L'art de pisser dans un violon...

TOP 14... 2ème journée                        Racing 92 – Montpellier      41 – 17

Le Racing facile !

Chronique d’une « cystite » chronique.

Tandis que les Racingmen ne se sentent plus pisser, depuis leur victoire à Lyon, arrosant à tout-va un jeu puissant et précis entre les mains du stratège écossais, Russel, marchant littéralement sur l’eau, encore ce vendredi soir…

Les Montpelliérains, eux, n’en finissent pas de pisser dans un violon.

Car les Cystes héraultais, à la fleur blanche sur leur tunique, étaient à l’origine de robustes méditerranéens qui enchantaient les stades en garrigue de bord de mer.

Oui, mais voilà, depuis l’arrivée de monsieur Altrad, dont la folie des grandeurs n’a d’égale que sa fortune, les robustes arrivent désormais d’Afrique du Sud, plus costauds et impressionnants à l’impact, mais qui enchantent moins que les cigales du coin.

Résultat : après chaque rapport rugbystique, c’est la « cystite » !

Cette inflammation de la cohésion d’équipe qui se manifeste par des frictions fréquentes et douloureuses dans les vestiaires, et la présence de déchets dans les automatismes.

Et ça fait mal !

Vendredi soir, à y regarder de loin, on aurait pu croire, aux couleurs des maillots, que les Pumas recevaient les Wallabies au stade U Arena de Paris-La-Défense.

Le spectacle aura été a sens unique.

Si, côté ciel-et-blanc, on a pu voir la patte argentine d’un Imhoff sur la conclusion du deuxième essai, côté jaune-orangé, on n’a rien vu d’un semblant de rugby australien, pas même de l’ouvreur champion du monde sud-africain, Pollard, blessé au début du second acte (lors d’un plaquage mal négocié sur Chouzenoux, fraîchement entré).

Ça n’a pas été le cas de la perle écossaise, Russel, qui a époustouflé la salle de spectacle parisienne par ses accélérations et ses inspirations, à couper le souffle de ses adversaires comme du public, enchanté.

L’ouvreur du Racing, très en jambes, nous a gratifié de sa vista ébouriffante, en deux minutes, avec deux magistraux coups de pied par-dessus pour les essais de Vakatawa (46è) et Claassen (48è), au début de la seconde période. Pour le reste des essais, en début et fin de premier acte, par Baubigny (11è) et Imhoff (40è), les Racingmen ont fait parler la puissance de leur pack et les jambes de leurs arrières avec une passe au cordeau de Kurtley Beale pour son ailier argentin, menant 31-3 à l’heure de jeu.

Du côté des Cystes, il a fallu attendre l’expulsion définitive de Beale (pour avoir percuté à la tête Arthur Vincent) pour qu’ils oublient leur « cystite » et mouillent enfin le maillot, en exploitant leur supériorité numérique. C'était chose faite, grâce à deux essais, par Van Resburg (64è) et Reinach (74è), obligeant les locaux à se remobiliser à quatorze pour récupérer le bonus offensif, sur le fil et tout en puissance, par le pilier entrant, Kolingar.

Mais que ça a fait mal, tout du long, à essayer de distiller des ballons, sans se brûler les occasions par un nombre de fautes incroyable.

19 pénalités ! Une indiscipline record du MHR…

qui montre son faible débit de jeu actuel le condamnant à subir et défendre, sans jamais aller au bout d’une miction… euh d’une action digne de ce nom.

Les Héraultais feraient bien de consulter vite pour soigner le mal chronique dont ils souffrent depuis cette finale perdue en 2018, car il leur faudra une bonne paire de couilles pour jouer dans la cour des grands et espérer pisser plus loin que les cadors.

Quant au Racing, il n’a jamais été aussi en forme que ce début de saison !

Le nouveau leader du TOP 14 compte bien exploiter cette dynamique dans son quart de finale européen avec de réelles ambitions… Jaunards, vous êtes prévenus !

 

Les autres matches en bref...

Pau (2) – Agen (12)                           33 – 23

Le Pau d’échappée belle

Les bourreaux des Héraultais, la semaine passée, poursuivent leur parfait début de saison, emmenés par leur charnière décisive.

Dès la troisième minute, l’ouvreur palois, Halstoy, exploitait un ballon perdu par les Agenais, pour le pousser jusque dans l’en-but sur une course de quarante mètres et inscrire le premier essai maison. 25 minutes plus tard, Le Bail jouait rapidement une pénalité et permettait à Puech de doubler la mise.

