Droit au but !

CHAMPIONS CUP... Quarts de finale       Munster – Toulouse   24 – 24   (2 tab 4) 

Ntamack, troisième artilleur des tirs au but

Cap sur le stade de l’OM

Le champion en titre toulousain n’a pas eu le pied qui tremble, samedi après-midi, dans un stade de Dublin plein comme un champ de strawberries au mois de mai, pour venir à bout de la Red Army, aux fraises lors de la séance de tirs au but.

Pourtant, que ce fut compliqué durant les 80 premières minutes du temps réglementaire, autant que ce fut intense et fabuleux avec trois essais de chaque côté et un suspense à couper le souffle, au bout des pieds de buteurs malheureux.

À commencer par l’artilleur local, Carbery, qui manquait deux pénalités, en cours de jeu, tout comme son arrière suppléant, Healy, qui échouait par trois fois, le coup de pied de la gagne : une pénalité, en fin de rencontre qui passait juste à côté, puis deux drops, durant les prolongations, trop courts.

Leurs vis-à-vis toulousains, Ntamack et Ramos, n’ont pas eu plus de réussite, avec chacun un drop raté, le premier en première période, le second durant les prolongations pour tuer le match. Et quel match !

Sans doute, le plus fou et le plus fantastique de la compétition.

Tout avait d’abord bien commencé pour les deux formations qui ont, chacune leur tour, montré les dents et mordu la ligne d’en-but. Par Kendellen, d’abord, au bout de dix minutes, derrière une combinaison parfaite en touche autour du patron O’Mahony, le troisième-ligne concluait en puissance après une grosse séquence devant la ligne française.

Deux minutes plus tard, les Toulousains répondaient du tac-au-tac, avec la manière, par Ntamack, derrière une belle échappée de Fouyssac. Hou ! le ton du match était donné.

Fort de sa mêlée, surpuissante, le XV Rouge et Noir lançait son jeu de mains de maîtres, avec Dupont, puis Ntamack, encore, qui décalait Ramos jusqu’à Lebel pour le deuxième essai, 100% chelemard. Ramos assurant la transformation complètement à droite (7-14).

Mais la Red Army avait de la ressource à revendre et mettait la pression sur son adversaire dans cette fin de premier acte, multipliant les charges par ses avants jusqu’à écarter sur Earls pour l’essai de l’égalisation, juste avant la mi-temps.

Au retour des vestiaires, tout était à refaire, 0-0, balle au centre.

Les locaux « délocalisés » (Thomond Park ayant préféré la star anglaise Ed Sheeran à cette somptueuse affiche) repartaient de plus belle dans les 22 français, marquant avec détermination par leur arrière, Haley, afin d’oublier la seconde pénalité manquée de Carbery qui se rattrapera, quelques minutes plus tard, pour porter le score à 24-14.

Le quintuple champion en titre subissait sévèrement la domination territoriale, en infériorité numérique, après l’expulsion temporaire d’Arnold, suite à un plaquage dangereux sur Zebo.

Heureusement, Ramos était dans un grand jour, ouvrant des espaces à chaque relance, malgré les maladresses de ses coéquipiers et une défense héroïque des Celtes, à l’image du capitaine O’Mahony, monstrueux au grattage.

Il faudra la sortie de ce grand joueur, sur blessure et un exploit de Lebel pour renverser le cours du match. Derrière une touche, Mauvaka remettait le cuir à l’intérieur pour l’ailier international dont la course incroyable enfumait Zebo d’un tchik-tchak époustouflant avant de filer dans l’en-but pour son doublé.

Mazette ! quel sacré joueur !

Il ne restait alors plus qu’à Ramos et les siens de patienter, dans les derniers instants et obtenir la pénalité de l’égalisation pour jouer les prolongations, au bout du bout, de la fatigue et des crampes, du suspense et des drops manqués qui amenèrent, inéluctablement, à la séance des tirs au but, pour la première fois depuis la nouvelle règle.

À savoir : Trois buteurs dans chaque équipe pour six tirs dans six positions.

Murray prenait place au centre, sur la ligne des 22, pour le premier point des Irlandais. Dupont le copiait parfaitement pour égaliser (1-1).

Plus à droite, le malheureux Healy manquait son tir quand Ramos passait le sien (1-2).

Côté gauche, Carbery ajustait la mire, tout comme Ntamack, sans souci (2-3).

Sur la ligne des quarante, cela se corsait pour Murray, pourtant face au poteau, ratant complètement son tir, alors que Dupont, serein, ne tremblait pas (2-4).

Quand, à droite, Healy se trouait pour la seconde fois, donnant la victoire aux Toulousains qui n’avaient pas besoin du pied adroit de Ramos pour la sceller.

Quel scénario et quel dénouement, mes amis !

Toulouse aura tremblé mais aura tenu bon, avec beaucoup de sang-froid et de talents pour venir à bout d’une belle équipe du Munster.

