Tout le rugby que j'aime...

TOP 14... 1ère journée                            Clermont – Toulouse      33 – 30

Dupont à la conclusion

Il vient de là, il vient de Toulouse !

Même si les mi-temps ne sont jamais les mêmes, pour exprimer le jeu de Toulouse…

J’adore cette musique ! Mais non, pas Johnny, le jeu des Toulousains, ce culot, ce panache qui ferait trembler un volcan et ravaler sa lave en fusion.

Quel match et quelle remontada !

Presque Barcelonesque. Un Clermont-Toulouse ne laisse jamais personne indifférent, surtout au Stade de France, un soir de printemps.

J’y ai mes joie, j’y ai mes peines, et tout ça pour voir gagner Toulouse…

Pas cette fois, et pourtant… le stade Marcel-Michelin a failli ressembler au stade dionysien, plongeant dans la torpeur son XV local et ses 10000 spectateurs… un record d’affluence (ou d’influence) pour cette première journée sous le signe du Covid et sa jauge dans les stades, limitée officiellement à 5000 asymptomatiques.

Mais Monsieur le préfet du Puy-de-Dôme n’a sans doute pas voulu gâcher la fête de cette reprise avec une telle affiche et, en ouverture, un émouvant hommage au président asémiste Eric de Cromières disparu, une émotion dans les yeux que les masques soulignaient chez de nombreux joueurs et membres du staff clermontois.

Tout avait pourtant parfaitement commencé sur la pelouse du Michelin pour les Jaune et Bleu, une entame spectaculaire sous l’impulsion de Bezy à la baguette, face à ses anciens coéquipiers (laissant Parra sur le banc), et surtout Korato Matsushima, la recrue japonaise qui, en cinq minutes, nous gratifiait de deux magnifiques percées et d’un coup de pied magistral renversant la défense toulousaine. Lopez doublait le score (6-0) quand N’Tamack échouait sur la première pénalité.

Seulement, à moins d’un quart d’heure, le match basculait une première fois sur un coup de pied de Lopez contré par Cros qui poussa le ballon jusque dans l’en-but pour le premier essai des visiteurs. Si N’Tamack manquait une nouvelle fois son tir au but, Matsushima, lui, demandait à sortir pour une blessure aux adducteurs, remplacé par le jeune Tiberghien.

Mais ce coup dur eut pour effet de booster les Jaunards qui enchaînèrent des ballons portés derrière les touches parfaites de Fourcade jusqu’à être récompensés par un essai de pénalité pour une succession d’écroulements de maul que Marchand paiera avec un premier carton jaune. Les locaux se sentirent pousser des ailes, dominant les débats dans les rucks, plus agressifs, et poussant les Toulousains à la faute.

Et la malchance allait changer de camp.

Un poteau, sur une pénalité de Lopez, trouvait un rebond malheureux sur un Toulousain commettant un en-avant devant sa ligne. Mais le malheur ne s’arrêtera pas là, Lopez, récupèrait un ballon après plusieurs charges au près des avants et s’en allait inscrire le deuxième essai clermontois. Juste après, les images remontraient, juste avant, un mauvais geste de Tekori sur le visage de Lee, lui valant un carton rouge, comme le stipule le règlement.

En infériorité numérique, les visiteurs attaquaient de plus belle en cette fin de mi-temps, mais les locaux tenaient bon avec une belle défense agressive. Et un nouveau maul au milieu de terrain permettait même aux Jaunards d’avancer de vingt mètres et d’obtenir une énième pénalité pour mener 23-5 à la pause.

Le match semblait plié au retour des vestiaires tant on sentait les Auvergnats solides et bien organisés défensivement. Et pourtant, dès la reprise, ce sont les Toulousains, par Elstadt, qui trouvaient la faille pour réduire le score, avec la transformation de leur ouvreur, cette fois.

Quand un nouveau coup de massue allait frapper les Haut-Garonnais.

A la cinquantième minute, Arnold écopait d’un nouveau carton rouge, en application d’une règle stupide alors que le géant seconde ligne ne pouvait pas faire autrement que de prendre son vis-à-vis haut (une pénalité aurait suffi), laissant ses partenaires à treize, après que Lopez eut passer trois nouveaux points (26-12).

Trente minutes qu’on imaginait déjà en calvaire pour les Toulousains. Pas du tout, bien au contraire ! Les visiteurs ont mis la main sur le ballon, quand les Asémistes les ont regardés jouer, attentistes comme on avait pu les voir déjà la saison passée.

Le banc, avec Parra à sa tête, n’a jamais été concerné, comme si le match était joué. Et c’est logiquement que Toulouse inscrivait son troisième essai, transformé (26-19).

N’Tamack rajoutait même six points pour des fautes répétées des locaux sur des mauls toulousains. La mi-temps à l’envers de la précédente. Bibi Biziwu, le pilier gauche entrant, sortait pour dix minutes ramenant à 14 contre 13 la confrontation, avec un petit point d’avance seulement pour Clermont (26-25).

