Un 38 qui chausse grand !

TOURNÉE D'AUTOMNE... Test-match            France – Pays de Galles      38 – 21

Dupont, une pointure qui chausse grand !

Galthié a trouvé chaussure à notre pied

Car, il faut bien l’avouer, samedi soir, au Stade de France, dans ce test-match qui préparait la tournée d’automne et son nouveau tournoi international (!), on a quand même pris un pied d’enfer à regarder nos trois-quarts danser dans les 22 gallois, après nous avoir promis l’enfer dans un premier quart d’heure à jouer comme un sabot.

Dès le coup d’envoi par Biggar, dans un stade vide de 200 privilégiés, le premier ballon échappait aux bras d’Alldritt qui concédait une touche et la première occasion pour le XV du Poireau de lancer Halfpenny derrière l’en-but, sans résistance, comme si les Français étaient encore en train de chausser leurs demi-pointes dans le vestiaire.

Pendant dix minutes, les Bleus en culotte courte n’ont pas su mettre un pied devant l’autre pour mettre la main sur le ballon, toujours en retard aux soutiens, dominés dans les rucks et les airs, toutes les actions partant de travers, donnant l’opportunité à Biggar d’aggraver le score à 10-0.

Et puis le jeu tricolore a retrouvé sa pointure…

Avec sa charnière, Dupont-N’Tamack, l’ouvreur toulousain s’enfilait dans un intervalle, comme on enfile une pantoufle, pour servir son partenaire à la mêlée et aboutir à l’essai maison de Baille, plein de détermination. Ah ! Toulouse, quand tu joues bien !

Sauf que le pilier haut-garonnais commettait une faute fatale en écroulant la mêlée, redonnant de l’allant à Biggar pour creuser l'écart et remettre le doute dans les têtes tricolores, accumulant les fautes au sol, Vakatawa s’emmêlant les pieds dans son sabot.

Un coup de pompe dans le jeu des Bleus que la charnière allait de nouveau rebooster par une belle inspiration de N’Tamack. Le dix français lançait Vakatawa, enfin bien dans ses baskets et les jambes en feu, qui décalait sur l’extérieur son ailier du Racing, Thomas repiquant intelligemment à l’intérieur pour offrir le deuxième essai à Dupont.

Le festival tricolore pouvait commencer !

Cinq minutes plus tard, c’était au tour de Fickou d’allumer la mèche Vakatawa pour faire exploser la défense galloise et offrir le doublé au demi de mêlée toulousain. C’était trop beau pour être vrai, quel pied, déjà, à la mi-temps, la France menait 21-13.

Bien dans leurs pompes, les Bleus firent la course en tête en seconde période, bien gérée au pied de N’Tamack, à cent pour cent dans ses tentatives quand Biggar, pas au mieux physiquement, allait laisser bien des points en route, cruciaux pour talonner ce XV de France qui prenait le large sur une nouvelle fulgurance de Dupont, notre neuf fixant le pauvre ouvreur gallois, à la ramasse, avant d’offrir le troisième essai tricolore à son capitaine Ollivon.

La réplique du XV du Poireau était instantanée, après des charges successives de pick and go, Smith passait la ligne de l’en-but français (31-21). À dix minutes du terme, le match était relancé, malgré l’échec de la transformation de Biggar.

Mais une nouvelle fois, l’ouvreur gallois allait se faire mystifier par un « grand pont » par-dessus de Thomas qui s’offrait un petit exploit personnel pour le cinquième essai français, de quoi faire taire toutes les mauvaises langues quant à sa place sur cette aile du XV de France.

Une victoire qui fait plaisir à voir, malgré les points de défaillance, et qui montre la marge de manœuvre qu’a encore cette équipe de France pour tailler son jeu plus grand, à la mesure, qui sait, d’un sacre du tournoi des VI nations, dont l’issue se jouera dans une haletante finale à trois samedi prochain (lire plus bas).

Mais pour cela, il faudra enlever bien des cailloux dans sa chaussure !

 

La 6ème journée de TOP 14 en bref…

Toulon (7) – Castres (13)           19 – 6

Couché, le CO !