Mais l’indiscipline locale, sous la pression et la fougue agenaises, pourtant en infériorité numérique, permettait aux visiteurs de recoller au score, sous la botte de Lagarde, pour n’être menés que 17-15 à la pause.

Dès le retour des vestiaires, c’est encore la mêlée paloise, comme la semaine passée, qui va faire la différence et obtenir un essai de pénalité, celui du bonus offensif. Mais les fautes et les cartons seront pour les locaux cette fois laissant les Agenais dans le match, avant de creuser l’écart en infériorité numérique et passer deux pénalités par Halstoy, le meneur de cette équipe et éviter que les visiteurs ne créent au Hameau la surprise, avec leur seul essai en fin de match (par Tolot), mérité, tant ils sont allés le chercher.

Les locaux auront beau se démener, ils ne récupèreront jamais leur bonus offensif, préférant sécuriser d’abord la privation d’un bonus défensif au Agenais. L’essentiel était là, une seconde victoire et une seconde place au classement, derrière le Racing.

Toulouse (4) – La Rochelle (9)         39 – 23

La maîtrise toulousaine, la finition Kolbe

Le Stade Toulousain a montré beaucoup de maîtrise et de sérénité dans son jeu avec une efficacité au bout (sur son aile) qui s’appelle Kolbe, auteur d’un doublé, quand Ramos s’est chargé des points au pied, tout aussi précieux sous la menace des Maritimes, loin d’être manchots et seulement spectateurs, avec l’essai de Bourgarit (20è). Et ça fait 20-10 à la pause.

La seconde période ne sera pas folichonne mais tout aussi maîtrisée par les Toulousains qui accuseront le coup après l’essai de Leyds, voyant revenir sur eux des visiteurs ambitieux avec un dernier coup de pied de Plisson les ramenant à trois longueurs. Mais l’efficacité sera à nouveau au rendez-vous avec un troisième essai de Guitoune, récompensant la patience des Stadistes une fois encore.

Ce Toulouse-là ira loin en Coupe d’Europe et le public d’Ernest-Wallon peut être rassuré avant de recevoir les Irlandais d’Ulster dimanche.

Bayonne (11) – Clermont (3)             21 – 19

Dominer n’est pas gagner

Dès l’entame, les Bayonnais transperçaient le rideau clermontois et inscrivaient le premier essai par Boniface. Puis les Jaunards ont mis la main sur le ballon et à mal la défense locale acculée dans ses 22. Mais les Basques sortaient à chaque fois vainqueur de la bataille au sol, les visiteurs accumulant fautes et maladresses, incapables de concrétiser leur domination criante, jusque dans les dernières minutes de ce premier acte, avec, enfin ! l’essai de Lopez… même pas transformé par Parra.

Bien laborieux encore ces Clermontois !

Quand, à l’heure de jeu, Penaud s’échappait pour le second essai des siens, puis Veredamu pour le troisième, deux minutes plus tard, on pouvait croire, que le score allait faire de même et qu’enfin le jeu offensif des visiteurs serait récompensé.

Mais voilà, comme la semaine dernière face à Toulouse, les hommes d’Azéma se sont crus arrivés avant le terme et se sont relâchés encaissant deux essais en fin de rencontre pour perdre, sur le fil, un match qu’ils auraient dû tuer bien avant.

Une belle affaire pour les Basques quand les Clermontois peuvent s’inquiéter à une semaine de recevoir des Racingmen réalistes et performants dans un quart de finale de coupe d’Europe qui sent la désillusion.

Bordeaux (8) – Brive (5)                  25 – 20

Une première en demi-teinte

Bordeaux, qui a vu ses espoirs de titre s’envoler au printemps à cause d’un virus, après une saison époustouflante, faisait ses premiers pas à Chaban-Delmas, après une première journée annulée à cause de ce même virus.

Le premier acte aura été propre pour les locaux avec un Jalibert à la baguette, décisif au pied et sur le seul essai à la clé (par Cros juste avant la pause) malgré une transformation manquée. Mais les Brivistes ont su répondre aussitôt par Tirefort pour rester dans la partie en regagnant le vestiaire (14-8).

Dès le retour sur la pelouse, Jalibert délivrait une nouvelle passe décisive pour Cordero et le deuxième essai maison. Seulement, le moindre relâchement se paye cache derrière, Laranjeira enquillant les points sur les fautes girondines.

Les réactions des hommes d’Urios resteront malheureusement imprécises ou illicites (à l’image de l’essai refusé à Dubié pour une percussion au cou de Tamanivalu qui lui vaudra un carton rouge, 77è) et seule les bottes de Jalibert (51è) puis de Botica (80è) permettront aux Bordelais de respirer et rester devant malgré les coups de pied au but successifs de Laranjeira, qui avaient ramené les Brivistes à deux longueurs à dix minutes de la fin.