Et puis, il y eut ce geste extraordinaire de Ramos !

Sur un coup de pied de pression de Lopez, à cinq mètres de sa ligne, en bord de touche, l’arrière entrant passait le ballon entre ses jambes pour N’Tamack qui relançait le jeu pour un improbable essai de plus de 80 mètres, conclu par Dupont.

Juste phénoménal, ce Toulouse-là, j’adore !

Si la transformation était manquée, la remontada, elle, semblait réussie. Menant pour la première fois (30-26), à dix minutes de la fin, les visiteurs ont fait taire le Michelin.

Mais ce n’était pas fini, ce match allait être fou jusqu’au bout. Moala, dans l’action qui suivit redonna l’avantage aux siens en déchirant le rideau adverse pour un essai en solitaire plein de détermination. Lopez transformait et Clermont reprenait la tête, mais pas complètement sur les épaules. La fin de rencontre sera épique.

Et pour piquer, ils ont piqué à vif, les Toulousains, refusant l’égalisation, allant chercher les penal-touche, pas une, pas deux, mais trois jusqu’à l’essai de N’Tamack qui exultera quelques minutes avant que l’arbitre ne l’annule pour vice de forme. Il aurait dû relâcher le ballon avant d’aplatir… Bref, une frustration énorme.

Et quand l’ultime pénalité après la sirène s’offrait encore au fougueux numéro 10 de l’équipe de France, celui-ci reprenait la penaltouche, en vain.

Et pourtant, il avait bien une tête de vainqueur ce Toulouse-là, réduit au point de bonus défensif, lui qui aura été à l’attaque jusqu’au-boutiste.

Clermont s’en sort bien en n’ayant joué qu’une mi-temps. Et moi, j’ai été heureux de retrouver tout le rugby que j’aime et j’espère…

Que ce rugby vivra tant que jouera Toulouuuuuse !

 

Les autres matches en bref...

Montpellier (8) – Pau (5)                23 – 26

La mêlée paloise éteint le GGL Stadium

Ça ne pouvait pas plus mal commencer pour le MHR sur sa pelouse. Comme la saison dernière, et celle d’avant, le public montpelliérain s’est une nouvelle fois résigné à voir son équipe s’éteindre dès la première journée, au bout de 80 minutes décevantes quand, déjà, au bout de trois les projecteurs annonçaient la couleur en plongeant les deux équipes dans la pénombre d’un premier match de saison crépusculaire.

La rencontre n’en sera pas moins électrique et tendue avant que les locaux n’inscrivent le premier essai par Camara, grâce à un bon jeu au pied dans le dos de la défense. Mais les Palois, sous le feu de leur maître à jouer, Hastoy, intenable, vont recoller au score avec un essai de Le Bail. Qu’à cela ne tienne, les Montpelliérains insistent avec un jeu au près qui leur offre un deuxième essai par Timu, pour mener 23-10 à la pause.

La seconde période ne sera qu’un gâchis d’occasions, à l’image des essais refusés de part et d’autre. Mêlant indiscipline et précipitation, les locaux ne marqueront aucun point quand Hastoy remontera au pied le retard palois avant que son pack n’éteigne la mêlée héraultaise pendant les dix dernières minutes et plus, pour un essai de pénalité victorieux et mérité.

La Rochelle (2) – Toulon (13)           29 – 15

West illumine Deflandre

Trop approximatifs, les Toulonnais n’ont jamais réussi à mettre leur empreinte sur ce match quand les Rochelais en ont pris la mesure d’entrée par leur chef d’orchestre, Ihaia West, très inspiré, auteur du premier essai et de tous les points pour mener 19-6 à la pause.

Serin a bien remis les siens dans la course, en seconde période, profitant de l’indiscipline des locaux, réduits à 13, pour revenir à 22-15, dans un sans faute au pied, après avoir repris le but à Belleau en échec, en première période. Mais les Maritimes ont tenu la barque, et la dragée haute, à l’image de Skelton, deuxième ligne impressionnant, et vogué sur le flot de ballons d’une charnière lumineuse, pour inscrire le deuxième essai par Retière sur une belle sautée de Kerr-Barlow.

Il s’en est fallu de peu que les Rochelais bonifient cette première victoire sur le gong. Une humiliation évitée de justesse pour les stars de la rade comme Etzebeth (aussitôt ressorti après une entrée fantôme).

L’enceinte de Deflandre démarre parfaitement sa saison malgré quelques minutes éteinte, en première période (cause panne électrique, décidément !) et en seconde (relâchement de son équipe).

Lyon (10) – Racing 92 (3)                23 – 27

Le Lou derrière et eux devant

C’était des Ciel et Blanc qui ont mis du courage pour s’imposer à Gerland et rester toujours devant jusqu’au bout, en laissant le Lou derrière, le mors aux dents.

