L E S B R E V E S D O V A L I E . C O M - l'Hebdo du Rugby par Antonio -

22 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°306

Bilbao, le haut but

CHAMPIONS CUP... demi-finales               Racing 92 – Munster      27 – 22

Teddy Thomas terrasse le Munster d'entrée !

L’Espagne, l'eldorado du Racing ?

On a tous en mémoire cette finale de TOP 14, en juin 2016, historique parce que délocalisée dans la capitale catalane espagnole.

Le Racing Club de France décrochait à Barcelone son sixième Brennus, miraculeusement, face à un Toulon pourtant largement favori et en supériorité numérique quasi tout le match.

De nouveau, le Racing aura l’occasion de marquer son histoire, en Espagne, en décrochant son premier titre européen, le plus prestigieux de tous, mais dans la capitale basque cette fois.

Bilbao, le haut but du Racing… une aventure romanesque qui retrace le destin européen de ce XV francilien, emmené bien malgré lui (leur parcours, à relire dans les brèves précédentes, est aussi incroyable qu'improbable) par le magicien Dan Carter (à temps partiel) et une compagnie de vingt-deux (plus ou moins) nains dans leur voyage vers la Montagne du Leinster, à la recherche du trésor doublement gardé jusque-là par le dragon des Saracens.

Wouahou ! Une trilogie de phase finale qui a de quoi faire saliver !

Dans le premier volet, le plus nain d’entre eux, et le plus agile, Marc Andreu, avait à lui seul anéanti les trolls des volcans d’Auvergne, dans leur inhospitalière caverne du Michelin.

Dans la deuxième partie, ce dimanche après-midi, sur les plaines de Chaban-Delmas, c’était au tour de Teddy Thomas de libérer les siens en moins d’une demi-heure, tuant les Munstermen de ses propres mains, de trois coups de massue assassins, aidé de ses perce-murailles, Vakatawa et Chavancy, qui lui ouvraient, tour à tour, le chemin de l’en-but.

On nous annonçait une Red Army monstrueuse en tribune. En une période, les 6000 soldats en tunique rouge se sont tus...

Il n’y avait qu’un raid armé sur le pré !

Trois essais, tous signés Teddy Thomas, ou presque, puisque le dernier, il l’offrait à Machenaud, aussi surpris que nous du geste de son coéquipier dans l’en-but. 

24-3 à la pause, le match était plié. D’autant qu’en seconde période, le Munster ne parvenait à rien, impuissant en conquête, maladroit balle en main et confronté à une défense de fer qui repoussait férocement chacun de ses assauts, à l’image des premières lignes franciliennes et des suivantes, comme les soldats Ryan, Chat et Nyanga, aux plaquages monstrueux.

Il faudra attendre le dernier quart d’heure pour voir le Racing lâcher prise, enfin, en infériorité numérique, suite au carton jaune infligé à Andreu. L’entrée de Zébo, côté irlandais allait porter ses fruits, l’ailier international (et futur Racingman la saison prochaine) marquait le premier essai des visiteurs.

Marschall puis Conway, dans les dernières secondes, en ajoutaient deux autres, comptant presque pour du beurre, tant l’écart était conséquent et la mission devenue impossible... Comme ce qui attend le Racing à Bilbao dans trois semaines, car...

avec un tel adversaire, il ne lui reste plus qu’à bâtir des châteaux en Espagne.

 

Leinster – Scarlets         38 – 16

Juste énorme !

On pouvait s’y attendre. Les Gallois n’existeraient que par le pied de Halfpenny quand les Irlandais de Sexton mettraient en place petit à petit leur jeu et étoufferaient la défense adverse jusque dans son en-but pour inscrire autant d’essais que possible.

Ce sera cinq (dont trois en première période) pour une victoire sans appel du grand favori à la succession des Saracens. Les Scarlets sauveront l’honneur à la toute dernière minute, sans illusions possibles. 

Ça s'est passé samedi après-midi, une demie gagnée tout en maitrise par ce monstre du Leinster, dans un match de très haut niveau.

C’est dire la montagne à franchir pour les Racingmen. Réponse dans trois semaines à Bilbao.

 

La Challenge Cup en bref…

Cardiff Blues – Pau               16 – 10

Une Section pâlotte

Dans cette demi-finale, Pau n’a jamais vraiment été en position d’inquiéter sur la durée des Gallois plus ambitieux et adroits, portés par un public endiablé dans un Arms park plein à craquer.

Après un premier essai des locaux en début de rencontre, Pau a réagi, quinze minutes plus tard, par Smith pour l’essai égalisateur, avant de lâcher prise peu à peu, courant jusqu’à la fin après le score. Quand Evans passait tous ses coups de pied, Taylor en maquait deux, juste de quoi, pour la Section, rester derrière au coup de sifflet final.

Les Palois n’iront donc pas en finale, comme ils n’iront certainement pas en barrage du TOP 14 (s’ils perdent contre Montpellier samedi prochain), terminant alors ce mois d’avril sur un double échec cuisant.

Gloucester – Newcastle        33 – 12

Sans surprise

Gloucester n’a fait qu’une bouchée, à domicile, de ses compatriotes anglais de Newcastle.

Sans surprise, 4 essais à 2.

Les Anglais disputeront leur troisième finale en quatre ans, défaits l’an passé par les Parisiens, tenants du titre. Sera-ce la bonne cette fois ou bien sont-ils maudits ?

Rendez-vous à Bilbao pour une petite finale qui promet d’être très ouverte face à Cardiff.

 

Les barrages de PRO D2 en bref…

Mont-de-Marsan – Béziers   31 – 23

Les Montois à Aimé-Giral !

Malgré leur indiscipline, les Montois se qualifient en demie grâce à une volonté offensive, récompensée par trois essais (Cabannes, 26è, Malafosse, 47è, Matanavou, 48è).

De leur côté, les Biterrois ont payé cher leur mauvaise entame de seconde période, accrochant malgré tout les locaux au score, grâce au pied de Porrical et un essai de Pinto Ferrer qui avait pourtant lancé les hostilités (24è). Seulement la fin de match sera trop éprouvante pour revenir, poussés à la faute, ils offriront les munitions au Montois pour sécuriser leur victoire.

De quoi nourrir des regrets pour Béziers et de l’espoir pour Mont-de-Marsan qui retrouvera en demi-finale Perpignan le week-end prochain à Aimé-Giral.

Grenoble – Biarritz              33 – 26

Du grand spectacle au Stade des Alpes

Les Grenoblois et les Biarrots ont régalé le public isérois samedi dans un quart de finale à couper le souffle et au suspense jusqu’au-boutiste.

3 essais partout et 7 points d’écart, le temps d’une dernière munition pour le BO d’égaliser, un scénario fou qui a tenu en haleine les spectateurs et les a libérés sur une ultime penal-touche basque volée par les locaux qui, pour le coup, n’ont pas volé leur qualification en demie.

Ce sera à Montauban, au Stade Sapiac, où une toute autre ambiance attend les Grenoblois.

 

La semaine prochaine…

Dernière ligne droite du TOP 14

A J-2, les prochaines défaites coûteront chères. Le Racing pourrait perdre sa place directement qualificative en demie, Toulon son barrage à domicile, Pau et La Rochelle leurs tickets pour les phases finales, quand Brive pourrait déjà être relégué en PRO D2.

Seuls Bordeaux, Clermont et Agen se la joueront sans stress, les pieds sur le terrain, les têtes en vacances. 

Au programme de la 25ème journée, samedi 28 avril :

  • Toulon – Castres, à 14h45 (C+) : La peur au ventre et les yeux dans le rétro
  • Agen – Clermont, à 20h45 (R+) : Un point suffit !
  • Montpellier – Pau, à 20h45 (R+) : Une demie en vue
  • Oyonnax – Lyon, à 20h45 (R+) : Derby inamical
  • Stade Français – Brive, à 20h45 (R+) : Pas le droit à l’erreur

Puis dimanche 29 avril:

  • Bordeaux – Racing 92, à 12h30 (C+) : Le Racing à domicile ?
  • Toulouse – La Rochelle, à 16h50 (C+) : Couler les Maritimes

 

Côté TOP 8 du rugby féminin, les barrages débutent par les matches allers durant lesquels Blagnac et Toulouse devront tout donner pour espérer un exploit et une avance significative avant les matches retours chez les indétrônables Montpelliéraines et Lilloises.

Mon cœur penche pour Blagnac de Marjorie Mayans, le petit poucet face à l’ogre champion en titre de Safi N’Diaye.

A suivre donc :

  • Blagnac – Montpellier, samedi 28 avril à 15h30
  • Toulouse – Lille, dimanche 29 avril à 12h

 

Côté PRO D2, voici le programme des demi-finales :

  • Montauban  Grenoble, samedi 28 avril à 18h
  • Perpignan – Mont-de-Marsandimanche 29 avril à 14h15

 

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15 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°305

Chute à l'arrière du peloton !

TOP 14... 24ème journée                            La Rochelle – Castres      18 – 26

Les Rochelais stoppés net dans la course au titre !

Vous avez dit Godard ?

Dimanche midi, une nouvelle vague a déferlé sur Marcel-Deflandre, renversant les Maritimes dans un scénario à faire bondir tous les spectateurs et commentateurs de leurs sièges… avec au bout de la langue la célèbre réplique de Godard.

Je ne parle pas de Jean-Luc Godard, le réalisateur controversé des années 60, mais de Jean-René Godard, le commentateur du Tour de France sur sa moto, pas moins à bout de souffle, le petit soldat de France 2 qui suivait les coureurs cyclistes au mépris du danger.

« Chute à l’arrière ! Terrible chute ! »

Tout Marcel-Deflandre et les abonnés Canal (derrière leurs télés) ne peuvent croire que le maillot jaune (et noir) du début de saison vient de perdre la course au TOP 6. Car il va être difficile désormais pour le Stade Rochelais de se remettre en selle et refaire son retard sur les six premiers, lors des deux dernières étapes, notamment avec le col d’Ernest-Wallon.

Le Castres Olympique a fait tomber, avec un engagement de tous les instants, et dans les règles, un adversaire direct à la qualification, profitant de sa chute pour le doubler et intégrer le peloton dans la course finale.

Les buteurs tarnais avaient beau se heurter aux barres sans marquer, le jeu des visiteurs était plus agressif et dominateur en première période, affolant la défense locale, dépassée par un slalom époustouflant de Tulou dans ses 22. Le troisième ligne centre castrais aplatissait entre les perches pour donner l’avantage aux siens qui menaient logiquement à la pause (10-3).

Les Rochelais réagissaient aussitôt au retour des vestiaires par un essai en force du pilier Boughanmi, tout juste entré en place d’Atonio, après une longue séquence de ses coéquipiers dans les 22 castrais. Balès ne transformait pas et laissait son équipe derrière, à deux longueurs qu’elle ne parviendra jamais à rattraper.

Sur une nouvelle échappée d’un visiteur, Dumora cette fois, Battle héritait de la passe décisive de son arrière et marquait de nouveau pour le CO qui creusait l’écart grâce à une pénalité supplémentaire d’Urdapilleta (23-11).

À nouveau, les locaux, piqués à vif, répondaient en force par leur homme en forme, Boughanmi, pour son doublé. Broke James, tout juste entré, transformait et ramenait son équipe à cinq points (18-23).

Seulement il restait trop peu de temps et de munitions pour espérer renverser le sort de cette course contre la montre. D’autant que les Maritimes cumulaient les fautes, donnant une occasion à Urdapiletta de les sortir définitivement du bonus défensif.

Rien ne va plus à La Rochelle !

Le favori et maillot jaune du début de tour (du championnat) de France, n’est que l’ombre de lui-même depuis quelques mois, subissant sa deuxième défaite à domicile, après Toulon.

Trois points séparent les Rochelais des Castrais, dernier qualifié provisoire pour les barrages. Pas un gouffre à première vue, mais une mission bien compliquée au vu de leur calendrier (déplacement à Toulouse, réception de Paris) et le besoin aussi vital de leurs futurs adversaires de l'emporter.

Les Maritimes n’ont plus leur destin entre les mains… Tout comme une autre victime, à l’arrière du peloton qui a chuté samedi dans son antre du Hameau.

 

Les autres matches en bref...

Pau (7) – Agen (11)                                22 – 33

Coup d’arrêt

La Section Paloise est tombée de haut, samedi au stade du Hameau, face à une équipe agenaise qui a joué crânement sa chance, tellement les locaux ne les attendaient pas.

Mal leur en a pris, à les laisser jouer et à croire qu’il serait facile de revenir. C’était mal connaître les Lot-et-Garonnais qui ne lâchent rien et qui savent bien que chaque point est bon à prendre dans leur course folle au maintien depuis la première journée du TOP 14.

D’entrée, les visiteurs ont frappé fort avec un doublé de Nakosi (frère du toulonnais Tuisova) qui a créé la panique dans le camp palois. Heureusement, les locaux sont revenus grâce à trois essais (Lespiaucq, Vatubua et Daubagna) pour mener à la pause (22-20).

Seulement en seconde période Pau n’a rien produit et a subi la loi des Agenais qui, au culot, ont inscrit deux nouveaux essais, laissant le demi-finaliste européen fanny de points terrain.

Désormais, comme pour La Rochelle, la Section n’a plus son destin en mains et devra obligatoirement remporter ses deux derniers matches pour espérer disputer les phases finales. En attendant, place à l’Europe.

Quant à Agen, cet exploit lui ouvre les portes d’une nouvelle saison dans l’élite du rugby français. Bravo !

Oyonnax (13) – Brive (14)                      40 – 17

Des Coujoux, un pied en PRO D2

Les Oyomen n’ont laissé aucun espoir aux Brivistes, ici à Charles-Mathon.

Si les visiteurs ont rivalisé en première période, en seconde ils ont logiquement été distancé face à la détermination et l’efficacité des locaux, emmenés par un Botica en grande forme.

Cinq essais à trois à l’arrivée. Il ne manquait que le point de bonus offensif pour que la fête soit totale, un regret qui pourrait avoir une conséquence sur le plan comptable à la fin de cette phase régulière.

En attendant, Oyonnax cède sa place de relégable à Brive qui n’a plus son destin en mains pour se maintenir. Mais rien n’est fait pour autant, avec seulement deux longueurs de retard. Il faudra obligatoirement pour les Coujoux aller gagner à Paris.

Lyon (5) – Stade Français (12)               44 – 3

Une faim de Lou

Les Lyonnais ont mangé tout cru des Parisiens pourtant accrocheurs durant le premier quart d’heure.

Et puis Couilloud a montré la voix avant de s’éteindre en début de seconde période sur une charge illicite de Flanquart (sorti sur blessure à l'épaule). Un essai de pénalité, Clément, Mignot, Arnold et enfin Pélissié complétaient le tableau de chasse de l’équipe locale.