Le comble, c’est qu’il va falloir revenir dans ce même stade, la semaine prochaine, pour y affronter en demie les véritables proprios, les redoutables Leinstermen.

Après la province de l’Ulster, celle du Munster, la balade irlandaise n’est décidément pas terminée pour le Stade Toulousain qui se donne le droit de rêver au but ultime :

Une finale au Stade Vélodrome.

 

Les autres matches en bref…

La Rochelle – Montpellier     31 – 19

Ce n’est plus du TOP 14 !

Battus à l’aller comme au retour, à Marcel-Deflandre, par des Montpelliérains alors irrésistibles en TOP 14, les Maritimes ont remis les pendules – et leur niveau – à l’heure des phases finales de la coupe d’Europe.

Et ça a été une autre paire de manche, dans leur antre acquis à leur cause, eux, les derniers finalistes de la compétition. Inscrivant rapidement deux essais, par Priso et Vito, pour mener 17-0, les Rochelais ont maîtrisé la rencontre, sans jamais douter, malgré les trois essais, trop facilement encaissés (Thomas, 29è, Reilhac, 41è, Mercer 54è), gardant à distance le leader du TOP 14, grâce à une troisième attaque punitive, par Botia, et surtout, la botte de West pour corriger des Cistes indisciplinés.

La semaine prochaine, les Maritimes rencontreront à nouveau des Topquartorziens dans le stade mythique de Lens, pour tenter d’enchaîner une deuxième finale consécutive, et qui sait, pour la revanche de l’édition précédente, dans le sud de la France.

Racing 92 – Sale                   41 – 22

En mode diesel

Dimanche après-midi, à Paris-La-Défense Arena, les Racingmen nous ont offert un festival offensif enthousiasmant en seconde période, après avoir subi la loi des Sharks dans la première (6-10), incapables de trouver de solution en dehors du pied de Le Garrec, impeccable dans son rôle, le minot élu homme du match.

Quatre essais de belle facture, au retour des vestiaires, par le funambule Thomas, l'artiste Russel, la flèche Imhoff, et l'explosif arrière Spring, pour faire oublier les trois encaissés de la part des Anglais.

Ils recevront, à Bollaert, les Rochelais pour une demie franco-française très ouverte.

Leicester – Leinster              14 – 23

Sans forcer

Menant 20-0 à la pause, les Leinstermen, à l’économie, n’ont pas forcé leur talent pour disposer des Tigres du Leicester, plutôt décevants, malgré une belle réaction en seconde période, avec l’essai du vieil Ashton.

Le quadruple champion celte semble prêt à recevoir le tenant du titre, pour une demi-finale neuf étoiles, chez lui, à l’Aviva Stadium.

 

Les quarts de finale de la Challenge Cup en bref…

Lyon – Glasgow                     35 – 27

Toulon – London Irish           19 – 18

Gloucester – Saracens          15 – 44
Édimbourg – Wasps              30 – 34

Nos Français se sont fait peur

D’abord les Lyonnais, samedi soir, à Gerland, ils ont dû s’employer en seconde période pour remonter leur retard (13-27) grâce à un 22-0 implacable et trois nouveaux essais d’avants, après celui de Couilloud, par Taofifenua et Niniashvili, par deux fois.

Dimanche après-midi, les Toulonnais ont évité le pire, après avoir été menés 6-10 à Mayol, par une équipe londonienne très joueuse, marquant la première, avant de voir la réaction des Varois, au retour des vestiaires, par leur capitaine, Ollivon, encore exemplaire. Pourtant, l’essai extraterrestre de plus de 100 mètres de l’entrant Aruundell, à l’arrière, a autant ébloui qu’éteint le stade, avant que Jackson ne manque, fort heureusement, la transformation en coin. Ouf !

Nos deux fleurons français se qualifient donc pour les demies, à l’arrachée, et toujours à domicile, face à deux grosses écuries anglaises. Ça promet !

 

La semaine prochaine…

Ne bougez pas de votre fauteuil, on enchaîne avec les demies !

 

Au programme* des demies de la Champions Cup :

         Leinster – Toulouse, samedi 14 mai à 16h

         Racing 92 – La Rochelle, dimanche 15 mai à 16h

 

Au programme* des demies de la Challenge Cup :

         Lyon – Wasps, samedi 14 mai à 13h30

         Toulon – Saracens, samedi 14 mai à 21h

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de beIN sports et France TV

 

Du côté du TOP 14 féminin

La phase régulière, qui a confronté les 14 équipes sur 2 poules, vient de se terminer, qualifiant les équipes suivantes pour les quarts de finale qui se dérouleront simultanément dimanche 15 mai à 15h :

  •       Toulouse (1A) – Lyon (4B)
  •       Bordeaux (2B) – Grenoble (3A)
  •       ASM Romagnat (2A) – Montpellier (3B)
  •       Blagnac (1B) – Bobigny (4A)

Retrouvez les résultatset le calendrier sur >> site FFR : competitions-elite-1-feminine

(*) Faute de suivi médiatique en direct, je ne commente plus les résultats