Ce n’est pas une chanson de Brassens mais une belle opération des Racingmen chez les hommes de Mignoni. Machenaud a donné le ton avec une première pénalité avant que Wisniewski n’égalise par un drop dans l’action suivante. Machenaud encore, et c’est Bastareaud qui lui répond cette fois avec un essai tout en puissance derrière une touche lyonnaise. C’est au tour de Imhoff de profiter d’une bourde de Nakaitaci pour voir les visiteurs reprendre les devants. Mais pas pour longtemps, Wisniewski score par deux fois et Lyon mène 16-13 à la pause.

Au retour des vestiaires, on veut croire que le Lou va sortir les crocs et manger ces Franciliens tout cru. Mais c’est l’inverse qui se produit, avec Russel aux commandes, le Racing s’envole. Une passe sautée de l’ouvreur pour Dupichot, puis en solitaire derrière un ballon porté et les visiteurs ajoutent deux nouveaux essais. Celui de Tuisova à un quart d’heure de la fin ne suffira pas aux locaux pour refaire leur retard, arrachant le point de bonus défensif pour ne pas repartir fanni de la maison.

Agen (9) – Castres (4)                   22 – 26

Le CO comme à la maison

On ne compte pas le nombre de fois où Castres s’est imposé à l’extérieur lors de la première journée du championnat et chez son voisin agenais. La dernière victoire à Armandie date du mois d’août (5-7) en match amical. Le CO y est chez lui depuis trois saisons.

Pourtant les Lot-et-Garonnais ont marqué les premiers par Abadie, quasiment sur leur première occase. Seulement Kockott puis Nakosi ont concrétisé la domination tarnaise de la première période pour mener 17-10 à la pause.

En seconde période, la pépite anglaise Ibitoye, venue des Harlequins à Agen, s’est illustrée, rassurant et enthousiasmant son public avec un doublé, plein de dextérité, sachant que l’ailier avait déjà été à l’origine du premier essai.

Pour la seconde fois devant (22-17), les Agenais allaient se faire punir pour leur indiscipline répétée par un Urdapilleta impitoyable de précision, par trois fois, laissant filer une fois de plus la victoire au profit de leurs voisins, non sans se faire payer par un point de bonus défensif pour les avoir si bien reçus.

Brive (1) – Bayonne (14)                42 – 23

En un mot…

Brive a fait cavalier seul dans la première période quand Bayonne a réagi trop tard en seconde, trop indiscipliné pour revenir au score.

Stade Français (11) – Bordeaux (11)         match reporté cause Covid

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Le TOP 16 féminin

Poule 1     La Valette (3) – Lons (2)                 0 – 14       Lille (4) – Montpellier (1)     0 – 81

Poule 2     Rouen (4) – Toulouse (1)               6 – 45        Paris (x) – Rennes (x)          0 – 68

Poule 3     Blagnac (1) – Chilly-Mazarin (4)   55 – 0        Lyon (x) – Bayonne (x)         3 – 15

Poule 4     Bobigny (x) – ASM Romagnat (x)  3 – 16       Grenoble (x) – Bordeaux (x)  reporté

« 4 poules » n’y changent rien

La nouvelle formule ne risque pas d’apporter plus d’engouement autour du rugby féminin, c’est pas faute d’y apporter ma contribution depuis trois saisons.

Il n’y a qu’à regarder les scores pour comprendre que ce championnat tournent autour de six équipes qui feignent une phase régulière en attendant que le rugby de haut niveau fleurisse au mois de mai avec les phases finales.

Dans la poule 1, les Montpelliéraines n’ont tout simplement pas d’adversaire, comme les Montferrandaises de Romagnat dans la poule 4 qui devraient se tourner les pouces jusqu’à Noël. Dans les deux autres poules, Rennaises et Bayonnaises titilleront un peu les Haut-Garonnaises respectives largement favorites.

Une fois cela dit, inutile que j’y revienne avant le printemps et les phases finales.

Tous les résultats du week-end >>

 

La semaine prochaine…

La deuxième journée…

Le TOP 14 est encore à la une le week-end prochain avant de laisser la place au reliquat des coupes d’Europe de la précédente édition.

Au programme* dès le vendredi 11 septembre :

         Pau – Agen, à 20h45

         Racing 92 – Montpellier, à 20h45

Puis samedi 12 septembre :

         Toulouse – La Rochelle, à 15h15

         Bayonne – Clermont, à 18h15

         Bordeaux – Brive, à 18h15

Enfin, dimanche 13 septembre :

         Castres – Stade Français, à 20h45

         Toulon – Lyon, à 21h

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de Canal+

 

Du côté du TOP 16 féminin

le programme de la 2ème journée : >> site FFR : competitions-elite-1-feminine