Les taureaux par les cornes

CHAMPIONS CUP... Huitièmes               Toulouse – Bulls        33 – 9 

Des Bulls maîtrisés

Olé, matadors !

Dimanche après-midi, dans l’arène d’Ernest-Wallon comble, les Toulousains nous ont offert une corrida comme seuls savent les orchestrer les toréadors du Midi, en trois temps.

D’abord, le Matador maison, Thomas Ramos, s’est contenté de planter les piques entre les perches, dans un premier acte brouillon où les locaux ont gentiment profité de l’indiscipline des Bulls de Pretoria, les laissant en vie, quitte à se faire encorner, par deux pénalités de Chris Smith, sans pour autant perdre le fil du jeu à leurs mains qui finira par retrouver sur le tard, sa maestria…

un peu comme les giboulées de mars, à la bourre, cette saison !

Menant seulement 12-6, à la pause, puis 12-9, au retour des vestiaires, la deuxième phase de la corrida toulousaine s’est enfin lancée, le temps d'une éclaricie, avec la première banderille plantée par Meafou, derrière un point de fixation, sur une pénalité jouée à la main, à cinq mètres de l’en-but. Un classique !

Puis ça a été au tour de Lebel de bénéficier de la deuxième banderille, sur un lancement derrière une mêlée, relayée par Dupont sur son aile, pour plonger acrobatiquement dans le coin de l’en-but.

Du grand art… Olé !

Le dernier tercio de ce show maîtrisé à la perfection par nos toréadors nous offrira une série de passes, sous la grinta des Rouge et noir, avant de porter l’estocade par Flament, sur une passe au pied inspirée de Dupont dans l’en-but qui trompait tout le monde, jusqu’à un Bull remettant la banderille au seconde-ligne international français pour sa mise à mort.

Cruel mais beau !

Dans le public de l’arène, on jubile, on fanfaronne, ou plutôt on joue de la fanfare, entre olé et ola pour acclamer nos matadors, devant la bête sud-africaine, gisant au coup de sifflet final.

Vivement le prochain spectacle, samedi prochain, dans la même enceinte qui se transformera en une sorte de delphinarium pour accueillir de vrais requins du rugby sud-africain.

Ça risque d’être plus saignant, âmes sensibles s’abstenir !

 

Les autres matches en bref…

La Rochelle – Gloucester      29 – 26

Le champion s’est fait peur

À Marcel-Deflandre, samedi, en fin d’après-midi, les champions en titre rochelais ont été pris à la gorge par les Anglais de Gloucester, emmenés par des internationaux en feu, comme le Gallois Louis Rees-Zammit, élu homme du match, ou encore l’Écossais Chris Harris, qui a déboulé dans un trou de souris pour le premier essai, à la douzième minute.

Les Cherry and White, vêtus de rose, pour leur déplacement, ont donné bien du fil à retordre à des Maritimes qui ont subi leurs assauts, maladroitement, à l’image d’un Bourgarit trop généreux en défense, offrant trois points à la botte de Billy Twelvetrees. Mais le talonneur international français allait se rattraper, arrachant l’égalisation derrière un ruck, après une longue séquence devant l’en-but anglais (10-10).

C’était au tour de Teddy Thomas d’arracher opportunément le cuir des mains de Twelvetrees, après avoir son petit coup de pied à suivre pour lui-même, et de s’échapper dans son couloir pour le deuxième essai rochelais. Incroyable retournement de situation dont seul Teddy Thomas a le secret. Et il ne s’arrêtera pas là.

Entre-temps, les Cherry tout roses se sont refait la cerise sur une relance monumentale de leurs deux ailiers, aspirant toute la défense locale, avant de renverser le jeu sur le côté opposé pour un essai acrobatique du seconde-ligne Freddie Clarke. On se régale autant que l’on s’inquiète pour les Maritimes.

15 partout, balle au centre, le deuxième acte repartira à cent à l’heure, avec autant de jeu que de frayeur. Comme en première période, les Rochelais pilonnent devant l’en-but anglais et c’est Kerr-Barlow qui s’arrache pour le troisième essai des siens. Aussitôt, les visiteurs répondent avec brio sur un coup de pied millimétré de Twelvetrees pour son ailier Rees-Zammit, Billy manquant la transformation (22-20). Mais l’ouvreur anglais s’est rattrapé, inscrivant dans la foulée deux pénalités qui donnent l’avantage aux siens (22-26).