Un bonus offensif qui replace idéalement Lyon dans le TOP 6, tandis que le Stade Français devra valider son maintien, dans quinze jours à Jean-Bouin, contre la lanterne rouge pour une confrontation à la vie, à la mort.

Toulon (4) – Montpellier (1)                  32 – 17

Ashton… #recordbattu

Dans ce duel de prétendants au Brennus aux airs de finale dans un stade Vélodrome presque plein, on ne retiendra que le record d’essais battu par Ashton. Détenu par Nalaga avec 21 réalisations, l’arrière anglais le passait à 22 dès la première occasion toulonnaise.

Pour le reste, l’équipe remaniée de Montpellier s’est réveillée en seconde période après avoir encaissé un 29-7 en première. À l’inverse, Toulon s’est endormi sur ses lauriers, subissant le retour des hommes de Cotter, avec un Ngandebe intenable sur son aile (un bon espoir pour le XV de France).

Incapables d’aller chercher le point de bonus offensif, les coéquipiers de Bastareaud se sont contentés d’assurer la victoire, en tenant leur défense, avec trois malheureux points dans leur musette. Triste prestation à deux visages. Tandis que le MHR reste un leader serein à deux journées de la fin.

Toulouse (2) – Racing 92 (3)                42 – 27

Objectif demie !

Ce choc avait un enjeu crucial pour les deux équipes, une place directement qualificative en demi-finale. Seulement le Racing se devait aussi de ménager ses cadres en vue d'une autre demi-finale, en coupe d'Europe.

Remaniée, cette équipe francilienne emmenée par les remplaçants Carter, Imhoff et Rococoko (excusez du peu !) a subi la loi toulousaine durant plus d'une heure, menée 42 à 6, après avoir encaissé cinq essais, carrément.

Et puis le coaching de la paire des Laurent a eu un effet dévastateur pour les locaux avec l'entrée de Szwarzewski qui a montré la voie à ses coéquipiers. En moins de dix minutes, les Racingmen allaient inscrire trois essais et priver les Toulousains d'un point de bonus offensif qui pourrait leur manquer au bout du compte.

Toulouse l'emporte nénamoins dans un match fou, mais frustrant, et vole la seconde place à son adversaire du jour, mais à égalité de points. La bataille va être rude jusqu'au bout pour conserver ce fauteuil, pour deux.

Clermont (9) – Bordeaux (10)                33 – 3

Dites 33 !

« Ben vous n’êtes plus malades, apparemment ! »

Trois essais et un bonus offensif qui compte pour du beurre, dans un match sans enjeu et sans entrain, face à un adversaire en service minimum.

Trois points de Serin, le Bordelais ne voulait pas être en reste face à son concurrent clermontois en équipe de France, Parra, auteur d’un sans faute et d’un capitanat efficace auprès de ses gros qui ont fait tout le travail, dans des conditions météo difficiles.

Pas un grand match, juste une victoire sans intérêt avant de clore une saison qui commence à devenir longue au pays des volcans.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Les demies sont servies !

Retour à la coupe d’Europe avec le programme des demi-finales où le Racing 92 et Pau tenteront de décrocher leurs tickets pour Bilbao, chacun dans sa compétition.

 

Au programme de la Champions Cup, samedi 21 avril :

  • Leinster – Scarlets, à 16h30 (BeIn) à l’Aviva Stadium (Dublin)

Puis dimanche 22 avril:

  • Racing 92 – Munster, à 16h15 (Fr2) à Chaban-Delmas (Bordeaux)

 

Au programme de la Challenge Cup, vendredi 20 avril :

  • Gloucester – Newcastle, à 20h45 (BeIn) au Kingsholm Stadium (Gloucester)

Puis samedi 21 avril:

  • Cardiff Blues – Pau, à 14h (Fr4) à l’Arms Park (Cardiff)

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09 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°304

Encore une journée d'foutue !

TOP 14... 23ème journée                               Agen – Oyonnax      36 – 21

Encore une défaite pour Oyo !

Adios !

Je ne sais ce qui lui a pris ce matin quand il ne s’est pas réveillé. Il se voyait déjà parti sur un voilier dans un pays lointain... 

ou quelque chose comme ça.

Ce week-end, excusez-moi, mais je n’avais pas la tête au rugby. La tête en l’air, oui, naïvement comme son haïtien, espérant qu’il nous retombe du ciel dans son aéroplane blindé que rien ne pouvait arrêter… sur scène. L’homme oiseau, avec son sourire d’ange heureux, s’est envolé pour de bon d’un coup d’ailes d’un lourd silence, me laissant seul, l'inspiration en berne et...

avec un de ses coups de blues... à 118°, du bon, du gros qui tache.

Alors excusez-moi, oui, si je n’ai rien vu de cette journée... déjà foutue avant même d’avoir commencé.

Apparemment je n’étais pas le seul à avoir du vague à l’âme et la fuite dans les idées. Dans le bras de fer qui opposait les deux promus, promis à la descente aux enfers, Oyonnax n’avait pas la tête à son rugby et a laissé Agen bonifier son succès et planter un premier pied dans le jardin du prochain TOP 14.

À l’image de leur saison, les Oyomen n’ont pris que des miettes dans ce duel de la peur, laissant champagne et caviar pour les autres.

Dès les premières secondes de la partie (15 exactement, un record), suite à l’engagement de McIntyre, Metge était lancé comme une fusée vers l’en-but pour le premier essai agenais. Il y en aura deux autres dans cette première mi-temps (Fouyssac et Sadie) quand Botica limitait la casse avec son pied alors que son homologue local manquait tout ce qu’il butait.

18-9 à la pause, ce n’était pas cher payé. Au retour des vestiaires les Oyomen réagissaient pour recoller au score, grâce à l’essai de Botica qui semblait jouer pour quinze, même s’il ratait la transformation.

Mais les Agenais n’allaient pas se laisser endormir et accéléraient de plus belle, inscrivant deux nouveaux essais, par Nakosi, sur une merveille de petit par-dessus de January, puis Bosch, en excès de zèle, un quart d’heure plus tard. Le match était plié, le bonus en poche pour les locaux, et l’essai de Veau, pour les visiteurs, à cinq minutes du terme, n’y changera rien.

Adios Oyo ! On aimerait bien te revoir, la saison prochaine, qui sait. Rien n’est vraiment loin, au fond, si tu prends le bon chemin, dès le week-end prochain contre Brive, pour le match de la dernière chance, en laissant aux Coujoux, mal en point, la lanterne rouge pour éclairer ton chemin d’un barrage salvateur.

Parce qu’en Corrèze, rien ne va plus.

 

Les autres matches en bref...

Brive (13) – Lyon (7)                              25 – 27

Aujourd’hui la crise

C’est dur aujourd’hui, peut-être... demain ça s’ra difficilement vachement mieux. Quand on voit les Brivistes enchainer les défaites à domicile, la sixième de la saison, soit près de une sur deux.

Les Coujoux n’ont pas été récompensés de leurs efforts. Plus déterminés et agressifs, ils ont vu revenir à chaque fois des Lyonnais plus efficaces et pragmatiques, à l’image de cet essai de Couilloud, entré à l’heure de jeu et qui donne la victoire aux siens en fin de rencontre.

Brive a toujours son destin en mains, mais devra aller l’emporter chez ses deux concurrents au maintien, d’abord à Oyonnax, ensuite à Paris. Compliqué.

Stade Français (12) – Clermont (10)      50 – 13

Poil dans la main

Payés à rien foutre, depuis leur humiliation à Mayol (49-0), les Clermontois semblent se contenter désormais de regarder la balle dans l’œil du jeu de l’adversaire.

Qu’il était donc doux de rester sans rien faire, du moins en deuxième période, tandis que tout s’agitait autour d'eux. Les champions de France ont touché à tout, sauf à leur French flair, pour toucher une nouvelle fois le fond, avec leurs stars en nombre pourtant.

Les Parisiens, eux, n’ont rien calculé. Il leur fallait gagner pour sauver leur peau. Et avec le bonus, c’était encore mieux. Et c'était chose faite, avec cinq essais à la clé quand les visiteurs n’en marquaient qu’un seul en première période.

Paris n’est pas complètement sauvé, une victoire contre Brive suffirait pourtant à son bonheur pour rester dans l’élite.

Bordeaux (9) – Pau (5)                          19 – 18

Alertez l’UBB !

Bordeaux ne joue plus rien dans ce championnat et pourtant, à l’image d’un Serin en quête de rachat (sans doute en vue de la prochaine tournée de l’équipe de France) et auteur de tous les points de son équipe. Il a réveillé les siens et son public qui se faisaient endormir par les coups de pied assassins d’un Slade, en sérial-marqueur.

Le chassé-croisé entre les deux buteurs donnera raison à l’international français qui ravira enfin le public, après trois défaites de suite à domicile.

Pau récolte un point de bonus défensif qui le laisse dans le TOP 6 et lui promet une belle fin de saison, si le club palois parvient toutefois à bien négocier ses deux dernières réceptions (Agen et Toulon).

Castres (8) – Toulouse (3)                    28 – 23

Tête en l’air

Sur ses terres, condamné, solitaire, le CO n’avait pas le droit à l’erreur. Étrangers aux vérités premières énoncées par des cons (de journalistes), les hommes d’Urios ont retrouvé l’envie et le jeu de bien faire, enfin… remontant 15 points de retard en seconde période et ne laissant aucune chance aux Toulousains d’avoir le dernier mot.

Dumora aura été un des héros de la partie, avec son doublé, ainsi que Kockott avec un coup de pied monumental qui permet enfin au CO de passer devant et ne plus lâcher la partie.

La suite sera sans doute plus compliquée pour espérer intégrer la liste fermée des barragistes, avec deux déplacements (La Rochelle et Toulon) où il faudra aller gagner au moins une fois avant de terminer proprement contre un Oyonnax, sans doute au pied du mur de la PRO D2.

Montpelier (1) – La Rochelle (6)           40 – 24

Ce qui est dit doit être fait

Ce qui est fait était écrit, c’est comme ça, depuis le début de la saison. C’est la vie.

Quand Montpellier reçoit, c’est bonus offensif, le tarif minimum. Les Maritimes n’ont pas fait exception, comme ils n’ont pas fait illusion devant la domination des locaux dans tous les secteurs et avec un Jesse Mogg (pourtant partant la saison prochaine) en feu.

Le MHR a d'ores et déjà un pied et demi en demi-finale tandis que La Rochelle va devoir jouer jusqu’au bout sa place dans le TOP 6 face à des adversaires qui jouent eux aussi leur vie. (Castres, Toulouse et Paris).

Racing 92 (2) – Toulon  (4)                17 – 13

Dans un aéroplane blindé

Que peut-il arriver à ce Racing-là, imperturbable en défense, face aux héros de la voltige toulonnais ?

Pas grand chose, apparemment. Les Varois ne passeront qu’une fois, par Fekitoa, quand Vakatawa signait deux essais pour les locaux à l’U Arena. Suffisant pour assurer une courte victoire et la deuxième place au classement.

Tandis que le RCT, avec son point de bonus défensif, se positionne idéalement pour un barrage à domicile.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Le TOP 8 féminin en quelques mots... 

Montpellier (1) – Lille (2)              17 – 17

Des filles aux coeurs d'acier

Les Féminines de Montpellier, sûres de terminer premières de la phase régulière, n’ont pas cherché à forcer leur talent pour venir à bout des Lilloises coriaces, à l’image d’une Romane Ménager. Je n’ai ni vu le match, ni lu quoi que ce soit dessus, à cette heure difficile d’avoir des infos sur le rugby féminin, si on ne fait pas partie d’un réseau fermé, ou si on n’écoute pas Radio Londres dans les sous-sols de Sud Radio.

Vous pouvez retrouver tous les résultats sur le site de la FFR et le classement qui augure déjà des prochaines demi-finales, le 29 avril avec (comme l'an passé) :

  • Lille - Toulouse
  • Montpellier - Blagnac.

À noter que l'ASM Romagnat qui a terminé à la dernière place ne descendra pas puisque le championnat sera refondu en un TOP 16 vraisemblablement.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 poursuite sa route… en dernière ligne droite

A J-3, le suspense est à son comble, de la 2ème à la 6ème place, comme pour celles de la relégation. Autant dire que les barrages ont déjà commencé pour certains, une défaite étant synonyme de mort annoncée.

Au programme de la 24ème journée, samedi 14 avril :

  • Toulon – Montpellier, à 14h45 (C+) : un air de finale
  • Clermont – Bordeaux, à 18h (R+) : rien à prouver
  • Oyonnax – Brive, à 18h (R+) : malheur au perdant
  • Pau – Agen, à 18h (R+) : un peu plus près des barrages
  • Lyon – Stade Français, à 20h45 (C+ Sport) : y croire encore !

Puis dimanche 15 avril:

  • La Rochelle – Castres, à 12h30 (C+) : qui est in, qui est out
  • Toulouse – Racing 92, à 16h50 (C+) : un fauteuil pour deux en demie

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02 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°303

La fin d'un calvaire... 

CHAMPIONS CUP... Quarts de finale                Clermont – Racing 92       17 – 28

Le Racing crucifie Clermont

Évangile selon Saint Marc… Andreu.

Depuis le temps que Clermont porte sa croix cette saison, sur ses belles épaules de champion...

Qu’il a été long le chemin jusqu’à cette crucifixion, dimanche sur ses propres terres.

Au lendemain de cette finale et ce deuxième titre arraché à la sueur et jusqu’au sang, et glorifié par un peuple aussi enthousiaste que reconnaissant, le nouveau messie auvergnat ne savait pas que ce Brennus venait de signer son arrêt de mort en même temps.

Car c’est une couronne d’épines que le champion a porté sur la tête tout du long cette saison, empruntant un chemin de croix en TOP 14 qui ne lui a rien épargné. Flagellé par le tout venant, attendu à chaque tournant, multipliant les blessures de plus en plus graves, le privant de ses moyens pour rester debout et encore en vie, Clermont a souffert le martyre, jusqu’à l’humiliation, le week-end dernier (souvenez-vous à Toulon), et sa mort, ce dimanche de Pâques…

crucifié par un procurateur monté de golgoths !

Ainsi l’histoire semblait écrite à l’avance et le très fervent monsieur Barnes, enfilant les habits de Ponce Pilate, la bible des règles du rugby à la main et Dieu à la vidéo, ne pouvait prêcher ce match autrement qu’en accordant la grâce d’un essai litigieux mais divin au Barabas ciel et blanc, condamnant (comme cela était écrit) le messie auvergnat, un genou à terre puis deux.

Voilà, c’est dit. Mais revenons au début de cette crucifixion où tout semblait nous faire croire à la résurrection du triste Clermont.

La foule du Michelin était en liesse, en jaune et bleu, encourageant sous un ciel de printemps son champion qui lui répondait par une entame pleine de détermination, concrétisée par le pied précieux de Parra, à défaut de passer la ligne d’en-but.

