Kolbe or not Kolbe...

CHAMPIONS CUP... Quarts de finale           Toulouse – Ulster      36 – 8

Kolbe, le petit prince précieux de Toulouse

Là, n’est plus la question !

Loin du monologue défensif de l’athlète du rugby moderne, à mourir d’ennui, le prince champion du monde, sous son petit mètre soixante et onze, nous a offert un récital offensif bien plus théâtral.

Des crochets, intérieur-extérieur, dévastateurs, décrochant un à un ses adversaires, des accélérations fulgurantes les laissant sur place, et des finitions étincelantes dans des trous de souris.

Avec ses tchik tchak époustouflants, il est à lui tout seul le chic choc du rugby par excellence, le rugby comme on l’aime. Et on en redemande.

Qu’à cela ne tienne, après une première tirade, dès la deuxième minute, l’ailier toulousain répliquait juste avant la pause avec le même brio sous les applaudissements nourris du théâtre d’Ernest Wallon.

15-3, à la pause, après une pénalité de Ramos (pas en veine au pied), contre une de son homologue irlandais, Cooney, la seule satisfaction du côté de l’Ulster.

Car les Nord-Irlandais n’ont pas montré grand chose dans cette rencontre, perturbés par la sortie prématurée de leur maître à jouer, Burns, obligeant à réorganiser leur ligne d’attaque qui restera moribonde tout du long, en dehors de l’essai de consolation du même Cooney, en fin de match.

La seconde période a donc poursuivi le récital de Kolbe par une valse des trois-quarts toulousains, dans le tempo de leurs offensives, en trois temps.

D’abord, Guitoune, s’offrant une envolée dans la défense adverse, puis remontant le terrain en même temps que son short afin d’offrir, sur un plateau, l’essai à Dupont. Jubilatoire !

Ensuite, Huget, relançant un dégagement irlandais, pour servir Ahki, le perforateur infatigable de cette ligne d’attaque, qui mystifiait les défenseurs par un jeu au pied parfait, le long de la touche, et s’arrachait au bout pour le quatrième essai maison. Prodigieux !

Ramos, enfin, bénéficiant d’une nouvelle offrande de Guitoune, après une percée fulgurante du centre toulousain, pour inscrire le cinquième et dernier essai de ce festival de ballons.

Quelle démonstration !

Et quelle diction de ce rugby aux automatismes écrits sur mesure et orchestrés par une charnière N’Tamack-Dupont en chefs magistraux pour que tout sonne parfaitement juste.

C’est pas du Shakespeare, non, c'est du French-Flair !

Les champions de France ont toutes les chances de décrocher une cinquième étoile à leur palmarès s’ils poursuivent ce rugby-là, avec la même réussite et le même panache, même en se déplaçant à Exeter pour la demie.

 

Clermont – Racing 92                 27 – 36                      

Parra, Azéma, même (non) combat

Parra : « C'est une déception, mais sur le match, il n'y a pas photo. On était face à une belle équipe du Racing qui nous a pris sur les fondamentaux, le rugby pur, le combat, l'agressivité, la conquête, la discipline. On a fait trop de fautes pour espérer, on démarre trop mal le match. »

Bah oui, puisque Bezy était resté sur le banc avec l’envie et les fondamentaux. Alors forcément la « belle équipe » s’est fait la belle en une mi-temps, en deux temps et deux beaux mouvements (les seuls) concrétisés par Dupichot (4è) et Trinh Duc (39è), le reste c’est Iribaren qui s’est chargé de botter le cul à l’indiscipline clermontoise, avec un jeu plus pragmatique que débridé.

25-8 à la pause, le match semblait plié.

Azéma : « On a senti qu'il y a un écart entre la maîtrise affichée par le Racing 92 et nous, qui avons fait preuve d'inconstance et de fébrilité. Ça s'est vu sur la première mi-temps. Où le Racing n'a rien fait de magique, mais avait un jeu précis, bien fait. On a payé cash nos erreurs, qui ne sont pas dramatiques, mais un hors-jeu qui te ramène derrière ta ligne, un ballon perdu... L'enchaînement de ces fautes-là a fait gonfler le score. Mais on n'a jamais baissé les armes. Jusqu'à la dernière minute on a essayé de produire, de jouer, de remonter. Si on avait lâché, on en aurait pris 60. Ils ne nous ont pas laissé l'opportunité de nous exprimer et nous ont étouffés en permanence. On a été trop sanctionnés pour espérer les faire douter. On ne va pas se plaindre d'avoir joué ce match ce soir. Mais on n'est pas prêt à maîtriser notre jeu, dans tous les domaines, de A à Z. Ça arrive trop tôt pour nous. »

Tout va bien, donc, quatre essais en trompe-l’œil, dans un match brouillon (des deux côtés), des Racingmen très agressifs mais bien moins flamboyants que contre Montpellier la semaine dernière, avec un Russel plus en retrait.