Il aura fallu insister, sur plusieurs séquences de charges au près, devant l’en-but de Gloucester, à quatre minutes du terme, pour voir enfin les Maritimes se délivrer, grâce à leur facteur X, Teddy Thomas, qui a reçu la balle de match, sur son aile, seul face à trois défenseurs qu’il décide, contre toute logique, d’affronter, en repiquant à l’intérieur au lieu d’assurer l’essai en coin, comme tout bon ailier. En tchik-tchak improbables, il les élimine pourtant, permettant à Hastoy d’assurer la transformation et de mettre son équipe à l’abri d’un drop ou d’une pénalité.

Quel culot et quelle frayeur… mais quel panache et quel joueur !

La Rochelle retrouve les quarts de finale pour défendre son titre.

Exeter – Montpellier             33 – 33           (5 essais à 4)

Au bout du bout

Ils ont tout donné ces Montpelliérains, à 14 contre 15, la moitié du temps, prolongé à cent minutes, grâce à une ultime pénalité de Garbisi qui égalisait à la fin du temps réglementaire (26-26).

Pourtant, les champions de France avaient bien démarré le premier acte, avec un premier essai d’entrée, par le talonneur Langdon qui venait juste de remplacer Paenga-Amosa, blessé au bout de trois minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Rattez pour doubler la mise, portant le score à 0-12 et obligeant les Anglais à réagir. Un quart d’heure plus tard, les Chiefs marquaient enfin, après une longue séquence de pick and go, par Sio puis Simmond, pour repasser devant (14-12). Mais Garbisi parvenait à redonner l’avantage juste avant la pause sur une pénalité (14-15).

Le second acte sera faussé par ce carton rouge contre Mercer, pour un plaquage dangereux, juste après lui avoir refusé son essai. Les locaux profiteront de leur supériorité numérique pour inscrire deux essais, par Wyatt puis Iosefa-Scott, alors que monsieur Brace continuait de contrarier les Cistes, en leur refusant deux nouveaux essais. Le troisième sera enfin le bon, signé Nouchi (26-23), avant que Garbisi n’offre à son équipe une prolongation plus que méritée.

Deux fois dix minutes de courage, en infériorité numérique, qui nous offriront, à cinq minutes de leurs termes, l’essai de la victoire par la fraîcheur de Carbonel. Mais c’était sans compter la détermination des Chiefs qui trouvaient la faille, au-delà de la sirène, par le talonneur suppléant Yeandle, pour s’octroyer le quart de finale à la place des Montpelliérains.

Cruel pour les hommes de Saint-André qui auront pourtant tout donné pendant cent minutes.

 

Stormers – Harlequins          32 – 28
Sharks – Munster                 50 – 35
Leinster – Ulster                   30 – 15
Leicester – Édimbourg          16 – 6
Saracens – Ospreys              35 – 20

Un trio effrayant

Les Sharks, les Stormers et le Leinster sont les monstres à abattre, sur la route de nos deux écuries tricolores qui semblent bien armées pour s’en débarrasser.

 

Tableau final

            Leinster – Leicester              vs        Toulouse – Sharks

           La Rochelle – Saracens         vs        Exeter – Stormers

 

Les huitièmes de la Challenge Cup en bref…

Toulon – Cheetah                  36 – 21

Toulon, Seigneur de la Challenge Cup

Samedi après-midi, on a vu un grand Toulon apprivoiser les Cheetahs, dans la jungle de Mayol, devant un public tout acquis à la cause de son Tarzan. Oooooh oh oh ihooooo oh oh ihoooo !

Une véritable démonstration de force et de maîtrise que le XV de la province sud-africaine n’a pas pu contenir, se contentant d’abord de subir et d’encaisser les essais, trois par mi-temps, avant de réagir, enfin, en seconde période.

Sous la botte et la baguette d’un excellent Salles, les Varois ont pris la mesure de ce quart de finale, en repoussant d’abord les velléités adverses puis en accélérant, avec un jeu au large qui a trouvé l’arrière toulonnais, dans l’intervalle, pour le premier essai de la partie, après avoir manqué une pénalité. C’est ensuite, en supériorité numérique, qu’un ballon porté d’école envoyait Baubigny à dame, avant que Luc ne surprenne les visiteurs, sur la sirène, pour le troisième essai.

Menés 19-0, les Cheetahs ont réagi dès le retour des vestiaires, par Van Resburg, avant qu’Isa ne lui réponde aussitôt sur un nouveau jeu au large. S’en est suivi alors un numéro des trois-quarts locaux, mais surtout fidjiens, lançant le puissant Wainiqolo derrière la ligne pour un essai fantastique. Jasper répondait alors, dans un numéro du berger à la bergère, ou du « à moi, Tarzan, à toi, Cheetah ! », offrant du spectacle à Mayol, digne du cinéma.