Pendant une heure, à coups de pied entre les… perches, le RCT a tenu en laisse un CO excité et coriace, prêt à en démordre après son humiliation à La Rochelle. Castres a donné du fil à retordre à son hôte, peu disposé à le laisser gambader sur son pré.

Une heure poussive, à faire ses besoins, deux crottes d’Irdapiletta pour quatre de Carbonel. Et puis le coup de maître des trois-quarts toulonnais a définitivement couché la bête tarnaise. Une remontée de 80 mètres, par Cordin d’abord, puis Ikpefan qui a servi Paia’aua semant toute la défense adverse pour le seul essai du match… Peut-être, mais il avait du chien !

Toulouse (1) – Lyon (4)            7 – 16

Privés de tout

Le jeu toulousain, privé de ses chefs d’orchestre, a été pris à la gorge par un Lou venu à Ernest-Wallon comme on va chez le petit chaperon-rouge, en masquant ses intentions.

Les seconds couteaux maison n’ont pas réussi à se défaire de la défense agressive des visiteurs qui ont privé les champions de France de ballon et même inscrit un essai pour faire la course devant pendant près d’une heure, sous la botte de Doussain (0-16).

Il faudra attendre l’entrée du jeune Idjellidaine pour voir le demi-de-mêlée sauver l’honneur des siens à dix minutes du terme. Mais bien trop tard, face à des Lyonnais très appliqués, pour renverser l’issue du match.

Mola a du souci à se faire dans les semaines à venir, privés de huit joueurs majeurs de son équipe. Merci World Rugby et la FFR !

Agen (14) – Bayonne (9)           15 – 26

Le coup de grâce

Déjà à quinze, les Agenais n’y arrivaient pas, en donnant tout ce qu’ils avaient, alors à quatorze dès la septième minute, c’était trop dur à surmonter, après avoir encaissé un essai d’entrée par Ravouvou.

Bayonne en a profité en punissant des locaux submergés, à la faute, par son buteur, Germain, enfonçant un peu plus les locaux.

Le deuxième essai par Luc, au retour des vestiaires, finira par achever les Lot-et-Garonnais qui pourtant continueront de se battre, tels des Gascons du coin, avec panache, jusqu’à obtenir l’essai de l’honneur par leur capitaine Gérondeau.

« Quoi, Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès ! Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile ! »

Elle vient, la relégation. Agen se sent déjà « botté de marbre, ganté de plomb » tandis que Bayonne peut rêver d’un avenir meilleur après ce coup parfait contre un concurrent direct au maintien.

Clermont (2) – Pau (5)              50 – 29

Michelin, fais-moi peur !

Comme un film déjà vu sur la pelouse du Michelin, après Toulouse, Agen et Paris, ce match nous a offert le même suspense : Bonus, pas bonus ?

Trois essais à rien au bout de trois minutes, ça ne vous dit rien ?

Avec Bezy à la baguette et à la finition, une seule équipe sur le terrain, Tiberghien pour le deuxième essai, Naqualevu pour celui du bonus offensif, la vie est belle au Michelin.

Et puis, patatra ! carton jaune pour Vahaamahina, et deux essais coup sur coup des visiteurs, par Fumat puis Roudil, et le BO est à refaire à la pause (24-13).

En seconde période, le match s’ouvre, on se régale, mais on sert les fesses surtout. Bail répond à Matsushima, puis Matsushima répond à Lespiauq derrière un essai de pénalité, avant que Lopez n’arrache sur le fil l’essai du bonus offensif, inespéré… le premier de la saison, tant désiré et caressé à chaque réception.

Clermont réussit enfin un match complet et se hisse au sommet du championnat. De quoi espérer décrocher ses concurrents en cette période de doublons.

Stade Français (10) – Racing 92 (6)    25 – 27

Des hauts et des baffes

Les Stadistes de Paris peuvent se mordre les doigts d’avoir laissé s’échapper le derby de la capitale sur le fil.

