L E S B R E V E S D O V A L I E . C O M - l'Hebdo du Rugby par Antonio -

20 mai 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°310

Et au milieu coule une misère...

TOP 14... Barrages                            Toulouse – Castres      11 – 23

Rien n'arrête le Castor Olympique dans un barrage

« Dis papa, ça sert à quoi un barrage ?

– C’est une belle invention de la LNR, mon garçon.

Au mois de mai, elle fait construire deux matches sur le cours d’une saison dans le but de réguler le débit du jeu des phases finales derrière de grands murs de défense.

En relâchant, par séquence, des phases de jeu de niveaux très différents, cela lui permet de produire en plus de l’électricité et d’élever la tension de chaque rencontre. Tandis qu’en contre-bas, les actions fleuves de jeu au large sont presqu’à sec… une misère quoi !

Cela existe depuis très longtemps, tu sais, quand le rugby est passé professionnel, tu n’étais pas né, mon garçon. C’est pour ça qu’il n’y a pratiquement plus de fond de jeu dans ces phases finales. Juste un grand mur et des lâchers de muscles pour déblayer les rucks qui restent ancrés dans le sol, solides comme des rocs, et sur lesquels tous les jeux se reposent.

Mais il existe des barragistes naturels comme le Castor Olympique… 

Son ouvrage lui permet de conserver des forces en phase finale et de protéger son camp contre les gros prédateurs, lui garantissant un accès plus facile aux demies. »

Et ça n’a pas manqué contre Toulouse, samedi après-midi, sur le lit d’Ernest-Wallon.

Dès les premières minutes, les Castors du Tarn ont œuvré avec détermination pour barrer l’accès aux demies aux Toulousains, grands favoris, en construisant un premier ballon porté et en hissant un mur d’agressivité fait de branches de trois-quarts et d’avants.

Une organisation qui a dérouté les locaux, échouant sur la rive de leurs 22 quand, à la 12ème minute, Battle mordait l’en-but en bout de ligne pour le premier essai de ces visiteurs opportunistes.

Ramos réagissait aussitôt avec deux coups de pied bien placés pour démolir l’emprise des Castors qui ne se décourageaient pas pour autant et remettaient patiemment en place leur construction par deux pénalités réussies de Kockott et d'Urdapiletta.

6-13 à la pause, le mur était bien en place, et dès le retour des vestiaires, les Tarnais se remirent au travail pour le consolider  en pilonnant la défense toulousaine, Battle, à nouveau, finissant le travail pour son doublé.

6-20 puis 23, avec un but de Kockott qui assommait les locaux, pris au piège en eaux troubles. Durant un quart d’heure les Toulousains s’acharnèrent à contrer les travaux de ces rongeurs de phase finale jusqu’à ce qu’enfin, à l’heure de jeu, le mur castrais saute sur un ultime pilonnage, Ghiraldini parachevant la charge, dans une grande explosion de joie sur les rives d’Ernest-Wallon.

D’autant que Jenneker prenait un carton rouge laissant les Castors en infériorité numérique pour les vingt dernières minutes. Mais cela n’empêcha pas les barragistes naturels de verrouiller définitivement l’accès à leur en-but, rongeant chaque mètre de leurs 22, le couteau entre les dents, dans une défense incisive qui coupait chaque élan des attaques toulousaines.

Le cours du jeu haut-garonnais était quasi à sec quand la sirène du dernier barrage retentit et envoya les Tarnais dans une demi-finale improbable mais pourtant tellement familière quand on connaît ces Castrais depuis que les barrages existent.

Inutile de vous préciser que ce Castres-là a tout du cru de la saison 2013.

 

L’autre barrage en bref…

Toulon – Lyon            19 – 19      (Lyon qualifié après prolongations, grâce à 2 essais contre 1)

Le Lou a tout cassé à Mayol…

À commencer par l’ambiance.