Vingt merveilleuses minutes et un 9-0 peu cher payé mais déjà de bon augure. Quand le Racing décidait de réagir avec un premier essai de Vakatawa, justement refusé pour un écran grossier de Chat, puis un second aussitôt, cette fois accordé à Nakarawa après une belle chevauchée de Marc Andreu, ailier intenable ce dimanche après-midi. Les Franciliens prenaient alors le pas sur la partie, poussant les locaux à la faute et permettnt à Machenaud de passer devant au score (9-10).

Mais Parra orchestrait une contre-attaque par une parfaite redoublée avec Fernandez pour envoyer Betham au premier essai clermontois. Le demi de mêlée local manquait sa transformation, comme Machenaud la pénalité qui s’ensuivit. Mais pas la suivante et le demi de mêlée francilien ramenait son équipe à un point à la pause (14-13).

La seconde période offrait un tout autre scénario avec une entame en faveur des visiteurs qui reprenaient le score par Machenaud (14-16). Mais une nouvelle fois les locaux relançaient leur machine d’attaque et d’une séquence époustouflante mettaient leur adversaire dans le reculoir avec d’énormes espaces pour un second essai imparable. Seulement Abendandon décidait de la jouer seul et échouait à deux millimètres de la ligne. Rageant, car le tournant du match n’était pas loin d’être là tant les Racingmen auraient pris un coup sur la tête. Les Auvergnats devront se contenter d’une nouvelle pénalité de Parra pour mener d’une courte tête (17-16). Le champion n'était pas encore mort.

Et puis apparut le divin… à l’heure de jeu, le dieu Carter.

D’un geste somptueux pour éliminer un adversaire et puis d’un second, un peu moins grand  – d’un centimètre en avant selon les chiffres de la police vidéo, jusqu’à deux mètres selon ceux des manifestants clermontois – il offrait un ballon d’essai à Andreu, assommant les Jaunards sur place, désormais menés 17-23.

À peine le temps de réaliser ce qui leur arrivait, les Clermontois, médusés, regardaient Carter prêcher la bonne nouvelle aux siens pour un troisième essai de Palu parfaitement amené par Thomas. Le troisième ligne venait de rentrer. Coaching gagnant pour la paire Labit et Travers.

En moins de trois minutes le stratège champion du monde venait de planter le dernier clou sur la croix des Auvergnats. Et pourtant ces derniers voulaient encore y croire quand Grosso interceptait une balle pour aller à l’essai. Mais Ponce Pilate ne le lui accordait pas pour une faute de main en amont (qui m’a échappée personnellement)…

Il leur restait dix minutes pour tenter de revenir, en vain, rien n’y faisait. Dès que Grosso avançait Ponce Pilate sifflait… et ce, jusqu’au coup de sifflet final.

Moralité de cette brève : On ne réécrit pas les évangiles avec monsieur Barnes.

Et celui de ce quart de finale a été écrit par Marc Andreu, béni des Dieux. Il n’est pas étonnant qu’il ait été élu homme du match et devrait être canonisé pour la suite des phases finales.

Le calvaire est donc fini pour Clermont, en ce dimanche pascal. Le champion peut ranger sa couronne et sa croix, et partir en vacances jusqu’à la saison prochaine.

Quant au Racing vainqueur, une demi-finale l’attend à Bordeaux contre le Munster qui a sorti nos Toulonnais.

Parce que ce week-end n’a pas souri à nos autres clubs français, pourtant bien armés pour passer ce tour.

 

Les autres matches en bref...

Scarlets – La Rochelle          29 – 17

Trop de fautes ! trop de fautes !

Comment les Maritimes ont-ils pu perdre ce match ?

Comment ont-ils pu offrir tant de pénalités en première période au meilleur artificier du circuit qu’est Halfpenny et laisser filer le match à l’heure de jeu ?

Il y avait 12-10 à la pause, deux points de retard seulement pourtant, après un premier essai de Bourgarit qui présageait autre chose dans ce quart de finale. 

Mais voilà, à vouloir marquer au lieu de prendre les points sur leurs temps forts, les Rochelais se sont fait prendre sur un ballon porté qui les a déstabilisés et a déporté le jeu sur la gauche pour l’essai de Patchell. Les Maritimes lâchaient prise sur le match et se faisaient punir une seconde fois par Williams à cinq minutes du terme, pourtant en supériorité numérique. Quel gâchis !

Il y avait largement la place de faire mieux. Mais pour leur première participation à cette compétition majeure, soulignons la performance d’ensemble et ne nous arrêtons pas sur cet échec. Bravo aux Rochelais, place au TOP 14 désormais, car rien n’est fait pour la qualification.

 

Munster – Toulon                  20 – 19

Plus fort tu meurs

Comment les Toulonnais ont-ils pu perdre ce match ?

Je sais, ça ressemble à une histoire sans fin. Mais bon sang, quand on voit la première demi-heure monstrueuse de Toulon, on se demande qui peut battre cette équipe. Et je ne suis pas adepte du jeu varois, loin de là.

Mais la maîtrise dans tous les secteurs d’un jeu mené avec culot et brio par le jeune Belleau, ne pouvait que finir par une victoire historique à Thomond Park.

Mais non. Après une domination sans partage les Toulonnais ne menaient que 6-0 avant que Murray ne joue un coup de filou sur le premier essai irlandais. Un ruck, un en-avant de Guirado qui sort la balle du ruck et les Toulonnais arrêtés attendant une réaction de monsieur Owens laissant le demi de mêlée celte s’emparer du cuir et marquer. Dix minutes de vidéo pour valider un essai gag qui coûtera cher, au final, aux visiteurs.

Pourtant, menés seulement 10-6 à la pause, les Toulonnais parvenaient à refaire leur retard et passer devant grâce à un essai de Ashton puis une pénalité de Trinh Duc (13-19).

Le plus dur semblait être fait quand il restait cinq minutes à jouer. Mais un  renvoi hasardeux de Trinh Duc après une longue séquence défensive rendait la balle à Conway qui allait slalomer toute la défense varoise, une nouvelle fois arrêtée, pour inscrire l’essai d’une victoire improbable, au vu de la rencontre.

Toulon laisse échapper une demie à sa portée et devra se concentrer désormais sur son unique objectif, le Brennus.

 

Leinster – Saracens              30 – 19

Y a pas eu photo

Je n’ai pas vu le match, mais les commentaires sont clairs. Le Leinster c’est du sérieux, les portes de Bilbao lui semblent grandes ouvertes, après avoir éliminé le double champion en titre.

Le Racing est prévenu s’il devait aller au bout. Nous aurions alors une revanche du dernier France-Irlande, tant les internationaux de chaque nation sont issus de ces deux ogres du rugby européen.

 

Le tableau des demies

         Leinster        v      Scarlets       à Aviva Stadium, Dublin

         Racing 92  v      Munster     à Chaban-Delmas, Bordeaux

 

En ce qui concerne la Challenge Cup

Pau est le seul club français qualifié pour les demi-finales après un match très disputé contre son compatriote parisien, toujours aussi peu récompensé de ses efforts. Les Palois devront se déplacer chez des Gallois victorieux à Édimbourg. Ainsi le veut la règle, avantageant la victoire à l’extérieur.

Pour le reste, je vous laisse apprécier les résultats.

Le tableau des demies

         Édimbourg – Cardiff Blues (6-20)      v        Pau – Stade Français (35-32)       

         Connacht – Gloucester (28-33)          v        Newcastle – Brive (25-10)             

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 reprend sa comédie

A J-4, Clermont et Bordeaux comptent pour du beurre désormais, quand les autres ne pourront compter que sur eux-même pour espérer se qualifier ou rester dans le TOP 14.

 

Au programme de la 23ème journée, samedi 7 avril :

  • Castres – Toulouse, à 14h45 (C+) : pas le droit à l’erreur pour le CO
  • Brive – Lyon, à 17h45 (R+) : le Lou salive déjà
  • Bordeaux – Pau, à 17h45 (R+) : un coup à faire pour la Section ?
  • Stade Français – Clermont, à 17h45 (R+) : Paris doit sauver sa peau
  • Agen – Oyonnax, à 20h45 (C+ Sport) : la finale de la mort

Puis dimanche 8 avril:

  • Montpellier – La Rochelle, à 12h30 (C+) : en patron
  • Racing 92 – Toulon, à 16h50 (C+) : un goût de finale

À noter le nouveau lien pour suivre les résultats du TOP 8 féminin et sa dernière journée avant la phase finale, dimanche prochainLe TOP 8 - Site officiel de la FFR

Montpellier de Safi N'Diaye et Lille de Romane Ménager sont en tête et devraient se disputer le titre, encore cette saison, à moins que Toulouse de Gaëlle Lhermet ou Blagnac de Marjorie Mayans en décide autrement.

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25 mars 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°302

Thriller à Jean-Bouin 

TOP 14... 22ème journée                       Stade Français – Toulouse       33 – 37

Course-poursuite infernale à Jean-Bouin

Toulouse se fait la balle…

Dans le sprint final aux qualifications, pour les phases finales ou juste pour avoir le droit de rester parmi l’élite la saison prochaine, le Stade Toulousain s’est offert un festival de cannes, décrochant la palme du meilleur acteur dans le film événement de la 22ème journée, El Clasico, au détriment de son rival de toujours, "El Parigot".

Ce western-paëlla, remake du célèbre Barça-Real du foot espagnol et qui oppose les deux plus grands palmarès du rugby français, a tenu le public de Jean-Bouin en haleine.

Une course-poursuite infernale avec des rebondissements...

Jusqu'à la dernière seconde. Tout Paris a tremblé, ce #Parismobilisé  par les réseaux sociaux qui a rosi tant bien que mal les tribunes de Jean-Bouin, derrière son équipe quand son équipe, elle, restait toujours derrière au score.

Un premier essai d’entrée calmait ses ardeurs, le trois-quarts centre toulousain, Mjekevu, transperçait le rideau parisien après une domination des siens. Puis un deuxième qui faisait froid dans le dos quand Paris, à la relance, se faisait prendre naïvement par la patrouille de Kolbe, interceptant une passe téléphonée de Danty.

Enfin, l’euphorie faisait son entrée dans les travées du stade, une transversale au pied millimétrée de Plisson pour son ailier Yobo et voilà Paris qui revenait dans la partie. S'ensuivait une nouvelle percée de Camara et un relais de Parisse pour le doublé de l’ailier parisien qui ramenait les siens à 7 longueurs à la pause (13-20), malgré les échecs de transformation de Plisson.

Le public pouvait y croire au retour des vestiaires, mais le scénario de la première période semblait se répéter, Kolbe, intenable, était à nouveau à la manœuvre pour son doublé.

Paris n’avait pas dit son dernier mot pour autant et attaquait de plus belle pour se défendre.

Quand Burban concluait un joli mouvement de ses partenaires, les ramenant cette fois à 4 points seulement de leur adversaire (23-27). Il restait 25 minutes, largement de quoi passer devant, pensait le public qui exultait et poussait toujours derrière son équipe, d’autant qu’elle avait la possession depuis quelques minutes.

Mais voilà, alors qu’elle était à deux doigts de faire péter le coffre-fort de la défense haut-garonnaise, elle se faisait une nouvelle fois coincer par la brigade des stupéfiants trois-quarts toulousains, très en jambe. Une deuxième interpellation de balle, par Médard cette fois sur un cadeau de Macalou, qui mettait un coup d’arrêt aux belles intentions locales. Lui qui venait de rentrer, ressortira blessé. Un coaching tout sauf gagnant, dira Azam sur le banc.

Mais rien n’était joué dans cette histoire folle, il restait moins d’un quart d’heure, le temps pour un ballon porté rageur jusque dans l’en-but, signé Daguin et Paris était à nouveau à 4 points (30-34).

La course-poursuite devenait déroutante, faisant crisser la joie de Jean-Bouin, à chaque virage. Une joie de courte durée quand Doussain repassait trois nouveaux points, obligeant Plisson sur sa dernière munition, à choisir le point d’une défaite bonifiée plutôt que de tenter une gloire vaine sur une dernière attaque incertaine.

Toulouse tenait là sa prestation de prestige, logiquement récompensée face à un Paris qui a trop surjoué, ce qui lui a joué deux mauvais tours et coûté une victoire pourtant vitale.

Les deux plus grands palmarès du TOP 14 se retrouvent aux antipodes du classement, l’un sur le point d’accéder directement aux demi-finales, l’autre au barrage pour éviter la relégation. Mais quel match, ils nous ont offert...

du jeu et du combat, du spectacle et du suspense !

Ce n’est pas le cas de tous, malheureusement.

 

Les autres matches en bref...

Montpellier (1) – Castres (8)                45 – 7

Le CO aux abonnés absents

Montpellier n’a pas eu à forcer son talent pour venir à bout de Castrais totalement absents d’une partie à sens unique. Par le pied de Pienaar d’abord pour répondre aux fautes grossières des visiteurs, puis par deux essais (Rensburg et Du Plessis), les locaux menaient déjà 21-0 à la pause.

La seconde période ne laissera pas plus de chances aux Tarnais qui encaisseront trois nouveaux essais (Du Plessis, Sanga et Tomane), sauvant l’honneur en fin de match par Battle.

Le leader conforte sa place, à 5 longueurs de son dauphin tandis que le CO voit s’éloigner dangereusement la qualification aux phases finales.

Lyon (7) – Racing 92 (2)                        22 – 24

Le coup de force du Racing

Le Lou a perdu une bonne chance de se positionner favorablement pour disputer les barrages en concédant cette défaite à domicile, alors qu'on pensait le Racing déjà tourné vers le Michelin et son quart de finale européen.

Que nenni ! Les Franciliens ont montré qu'ils étaient mobilisés sur tous les fronts et n'ont pas fait semblant pour profiter des faiblesses de ces Lyonnais inhabituellement timorés offensivement.

Il aura fallu s'appuyer sur Beauxis et Machenaud dans un premier temps avant que Chouzenoux et Lambie ne se décident à marquer les premiers derrière l'en-but  pour le compte des visiteurs, obligeant les locaux à réagir.

Seulement à 15 contre 1" en fin de match le Lou ne marquera qu'une fois sous les perches par son buteur Beauxis, auteur de tous les points. Insuffisant pour décrocher une victoire pourtant cruciale.

Le Racing vient de réaliser une belle opération en se positionnant à la seconde place, prêt à défier des Clermontois frileux chez eux, avec la même dynamique. Une nouvelle désillusion ne semble pas loin pour le champion de France qui ne rêve désormais que d'Europe.

Toulon (4) – Clermont (9)                     49 – 0

Pan pan cul cul !