Dix penal-touches pour structurer un maul maison et aboutir à un essai laborieux de Falgoux en première période, alors qu’il y avait mieux à faire, en prenant les points pour relancer derrière la machine des trois-quarts qui n'attendaient que ça. Mais le but, c'était pas le pied fort des Parra et Lopez, fallait croire samedi après-midi.

Pourtant, avec Bezy, en seconde période, Fofana, Matsushima, Penaud, les trois-quarts se sont senti pousser des ailes et y sont allés chacun de leur essai. En trompe-l’œil, je disais, sous les yeux médusés du Michelin au trois-quarts vide, comme le jeu sur sa pelouse, transformée en radeau de 31 naufragés, Monsieur Poite compris, parce que j'ai pas toujours tout compris.

Le Racing a gagné, sans éclats, par la force de son pack et des choses. Il fait surtout la meilleure affaire du week-end car, deux heures avant, outre Manche, les Sarries leur avaient offert une demie à domicile.

Quant aux Jaunards, circulez, y a plus rien à voir… avec le rugby d’avant !

 

Les autres matches en bref...

Leinster – Saracens                  17 – 25                      

La surprise du chef !

Très forts physiquement, les Saracens se sont imposés sur la pelouse du Leinster, samedi à Dublin. Avec une première période de très haut niveau, et malgré un petit coup de moins bien dans le second acte, les champions d'Europe en titre ont fait preuve de beaucoup de réalisme. (L’Equipe)

Même relégués en deuxième division anglaise, les Saracens restent les Saracens et les impacts risquent de faire très mal sur le synthétique du U Arena, samedi prochain.

Exeter – Northampton             38 – 15                       

Logiquement

C'est bien à Sandy Park que les Toulousains iront chercher une place en finale, chez des Anglais qui ont démontré qu'ils maîtrisaient toujours aussi bien leur rugby, disposant facilement de leurs compatriotes de Northampton, revenus brièvement à 14-10 avant de s'effondrer avec cinq essais dans la musette contre seulement deux inscrits.

 

La Challenge Cup en bref...

Toulon – Scarlets                      11 – 6                        

C'était juste

Sans réussite en première période, les Toulonnais rentraient aux vestiaires avec deux coups de pied au cul par leur ancien botteur, Halfpenny (0-6).

Sans éclats en seconde, les varois revenaient sur le pré avec de meilleures intentions et un Carbonel décisif pour la mini remontada et le seul essai du match signé Parisse.

Pas de quoi exulter en tribune. Si, quand même, car Toulon est en demie et devra sans doute mieux faire pour amadouer les Tigres du Leicester, qualifiés sans combattre.

Leicester – Castres                   Leicester sur tapis vert !                 

Covid 19 – Castres 3

Les 3 cas de Covid-19 auront suffi pour empêcher les Tarnais de traverser la Manche et donc de disputer leur quart de finale.

Alors que rien n’était stipulé dans son règlement pour un tel cas, l’EPCR a pris la décision de ne pas reporter le match, et du (sale) coup, de donner la victoire aux Anglais qui auront, eux, le droit de jouer la manche des demies à Toulon.

Bordeaux – Édimbourg            23 – 14                      

Une première demie historique

En moins de dix minutes, les Bordelais ont pris les commandes de leur quart en concrétisant deux essais par Cordero puis Dubié. Ils ont roulé avec prudence et maîtrise, jusqu’à la 53ème minute, encaissant le seul essai écossais.

Puis s’en est suivi une longue et pénible ligne droite, interminable, en sous régime, avec des fautes au sol, des trous dans les automatismes et des Écossais dans le rétroviseur, à dix minutes du terme. Heureusement la maladresse des visiteurs aura eu raison de leurs occasions de revenir au score.

Bordeaux a eu chaud, pas sûr que les hommes d’Urios auront la même chance chez les Ours de Bristol, à l’appétit féroce, pour leur première demie européenne.

Bristol – Newport                     56 – 17                      

Des ours affamés

Sous le sifflet de Monsieur Raynal, les Bears anglais n’ont fait qu’une bouchée des Gallois qui ont bien tenté de résister en première période avec deux essais mais se sont complètement effondrés en fin de rencontre en encaissant trois essais en cinq minutes pour corser l’addition à sept.

  

La semaine prochaine…

Des demies en mini-Crunchs

Les demi-finales des coupes d'Europe nous offriront de belles oppositions entre Anglais et Français dans chaque affiche, deux de chaque côté de la Manche.

Ça promet !  

 

Au programme* dès le vendredi 25 septembre :

         Bristol – Bordeaux, à 20h45

Puis samedi 26 septembre :

         Racing 92 – Saracens, à 14h

         Exeter – Toulouse, à 16h30

         Toulon – Leicester, à 21h

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de BeIn Sport et France TV

 

Du côté du TOP 16 féminin

Retrouvez les résultats et le calendrier de la phase régulière sur :

 >> site FFR : competitions-elite-1-feminine

(Tout est déjà joué, y a qu’à regarder les scores. Moi j’attends que le niveau s’élève avec les phases finales)