Tout le monde voyait les Toulonnais l’emporter haut la main, vendredi soir, devant leur public, plutôt serein au coup d’envoi.

Jusqu’à la pause, les Lyonnais menaient chichement (6-3) après un nombre incroyable de déchets inexplicables de cette équipe varoise, à commencer par le meilleur marqueur du championnat sur deux caviars, un de Nonu puis un autre de Guirado, Ashton vendengeait deux essais tout faits, sans parler d’une première pénalité manquée par Belleau en début de match.

Seuls Nonu et Radradra semblaient concernés et concentrés, multipliant les occasions, ce dernier étant même à deux doigts d’inscrire le premier essai du RCT au retour des vestiaires. Monsieur Raynal le refusera justement pour un léger en avant en deux temps.

Ashton, enfin, trouvait la faille et donnait un avantage aux siens (13-6) avant l’heure de jeu dont les Toulonnais ne sauront pourtant pas tirer profit. Un comble !

Il suffit d’un coup de pied fabuleux de Harris pour son ailier (Mignot) qui remettait sur Arnold et les Lyonnais revenaient à deux points. Même l’avantage donné par Trinh Duc à deux minutes de la fin (16-11) ne permit pas aux locaux de préserver une victoire qui leur tendait les bras. Cretin s’enfonçait comme dans du beurre dans une défense varoise apathique. Incroyable !

Aussi incroyable que Harris manquait à nouveau la transformation de la gagne, offrant l’occasion aux locaux de se refaire dans une prolongation d’un jeu déjà fermé, de part et d’autre.

16 partout, et c’était parti pour deux fois dix minutes le temps pour les deux équipes de se rendre coup pour coup, une pénalité de chaque côté.

19 partout, le match restait nul, à tout point de vue.

Pas tout à fait, car Les Lyonnais avaient marqué un essai de plus que leur hôte, ce qui suffisait à les qualifier pour les demi-finales.

Toulon est passé à côté de son potentiel et de ses occasions, offrant aux Lyonnais une belle demie chez eux à Lyon, dans le stade d'Aulas, là où Mourad Boudjellal avait déjà demandé à ses supporters de tout casser… Un humour qui avait pris une nouvelle fois le pas sur une humilité que l’on cherche encore chez le président varois.

Toulon et son président ont tout perdu, mais pas qu’eux… puisque l’équipe de France a également perdu un ouvreur, avec la blessure au bras récurrente de Trinh-Duc.

Tout à l’image d’une équipe de bras cassés.

 

Finale aller d’accession à la PRO D2 en deux phrases…

Rouen – Bourg-en-Bresse                         24 – 27

Coup de froid en Normandie

Vendredi soir les Burgiens ont pris une belle option pour accéder à la PRO D2 en s’imposant in extrémis à Rouen. Les Normands n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien remonter les trois points de retard dans la capitale de l’Ain, samedi prochain.

 

La semaine prochaine…

Place aux demies donc !

Le Lou recevra Montpellier, comme il y a déjà quinze jours (32-24, un seizième de finale déjà compliqué), mais cette fois ce sera l’équipe-type héraultaise qui se présentera à Lyon, dans un tout autre contexte. Ça risque de piquer !

Quant au CO, il affrontera un Racing à peine remis d’une défaite cruelle à Bilbao, en finale de coupe d’Europe. Peut-être une chance pour les Tarnais de faire douter les Racingmen.

À suivre, vendredi 25 mai, au Groupama Stadium de Lyon sur C+ à 21h :

  • Montpellier – Lyon

Puis samedi 26 mai, toujours à Lyon et sur C+, à 16h45 :

  • Racing 92 – Castres

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13 mai 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°309

Talès... Dix de der !

CHAMPIONS CUP... Finale                            Leinster – Racing 92          15 – 12

Talès manque de faire le dernier pli !

Et rebelote pour le Racing !

Après cette première finale perdue à Lyon contre les terrifiants Sarries en 2016, le Racing a laissé filer sa deuxième chance, ce samedi soir, à Bilbao.