Un point par minute en première période pour les Toulonnais face à des Clermontois d’une passivité déconcertante. On ne peut pas dire qu’ils avaient la tête à l’Europe, vu que peu d’entre eux seront du quart de finale la semaine prochaine, à part Iturria et Penaud, peut-être. Pourtant il y avait de grands noms qui faisaient leur retour, Fofana, Penaud, Parra, Lopez, Toeava, Chouly, Strettle etc. Mais tous semblaient manquer de rythme comme s’ils l’avaient laissé quelque part sur une plage ou dans une discothèque d’Ibiza.

Du rythme, côté varois, ils n’en manquaient pas. Une balade et un enthousiasme qui a dû faire plaisir à leur président comme au public, à l’image d’un Bastareaud, passeur décisif et facile sur tous les coups.

Sept essais, sept transformations, et un record égalé pour Ashton avec son 21ème de la saison. Toulon se replace dans le premier carré quand Clermont n’a plus rien à jouer en TOP 14. Le champion de France peut se concentrer exclusivement sur la Coupe d’Europe et espérer la remporter s’il veut la retrouver la saison prochaine.

Et ça commence dès le week-end prochain. Ce sera une autre paire d’outre-Manche pour les vainqueurs du jour, qui ont un rendez-vous périlleux dans l’antre de Thomond Park.

La Rochelle (5) – Bordeaux (10)            31 – 20

Le retour des Maritimes à bon port

Les Rochelais ont pris ce match par le bon bout, emmené par un Retière de feu. Trois essais en première période pour prendre le large, par Bouldoire, Priso et Kerr-Barlow contre un seul pour Bordeaux par Gayraud.

En seconde période on a cru que la vague des Maritimes allait déferler sur l’UBB acculée en défense, après l’essai du bonus offensif par Amosa. Mais c’est tout le contraire qui s’est passé, les visiteurs ont répondu aussitôt par Marais et ont mis la pression sur la défense locale.

Il faudra attendre la dernière minute pour que l’essai de Balès redonne le point de bonus aux siens pour ne pas repartir avec une victoire amère. La Rochelle est de retour aux affaires, juste à temps, avant son déplacement au Pays de Galles en quart de finale européen.

Pau (6) – Oyonnax (14)                          33 – 12

À la sauce béarnaise

Les Oyomen sur leur dynamique y ont cru en marquant les premiers par Inman. Mais c’était sans compter la maitrise et la force des Palois, déterminés à rester dans le TOP 6.

La Section a réagi aussitôt en inscrivant, coup sur coup, cinq essais (Hamadache, Armitage, Lespiaucq, Votu, Vatubua) en moins de trente minutes pour plier le match dès la reprise de la seconde période. Oyo fermera ce festival d’essais par Geledan sur un groupé pénétrant pour s’incliner logiquement et retrouver sa dernière place, mais toujours dans les talons de ses prédécesseurs.

Brive (13) – Agen (11)                            15 – 12

Des sueurs froides

Brive a tenu sa victoire, obtenue à bout de pied de son buteur Germain, et à bout d’efforts malgré un retour des visiteurs par le pied de McIntyre suite à une accumulation de fautes qui a vu les Coujoux terminer la partie à 13.

Que c’est dur de se maintenir. Et les Agenais sont bien partis pour réaliser cet exploit sur les quatre journées restantes quand les Brivistes montrent bien des lacunes dans leur jeu.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Quatre quarts européens bien français !

Quatre clubs français tenteront de finir dans le dernier carré de la Champions Cup, sachant qu’au moins un est sûr d’y figurer, comme au moins un est certain d’être éliminé. Car, vous l’avez compris, Clermont recevant le Racing, le bonheur de l’un fera le malheur de l’autre.

Quand Toulon et La Rochelle se déplaceront outre-Manche dans des confrontations aux chances inégales.

À suivre, vendredi  30 mars :

  • Scarlets – La Rochelle, à 18h30 (BeIn) : Les Maritimes, le vent dans le dos

Puis samedi 31 mars :

  • Munster – Toulon, à 16h15 (France 2) : pour un exploit monstrueux

Et enfin, dimanche 1er avril :

  • Clermont – Racing 92, à 14h (BeIn) : attention... pan pan cul cul !
  • Leinster – Saracens, à 16h30 (BeIn) : une finale avant l’heure

 

Concernant la Challenge Cup, voici le programme des quarts, avec trois autres clubs français dont seul Pau semble armé pour s’en sortir.

À suivre, vendredi  30 mars :

  • Newcastle – Brive, à 21h (BeIn) : est-ce bien raisonnable ?
  • Pau – Stade Français, à 21h (France 4) : la tête ailleurs, ou bien ?

Et enfin, samedi 31 mars :

  • Connacht – Gloucester, à 14h (BeIn) : que le meilleur gagne, hein ?
  • Édimbourg – Cardiff, à 18h45 (BeIn) : Écosse v Galles !

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18 mars 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°301

Plus belle la vie à Colwyn Bay !

VI NATIONS... 5ème journée                    Pays de Galles – France      3 – 38

5è grand Chelem pour les filles !

On s’éveille au rayon du soleil…

de Colwyn Bay, petit coin de paradis sur la mer d’Irlande, à un bon millier de kilomètres de la rade de Marseille et à quelques centaines seulement de Cardiff et de nos gars en rade de victoires, mais toujours proches des meilleurs.

Vendredi soir, vers 19 heures, France 4 fait concurrence à sa grande sœur (de la trois) en diffusant une nouvelle saga qui va faire chavirer le cœur des Français et rêver nos Bleus depuis leur hôtel quatre étoiles. Car ils ne rateraient pour rien au monde ce feuilleton-fiction qu’est pour eux la quête d’un Grand Chelem.

Dès l’entame du générique de ce long métrage de 80 minutes, les paroles de la marseillaise n’ont jamais autant pris tout leur sens :

« Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé,
La vie est plus belle… On est vraiment rien sans elle !
Qu’on soit femme ou non, si on tend la main pour elle,
la vie est TELLEMENT plus belle ! »

L’émotion gagne les hommes de Brunel chaque fois qu’ils entendent parler d’elle. Elle, la victoire, bien sûr et rien d’autre, elle qui leur a souri la semaine dernière et rendu la vie si belle. Peut-être demain, samedi, se disent-ils, ils osent à peine y croire.

Mais peu leur importe, tout ce qu’ils veulent, c’est être proches des meilleurs. Et ils se débrouillent bien ces cons jusque-là, toujours à un point d’une victoire qui leur tend les bras et qu’ils laissent par bienveillance à leurs adversaires (sauf s’ils sont anglais, bien sûr, parce que là, c’est plus du cinéma !). Et demain sera pareil, même s’ils ne le savent pas encore à cet instant-là.

Car la fiction c’est tellement beau à la télé.

Le Grand Chelem, ça passait vendredi soir donc, sur France 4, un feuilleton qui nous a tous émus aux larmes.

Colwyn Bay… cinquième minute de jeu, alors que Cyrielle fait cavalière seule dans la défense galloise, Pauline se tient à l’affût pour conclure le premier galop d’essai de la partie. L’agent Jessy transforme sans trembler. 0-07.

Cinq minutes plus tard, alors que Pauline distribue les ballons d’attaque avec fougue et précision, Caroline (celle à l’ouverture) déboule comme une flèche et transperce à son tour le rideau gallois, presque trop facilement pour inscrire le deuxième essai sous les perches. Jessy ne fait qu’une bouchée de la transformation. 0-14.

Soudain, pendant vingt longues minutes, les Bleues subissent la révolte locale et défendent rigoureusement leur 22, n’encaissant que trois points, avant que Pauline ne remette le bleu de chauffe au jeu des Françaises et balance de nouveau des missiles jusqu'à toucher l’en-but. C’est chose faite par Jessy, après plusieurs temps de jeu, juste avant la pause, sans que la buteuse ne transforme son propre essai. 3-19.

Au retour des vestiaires ce sont les Galloises qui mettent la main sur le ballon les premières, mais sur un contre, ce sont nos Féminines qui vont bénéficier d’un essai de pénalité suite à un coup de pied par dessus de l’autre Caro (l’ailière) retenue illicitement dans l’en-but. 3-26.

Compliqué désormais pour ces Diables de femmes, en infériorité numérique, de revenir dans une partie bénie des déesses pour les Françaises. Comme si c’était leur destin. Pourtant les Galloises pousseront jusqu’au bout, à quelques mètres de passer la ligne mais échouant par maladresses ou malédiction. Car elles encaissent malgré leurs efforts, deux nouveaux essais.

Un par Agathe, sur les talons d’un ballon porté à l’ancienne, puis un dernier par Carla, après un jeu au large, partie de l’aile droite de Marine et relayée jusqu’à l’aile opposée de Caro, en relais parfait pour sa trois-quarts centre. Du jamais vu chez les gars, médusés devant leur télé.

« Et Basta ! T’as vu comment elles se font des passes ?

- C’est de la télé, les gars ! »

Sous leurs yeux ébahis, les Féminines venaient de réaliser ce dont ils n’osaient rêver en secret dans leurs chambres d’hôtel depuis huit ans et ce grand chelem de 2010. Seulement ce qu'ils ne savaient pas (faute aux médias qui préfèrent leur cacher la vérité de peur de les traumatiser) c'est que ce n’était pas de la fiction, mais bien la réalité.

C’est le cinquième Grand Chelem pour les filles en moins de vingt ans (après 2002, 2004, 2005 et 2014) quand les hommes en ont décroché neuf en un siècle. Je sais, la comparaison est un peu hasardeuse, mais quand même !

Bravo les filles ! car on ne vous le dira jamais assez…

Et la vie est tellement plus belle quand la joie d’un trophée est partagée.

 

Pays de Galles – France                  3 – 24                                         

Car, toujours à Colwyn Bay, ce vendredi soir, quelques instants après, sur le même terrain et presque de la même manière, mais avec le suspense en plus, les Bleuets ont réalisé un coup de Trafalgar au nez et à la barbe des jeunes Anglais pour s'emparer du titre. Quel pied !

La donne était claire. À égalité de points avec leurs rivaux mais un avantage au goal-average suffisant, les minots français se devaient de faire aussi bien qu’eux.

Et tout était bien parti dans une première période où les Bleuets inscrirent trois essais sous la pluie et un terrain bien piétiné par les filles juste avant. N’Tamack (2è), Laporte (21è) et Woki (30è) trouvaient la faille dans la défense galloise malgré un jeu plutôt haché.

Au même moment les Anglais dominaient les Irlandais jusqu’à ce qu’ils marquent ce quatrième essai qui leur offraient le point de bonus offensif nécessaire pour le titre.

Au retour des vestiaires les U20 n’avaient plus qu’à aller marquer à leur tour ce quatrième essai pour leur reprendre. Mais que ce fut dur, dans les conditions difficiles et face à des Gallois qui ne donnent rien. Il aura fallu attendre la 66ème minute pour voir l’éblouissant Gimbert se faire la malle et offrir le sacre aux siens. Quel talent ce demi de mêlée. Un de plus !

Les Anglais l’emportaient alors pour rien (45-15) et n’étaient pas récompensés de leur victoire face aux Français, payant très cher leur défaite surprise contre les Écossais. Et tant mieux !

Que la vie était belle à Colwyn Bay, vendredi soir !

 

Les matches des gars en bref…

Pays de Galles – France       14 – 13

Proches des meilleurs

Vous me voyez venir. Et bien pas du tout ! Je ne dirai pas de mal de cette équipe de France. Bien au contraire.

Bravo ! … l’objectif est atteint. Et comment !

Parvenir à réaliser, par deux fois, face aux deux meilleures nations européennes, qui auront terminé première et deuxième de ce tournoi, l’exploit de perdre d’un petit point un match qu’ils auraient pu gagner haut la main. Chapeau !

Commencer le tournoi en perdant contre l’Irlande dans les arrêts de jeu sur un drop assassin, alors que le match semblait plié, même si c’était contre le cours du jeu… wouah !

Terminer la compétition en perdant de nouveau d’un point sur une pénalité que l’on ne réussit pas à passer à un quart d’heure de la fin, alors que l’on sentait le match à la main des Français… oh !

Sans parler de l’Écosse, troisième nation sur le podium, qui d’une pénalité nous laissait encore derrière, mais tout proche, à un point de bonus défensif… han !

C’est dingue, cet art de flirter avec les meilleurs n’est pas donner à tout le monde, c’est devenu une marque de fabrique de la méthode Brunel.

Parce qu’à les regarder jouer, l’emporter cela semblait trop facile, ou plutôt à portée de mains et de talents dans cette équipe de France. Mais perdre d’un point, à chaque fois, ou presque, c’est juste incroyable, épatant même. Rageant, disent les jaloux. pff! 

Parce que lorsque Trinh Duc passe ce drop dès l’entame, on se dit : « qu’est-ce qu’on va leur mettre ! ».

Et quand Fickou transperce la défense galloise pour marquer l’essai français, répondant à celui de Williams, on se dit : « qu’est-ce qu’on va se régaler ! »

Mais non, le but n'était pas là, à 14-10, à la pause, il s’agissait en seconde période, de rester sagement derrière et de faire illusion qu’on pouvait passer devant à tout moment… Oui, mais non. 

C’est ça la tactique Brunel, caresser l’excellence dans le sens du poil de l’adversaire même si celui du supporter français se hérisse tout du long. Machenaud passera une pénalité et rien d’autre, juste pour être proches des meilleurs. Quelle classe ! Quelle humilité !

Par contre au classement, on est plutôt proches des derniers, seules nations que l’on a osé battre et qui auront elles aussi à se remettre en question. Et on peut compter sur la fédération anglaise pour faire bouger les choses, en Premiership comme chez World Rugby… ce qui serait sans doute un mal (anglais) pour un bien (du rugby français).

En attendant les prochaines colos en Nouvelle Zélande où ces Bleus pourront approcher la crème des meilleurs, le seul danger pour eux semble se trouver dans les chambres d’hôtel, avec quatre pieds et une tête plate qu’on appelle aussi accessoirement « tables de nuit », surtout avec Bastareaud en meneur de meute nocturne.

 

Angleterre – Irlande            15 – 24

Le troisième Grand Chelem du XV de Trèfle

L’Irlande est sacrée championne d’Europe avec son troisième Grand Chelem après avoir maitrisé et battu un XV de la Rose, pas remis de son Crunch perdu.

Ringrose, Stander puis Stockdale ont assommé en une mi-temps les Anglais que seul l’essai de Daly laissait dans la partie. Au retour des vestiaires, Sexton et les siens ont juste eu à contenir la bête blessée dans son antre où le Swing low Swing Chariot n’a pas retenti une seule fois.

Les Anglais parviendront néanmoins à marquer par deux fois, Daly à nouveau puis May sur la sirène. En vain. Le double tenant du titre termine à la cinquième place, lui qui rêvait d’un triplé historique.

Vivement que cette crise fasse bouger les choses, au moins dans les calendriers, car la fédération française n’aura pas d’autre choix que de les suivre.