Wainiqolo y allait de son doublé, quand Bernardo concluait ce festival d’essais pour les Sud-Africains, éliminés mais pas déçus de leur voyage.

Toulon postule pour un nouveau tour à domicile, où il recevra les Lyonnais, vainqueurs à Jean-Bouin, pour un quart de finale très topquatorzien qui sera aussi une revanche de la dernière finale.

Stade Français – Lyon           24 – 41

Le Lou se rebiffe

Mené 21-9, à la 50ème minute, après avoir encaissé un essai de pénalité en première période et serrer les fesses une mi-temps en infériorité numérique, avant de prendre l’eau dès le retour des vestiaires, sur l’essai de Dachary, le champion en titre a renversé le match de façon spectaculaire.

Le banc a fait la différence, et comment ! Tout est parti d’un essai de pénalité, ramenant les Parisiens, à leur tour en infériorité numérique, et permettant à Couilloud d’égaliser sur le deuxième essai des visiteurs, et à Sapoaga même de passer devant (21-23).

La suite sera un cavalier seul des hommes de Garbajosa, signant un sanglant 18-3, dans les dix dernières minutes, éteignant complètement les gars de Quesada, à côté de la plaque.

Une claque pour les Parisiens qui semblent moins bien armés en cette fin de saison pour tenir sa place dans les phases finales. Avertissement pour le TOP 14 qui les attend dans quinze jours !

Bristol – Clermont                 26 – 33

Les Jaunards à tire-d’aile

À peine Penaud a-t-il retrouvé son aile, à droite de l’attaque clermontoise qu’il s’est illustré pour s’envoler et offrir le premier succès à l’extérieur de l’année à son coach Urios, pour qui il jouait pour la première fois.

Des crochets dévastateurs sur le premier essai, une course inespérée derrière un ballon qui filait hors de l’en-but pour aplatir le second sous le nez du défenseur anglais, et chaque fois, l’ailier international redonnait l’avantage aux siens, jusqu’à la victoire, comme en équipe de France.

Mais la victoire ne s‘est pas résumée au retour de l’enfant prodige avant son départ définitif pour Bordeaux, non, toute l’équipe a poussé derrière son capitaine Lee, pour prendre les devants dans une rencontre où les coéquipiers de Radradra étaient largement favoris, à domicile. C’est d’abord par le puissant Lavanini que les Jaunards ont marqué les premiers, avant que Penaud ne donne des ailes au score. Puis c’est l’autre puissant Moala qui parachevait une réaction des Auvergnats, sur une charge du très bon Fourcade qui sonnait la cavalerie, pour répondre, juste avant la pause, et en infériorité numérique (après un carton jaune sévère contre Lee) à l’essai tonitruant de Radradra (20-22). Quelle première mi-temps !

Le second acte sera un duel tactique ente les buteurs Mcginty et Belleau, ce dernier pas au mieux dans l’exercice, mais préservant l’écart au score avant le doublé de Penaud.

Une victoire qui augure de belles choses dans cette compétition européenne mineure où l’ASM a été reversée et qui lui a souri déjà trois fois (1999, 2007 et 2019), tant le tableau lui est favorable, son quart de finale l’emmenant chez ls Scarlets de Llanelli, dès samedi prochain.

Scarlets – Brive                     19 – 7

Des Coujoux ailleurs

Très indisciplinés, comme en TOP 14, les Brivistes ont été punis par la botte de Costelow pour être menés 9-0, à la pause, alors que les Gallois étaient largement prenables. La preuve, dès le retour du vestiaire avec ce premier essai en contre de Olding, qui pouvait leur redonner espoir.

Mais les têtes étaient ailleurs, quelque part dans les abysses du TOP 14, Fifita marquant aussitôt derrière pour les locaux, avant que Shingler ne valide leur qualification en quart, dans les dernières minutes, sans panache.

Une bonne nouvelle pour Clermont, qui a une demie plus encore à sa portée, si les hommes d’Urios continuent dans leur belle lancée.

Lions – Racing 92                  51 – 28

Pas invités

Le Racing, largement remanié par Laurent Labit, n’a jamais semblé vouloir aller chercher une victoire, même en supériorité numérique durant une heure.

Encaissant deux essais d’entrée, la réaction de Moukoro, auteur d’un doublé, tout en puissance, pour sa première titularisation, et l’avantage du nombre, après l’exclusion définitive de Tshituka, auguraient d’un match plus équilibré. Il n’en sera rien.

Menés 24-14 à la pause, les Franciliens ne feront guère mieux, en seconde période, avec deux essais supplémentaires, par Volavola et Taofifenua, tandis que les Sud-Africains en inscriront sept au total.