Un destin qui s’est joué sur un coup du sort, une mauvaise donne, sous la pluie pour pas un pli (entendez "pas un essai, quoi"), comme une partie de belote…

Pas de Dan Carter sous la main, blessé aux ischio-jambiers, mais un jeu à cœur de Pat Lambie qui nous laissait croire en la partie avec un Racing serein, celui-là même qui avait éliminé successivement Clermont et le Munster, chez eux (ou tout comme).

La donne ne semblait pas si mauvaise finalement pour prendre cette finale à cœur. Les Racingmen avaient même mis le paquet, sur la tête, juste avant le coup d’envoi, le temps de jouer du béret basque avant que monsieur Barnes ne leur colle aux basques pour qu’ils retirent fissa leurs bérets. Il était l’heure de jouer et de redistribuer les cartes.

Trois, comme trois minutes… et puis plus rien. Une première action étincelante de Pat Lambie qui lançait Vakatawa, plaqué haut, pour les premiers points de Iribaren et l’ouvreur sud-africain se faisait ramasser, le genou en vrac.

Rémi Talès entrait en dix de dernière minute, sans jeu à sa main.

Pendant les 77 minutes restantes, le Racing allait se tenir à carreau en défense et attaquer juste avec un neuf sec à l’atout, Iribaren suppléant parfaitement Machenaud au but.

Le Leinster, pas plus inspiré pour couper le trèfle sous le pied à son adversaire (avec un ces petits coups de pied par dessus de Sexton ou un récital classique de son quatuor Kearney-Henshaw-Ringrose-Nacewa), ne parvenait pas à franchir le mur de brutalité sur lequel se cognait chacune de ses tentatives. La partie restait fermée, Sexton se contentant d’égaliser petitement au pied à chaque occasion.

3-3 puis 6-6, à la pause… un ennui d’une violence mortelle !

Et ça tamponne, et ça tape au pied. 9-6 puis 9-9… Même Sexton manquait par deux fois la cible, chose rare. Mais que d’ennui dans ce jeu d’attaque-défense stérile.

Monsieur Barnes sifflait tout, histoire de voir les buteurs à l’action. Iribaren s’exécutait, échouant une fois à son tour, avant de redonner l’avantage aux siens, encore, à dix minutes du terme d’une finale tendue en une ligne Maginot sans imagination.

Des fautes, des coups de sifflet justifiés, le Racing hors-jeu, un pléonasme tant les Franciliens savent abuser de cette arme de défense, pourtant très britannique. Quand Nacewa tombait à pic pour relayer Sexton (pas en veine) et égalisait, maintenant un suspense de bookmakers. 12 partout, il restait cinq minutes.

La hantise de prolongations me gagnait... Finissons-en avec ce jeu de merde !

Le Leinster gardait la main sur le ballon après que Vakatawa se faisait prendre par la patrouille barnesque pour un plaquage de petite cathédrale. Nakarawa, impérial dans les airs, volait pourtant la penal-touche avant que Thomas ne la leur rende aussitôt en se prenant pour Superman sur son aile, aux abords de ses 22.

Erreur fatale qui donnait l’occasion aux triples champions d’Europe de lancer Ringrose pour une ultime attaque, poussant les Racingmen à la faute.

"Hors-jeu du numéro 22 !" annonçait Monsieur Barnes (le moins évident de la partie, j’ai revu les images et je ne vois même pas Rémi Talès) qui offrait la balle de match à Nacewa. Le capitaine irlandais ne se faisait pas prier pour la transformer.

Une dernière munition était toutefois superbement arrachée par Lauret sur le renvoi court de Talès. Mais malgré plusieurs séquences de jeu au ras pour tenter de récupérer une pénalité salvatrice, le drop de l'ouvreur français, pourtant bien amené par Iribaren et ses avants, fuyait les perches.

Le « Dix de der » manquait le dernier pli !

