura effacé à lui seul la défaite à Amédée-Domenech contre Agen (sur le même score), grâce à un triplé qui récompensait une domination et une détermination sans faille des Coujoux qui ont éteint toute velléité lyonnaise, pendant près d'une heure.

27-6 à la pause, puis 30-11 à l’heure de jeu, les hommes de Mignoni se sont réveillés trop tard avec l’essai de Kabeeche de fin de match qui s’ajoutait à celui de Regard plus tôt.

Pas de quoi inquiéter le LOU, bien ancré à sa deuxième place, tandis que Brive s’éloigne de la zone relégable.

Bordeaux (1) – Castres (10)                  26 – 24

Avertissement sans frais

Le leader a eu plus que chaud aux fesses. Malmenés en première période par les Castrais, après deux essais de Caminati et Capo Ortega, les Bordelais réagissaient enfin avec une contre attaque conclue par Connor, puis une autre lancée par Radradra avec Diaby à la finition.

20-12 pour entamer la deuxième mi-temps, cela augurait d’un festival de jeu à Chaban, comme on en avait pris l’habitude. Et pourtant, c’est l’ancienne équipe d’Urios qui allait inscrire deux nouveaux essais, par Nakosi et Jelonch, quand Botica se contentait de deux pénalités, finalement suffisante pour l’emporter.

Mais il s’en est fallu de peu que Kockott égalise sur la dernière transformation. Avec Urios, Bordeaux est châtré, c’est sûr !

Toulon (4) – Stade Français (14)           19 – 18

Une lanterne rouge vif

Les Parisiens étaient venus à Mayol pour faire un coup. Et ils ont presque réussi, après une première période cadenassée où seuls les buteurs Belleau et Segonds ont pu s’illustrer (6-3).

En seconde période, les Toulonnais ont frappé les premiers par Rebbadj avant de se faire happer par la rage et l’habileté de la lanterne rouge qui inscrit deux beaux essais par ses trois-quarts du groupe des Bleus, Etien puis Hamdaoui.

Menant 18-16, les Parisiens gâchent un exploit à portée de main, à cause d’une position de hors-jeu de Maestri qui offre les trois points à Carbonel pour la victoire sur le fil des siens.

Paris repart avec un petit point qui le place à une longueur d’Agen, maigre consolation au vu du match. Tandis que Toulon s’installe dans le carré d’as du TOP 14.

Racing 92 (3) – La Rochelle (5)            49 – 0

Plus que parfaits !

Parfaits en défense, parfaits dans la finition, les Racingmen ont tsunamisé les Maritimes qui ont pris l’eau d’entrée dans cet océan de munitions franciliennes.

Cette 17ème journée commençait sur des chapeaux de roue, samedi après-midi.

7 essais à rien… Baubigny, Russel, Laborde, Klemenczak, Sanconnie, Machenaud, Kolingar envoient le Racing sur le podium, en place du naufragé du jour

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Le VI nations prend le relais !

Nos Bleus poursuivent leur route vers l’exploit retentissant d’un dixième grand chelem, espéré depuis dix ans. Mais, pour cela, il faudra s’imposer à Murrayfield sur des Chardons brûlants tant les Écossais ne lâcheront rien.

De leur côté, Anglais et Gallois vont se battre pour être là, à l’affût derrière, en cas de faux pas des Frenchies. Tandis que les Irlandais attendront de voir pour jouer leur match contre des Italiens coronavirustiférés. Comme si la cuiller de bois ne suffisait déjà pas à leur malheur.

Côté U20 et Féminines, il n’y a rien d'autre à espérer qu'une seconde place, le grand chelem ne devant pas échapper respectivement aux XV du Trèfle et de la Rose.

Au programme*  à partir de vendredi 6 mars :

  • Écosse – France U20, à 21h

Puis samedi 7 mars :

  • Irlande – Italie, reporté cause coronavirus (idem pour U20 et Féminines)
  • Angleterre – Pays de Galles, à 17h45
  • Écosse – France féminines, à 20h45

Enfin, dimanche 8 mars:

  • Écosse – France, à 16h

(*) Tous les matches sont retransmis par France TV