Il était une fois un derby CA-PI-TAL !

TOP 14... 12è journée,     Racing Métro – Stade Français     23 – 15

120 ans que ces deux clubs se côtoient.

1892, première finale et premier Brennus pour le Racing-Club de France, aujourd’hui le Racing Métro suite à l’union en 2001 avec le club de la RATP, l’US Métropolitaine Transport.

Au Stade de France le club francilien fêtait ses 130 ans d’existence en recevant son voisin et premier finaliste malheureux de l’histoire. Si ce derby n’avait pas la même saveur que cette première finale, il n’en était pas moins capital pour les deux équipes qui se devaient d’afficher sur la place de Paris leurs intentions si une d’elles voulait encore espérer jouer la phase finale de cette 113ème édition du championnat de France.

Car il ne faut pas se raconter d’histoire, il n’y aura pas de place pour deux, voire pas de place du tout, tant le TOP 6 qualificatif est brigué par d’autres prétendants bien plus réguliers que ne l’ont été les deux clubs parisiens jusque-là (lire plus en détail ci-dessous).

Après cinq défaites consécutives, dont la dernière à domicile face à la lanterne rouge, l’enjeu est aussi grand que la tension se fait sentir chez les Racingmen quand ils entrent sur le terrain. Très vite, cette nervosité se transforme en agressivité de part et d’autre, pas toujours au service du jeu, ce qui vaudra quelques frictions répétitives durant le match entre les protagonistes.

Le match est tendu, je vous disais, mais la première action est parisienne, enfin je veux dire le vrai Paris intra-muros, pas la banlieue des beaux quartiers des Hauts-de-Seine, et c’est… oh oui ! … c’est le Louis… le Dédet qui marque le premier essai que transforme le Pierrot... Dobrée. Magnifique ! … Paris mène par la Bagatelle de 3-0.

Oups, je me suis vu 120 ans en arrière, un flash wikipédiesque qui rediffusait dans ma tête la fameuse finale.

Mais que vois-je au tableau d’affichage, ici au Stade de France, ce samedi 1er décembre 2012 ? C’est le Racing qui mène 3-0 après une première pénalité de Barkley, à la troisième minute pour un hors-jeu des parisiens.

Très agressif les hommes de la capitale poussent leurs adversaires à la faute et obtiennent à leur tour une pénalité que Dupuy passe sans problème. 3-3.

Les premiers échanges de coups de poings succèdent à la série de coups de pieds approximatifs d’un camp à l’autre montrant toute la fébrilité des deux équipes. Les fautes se succédant d’un côté comme de l’autre, le match est d’un piètre niveau donnant l’occasion aux buteurs de briller tour à tour, par Barkley d’abord puis Dupuy ensuite, les parisiens laissant même échapper deux occasions de passer devant au score, une fois par Dupuy, une autre par Plisson.

C’est là que les ciel-et-blanc ont la bonne idée de contre-attaquer, à cinq minutes de la pause, il était temps. Les Racingmen enchaînent les temps de jeu dans les 22 adverses et sur une touche parviennent à structurer un maul qui avale la défense stadiste pour aplatir le cuir avec Szarzewski dans l’en-but. L’essai est accordé après visionnage de la vidéo. Le Racing se lance enfin dans son match, menant 13-6 à la mi-temps.

La seconde période est toute acquise à la cause des franciliens en haut de la scène, essai splendide d’Adolphe de Palissaux qui raffute et dépose ses vis-à-vis pour égaliser après la transformation de Gaspar Gonzalez de Candamo. C’est beau !

Oups, ça a repris au Stade de France, excusez-moi, j’avais zappé sur Wikipédia TV qui retransmettait en streaming dans ma tête cette fameuse première finale.

Oh, mais les parisiens se rebellent on dirait, multipliant à leur tour les temps de jeu dans le camp francilien. Mais que de fautes, de mains, au sol, et ces frictions encore qui polluent le jeu et le spectacle !

Et les fautes sont à l’avantage du Stade Français. A l’heure de jeu, Dupuy parvient à réduire le score sur deux nouvelles pénalités, 13-12, avant de faire passer son équipe devant à moins de dix minutes du terme sur une troisième tentative. 15-13, Paris pousse le Racing-Métro sous terre.

Le Stade Français a le match en main, il ne peut lui échapper désormais. Mais c’était sans compter la hargne d’Estébanez qui déjoue toute la défense parisienne pour inscrire l’essai salvateur du Racing, tout comme Frantz Reichel, 120 ans auparavant donnait le premier Brennus aux Racingmen de France.

Racing 20 – Paris 15, les parisiens sont abattus mais ont le bonus défensif comme point de consolation.

Oui mais voilà, un malheur n’arrivant jamais seul, sur la dernière action ils se font pénaliser à cinq mètres de leur en-but. Machenaud préfère assurer la victoire et priver son adversaire de ce précieux point en passant une pénalité plutôt que de tenter une dernière mêlée qui aurait pu faire une pierre deux coups avec un bonus offensif pour les locaux.