Si seulement Dan Carter avait été quelques minutes dans cette rencontre, comme à Clermont, le Racing aurait sans doute décroché sa première étoile. Il aura été l’homme du match, tant il a brillé par son absence.

Mais c’est bien le Leinster qui est sacré champion d’Europe, cette saison, et qui rejoint Toulouse avec ce 4ème sacre.

4è titre européen pour le Leinster

 

La finale de CHALLENGE CUP en bref…

Cardiff Blues – Gloucester               31 – 30

Du vrai rugby enfin !

Vendredi soir, la petite finale européenne nous avait pourtant offert du spectacle et du suspense dans l’antre de San Mamès. De quoi donner l'exemple aux grands… mais non !

Des pépites de jeu au pied et des relances à la main accouchèrent de trois essais de chaque côté pour un dénouement qui allait virer à l’avantage des Gallois, pourtant malmenés jusqu’à cinq minutes de la fin (23-30).

Les Anglais, en infériorité numérique, encaissaient alors un essai de Scully avant que les Gallois ne passent la pénalité de la gagne à la toute dernière minute, par Anscombe.

Cardiff est le nouveau petit champion d’Europe qui succède au Stade Français.

 

Le barrage d’accession au TOP 14 en bref…

Grenoble – Oyonnax                         47 – 22

Oyo yo, quelle Isère !

Ce match avait des airs de derby mais sans retour possible puisque le perdant ne serait pas, ou plus, en TOP 14 la saison prochaine.

Et ce duel entre départements voisins a tenu toutes ses promesses, même si le suspense n’a pas duré longtemps, le spectacle, lui, était bien au rendez-vous.

En une mi-temps les locaux ont réglé le compte des Oyomen qui avaient cru avoir fait le plus dur en revenant au score par Ikpefan (22è, 14-10). Mais les Grenoblois, par Oz puis Taumalolo, enfonçaient le clou qu’avaient planté Visinéa et Melé en deux coups de cuiller à pot dès l’entame.

Dès lors, la seconde période allait être un festival d’essais (7 à 3) pour tuer les espoirs des visiteurs ou, pour ces derniers, d’y croire encore malgré tout.

Mais les plus forts ont gagné, Oyonnax n’ayant plus assez de ressource pour tenir tête à Grenoble, après une saison éprouvante pour se défaire de la dernière place.

Les Oyomen rejoindront Brive en PRO D2 quand les Isérois suivront Perpignan dans leurs retrouvailles avec le TOP 14.

 

La finale de PRO 8 féminin en bref…

Montpellier – Toulouse                    15 – 12

Rien de neuf... mais neuf quand même !

Dimanche à Carcassonne, bousculées, privées rapidement de leur arrière Caroline Boujard, et même menées 9-0, les championnes en titre n’ont jamais douté de leurs forces pour revenir dans la partie et passer devant en fin de seconde période avec deux essais.

Les Toulousaines auront joué crânement leur chance, défendant bec et ongle leur 22 durant une mi-temps, récompensées par le pied de Camille Boudaud, avant de céder à l'heure de jeu sur un premier essai de Fantine Baccichet puis de payer cash leur carton jaune (plaquage dangereux de Laura Ménétrier) sur une ultime mêlée qui a amené l’essai fatal de Marie Vanthournout.

Une finale pleine de suspense et un neuvième titre de championnes de France, logique, pour les coéquipières de Safi N’Diaye, leur dixième si on compte la Coupe d'Europe en 2008.

 

La semaine prochaine…

Focus sur les barrages du TOP 14…

Il n'y aura que du Rouge et Noir pour défendre à domicile leurs chances d’aller en demie, que ce soit à Mayol ou à Ernest-Wallon. Respectivement, Lyon et Castres, ne font pas figure de favoris, même si le CO a déjà gagné à Toulouse cette saison.