 

Italie – Écosse                       27 – 29

Le XV du Chardon sur le podium

Un match fou que les Italiens auraient mérité de remporter tant ils ont tenu la dragée haute à cet irrésistible XV du Chardon qui aura réussi son tournoi. Comme la botte de Laidlaw aura été cruelle pour ses adversaires. Une seule réussie cette fois, mais ô combien décisive, à la 79ème minute pour le gain du match et une belle troisième place.

Pour le reste, le jeu a été très ouvert de part et d’autre, avec sept essais et un suspense jusqu’au bout.

L’Italie, cuiller de bois pour la troisième fois consécutive, va devoir hausser son niveau et trouver des solutions pour gagner enfin, d’ici la Coupe du monde. Qu’elle est loin cette victoire contre l’Afrique du sud.

 

Cl 1-Irlande-26 pts (+78) - 2-Pays de Galles-15 (+36) - 3-Écosse-12 (-27)  4-France-11 (+14) – 5-Angleterre-10 (+10)  - 6-Italie-1 (-111) 

  

Le TOP 14 en un mot... 

Toulouse (3) – Montpellier (1)              22 – 14

Racing 92  (2) – Stade Français  (12)    28 – 22

Oyonnax (13) – Toulon (4)                     29 – 26

Clermont (9) – Pau (5)                          38 – 14

La Rochelle (6) – Lyon (7)                     19 – 15

Castres (8) – Brive (14)                         37 – 28

Agen (11) – Bordeaux (10)                    10 – 15

Oyo sort du trou, Toulouse monte sur le podium

Cette 21ème journée aura eu son lot de surprises et d’émotions.

À commencer par la lanterne rouge qui aura arraché sa victoire contre l’ogre toulonnais, au courage et à l’envi, sur une dernière mêlée qui aura fini dans l’en-but. Les Oyomen cèdent enfin leur dernière place aux Coujoux et se rapprochent de Paris et Agen, également défaits.

Au dessus, Clermont et Bordeaux se refont la cerise, sans pour autant être invités à la lutte pour les barrages. Tandis que Castres et La Rochelle se mêlent au peloton pour une place dans le TOP 6, même si Lyon a montré plus que les dents chez les Maritimes. La bataille s’annonce rude jusqu’au bout.

Tout devant, Toulouse s’est hissé avec autorité sur le podium en battant le leader, à un point d’un Racing plus en forme que jamais disposant de son voisin dans un derby très disputé.

A cinq journées de la fin, je ne connais personne qui miseraient une fortune sur les 6 qualifiés et le club relégué. Et tant mieux pour le suspense.  

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

Qualifications Mondial 2019…

Géorgie – Roumanie             25 – 16

Belgique – Espagne              18 – 10

Oh la bonne blague belge !

Le Championnat Européen des Nations qui se déroulait en parallèle du tournoi des VI Nations a délivré ce dimanche le pays qui aura l’honneur d'ouvrir les festivités du mondial face au Japon, dans la poule A.

La Géorgie, première incontestable avec cinq victoires sur cinq, ne concourrait pas car déjà qualifiée de part sa belle coupe du monde en Angleterre.

Pour être l’heureuse élue, il suffisait donc à l’Espagne (vainqueurs des Roumains) de l’emporter en Belgique sans que la Roumanie ne fasse de même chez les Géorgiens. C’était mal connaître l’humour belge qui a décidé de contrarier le rêve espagnol.

Ce sera donc bien la Roumanie qui jouera dans la poule du Japon au prochain mondial quand l’Espagne tentera sa chance dans la phase des Play-Off qui commencera par un duel épique contre son voisin portugais. Le vainqueur aura le droit de jouer sa qualifiaction en matches aller et retour contre les Samoa pour retrouver la poule de la Roumanie. Le perdant de cette double confrontation s'offrant encore une chance dans la phase de repêchage qui se déroulera en novembre.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 a la voie libre

Fini de se faire doubler, le championnat de France peut retrouver ses joueurs et sa sérénité pour aborder la dernière ligne droite de sa phase régulière avec une 22ème journée cruciale, juste avant les quarts de finale européens pour quelques-uns et les vacances pour la plupart.

À suivre, dès samedi 24 mars :

  • La Rochelle – Bordeaux, à 14h45 (C+) : l’Europe c’est pas maintenant
  • Stade Français – Toulouse, à 16h45 (C+) : un Clasico désuet
  • Brive – Agen, à 18h45 (R+) : ça ne va pas rigoler
  • Pau – Oyonnax, à 18h45 (R+) : garder le cap
  • Montpellier – Castres, à 20h50 (C+ Sport) : garder la tête froide

Puis dimanche 25 mars :

  • Toulon – Clermont, à 16h50 (C+) : la tête à l’Europe ?
  • Lyon – Racing 92, à 21h (C+) : l’occasion est trop belle

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11 mars 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°300

On lâche rien... on lâche rien !

VI NATIONS... 4ème journée                    France – Angleterre      18 – 17

France Angleterre 2018

Un exploit de saltimbanques ?

Ils nous parlaient d'égalité
Et comme des connes on les a crus
"Journée d’la femme", fait'nous marrer
Comme c’est plus l’cas on l’a dans l’cul
Que pèse notre parcours sans faute
Face à l’exploit des bras cassés
Qui fait la une dans tous les kiosques
C’est clair, on s'est bien faites baiser.

Et que pèsent les droits d’la femme
Face à ces journaleux sportifs
Dont la seule règle, aller à dame 
"C’est vendre plus et… vendre plus" 
Notre rugby se prostitue
Sur le trottoir des annonceurs
Leurs belles paroles on n'y croit plus
Nos dirigeants sont des menteurs.

ON LÂCHE RIEN... ON LÂCHE RIEN… ON LÂCHE RIEN !

Car il était là, l’exploit de l’équipe de France, samedi soir, et pas ailleurs !

Messieurs les Journalistes du dimanche matin, le 8 mars n’est pas la seule journée de l’année où vous pouvez parler des femmes, mais une journée qui vous rappelle justement qu’elles devraient avoir égalité de traitement avec les hommes... tous les jours.

Or, ça fait à peine trois jours, les belles paroles diffusées par tous les médias sont déjà parties en fumée avec les cigares de vos rédacteurs en chef, laissant au journal l’Équipe de ce dimanche un encart d’à peine une dizaine de lignes pour souligner la performance majuscule de nos Féminines, alors que quatre pages entières auparavant louaient celle des Hommes, comme s’ils venaient de remporter la coupe du monde.

Oui, oui, ils ont battu les Anglais ! ... Oui, oui, on a le droit d’en jubiler !

Mais l’exploit face aux vices-championnes du monde et tenantes du titre, pour un grand chelem à venir historique, la semaine prochaine au Pays de Galles, ce sont Elles qui l’ont réalisé.

Ce sont Elles qui ont fait vibrer les 17440 spectateurs du Stade des Alpes, se battant chaque seconde et jusqu’à la dernière, pour ne pas sombrer face à un XV de la Rose coriace et d’un niveau supérieur auquel Elles se sont hissées au fil des 80 minutes.

ON LÂCHE RIEN... ON LÂCHE RIEN… ON LÂCHE RIEN !

Ce sont Elles qui ont fait exulter le public de Grenoble, à la dernière seconde, en allant chercher cet essai du bout du monde et décrochant la victoire d’un tout petit point… pour un plus grand bonheur.

Elles s’appellent Pauline Bourdon, animatrice insatiable de séquences de jeu somptueuses, Marjorie Mayans, cueilleuse de Roses au sécateur, Gaëlle Hermet, capitaine courage ou capitaine « fracasse tout ce qui porte un short blanc », Safi N’Diaye, locomotive au charbon qui les entraine toutes derrière elle, Julie Duval, chipeuse pénible de balles dans les rucks, et enfin Jessy Trémoulière, héroïne d’un soir, celle qui a filé à l’anglaise et fait lever tout un stade.

Jessy a tout simplement sublimé ce Crunch

par ses courses et ses appuis incroyables, mystifiant par deux fois la défense adverse. Un doublé qui a fait la différence, complétant l'essai de Caroline Drouin juste avant la pause.

Elles l’on fait, putain ! … Elles se sont fait les vices-championnes du monde, enfin !

Elles vont le faire, les filles ! … Ce Grand chelem, la semaine prochaine.

Est-ce si difficile de s’enthousiasmer pour du rugby féminin ? Pas besoin d’effort quand ça joue aussi bien. Et je n’en fais pas trop, parce que c’était la journée de la femme, cette semaine. Non. Je fais leur boulot, celui des journalistes, parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse.

Les mecs ont gagné, je sais… enfin ! C’était les Anglais, je sais… et ça fait du bien. Et quoi ? Ça leur trouerait le cul aux médias de les faire passer après ces dames, non par galanterie d’un autre temps, mais juste parce qu’ils pointent à une peu glorieuse quatrième place… provisoire ?

Mais j’y viens, patience…

 

Les matches des mecs en bref…

France – Angleterre             22 – 16

Crounch crounch !

On s’en rappellera de ce 104ème Crunch de l’histoire.

Parce que c’est la deuxième victoire d’affilée des Bleus depuis presqu’un an.

Parce que ça faisait longtemps que les Anglais n’étaient pas repartis du Stade de France la queue entre les jambes et que c’est jubilatoire avant tout autre chose et avant même de parler de la manière.

Parce qu’à bien y regarder, nous parlons de quoi, encore une fois ? D’une réplique du match contre l’Irlande avec, cette fois, une fin heureuse. Et tant mieux !

Parce que dans le fond, on retrouve les mêmes ingrédients. Une défense irréprochable, héroïque même… allez ! la meilleure du tournoi. C’est bien simple, j’ai cru que l’équipe de France c’était celle d’un Racing bis avec Bastareaud en plus. Un mur en béton quoi.

Et heureusement qu’il était là le rouleau-compresseur toulonnais, parce qu’il n’a pas que roulé sur les Rosbifs, il a aussi marché sur ses coéquipiers, de par sa voix et sa détermination à ne pas les laisser s’endormir. On lâche rien, on lâche rien ! Comme une vraie femme, le Basta !

Parce qu'offensivement, encore, on ne peut pas dire qu’ils nous ont régalé. Grosso et Fall se sont trouvés, quoi ?, une ou deux fois. D'accord, l’essai de l’ailier montpelliérain est beau, même s’il finit en pénalité. Mais toujours moins beau que celui de May, même si tardif.

Au final, la victoire s’est dessinée au bout du pied de Machenaud, impeccable, grâce aux hors-jeu répétés des Anglais, pas au mieux dans leur match qu’ils ont sans doute cru trop facile avant de tomber sur un mur.

Mais bon sang ! qu’est devenue notre conquête presque parfaite au temps de Novès ? Des mêlées pénalisées, des touches perdues à foison.

Comment ose-t-on parler d’un match à suspense quand on est incapable de finir une action en bout de ligne à 15 contre 14 à la 52ème minute, alors qu’il suffisait d’écarter jusqu’à Fickou pour un essai imparable et une victoire plus tranquille ?

Où est la maîtrise, où sont les combinaisons offensives ? Les Bleus de Brunel sont-ils juste devenus une machine à défendre, une machine à collisions ? Ça risque d’être usant pour tout le monde.

Alors, ne comptez pas sur moi pour voir du positif dans cette victoire. On a battu les Anglais et ils ne feront pas de triplé, cela suffit à me faire jubiler.

Pour ce qui est du plaisir, vous l’avez compris, je me tourne du côté des filles, désormais... et Basta y aurait toute sa place, tant il n'a rien lâché ;-)

 

Irlande – Écosse             28 – 8

Un XV de Trèfle à quatre feuilles

Quatre feuilles de match presque parfaites, quatre victoires sur quatre pour un troisième bonus offensif  qui offre d’ores et déjà le titre à l’équipe d’Irlande avant son déplacement à Twickenham dont le seul enjeu, et pas des moindres, sera le troisième grand chelem de son histoire (après 1948 et 2009).

Et pourtant, qu’il s’en est fallu de peu en première période que le XV du Chardon refroidisse l’ambiance de l’Aviva Stadium en faisant le jeu et renvoyant les locaux dans leur camp avec des actions somptueuses.

Seulement les Écossais ont surtout fait le jeu des Irlandais, en pêchant grossièrement sur la finition et en offrant les deux premiers essais à l’adversaire sur leurs propres temps forts, deux essais conclus par l’inévitable Stockdale.

De quoi rassurer Sexton et Murray qui n’avaient plus qu’à mettre à profit leur vista en seconde période pour aller chercher le bonus offensif. Murray se chargera du troisième essai, dès le retour des vestiaires, quand Cronin, sur un ballon porté marquera le dernier à dix minutes du terme, les visiteurs se contentant de sauver l’honneur d’honneur par Kinghorn entre les deux.

 

Pays de Galles – Italie       38 – 14

Le quinté bonus !

Parkes, North, Hill, North et Tipuric, dans l’ordre pour une victoire bonifiée face aux Italiens, comme tout le monde… oups !

Des Italiens qui ont résisté une période avec l’essai de Minozzi avant de sombrer après la pause.

Les Gallois prennent provisoirement la seconde place dont rêveraient nos Bleus en cas de succès à Cardiff et de grand Chelem Irlandais. Rien d’impossible. Mais comme nous ne serons pas encore le premier avril, je parierais plutôt pour une formidable cinquième place.

 

Cl 1-Irlande, 19 pts (+69) - 2-Pays de Galles, 11 (+35) - 3-Angleterre, 10 (+19)  - 4-France10 (+15) - 5-Écosse, (-29)  - 6-Italie, (-109) 

  

Du côté de nos U20…

France – Angleterre         6 – 22

Un Crunch épineux

Au Stade de la Méditerranée, à Béziers, la pluie et la pression ont eu raison de nos Bleuets qui sont passés à côté de leur exploit, vendredi soir.

Dès le premier engagement, N’Tamack trouvait une touche directe quand il manquait également, cinq minutes plus tard, son premier coup de pied. Des premiers signes qui ne trompaient pas.

Les jeunes Anglais ont donc logiquement fait le jeu, inscrivant le seul essai du match, et profité des fautes des Français pour passer cinq pénalités quand N’Tamack n’en comptera que deux. 

Un match à oublier d’autant qu’il n’est pas fini.

Avec 15 points partout et une défaite chacun (après celle des Anglais en Écosse), une finale va se jouer à distance entre ces deux favoris la semaine prochaine, les Anglais chez eux contre des Irlandais toujours en course, et les Français au Pays de Galles.

  

Le TOP 14 sans un mot... Je n’ai rien vu, mais que de surprises !

Montpellier (1) – Racing 92 (2)            41 – 3

Toulon (3) – Agen (12)                           54 – 5

Toulouse (4) – Lyon (6)                         20 – 27

Pau (6) – La Rochelle  (4)                      18 – 15

Stade Français (11) – Castres (7)          23 – 17

Bordeaux (10) – Oyonnax (14)               20 – 26

Brive (13) – Clermont (9)                       9 – 11

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

On redoublonne !

