Crunchs... Aguichés mais jeux fermés !

CHAMPIONS CUP... Demi-finales           Racing 92 – Saracens      19 – 15

                                     Exeter – Toulouse      28 – 18

Dur dur de s'accrocher !

France – Angleterre, un partout !

On attendait la finale sept étoiles, entre les deux gros fournisseurs des XV de France et de la Rose, tant les Toulousains et les Sarries avaient impressionné face à de redoutables Irlandais, mais ces demi-Crunchs ont finalement accouché d’un bébé inédit entre deux valeurs montantes du rugby européen ces cinq dernières années.

Car le Racing 92 et Exeter n’ont cessé de cumuler des phases finales dans leurs championnats respectifs pour un seul sacre, respectivement en 2016 et 2017, sans jamais toucher le graal européen.

L’un d’eux arborera sa première étoile le 17 octobre prochain.

Pour les Racingmen, cette place en finale a tenu du coup du sort et d’un coup d’éclat.

Car on ne voyait pas comment les Français allaient pouvoir passer cette défense hermétique qui abusait impunément du hors-jeu (une marque de fabrique anglaise) pour repousser toutes les charges offensives des Ciel-et-Blanc et gratter des ballons de contre-attaque que, fort heureusement, les Sarries gâchaient – à l’image de Morris à la 56ème minute qui aurait dû tuer le match en servant un coéquipier au lieu d’y aller seul, rattrapé in-extrémis par Zebo.

C’était comme si l’attaque francilienne jouait au tennis contre un mur qui lui renvoyait toutes les balles dans les pieds et contre lequel les cadrages-débordements semblaient autant impossibles que des passing-shots. Bonjour Nadal à Roland Garros !

Alors Franciliens et Sarries ont remis le sort du match entre les pieds de leurs buteurs pour un chassé-croisé qui a viré à l’avantage des Anglais, avant l’heure de jeu (9-15), et au cauchemar des 800 spectateurs du stade Paris La Défense Arena qui, comme les milliers de téléspectateurs, ont craint le pire autant qu’ils se sont fait chier.

Jusqu’à cet éclat de génie de Russel !

Un coup de pied par-dessus le mur, millimétré, dans la course de l’explosif Vakatawa qui perçait le coffre-fort et envoyait le finisseur Imhoff récolter le pactole dans l’en-but. Incroyable ! Magique ! Fabuleux ! « On est riches, on est en finale ! »

Avec la transformation de Machenaud, les Anglais étaient sonnés, à quatre longueurs derrière. Et les cinq dernières minutes ne leur laisseront pas le temps de faire ce qu’ils n’avaient pas réussi jusque-là : inscrire un essai.

Les Racingmen ont réussi, eux, à tuer leur bourreau de la finale de 2016 et à s’en offrir une troisième après celle également perdue contre le Leinster en 2018.

Dans l’autre Crunch, les Chiefs avaient aussi mis les barbelés pour empêcher les Toulousains de briller et de voir leur pépite gâcher la fête dans un stade de Sandy Park vide à craquer (bouuuuh ! triste rugby). Kolbe a été plus que muselé !

Mais rien n’a semblé sourire aux visiteurs français qui avaient pourtant la main sur le ballon toute la première mi-temps. Ni le pied de Ramos, ni les occasions qui allaient se retourner contre eux, par deux fois, dans les dix dernières minutes, avec un pragmatisme impressionnant des locaux.

La sortie prématurée du seconde ligne Arnold aura perturbé les plans de conquêtes des Toulousains, même si son remplaçant, Placines, sera l’auteur de leur premier essai après le festival retrouvé du trio magique Ramos-Kolbe-Dupont dont l’attaque rebondira sur l’aile opposée par l’intermédiaire de l’hyperactif Akhi.

Seulement, en seconde période, les champions de France passeront complètement à côté de leur sujet, laissant Simmonds et Williams inscrire chacun un doublé, bien trop facilement, avant que Lebel ne réduise la marque, mais trop tard.

La faute à pas de chance, aux cinq points laissés en route par Ramos, à Faumuina, le pilier maladroit, qui aura coûté cher, en mêlée et dans le jeu courant (enfin, lui il ne court pas), à trop d’indiscipline en général, la faute aux mauvais choix, à un N’Tamack moins inspiré, contrairement à son homologue Simmonds, décisif.