Mal barrés en première période après l’essai de Laborde, pour les voisins du 92, et menés 11-6 à la pause, les Parisiens ont répondu d’entrée en seconde avec l’essai de Latu pour prendre ensuite le large sous la botte de Segonds (22-11).

Mais voilà, le relâchement en fin de rencontre offrait une raison d’y croire aux Franciliens après l’essai de Chavancy. Ainsi, après la sirène, Gibert (la doublure de Russel, sélectionné avec l’Ecosse) exauçait les vœux de son équipe en passant la pénalité de la gagne.

Le Racing se relève avec beaucoup de réussite de sa finale européenne perdue.

Montpellier (8) – Brive (11)                30 – 6

Vite fait bien fait

Les Cistes ont plié le match et le bonus offensif en une mi-temps avec trois essais de Tisseron, Serfontein puis Lozowski quand les Coujoux passaient seulement deux pénalités par la botte d’Hervé.

En seconde période, les locaux ont géré facilement un match lâché par les visiteurs qui ne marqueront plus un seul point quand Lozowski signait son doublé en fin de rencontre.

La Rochelle (3) – Bordeaux (12)        20 – 6

L’UBB aux abonnés absents

Dans le derby de l’Atlantique, pour clôturer cette sixième journée, les Bordelais ont surtout brillé par leur absence, laissant la part belle aux Maritimes qui n’ont, pour autant, pas activé le tsunami de la semaine passée face aux Castrais.

Deux essais rochelais en première période par Kerr-Barlow et Sinzelle laisseront un goût amer, en seconde, au public de Marcel-Deflandre ne voyant pas venir la pluie d’essais mais la pluie tout court, empêchant le jeu et le score de se bonifier.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Le tournoi des VI Nations 2020 clôt les débats

Avec un point d’avance sur les Anglais et les Français, après avoir disposé des Italiens avec le bonus (50-17), samedi à Dublin, les Irlandais se rendront au Stade de France pour tenter de couper l’herbe sous le pied au XV de la Rose qui a l’avantage de se déplacer chez la faiblarde Squadra Azzurra.

Seulement, nos Bleus comptent bien finir en beauté un tournoi qu’ils avaient magnifiquement commencé avant de tomber à Edimbourg.

L’enjeu est simple pour le XV de France : pour remporter le tournoi il lui faudra gagner le XV du Trèfle avec le même nombre de points terrain que les Rosbifs et deux petits points de plus au goal-average.

Un finale à trois palpitant !

Au programme*, samedi 31 octobre :

         Pays de Galles – Écosse, à 15h15

         Italie – Angleterre, à 17h45

         France – Irlande, à 21h

Puis dimanche 1er novembre :

         Irlande – France Féminin, à 14h30

(sans enjeu pour nos Bleues, après le nul en Écosse (13-13), les Anglaises devraient être sacrées le 1er novembre en Italie, quand les Françaises se déplaceront à Dublin pour éviter aux Irlandaises de subir une quarantaine à leur retour de Lille où le match était prévu. Quant à nos Bleuets, le tournoi a tout simplement été annulé.)

 

En parallèle, le TOP 14 tentera de se faire une place sous les projecteurs du rugby mondialisé pour une septième journée, sous le signe de doublon.

Au programme*, dès le vendredi 30 octobre :

         Bayonne – Toulon, à 20h45

Puis le samedi 31 octobre :

         Brive – Clermont, à 15h15

         Bordeaux – Agen, à 18h15
         Castres – Racing 92, à 18h15
         Lyon – Montpellier, à 18h15

Enfin, dimanche 1er novembre :

         Pau – La Rochelle, à 17h

         Stade Français – Toulouse, à 21h05

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de Canal+

 

Du côté du TOP 16 féminin

Un piètre suspense subsiste entre Lille et Lons dans la poule 1, entre Bordeaux et Bobigny dans la poule 4. 
Montpellier, Toulouse, Rennes, Bayonne, Blagnac et ASM Romagnat, elles, joueront les phases finales. Sans autre commentaire !

Retrouvez les résultats et le calendrier de la phase régulière sur :

 >> site FFR : competitions-elite-1-feminine