Les Bleus se déplacent à Cardiff, avec le plein de confiance et du ciment pour se hisser sur le podium, contre toutes les mauvaises langues que je suis.

Les Irlandais, eux, aimeraient bien fêter la Saint-Patrick à Twickenham, de quoi assommer définitivement le XV de la Rose et renvoyer Eddie Jones dans son hémisphère.

Quant aux Écossais ils iront chercher leur bonus offensif à Rome, comme tout le monde… argh ! … décidément, je ne m’y fais pas.

À suivre, samedi 17 mars, sur France 2 :

  • Italie – Écosse (13h30)
  • Irlande – Angleterre (15h45)
  • Pays de Galles – France (18h)

  

Et vendredi 16 mars, sur France 4, à ne pas manquer, une belle soirée en perspective :

  • Pays de Galles – France (19h) : Les Bleues pour le Grand Chelem
  • Pays de Galles – France (21h15) : Les Bleuets pour le gain du tournoi

   

De son côté, le TOP 14 tachera d’exister dans ce nouveau doublon pour le compte de la 21ème journée.

À suivre, dès samedi 17 mars :

  • Racing 92 – Stade Français, à 14h45 (C+) : qui joue à l’extérieur ?
  • Agen – Bordeaux, à 20h30 (R+) : l’UBB en crise ?
  • Oyonnax – Toulon, à 20h30 (R+) : qui va arrêter ces Oyomen ?
  • La Rochelle – Lyon, à 20h30 (R+) : touche pas à mon barrage !
  • Clermont – Pau, à 20h45 (C+ Sport) : le champion c’est encore moi !

Puis dimanche 18 mars :

  • Castres – Brive, à 12h30 (C+) : se remettre la tête à l’endroit
  • Toulouse – Montpellier, à 16h50 (C+) : attention danger !

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05 mars 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°299

Tombés pour la France !

TOP 14... 19ème journée                     

Dulin, fin de saison ?

Un TOP 14 sur les rotules

Samedi 15 heures, à Gerland, le Toulonnais Jon-Paul Pietersen aplatit le cuir derrière la ligne d’en-but, s’explosant le poignet sur l’action d’essai finalement vaine à cause d’un en-avant.

19 heures 15, sur l'herbe synthétique de l’U Arena, après une heure de jeu étincelante qui lui a permis d’inscrire le premier essai et d’offrir le second à Marc Andreu, Brice Dulin reste au sol.

D'après le premier examen du médecin, l’arrière francilien aurait subi une torsion de la rotule droite. Cela sent la fin de saison pour lui... Lui qui revenait tout juste d’une blessure au mollet après cinq semaines d’absence, privé alors de tournoi, comme il avait été privé de tournée en novembre, alors que l’équipe de France est dépourvue à son poste.

Dans le même temps, on s’inquiète pour Benjamin Lapeyre, l’ailier briviste serait touché, lui aussi, à la rotule sur un placage sur Dan Carter. Aux dernières nouvelles, il ne s’agirait que d’une luxation qui l’éloignerait néanmoins des terrains quelques bonnes semaines.

19 heures 45, une minute après que Aaron Cruden a manqué la pénalité de la gagne à Armandie, Benoit Paillaugue subit une double peine sur sa dernière relance, en se blessant tout seul au genou gauche, victime sans doute d’une rupture des ligaments croisés.

La même blessure, pour la troisième fois, cette saison.

Yato (2018)

Dimanche, 18 heures, au stade Marcel Michelin, on s’affaire en urgence autour de Peceli Yato. Après un placage rugueux, il souffrirait des cervicales et doit sortir avec toutes les précautions sur civière.

Chaque week-end, des joueurs professionnels tombent pour le championnat de France, tels des fantassins au début du vingtième siècle, dans les tranchées du TOP 14.

Cette saison, on ne les compte plus...

Rien que chez le champion de France (Lopez, Penaud, Fofana, Raka, Parra…), pour ne citer que lui, parce que représentatif des internationaux qui font régulièrement défaut à notre XV de France. Mais tous les clubs sont concernés, joueurs français comme étrangers dont les organismes sont éprouvés, usés par un calendrier trop chargé.

Tous recensent des blessés à foison avec saison terminée pour certains comme Raka hier, Dulin et Paillaugue aujourd’hui.

Ne changeons rien, ne cherchons pas à comprendre, faisons comme si de rien...

Et parlons rugby, de cette 19ème journée, avant la prochaine, faussée par un match du tournoi, qui plus est un Crunch, lui même faussé par tous les absents qui auraient dû être sur la feuille de match, ces absents fauchés par le TOP 14 et qui continuent de s’inscrire sur les feuilles d’infirmeries pleines.

Petit coup de gueule en passant, parce que ce n'est pas encore le printemps et que ça suffit de fermer les yeux sur ce TOP 14, à bout de souffle et surtout sur les rotules …  des joueurs.

Je disais, la 19ème journée donc…

 

Les matches en bref...

Agen (11) – Montpellier (1)                   31 – 29

Un appétit d’Agenais

Samedi après-midi, à Armandie, Montpellier a sans doute sous-estimé son hôte qui avait encore faim d'exploit après celui à Jean-Bouin.

Réduits à 14 au bout de cinq minutes de jeu, suite au carton rouge de Hoeata pour un geste illicite en pleine figure sur De Marco, les visiteurs vont pourtant faire le jeu, presque trop facilement, emmenés par un Picamoles des grands soirs.

Le capitaine montpelliérain inscrit le premier essai et offre le second à Mogg pour mener 14 à rien. Mais les Agenais ne se laissent pas abattre et reviennent dans la partie grâce à Mchedlidze puis Sadie, profitant de leur supériorité numérique qui augmentera avec le carton jaune infligé à Willemse, offrant alors à McYntire le troisième essai local, puis un quatrième par Nakosi dès le retour des vestiaires, de quoi profiter d’une belle avance (28-17).

Seulement le leader, revenu à 14, n’aura pas de mal à remettre la machine en route et reviendra à deux longueurs, par Tomane puis Ruffenach, malgré une défense courageuse des locaux. Les Héralutais seront même à deux doigts d’inscrire le cinquième essai décisif par N’Gandebe. Mais rien n’y fera, les Agenais tiendront bon. Quand Cruden aura l’ultime balle de match, à une minute de la fin, à faire trembler Armandie. Heureusement pour les Agenais, la pénalité passera à côté.

Quel match et quel suspense pour un nouvel exploit agenais mérité qui éloigne le promu de la relégation. Le MHR, lui, reste leader avec son point de bonus défensif mais perd une nouvelle fois Paillaugue sur blessure.

Oyonnax (14) – Stade Français (12)       33 – 27

D’autres promus se rebellent

Paris est la première victime de la révolte de ceux que l’on croyait promis (un peu trop vite) à la relégation.

Mais non mais non, les Oyomen ne sont pas morts… Car ils jouent encore, car ils jouent encore !

Et comment ! … Dimanche, malgré une mêlée défaillante, mise à mal par le pack parisien, et un début de match compliqué, les Oyomen ont réagi par le jeu pour venir à bout de leur adversaire dans un affrontement qui comptait double dans la lutte pour le maintien.

Comme les Agenais, la veille, aidés par le pied précieux de leur ouvreur Botica, les locaux ont pris le score au fil de la première période, profitant du carton jaune de Plisson, pour inscrire quatre essais et mener confortablement 33-17 à la fin de la punition parisienne.

La seconde période sera une démonstration de courage pour empêcher les visiteurs de revenir, malgré deux nouveaux essais d’Arias et O’Connor. Paris ne prendra même pas le point de bonus. Rien ne va plus pour le club de la capitale qui enchaine sa cinquième défaite consécutive, la deuxième face à un concurrent direct pour le maintien.

Le stade Français est à six points de son bourreau du jour et Oyonnax à quatre longueurs de la délivrance.

Racing 92 (2) – Brive (13)                   17 – 13

Une victoire qui coûte cher

Les Racingmen ont eu la chance d’avoir un Brice Dulin inspiré pour prendre la marque d’entrée, par deux fois, un essai de l’arrière international d’abord, en solitaire, puis un autre de son ailier Andreu sur une passe au pied millimétrée.

Un premier quart d’heure parfait et pragmatique pour les locaux face à des Brivistes plein de courage qui répliqueront aussitôt par Lagrange, ne lâchant alors plus le fil d’un match brouillon de part et d’autre.

Rien à se mettre sous la dent en seconde période, si ce n’est trois points brivistes pour le bonus défensif et deux arrières sur les rotules.

Le Racing colle au MHR à la deuxième place mais que cette victoire lui coûte cher. Tandis que Brive profite de son point de bonus pour se rapprocher de Paris, à deux longueurs.

Clermont (10) – La Rochelle (7)            21 – 17

Le champion souffle enfin !

Dimanche après-midi, Clermont a maîtrisé un match que les Maritimes semblaient pourtant avoir en main, tant la possession a été rochelaise. Seulement les offensives  ont toujours été contrées à temps par les locaux qui n’encaisseront au finale un essai qu’à la toute dernière minute de la rencontre.

Les Jaunards marquent d’entrée à chaque période, par Yato, puis Iturria, chargeant Laidlaw de prendre le score au fil dumatch et éloigner ansi le danger. Une victoire à domicile qui fait vraiment du bien au champion, après six défaites consécutives, quand les Rochelais, eux, enchainent leur troisième et sortent pour la première fois du TOP 6.

Castres (6) – Pau (4)                             27 – 29

Quel sacré Pau !

Pour la première fois dans le TOP 6, directement à la 4ème place, la Section Paloise a réalisé un sacré coup à Castres, une victoire encore une fois orchestrée par le maestro Colin Slade aux manettes.

Auteur du premier essai, l’ouvreur néo-zélandais a été de tous les bons coups, permettant aux siens de récidiver trois fois par l’inévitable Votu, puis Pesenti et enfin Tomas pour l’essai de la gagne à dix minutes du terme. Les hommes d’Urios pensaient pourtant avoir fait le plus en passant devant après l’essai de Combezou, leur troisième.

Un véritable exploit des Palois qui les met dans une position idéale avant de recevoir des Rochelais en mauvaise posture, qui plus est privés de leurs internationaux en plein Crunch.

Lyon (8) – Toulon (5)                             15 – 6

Harris, un ami qui vous fait du bien

Reçus cinq sur cinq, entre les perches, les coups de pied de Mike Harris ont soulagé une équipe lyonnaise en manque d’occasions offensives.

Son vis-à-vis, Anthony Belleau n’a pas eu la même réussite et n’a pas permis de compenser le manque d’efficacité de la ligne d’attaque toulonnaise, pourtant impressionnante, avec Nonu, pietersen (pas longtemps), Radradra, Fekitoa et surtout Ashton, ce dernier peu habitué à rentrer bredouille aux vestiaires.

Le jeu Varois avait beaucoup trop de déchets et de maladresses pour espérer faire la différence dans un match bien défendu par les Lyonnais, même s’il était largement à leur portée offensive.

Le Lou est dans la roue du peloton du TOP 6, à une longueur seulement de son adversaire du jour, cinquième.

Bordeaux (9) – Toulouse (3)                 19 – 25

L’UBB n’en finit pas de sombrer

Quatrième défaite consécutive pour Bordeaux. L’après Brunel ne semble pas réussir au nouveau staff.

On ne retrouve pas la sérénité du jeu bordelais qui, malgré de belles fulgurances et des essais (encore trois samedi soir), paye cher son indiscipline (carton rouge de Paiva), sombrant littéralement en seconde période en infériorité numérique, après être revenu au score.

Quant aux Toulousains, pas encore à 100% de leur potentiel d’après Mola, c’est la dynamique inverse qui s’est présentée à Chaban-Delmas, avec une quatrième victoire à l’extérieur cette saison, grâce à un jeu bien rodé, avec un Doussain métamorphosé à la mêlée, et des trois-quarts que Holmes semble trouver les yeux fermés.

Si les hommes de Mola peuvent encore mieux faire, alors l’accession aux phases finales ne devrait être qu’une formalité, comme au bon vieux temps de Novès dont l’éviction en équipe de France aura eu le mérite de laisser les Toulousains en clubs pour le plus grand bonheur de leurs supporters. 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Sera-ce la journée de l’infâme ?

Car samedi 10 mars, jour de Crunch, la défaite est interdite pour l’équipe de France.

Ce jour annuel où le rugby français doit lutter coûte que coûte pour réduire les inégalités par rapport au niveau du rugby anglais,  les Bleus n’ont pas le droit de passer à côté sous peine d’un soulèvement d’infamie et de honte sur tout le territoire.

Mais d’égalité entre ces deux nations qui s’exposeront au Stade de France, samedi, il y a bien longtemps que personne n’y croit plus. Comme il y a bien longtemps que la France ne porte plus la culotte dans le Crunch, prête à revenir à la fessée dont elle avait l’habitude dans le tournoi au début du vingtième siècle.

Pendant ce temps, le rugby émancipé se pratiquera à Dublin et Cardiff pour le gain du tournoi qui reste accessible à tous ceux qui jouent « outre Manche’ment » mieux que les Continentaux que nous sommes, Français et Italiens.

À suivre, samedi 10 mars, sur France 2 :

  • Irlande – Écosse (15h15)
  • France – Angleterre (17h45)

Puis dimanche 11 mars, sur le même canal :

  • Pays de Galles – Italie (16h)

 

De son côté, le TOP 14 poursuivra sa mascarade de phase régulière dans une 20ème journée, synonyme de doublon et d’opportunités pour les équipes les moins touchées par les sélections.

À suivre, dès samedi 10 mars :

  • Montpellier – Racing 92, à 14h45 (C+) : Top chefs !
  • Pau – La Rochelle, à 20h30 (R+) : un tournant
  • Bordeaux – Oyonnax, à 20h30 (R+) : se remettre la tete à l'endroit
  • Toulon – Agen, à 20h30 (R+) : pas le droit à l'erreur
  • Brive – Clermont, à 20h45 (C+ Sport) : derby pour le maintien

Puis dimanche 11 mars :

  • Stade Français – Castres, à 12h30 (C+) : attention aux réactions
  • Toulouse – Lyon, à 16h50 (C+) : le vent en poupe

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25 février 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°298

La magie du Vélodrome

VI NATIONS... 3ème journée                    France – Italie      34 – 17

France Italie 2018 (2)

L'acte fondateur de Brunel...

C’était une première, vendredi soir... Marseille accueillait le tournoi des VI nations.

Et comme toutes les premières au Stade Vélodrome, le rugby français allait s'inscrire une nouvelle fois dans l’histoire.

17 ans et trois mois après un premier exploit face à la Nouvelle-Zélande (42-33), le XV de France récidivait ce vendredi soir pour une dixième victoire (sur douze rencontres) dans ce cocon porte-bonheur marseillais.