Un non-match assumé, sans doute, en attendant de retrouver le TOP 14 pour préparer une qualification aux phases finales, loin d’être acquise.

 

Trévise – Connacht              41 – 19
Cardiff – Sale                        28 – 27
Glasgow – Newport             73 – 33

 

Tableau final

            Toulon – Lyon                        vs        Trévise – Cardiff

           Scarlets – Clermont               vs        Glasgow – Lions

 

La 2ème journée du tournoi des VI Nations Féminin en bref…

Irlande – France                   3 – 53                  

La preuve par neuf

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, les filles ? Que vous avez trop progressé, depuis quatre ans, et les Irlandaises pas ?

Oui, c’est vrai et cela rend ce tournoi un peu moins attractif, en dehors du Crunch, et m’oblige à vous recaler derrière la coupe d’Europe de ces Messieurs, d’un tout autre niveau de confrontations.

Pourtant, qu’il a fallu trouver des repères, face à cette équipe irlandaise coriace et même joueuse. L’ironie du sort, c’est qu’il aura fallu attendre que vous soyez en infériorité numérique, après le carton rouge sévère contre la pilière, un peu trop gauche, Deshaye, pour enfin lancer la machine offensive tricolore, emmenée par son numéro neuf, flamboyante femme du match, pour neuf essais à l’arrivée.

Pauline Bourdon s’offrait un doublé, dans la foulée, alors que Forlani, la capitaine, puis Boujard, la revancharde, avaient déjà passé la ligne pour les deux premiers essais, Vernier concluant ce festival offensif du premier acte, derrière un ballon porté, arme fatale.

Le second acte sera un récital, renforcé d’une défense impeccable, avec quatre essais supplémentaires, au bout d’autres mauls destructeurs ou du travail de sape efficace des avants, conclus par Sochat, Banet, Verdier et Escudero.

Une sacrée performance à 14 contre 15 pendant une heure, de belles satisfactions, notamment devant, pour ce collectif tout neuf, en manque d’automatismes. S’il y a eu quelques scories ou mauvais choix, Carla Arbez a montré toute sa classe et sa vista, à l’ouverture, comme Marine Ménager a été intraitable en défense et toujours dans l’avancée, ou encore l’arrière Morgane Bourgeois, pour sa première cape, très à l’aise et tranchante dans ses courses.

Que dire de Pauline Bourdon, femme du match, ce petit bout de fil de fer qui allume les mèches et explose les défenses dans des trous de souris. Son seul défaut, c’est sa botte face aux perches, loin d’être une tare secrète.

Car c’est le gros point noir de cette équipe de France qu’il va falloir corriger, et vite, Morgane Bourgeois n’étant pas plus efficace, obligeant Jessy Trémoulière à prendre le relais, dès son entrée.

Contre les Anglaises, il faudra impérativement avoir à minima Jessy dans le XV de départ pour prendre tous les points possibles, ou alors offrir, d’ici un mois, un stage express à nos buteuses, par Thomas Ramos ou Benjamin Urdapilleta.

Une grosse satisfaction tout de même que cette victoire archi bonifiée, samedi, à Cork, toujours sur la route d’un Grand Chelem, tout comme les Galloises et surtout les Anglaises.

 

Écosse – Pays de Galles        22 – 34
Angleterre – Italie                68 – 5

Clsst. : 1-Angleterre, 10 pts (+114) – 2- Pays de Galles, 10 (+38) – 3- France, 9 (+60) –
          4- Écosse, 0 (-63) – 5
-Italie, 0 (-73) – 6-Irlande, 0 (-76) 

   

La semaine prochaine…

L’Europe et toujours l’Europe…

Le Tournoi des VI Nations féminin préfère s’éclipser devant le niveau affiché par les quarts de finale des coupes d’Europe masculines qui accapareront les projecteurs médiatiques.

 

Au programme* des quarts de finale la Champions Cup, dès le vendredi 7 avril :

         Leinster – Leicester, à 21h

Puis, samedi 8 avril :

         Toulouse – Sharks, à 16h             (diffusion France TV)

         Exeter – Stormers, à 18h30

Enfin, dimanche 9 avril :

         La Rochelle – Saracens, à 16h     (diffusion France TV)

 

Tout comme la Challenge Cup avec au programme*, dès le vendredi 7 avril :

         Scarlets – Clermont, à 21h

Puis, samedi 8 avril :

         Toulon – Lyon, à 13h30               (diffusion France TV)

         Trévise – Cardiff, à 16h

         Glasgow – Lions, à 21h

 (*) Tous les matches sont retransmis par les chaînes de BeIn Sports