Une première difficile, donc, pour les ex-leaders de l’édition précédente qui auront souffert pour mettre en place leur jeu offensif si fluide et efficace avant la trêve Covid. Quant aux Coujoux, ils confirment leurs bonnes préparation et intention dans ce championnat.

Castres (10) – Stade Français (7)      16 – 22

Un premier grand coup 

Les Parisiens se sont bien remis de leur contamination à la Covid qui a pollué leur préparation tout l'été, jusqu'à la première journée du championnat annulée.

Mais maintenant, ils sont prêts et fin prêts, avec un premier déplacement victorieux chez des Castrais qu'on avait vu efficaces et opportunistes à Agen. Avec de l'abnégation et du courage, les Stadistes ont contrecarré les plans tarnais en répondant aussitôt à l'essai d'Urdapilleta (19è) par celui de Macalou (21è) pour mener le match tout du long, grâce à la botte magique de Sanchez, et ce malgré une infériorité numérique durant le dernier quart d'heure, après l'expulsion de leur capitaine Alo-Emile. 

Les Castrais se sont fait prendre au piège des nouvelles règles du ruck sur lesquelles ils ont été beaucoup trop sanctionnés, un problème que l'on retrouve chez de nombreuses équipes depuis le début de saison. Mais cela n'explique pas tout, lis n'ont pas complètement maîtrisé leur rugby ou bien n'ont pas eu la même chance qu'à Agen.

Toulon (6) – Lyon (13)                      36 – 14

Laborieux rugby

Cinq cartons jaunes auront eu raison des Lyonnais, très indisciplinés face aux mauls toulonnais qui leur auront coûté trois essais de pénalité.

A quinze contre douze, les locaux en ont profité pour en inscrire un quatrième en première période, par l'ailier Dakuwaka. Mais à part ça, triste rugby des Varois qui n'ont pu compter que sur leurs mauls pour faire la différence en fin de match et décrocher le nonus offensif, avec en prime un cinquième essai de Takulua

Les lyonnais ont dû jouer la moitié du temps en infériorité numérique en revenant à un point (15-14) avant l'heure de jeu avec l'essai de Doussain, mais l'indiscipline leur sera de nouveau fatal dans le dernier quart d'heure.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

La coupe d’Europe 2020, bah c’était pas fini !

Comme prévu, l’EPCR a casé sa phase finale de l’édition 2019-2020 cet automne, sur trois week-ends, avec les effectifs de la nouvelle saison. Rien de logique, mais ça fait toujours des matches en plus.

Merci à ceux qui ont contribué à la qualification des 16 clubs des deux compétitions, sans avoir le droit de poursuivre avec eux et d’espérer un titre. Je pense à Radradra sans qui l’UBB ne serait pas forcément là, ou encore à Laidlaw, Toeava avec Clermont etc.

Bezy, lui, a changé de quart de finale en cours d’été. Pas sûr qu’il ait gagné au change.

Les semaines à venir nous le diront.

 

Rappel du tableau des phases finales de la Champions Cup :

             Leinster (1) – Saracens (8)           v      Clermont (4) – Racing 92 (5)

             Exeter (2) – Northampton (7)      v      Toulouse (3) – Ulster (6) 

Et de la Challenge Cup :

               Toulon (1) – Scarlets (8)            v      Leicester (4) – Castres (5)

               Bristol (2) – Newport (7)           v      Bordeaux (3) – Édimbourg (6) 

                    Pour les demi-finales, c’est l’équipe gagnante la mieux classée qui recevra en priorité.

 

Au programme* dès le vendredi 18 septembre :

         Bristol – Newport, à 20h45

Puis samedi 19 septembre :

         Bordeaux – Édimbourg, à 13h30

         Leinster – Saracens, à 16h

         Clermont – Racing 92, à 18h45 (FR2/FR3)

         Toulon – Scarlets, à 21h15 (FR4)

Enfin, dimanche 20 septembre :

         Toulouse – Ulster, à 13h30 (FR2)

         Leicester – Castres, à 16h

         Exeter – Northampton, à 18h30

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de BeIn Sport

 

Du côté du TOP 16 féminin

Retrouvez les résultats et le calendrier de la phase régulière sur :

 >> site FFR : competitions-elite-1-feminine

Moi, j’attends les phases finales désormais… non mais, je fais ce qui me plaît.