Après les All-Blacks (2000), les Wallabies (2001, 2005), les Springboks (2002), les Anglais (2003, 2007), les Lélos (2007), les Pumas (2008) et dernièrement les Fidji (2014), les Bleus se sont offerts le scalp de la Squadra Azzurra dans un match de prestige, un an après les avoir déjà humilié à Rome (18-40) en leur laissant la cuiller de bois.

Ce jour-là, Camille Lopez avait signé un 100% quand même Vakatawa avait inscrit un essai, c’est dire la folie qui avait gagné les Tricolores.

Vendredi soir, pour son baptême provençal, la France du VI nations a fait lever le Vélodrome, plein comme un œuf… poché (ça fuyait un peu en haut et sur les côtés), et tout acquis à la nouvelle gloire du rugby français, avec trois essais de Gabrillagues, Bonneval et Bastareaud, tel un acte fondateur du renouveau de cette France qui gagne désormais.

Car cela faisait depuis les Gallois, en mars 2017, juste une semaine après ces Italiens, que la victoire n’avait plus souri aux Français.

Quinze jours après les frasques écossaises, sur et en dehors du terrain, le public marseillais n'eut pas longtemps à attendre pour vibrer. Une entame de match tonitruante, de la folie pure. Une relance de Magne, un regroupement, un petit côté de Galthié, une passe pour Garbajosa qui effectuait un cadrage débordement du Toulousain et un petit coup de pied à suivre pour lui-même et la France menait 7-0, après seulement deux minutes de jeu.

Oups ! Je m’emballe… et je rembobine la bande, ce n’était pas la bonne !

Au temps pour moi, Galthié était bien là, mais aux commentaires avec Lartot. Je reprends... Une entame de match tonitruante, de la folie pure. Cinq minutes de jeu, une touche et... hum, un ballon porté bien sécurisé pour avancer au ras, un ballon.. hum, ramassé, mais avec plein d’entrain par Gabrillagues qui défonçait le dernier rideau pour le premier essai. Wouah ! ...
Le Vélodrome exultait une première fois.

Les terribles All-Azzurri, vous savez ceux qui composent les fameuses provinces du Super Rugby Celte, à savoir les Zèbre de Parme et la Benetton de Trévise, répliquaient aussitôt, sans plus d'imagination, avec une action copiée-collée de celle des Français que l’arbitre validera en essai de pénalité.

Dominateurs dans tous les secteurs, les Tricolores multipliaient les offensives, marquées par quelques dizaines de maladresses, tout au plus, empêchant de scorer (« Zut ! ... Crotte ! ... Saperlipopette ! »). Mais heureusement Machenaud parvenait à reprendre le score à la pause avec deux coups de pied sensationnels... dans un ballon posé sur un tee.

Le score de 11-7, serré, montrait combien l’exploit allait être à la hauteur de l’événement, ici, encore au Vélodrome. Dès le retour des vestiaires, Bastareaud sonnait la charge (mais non, ce n’est pas un pléonasme !) et donnait un ballon en or à Beauxis qui n’avait plus qu’à distribuer au large pour le second essai tout fait. Et s’étouffait, oui ! ... l'action dans les mains de l’ouvreur dont la passe touchait celles d’un adversaire qui se trouvait là, par hasard. 

« Zut ! ... Crotte ! ... Saperlipopette ! »

Bastareaud allait alors changer de mains et tenter sa chance avec Bonneval qui avait une bonne tête de vainqueur. En effet, il eut plus de réussite en s’appuyant en relais sur le funambule Grosso pour le second essai tricolore, enfin ! à l’heure de jeu. En se réveillant, le Vélodrome croyait encore rêver, pinçant sans rire son voisin pour s'assurer du contraire : 

« ils ont marqué ? … non ? … si ? … »

L’exploit d’un deuxième essai français... et ça se passait, ici, à Marseille !

Menant dès lors 21-10, les Bleus voulaient assurer cette victoire, qui leur tendait les bras, en tentant chaque pénalité au pied afin de ne pas laisser revenir ces All-Azzurri dans le match. Aller chercher un bonus offensif aurait été présomptueux, d’autant que ces visiteurs semblaient affectés physiquement.

« Non, ça ne se fait pas ! »

Machenaud enquilla alors les points, avec son tee, jusqu’à ce que Bastareaud décide de lui-même d’aller marquer en force, sur une percée de Tauleigne, puisqu’il n’y avait quasi plus de défense. Le capitaine Guirado le félicita de cette initiative qui semblait avoir du bon sens.

Alors, le temps de passer la nouvelle aux nouveaux entrants, sur les cinq minutes restantes (« on pourrait peut-être prendre le point de bonus… Non ! … Il paraît, si ! … Ah bon ? … C’est Basta qui l’a dit…. Ah ! »), les trois-quarts italiens profitaient du désordre ambiant dans les lignes arrières françaises pour une ultime relance de toute beauté, de 80 mètres, conclue par leur brillant arrière Minozzi.

« On n’aura pas le bonus offensif, alors ! … Bah non ! »

Mais la victoire oui... et quelle victoire ! ... Les chants de la marseillaise retentissaient dans tout le Vélodrome, surfant sur une ola enthousiaste, dans une fin de match euphorique, le public français ayant enfin retrouvé le plaisir de voir gagner son équipe avec la manière, le french-flair au fusil.

Quelle belle idée, monsieur le président de la fédération, que ce match délocalisé au Vélodrome, qui nous a redonné le goût du rugby et de notre équipe de France.

Quelle belle équipe, monsieur Brunel, et quel travail en si peu de temps, après l’échec de votre prédécesseur, votre vista n’a d’égal que… que… votre humour, tenez ! quand vous dites :

« On aurait pu rendre le score plus ample mais on en a peut-être gardé pour la prochaine fois. Enfin, j’espère » ... J'adore !

Prendre les Rosbifs sur leur terrain, celui de l'humour décalé, vous ne manquez pas d'audace.

Oui, bien sûr, Jacques, on va mettre une rouste aux Rosbifs…

Mais n'aurait-il pas fallu jouer ce crunch à nouveau au Vélodrome pour mieux faire passer la pilule ?

  

Les autres matches en bref…

Écosse – Angleterre             25 – 13

Du Rosbif à l’étouffée

Quel régal ! On en mangerait chaque week-end. Juste saignant comme il faut, enfourné pendant 80 minutes dans un Murrayfield en feu, généreusement arrosé de son jeu à la sauce écossaise, aigre doux, le rosbif, double champion en titre a été le plat de résistance qu’il ne fallait pas manquer lors de cette troisième journée.

Surtout si comme moi, la veille, vous avez cru bon tester la bouillabaisse du chef Brunel... ça manquait de sel et de poiscaille !

Quand on est passé à table vers 17h45, on ne pensait pas s’en mettre jusque-là avec ce XV du Chardon presque indigeste quinze jours plus tôt contre la France. Mais c’était sans compter son chef Russel, revenu au top de sa forme et un Hugh Jones, commis au centre, qui, à lui seul, allait faire se flétrir en une mi-temps le XV de la Rose.

Trois essais somptueux, signés Jones, Maitland puis Jones, laissèrent un rosbif presque cuit à la pause (22-6). Malgré une réaction dès le retour des vestiaires, par Farrell, les Calédoniens firent preuve de courage et même de culot pour repousser les attaques anglaises hors de leur camp, défendant bec et ongle une victoire qui s’annonçait déjà comme historique, dix ans après.

Mais au delà de la victoire, c’est surtout une sévère déconvenue pour le champion en titre qui rêvait de grand chelem et dont le triplé s’éloigne désormais, tant il va falloir aller chercher des points en France avant de jouer une finale à Twickenham contre l’Irlande dont la victoire seule pourrait ne pas être suffisante.

On a hâte de les voir réagir au Stade de France, un duel entre deux équipes qui auront tout à nous démontrer.

 

Irlande – Pays de Galles       37 – 27

En route pour le Grand chelem

Les Irlandais ont pris le temps de construire leur victoire bonifiée et venir à bout de Gallois, pourtant très entreprenants et avec un Halfpenny toujours aussi dangereux au pied.

Menant 15-13 à la pause, après avoir remonté son retard, le XV du Trèfle a dominé la seconde période en inscrivant trois de ses cinq essais.

Pourtant à trois minutes du terme, l’essai gallois d’Evans ramenait les visiteurs à trois points d’un match nul avec une dernière munition qui aurait pu faire taire l’Aviva Stadium contre le cours du jeu. Mais Stockdale allait, au contraire, mettre un terme au suspense, en interceptant une balle trop flottante pour partir à l’essai et priver les Gallois du point de bonus.

Cruel, mais typiquement irlandais, pragmatique et efficace, à défaut d’être spectaculaire, le rugby celte domine l'Europe, dans le tournoi comme en Champion’s Cup. Mais les hommes de Schmidt devront se méfier dans quinze jours de l’enthousiasme du jeu écossais, capable de rééditer ses exploits quand il est complètement relâché. Les Anglais en ont payé le prix, les Irlandais sont prévenus.

 

Classt 1-Irlande, 14 pts (+49) - 2-Angleterre, (+25) - 3-Écosse, 8 (-9) 4-Pays de Galles, (+11) - 5-France6 (+9) - 6-Italie, (-85) 

  

Du côté de nos U20…

France – Italie         78 – 12

Les 12 travaux de nos jeunes Gaulois !

Ce n’était pas la colonie de vacances à Gueugnon, vendredi soir, juste avant la « magnifique » victoire de leurs ainés, mais presque.

Une bande de gamins qui s’amuse, parce que le rugby est d’abord un jeu, et qui nous éblouit par tant de culot et d’automatismes, on a hâte que ces petits-là grandissent et viennent en équipe A, avec ce même enthousiasme et cette même insouciance.

12 essais aussi beaux que construits qui n’ont laissé aucune chance à ces jeunes Italiens, motivés mais de niveau bien en dessous, qui n’ont ramassé que des miettes de ce festival de jeu.

Et avec la défaite des Anglais en Écosse, nos Bleuets restent les seuls à pouvoir accomplir le grand chelem. Encore faudra-t-il ne pas se louper dans le prochain duel contre les Rosbifs dans quinze jours.

On a presqu’envie de les voir, eux, au Stade de France plutôt que leurs pairs, avec l’humiliation qui nous y attend, qu’on enverrait bien à leur place au Stade de la Méditerranée, à Béziers.

 

Et de nos Féminines…

France – Italie         57 – 0

Et ça continue encore et encore…

C’est que le début, d’accord, d’accord. Car le plus dur est à venir, dans quinze jours, contre les favorites anglaises, en tête, avec 18 points de plus au goal-average par rapport aux Françaises après leur victoire en Écosse (8-43).

Mais profitons de ce plaisir de voir nos Bleues dérouler leur jeu avec autant de savoir-faire et de réussite. Toute la Corse* s’est enflammée avec elle dans le stade de Furiani, sans que la préfecture de police n'est à y redire.

*Toute la Corse ou un groupuscule d'indépendantistes amoureux de rugby féminin planqué sur l'île, c'est du pareil au même. Ce qui compte en Corse, c'est la conviction de son amour.

8 essais et presque un sans faute au pied de Jessy Trémoulière (8/9), assez rare pour le relever et qui lui a valu le titre de femme du match à l’issue de cette raclée infligée aux Italiennes.

Un pied aussi de précision, dans le jeu d’occupation de Caroline Drouin et de Pauline Bourdon (glissant à la mêlée), comme un pied à voir (des tribunes ou derrière sa télé) ces filles se trouver presque les yeux fermés.

8 essais dont un doublé de Cyrielle Bannet et de sa doublure Marine Ménager, entrée à la demi-heure de jeu suite à blessure à l’épaule de la première, Jessy Trémoulière, Agathe Sochat, Yanna Rivoalen et Pauline Bourdon complétant ce fabuleux tableau de chasse.

Plus que deux marches, la prochaine étant la principale, dans quinze jours au Stade des Alpes à Grenoble, face aux reines de la discipline dans le monde. Notez bien cette date, samedi 10 mars à 21h.

  

Le TOP 14 en bref...

Montpellier (1) – Bordeaux (9)              11 – 10

Un leader à la peine

Il aura suffi d’un carton jaune et d’un buteur défaillant pour que Bordeaux laisse filer une victoire qui lui tendait les bras fasse à un leader, lui, bien trop petit bras.

Un essai de Serfontein en supériorité numérique suffira pourtant au MHR pour répondre au doublé de l’ailier girondin, Fidow, et lui offrir les quatre points du match. Il s'en est fallu de rien qu'il n'encaisse sa première défaite à domicile. 

Pau (7) – Racing 92 (2)                          24 – 15

Même formule gagnante

A Pau, on a la potion magique Wotu qui décante à chaque fois les matches avec un doublé des familles pour une victoire au bout, sécurisée par le pied de Taylor ou Slade. Samedi soir c'est Slade qui s’y est collé pour empêcher les Racingmen de revenir dans la partie malgré les essais d’Andreu et Chauveau.

Les Palois peuvent vraiment croire en leur chance de qualification en maintenant ce rythme.

Toulouse (3) – Brive (13)                       45 – 28

Ils sont fous ces Toulousains

De ne plus être appelé (ou peu) en équipe de France réussit au Stade Toulousain. Avec des trois-quarts de feu, à l’image de Huget en forme internationale (pour le coup), auteur d’un doublé sur les six essais inscrits dans cette rencontre débridée, les Haut-Garonnais ont offert un beau spectacle à Ernest-Wallon, dimanche à l’heure de l’apéro.

Un beau match de rugby qu’on doit aussi aux Coujoux, pas en reste, pour tenter de revenir et d’accrocher un bonus défensif, voire mieux. En vain, malgré trois essais de Le Devedec, Marques et Galala.

Touluse monte pour la première fois sur le podium, au détriment des Rochelais.

La Rochelle (6) – Toulon (4)                  20 – 27

Les Maritimes prennent l'eau

Pour la première fois à Marcel-Deflandre (depuis 21 matches à la maison), les Rochelais ont subi la loi du plus fort, en l'occurence l'ogre varois, au meilleur de sa forme depuis le début de l'année.

Pourtant il aura fallu attendre les dernières minutes pour voir l'essai de Nonu offrir la victoire aux siens, sécurisée par le pied de Belleau, privant l'ancien leader du bonus défensif.

Castres (5) – Lyon (8)                            33 – 22

Sur le fil

19-19 à l’heure de jeu, avec un seul essai de Capo Ortega quand les Lyonnais en étaient déjà à trois, après le doublé de Arnold, les Castrais ont acquis leur victoire dans la douleur en toute fin de match grâce à deux essais arrachés par Battle puis Dumora.

Il était moins une que le Lou crée l’exploit à Pierre-Fabre et se positionne idéalement dans le TOP 6, éjectant du même coup son hôte.