Que voulez-vous, le rugby est devenu un jeu d’adultes calculateurs laissant derrière lui ce jeu d’enfants insouciants qu’arbitrait en son temps Pierre de Coubertin dans cette première finale de l’histoire du championnat de France du rugby à XV où le Racing Club de France l’emportait 4 à 3 face au Stade Français.

Ne cherchez pas à calculer, un essai ou une pénalité ne valait qu’un point à l’époque, la transformation deux.

L’histoire se répète et le Racing Métro peut rêver de finale même si la route sera longue et semée d’ennemis plus coriaces les uns que les autres.

 

En bref…

Toulouse a fait douter et chuter Clermont venu dans la ville rose avec une consigne, « défendre » selon Vern Cotter, en vue du double affrontement à venir contre le Leinster. Seulement les jaunards encaissent pas moins de trois essais avant d’en inscrire enfin un à dix minutes de la fin, coïncidant curieusement avec l’entrée de Broke James, qui a bien failli faire basculer la rencontre en la faveur des auvergnats. L’issue ne sourira pas au buteur australien qui, sur la sirène, ratera le drop du bonus défensif après que Luke McAlister sur une pénalité en ait privé les clermontois (30-22).

Toulon n’aura pas fait dans la dentelle contre Grenoble pour préserver sa première place. Les varois ont habillé les isérois pour l’hiver avec 5 essais et empochent un bonus offensif qui les place à 5 longueurs de Toulouse et à 7 de Clermont, de quoi en faire dès aujourd’hui un champion d’automne légitime (39-3).

Castres souffle la quatrième place à Montpellier après sa victoire bonifiée sur Mont-de-Marsan (31-15), à 3 points seulement des clermontois, alors que les héraultais, juste un point derrière, passaient le cap de Bayonne sans faire de vague et sans bonus offensif surtout (29-22). 

Nous y voilà ! … à cette fameuse sixième place, sésame pour disputer les barrages et que Grenoble occupe insolemment malgré sa défaite à Mayol. Qui pour rivaliser avec les promus, tenaces ?

Biarritz et Perpignan sont les mieux placés après leurs victoires respectives contre Bordeaux, difficile (25-22) et Agen, plus large (39-13), plus qu’à 2 et 4 points du graal.

Le Racing-Métro et Paris restent toujours dans la course intégrant ce quintet de la mort où chaque point semble valoir de l’or.

Concernant la relégation, Agen continue sa descente en enfer dans une lutte à distance avec Bordeaux et Bayonne, respectivement à 1 et 5 points.

Quant à Mont-de-Marsan, son exploit à Colombes n’a pas sonné le réveil de ses troupes et doit se recoucher à sa dernière place malgré ses maintes tentatives pour rester éveillés dans ce TOP 14.

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

En bonus…

Que dire de l’impressionnante victoire des All White du XV de la Rose, dans son dernier test-match, face aux champions du monde qui terminent une saison, jusque-là exceptionnelle, un sans faute qui se voulait historique, de la plus mauvaise des manières, par une correction inimaginable de la part des anglais.

Que l’on se rassure, cela ne suffira pas à nos éternels rivaux pour nous passer devant au classement IRB qui servira au tirage au sort lundi pour définir les têtes de série de la prochaine coupe du monde chez eux, en Angleterre.

Au même moment où presque, les gallois descendaient à la 9ème place de ce même classement après la troisième défaite de sa tournée d’automne, cette fois de pas grand-chose contre les Wallabies. Ironie du tirage au sort qui pourrait nous offrir et les anglais et les gallois dans notre poule.

On est content d’être tête de série ave ça ! :)

Angleterre – Nouvelle-Zélande  38-21

Pays de Galles – Australie  12-14

 

La semaine prochaine…

La H Cup revient dans sa deuxième phase, deux nouvelles journées déterminantes pour chaque club européen qui aura à cœur de bien se positionner dans sa poule ou éviter que l’aventure s’achève prématurément.

Au programme, donc, dès vendredi soir :

  • Glasgow – Castres (poule 4) à 20h35, s’imposer coûte que coûte en Ecosse pour rester dans la course,
  • Connacht – Biarritz (poule 3) à 21h, faire un coup chez ces irlandais serait de bon augure pour la suite.

Puis samedi :

  • Toulouse – Ospreys (poule 2) à 14h35, un match primordial pour la première place,
  • Sale – Toulon (poule 6) à 16h40, attention hold-up sur terres anglaises en vue, une belle affiche,
  • Racing Métro – Edimbourg (poule 1) à 19h, une revanche sans concession, vaincre avec tonus offensif !

Et enfin dimanche :

  • Cardiff – Montpellier (poule 2) à 14h, en quête d’exploit indispensable pour rivaliser avec les toulonnais,
  • Clermont – Leinster (poule 5) à 16h, des retrouvailles au goût amer pour ce choc de titans !

 

En ce qui concerne la petite compétition du Challenge Européen qui concerne les 7 autres club du TOP 14, je vous invite à consulter le site officiel de l’ERC qui vous en détaillera le programme.