Bref, Toulouse a manqué de réalisme et d’expérience.

Les Chiefs, eux, ont mérité leur première finale qui se déroulera à Bristol, sur leurs terres mais sans doute à huis clos, ce qui ne suffira pas à rééquilibrer la balance si les Racingmen ne montrent pas plus d’ambition dans le jeu, comme à Clermont.

 

Les demies de la Challenge Cup...

Toulon – Leicester                34 – 19

La rade en fête

Les 5000 spectateurs de Mayol se sont régalés, samedi soir, devant le show proposé par leur équipe et leurs trois-quarts étincelants.

Heem, d’abord, le néo-zélandais profitait d’un ballon arraché des griffes des Tigers par Parisse pour mystifier la défense anglaise dès les premières minutes.

Villière, dix minutes plus tard, le jeune ailier toulonnais bonifiait une passe sautée de Lakafia pour le second essai local, quand Carbonel assurait les points au pied avant de se faire déborder par Nadolo pour le premier essai de Leicester.

20-11 à la pause, puis 20-14, au retour des vestiaires, la remontada anglaise n’aura pas lieu car Isa assommait les visiteurs sur un lancement en penaltouche relayé par Parisse, avant que Villière, ne conclue le festival sur une chistéra de Paia'aua, précieux dans chaque offensive.

La magie d’Harry Potter (ça ne s’invente pas), en fin de rencontre, ne changera rien au destin des Varois. Toulon est en finale et le favori de ce trophée, combien même il faudra aller batailler outre-Manche.

Bristol – Bordeaux                37 – 20

Jeu de mains, jeu de Malins

Dans l’autre demie, vendredi soir, l’arrière de Bristol aura été décisif dans un match pourtant bien entamé par les Bordelais qui auront poussé les Anglais jusqu’aux prolongations.

Avec Jalibert aux commandes et un premier essai au bout de onze minutes de l’ouvreur international français, sur un magnifique cadrage-débordement, l’UBB semblait avoir le match en mains sous le pied de son buteur, menant 13-0 à une minute de la mi-temps.

Et puis le premier essai britannique, juste avant la pause, insufflé par l’ex-bordelais Radradra et conclu par Luatua, allait redonner espoir aux locaux qui revinrent des vestiaires avec d’autres intentions que Malins concrétisa au bout de dix minutes avec un deuxième coup dans le dos de la défense girondine, initié par un coup de pied judicieux de Sheedy. L’ouvreur local rajoutant même deux pénalités pour mener 20-13 à l’heure de jeu.

La réaction française ne se fit pas attendre avec l’essai de l’égalisation de Dweba après un jeu au ras des avants. Seulement les prolongations seront fatales aux visiteurs, épuisés, qui craqueront en cinq minutes, laissant passer deux fois le Malins qui offrira le troisième essai à O’Conor avant d’inscrire le quatrième lui-même pour son doublé personnel.

Beaucoup de regrets pour l’UBB, surtout celui d’avoir laissé partir Radradra qui rappelait à ses anciens coéquipiers que s’ils étaient là, c’était en grande partie grâce à lui. Seule satisfaction à se mettre sous la dent car le centre fidjien méritait bien sa finale.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 revient pour sa quinzaine…

Comme Roland Garros. Avec sa jauge rabaissée à 1000 spectateurs, les clubs vont devoir se serrer la ceinture. Espérons que le jeu à la télé n’en fera pas autant…

Car les affiches sur le papier sont alléchantes !

 

Au programme* dès le vendredi 2 octobre :

         Brive – Pau, à 20h

         Stade Français – Bayonne, à 20h45

Puis samedi 3 octobre :

         Lyon – Bordeaux, à 15h15              (reporté à lundi 5 oct. 20h45, cause Covid)

         La Rochelle – Racing 92, à 18h15  (reporté à date ultérieure, cause covid)
         Clermont – Agen, à 18h15             (avancé à 15h15)

Enfin, dimanche 4 octobre :

         Montpellier – Castres, à 19h         (reporté à date ultérieure, cause covid)

         Toulouse – Toulon, à 21h

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de Canal+

 

Du côté du TOP 16 féminin

Retrouvez les résultats et le calendrier de la phase régulière sur :

 >> site FFR : competitions-elite-1-feminine

(Tout est déjà joué, y a qu’à regarder les scores. Moi j’attends que le niveau s’élève avec les phases finales)