Clermont (10) – Oyonnax (14)                12 – 18

Le champion déchu !

Une dixième place, à l’image de celle de l’équipe de France, le champion ne parvient plus à décoller, incapable de réagir, engrangeant sa sixième défaite consécutive et là troisième à domicile.

Apparemment il y avait une équipe qui avait plus envie que l’autre de s’en sortir et le champion va devoir désormais se tourner sérieusement sur la problématique du maintien, à sept longueurs de leurs voisins brivistes. Pas la meilleure manière de préparer un quart de finale européen à domicile.

Quant à la lanterne rouge, elle a des raisons d’espérer, même si devant elle, on réagit aussi, à l’image d’incroyables Agenais.

Stade Français (11) – Agen (12)             34 – 36

Coup de froid à Jean-Bouin

Menant quatre essais à deux à la pause (28-15), avec un jeu réaliste et enlevé, les Parisiens sont revenus des vestiaires en slip et ont laissé les visiteurs imposer leur jeu jusqu’à ce cinquième essai de Fouyssac qui allait refroidir Jean-Bouin.

Deux points d’écart que le Stade Français allait être incapable de rattraper en dix minutes, les Agenais bien placés en défense, Plisson manquant même la pénalité de la gagne.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Le TOP 14 continue … les Bleus savourent !

Première victoire depuis onze mois, ça se fête, non ? … Oups ! Non.

Les Bleus vont savourer à Marcoussis leur bonheur, sans sortir en table de nuit, ni agresser sexuellement des lampadaires. Brunel veille au grain, celui qui se trouve dans la tête de certains et qui pourrait déranger la quiétude d’un groupe de winner qu’est devenu en un week-end le quinze de France.

Les Tricolores ont quinze jours pour en profiter, parce que le samedi 10 mars, c’est l’Angleterre au Stade de France, Waterloo puissance dix.

En attendant, le TO 14 poursuit sa route doublonnée pour s’accrocher à l’objectif de la phase finale qui se rapproche, à J-8, maintenant.

A suivre, dès samedi 3 mars :

  • Lyon – Toulon, à 14h45 (C+) : Un bon pas vers la qualif
  • Agen – Montpellier, à 18h (R+) : même pas peur
  • Castres – Pau, à 18h (R+) : le moment de taper fort
  • Racing 92 – Brive, à 18h (R+) : rester sur le podium
  • Bordeaux – Toulouse, à 20h45 (C+ Sport) : se mêler au peloton

Puis dimanche 4 mars :

  • Oyonnax – Stade Français, à 12h30 (C+) : un pas vers le maintien
  • Clermont – La Rochelle, à 16h50 (C+) : le Michelin tremble

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18 février 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°297

L'empire de la défense contre-attaque !

TOP 14... 17ème journée                       Racing 92 – La Rochelle       19 – 12

Le Racing et La Rochelle, la guerre des dauphins...

La guerre des étoiles montantes !

Dimanche, en fin d’après-midi, dans la nouvelle salle de spectacle de l’U Arena, à Nanterre, près de La Défense, on jouait le spectacle le plus attendu de la 17ème journée, le combat de la meilleure défense contre la meilleure attaque, dans une guerre de dauphins.

Après avoir anéanti la machine offensive des rebelles Noirs et Jaune qui jouaient le côté lumineux de la force dans la première partie de saison, l’Empire des Galactiques du Racing ont contre-attaqué dans des assauts fatals qui ont mis à mal les Chevaliers du jeu d'attaque.

La fulgurance de Teddy Iribaren, Dark Vador impitoyable de la force obscure, allait en une demi-heure terrasser l’alliance de la défense rochelaise.

Le demi de mêlée francilien, accélérant à chaque ballon, mettait les siens systématiquement dans l’avancée, ouvrant des brèches mortelles : Nakarawa pour Nyanga qui arrachait le premier essai, puis Carter pour Dupichot qui volleyait pour Imhoff en bout de ligne, dix minutes plus tard, et enfin, une croisée pour Lambie offrait l’essai du bonus offensif.

Fanny, les Maritimes essuyaient une sanglante défaite, en rentrant au vestiaire à la pause. Mais ils n’avaient pas dit leur dernier mot.

Après une première riposte d’Amosa (suppléant du héros Vito, blessé), tout en puissance, poussé par ses avants, les Rochelais entamaient la seconde période de la meilleure des façons pour reconquérir du terrain.

La meilleure attaque du championnat faisait entrer ses forces vives et son maitre à jouer Broke James, pour assurer la reconquête de l’espace temps qui filait sous ses yeux.

À dix minutes du terme, James offrait une passe au pied millimétrée à son centre Jordaan pour le deuxième essai des visiteurs, les ramenant à sept longueurs de leur adversaire.

La fin de match sera un duel sans merci, ni répit, pour les deux équipes, jusqu’à cette derrière cartouche manquée par les Rochelais qui rendaient la balle aux locaux. Mais la vanité de ces derniers leur faisait jouer cette munition (pour quoi ? on se le demande) plutôt que de valider leur victoire en tapant en touche, privant ainsi de point de bonus leur adversaire.

Cela a bien failli leur jouer un mauvais tour quand les Maritimes récupéraient le cuir et orchestraient une dernière contre-attaque dont le coup de pied de James était à deux doigts de trouver son ailier pour l’essai du match nul. Heureusement Dupichot surgissait et sauver les siens du bout du pied, in extrémis.

Le nouveau dauphin est bien francilien désormais.

La force obscure de la défense aura eu raison de la meilleure attaque qui n’a pas dit son dernier mot, à la troisième place du podium, et que l’on devrait retrouver dans un nouvel épisode avec le retour du jeu d'attaque.

  

Les autres matches en bref...

Oyonnax (14) – Montpellier (1)          30 – 43

Un leader moche et méchant

L’ogre montpelliérain est tout sauf gentil. Car il n’a eu aucune pitié devant des Oyomen sans défense, multipliant les ballons portés et lançant leur obus Nadolo pour la mettre en pièce, tout en puissance.

C’était méchant mais aussi pas beau à voir, six essais pour le plaisir de faire mal quand on attendait du jeu montpelliérain qu’il nous fasse du bien en tribune, en nous offrant du spectacle.

Mais à Charles-Mathon, les joueurs comme le public ont dû ronger leur frein jusqu’à ce que le leader mettre le sien, laissant ainsi les locaux se faire du bien en fin de rencontre avec trois essais au compteur.

Tout va bien pour le MHR en tête du championnat, quand Oyonnax ne sort pas de sa place de relégable. Heureusement, devant personne n’en a profité.

Toulon (4) – Stade Français (11)         43 – 5

Ashton et les autres…

Toulon n’a fait qu’une bouchée de l’équipe parisienne, venue à Mayol en slip et en chaussettes. C’est Ashton qui s’est chargé tout seul de la rhabiller pour l’hiver en inscrivant un triplé en une mi-temps.

Pour éviter que le Stade Français ne prenne froid, Bastareaud, Escande et Lakafia l’ont réchauffé par trois nouveaux essais, taillés sur mesure en seconde période.

Quant à Paris, il sauvait l’honneur par Panis, histoire de ne pas rester Fanny. Quoi de plus normal au pays de Pagnol.

Toulon intègre le carré de tête après avoir démontré qu’il a tous les ingrédients pour postuler au titre, cette saison encore.

Agen (13) – Toulouse (5)                      25 – 52

Vous avez dit palindrome ?

Curieux tout de même ! Cela fait deux fois de suite que les Agenais terminent sur un score qui peut se lire dans les deux sens (souvenez-vous 71-17 à Lyon).

Et après ? me direz-vous. Cela pourrait peut-être expliquer pourquoi les Lot-et-Garonnais ont eu beau jouer dans tous les sens, de gauche à droite ou de droite à gauche, de long en large ou au large et de travers, les Toulousains étaient bien les plus forts.

Huit essais dont un triplé de Fickou et un doublé de Huget, deux hommes en forme internationale, comme le veut la formule quand on souhaite sous-entendre qu’ils ont largement leurs places dans le XV de France, surtout quand on a vu à leurs postes respectifs un Lamérat ou pire, un Vakatawa.

Zéro toulousain en Écosse, du jamais vu. C’est comme si une pizza napolitaine n’avait pas de tomate. Et pourtant les tomates, elles auraient bien été utiles en fin de ce non match des Tricolores, ne serait-ce que pour napper les tronches de certains joueurs qui ne seraient pas du coup sortis en discothèque et n’auraient pas fait de mal à d’innocentes tables de nuit.

Je m’égare, me direz-vous. Pas complètement, parce qu’à voir ces Toulousains animer leur jeu, on en viendrait presque à regretter Doussain. Oui, vous avez raison, je ne vais pas bien, comme la situation d’Agen depuis son bonus offensif contre Castres qui a dû lui monter à la tête et provoquer ces palindromes… non ?

Non, vous avez raison.

Lyon (6) – Clermont (10)                     36 – 10

Adieu Brennus, je t’aimais bien

C’est une certitude, ou presque, le champion ne disputera pas les phases finales. En tout cas, pas en déjouant comme cela.

Car samedi soir, ça en était presque risible, à le voir se tirer, non pas une, mais quatre balles dans les pieds où elles se sont emmêlées à chaque approche des Lyonnais de l’ en-but clermontois, pour quatre essais cadeau.

Fernandez d’abord, puis Nakaitaci ensuite, y sont allés chacun de leur bourde pour offrir deux essais aux locaux. Jedrasiak les imitait dans la foulée et comme si cela ne suffisait pas, ces deux derniers écopaient d’un carton jaune stupide presque en même temps laissant leurs copains à 13, le temps pour les Lyonnais de passer dans une défense amoindrie comme dans du beurre.

Hormis cela, ce sont bien les Auvergnats qui ont dominé et lancé les hostilités, inscrivant un essai, à l’usure, par Jarvis, quand les locaux leur répondaient de même sur la sirène par Clément.

Un bonus offensif qui a de quoi réjouir tout lyonnais, actuel ou futur comme Nakaitaci qui, malgré lui (?), aura été le loup dans la bergerie clermontoise, bouffant la feuille de match à lui seul.

Lui qui se disait avoir faim de jouer, il faut croire que samedi il était passé chez McDo avant.

Bordeaux (9) – Castres (7)                  6 – 7

Et merde !

Le score vous dit tout. Un match de merde, dans des conditions climatiques de merde.

Un essai de mérite contre deux pénalités de merde et une frustration bordelaise de merde, à cause d’un essai de merde refusé par un arbitre de mérite (car merde, on ne critique pas l’arbitrage, sauf si c’est Clermont qui est la victime).

Allo quoi ? Où est passé le jeu de l’UBB avec ses essais à profusion ?

Dimanche, à l’heure de l’apéro, il n’y avait rien à se mettre sous la dent, juste deux pénalités de Serin et cet essai de Dumora sur un coup de pied d’Urdapilleta dans le dos de la défense girondine à la demi-heure de jeu. Puis rien, pas une autre cacahuète, juste un fond de sel de suspense dans un match sans spectacle.

La bonne affaire pour le CO qui rattrape sa défaite à domicile contre le Racing et recolle au TOP 6. Pour l’UBB, les phases finales s’éloignent.

Brive (12) – Pau (8)                            16 – 21

La magie Votu !

Il aura suffi aux Palois de deux éclairs de Votu, en seconde période, après une course folle de Taylor puis une chistéra de Tomas, pour annihiler les deux essais brivistes de la première période (Pètre et Hirèche) et passer pour la première fois devant pour ne plus lâcher le score.

Si à cela on ajoute l’indiscipline récurrente locale, les Coujoux ne se sont jamais donné les moyens de refaire leur retard en infériorité numérique après le carton rouge de leur talonneur pour un coup de boule stupide.

Brive a manqué l’occasion de s’éloigner de la zone rouge et même de passer devant Paris. Le maintien est loin d’être acquis. Tandis que Pau peut rêver tranquillement de barrages en continuant sur cette dynamique, avec déjà quatre victoires à l’extérieur.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Qualifications Mondial 2019…

Russie – Espagne                 13 – 20      (10/02/2018)

Espagne – Roumanie            22 – 10      (18/02/2018)

E viva España !

Le Championnat Européen des Nations qui se déroule en parallèle du tournoi des VI Nations délivrera le 18 mars prochain le pays qui aura l’honneur d'ouvrir les festivités du mondial face au Japon, dans la poule A.

La Géorgie étant déjà qualifiée, c’est l’Espagne qui semble bien partie pour être l’heureuse élue en ayant battu ses deux principales rivales, la Russie, il y a une semaine et la Roumanie, ce dimanche, la Belgique et l’Allemagne n’étant logiquement pas une menace .

La Roumanie ou la Russie pourra toujours se rattraper en suivant la phase de repêchage qui commencera par un duel contre le Portugal… souvenez-vous >>

 

La semaine prochaine…

Les Bleus nourris à la cuillère de bois...

Après le trophée honorant les victimes de la Première Guerre Mondiale issues des communautés du rugby écossais et français remporté par le XV du Chardon lors de la deuxième journée du tournoi du VI nations (virgule, respirez !), le XV de France pourrait bien décrocher le trophée le moins convoité de la compétition déshonorant les victimes des défaites à répétition issues des communautés du rugby français et italien.

Les Bleus ont leurs chances. L’occasion pour nos héros d’aller fêter ensuite cette neuvième défaite de rang en discothèque et d’éteindre des lampadaires qui se prendraient pour des lumières ou cogner des tables de nuit qui se mettraient sur leur chemin.

Sinon, le tournoi va nous offrir du vrai jeu avec un duel à distance entre les deux favoris, l’Irlande et l’Angleterre, le premier recevant quand le second aura un déplacement piège… à Édimbourg.

À suivre, vendredi 23 février, sur France 2 :

  • France – Italie (21h)

Puis samedi 24 février, sur le même canal :

  • Irlande – Pays de Galles (15h15)
  • Écosse – Angleterre (17h45)

 

De son côté, le TOP 14 poursuivra son petit bonhomme de chemin de phase régulière dans une 18ème journée, synonyme de doublon et d’opportunités pour les équipes les moins touchées par les sélections.

À suivre, dès samedi 24 février :

  • Montpellier – Bordeaux, à 14h45 (C+) : Altrad contre Marti
  • Castres – Lyon, à 18h (R+) : le TOP6 en jeu
  • Clermont – Oyonnax, à 18h (R+) : peut-on encore rire ?
  • Stade Français – Agen, à 18h (R+) : un grand pas vers le maintien
  • Pau – Racing 92, à 20h45 (C+ Sport) : dans la cour des grands

Puis dimanche 25 février:

  • Toulouse – Brive, à 12h30 (C+) : confirmer
  • La Rochelle – Toulon, à 16h50 (C+) : un avant-goût de phase finale

Posté par NewZeland2011 à 22:55 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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