À suivre, vendredi 18 mai, sur C+ à 21h :

  • Toulon – Lyon

Puis samedi 19 mai, toujours sur C+, à 16h15 :

  • Toulouse – Castres

 

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06 mai 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°308

Monsieur Rougerie...

TOP 14... 26ème journée                            Clermont – Toulouse      36 – 26

MERCI RORO ! (crédit photo ASM-rugby)

À l'heure de ta révérence !

Quand tu n’as plus assez de cran
Pour trouver tout le temps du courage
Après avoir mis vingt ans
À croire que tout était mirage
Tu tires ta révérence... ta révérence !

Maint’nant que ton club est grand
Qu’il n’a plus besoin de toi
Qu’à tous ces gens qui t’aimaient
Tu as tout donné de toi
Tu leur tires ta révérence... ta révérence

Tout’ une vie... d’un rugby... qui fout le camp.

Un homme un cœur un club

Ce samedi soir, j’ai été particulièrement ému de voir notre Roro national (et régional) tirer sa révérence dans un stade Marcel-Michelin tout à sa gloire et face à un Stade Toulousain en invité privilégié (lui le bourreau d'une vie) pour cette dernière journée officielle de la saison.

Les Toulousains n’avaient rien à espérer d’une victoire qui n'aurait pas suffi pour décrocher une qualification directe en demie (le Racing ayant les cartes en mains pour conserver la place), ni à craindre d’une défaite qui augurait au pire d’une quatrième place au sort identique à une troisième, c’est à dire le droit de jouer un barrage à domicile. Mais ils lui ont fait honneur en jouant le jeu à fond, offrant  des essais et du spectacle, même si l’enjeu était ailleurs.

Bref, le match a été débridé et a permis au jeu d’être le principal partenaire du premier rôle que tenait Aurélien dans le dernier film de sa carrière... Et quelle carrière ! 

31 saisons dans un même club, un ovni dans le monde professionnel.

Un homme avec un cœur plus gros que son égo, c’est ce que je retiendrai de celui avec qui je suis arrivé au rugby dans les années 2000.

Jusque-là, je ne suivais que le football qui me faisait rêver et qui avait fini par réaliser ce rêve avec France 98. Les années 2000 ont vu mon sport favori décliner avec une professionnalisation à l’excès et des sales gosses qui accoucheront de Knysna en 2010. J’avais changé de braquet entre temps. Les potes, le rugby, Clermont, tout mon environnement m’avait aidé à ouvrir les yeux.

Ça démarrait pourtant mal avec une première déception en finale contre Toulouse, en 2001. Roro, tout jeunot, était là, la silhouette, comme ses courses, longiligne et élancée, loin des corps surpuissants de nos ailiers.

Mais ça allait vite prendre avec l’euphorie d’un Grand Chelem dès l’année suivante.

Roro était là.

L’arrivée de Cotter allait valider mon ticket de supporter asémiste invétéré, tant le jeu prôné par le stratège néo-zélandais me ravissait autant qu’il me désolait dans cette série maudite de finales consécutives perdues de 2007 à 2009. Le Stade Français, le Stade Toulousain, encore, et Perpignan. Roro était toujours là, en bon perdant pour sa quatrième finale… moi aussi, rageant comme jamais de ne pas reconnaître le jeu de mon équipe.

Je ne pouvais m’empêcher de voir derrière ce blondinet malheureux, le rôle du pauvre Tom dans Le Riche et le Pauvre, joué par Nick Nolte dans les années 70, aussi maudit qu’attachant. Et je ne m’en détacherai plus… jusqu’au sacre, enfin – parce que ça se finit toujours bien dans les téléfilms américains – en 2010 contre ces arrogants Catalans qui se voyaient déjà champions parce que l’adversaire s’appelait Clermont. Et Roro était là, bien sûr, comment pouvait-il en être autrement pour son premier grand sacre après celui d’un Challenge Européen en 2007, le plus important...

Son premier Brennus, PUTAIN !

Et puis c’était reparti pour sept ans de malheur comme s’il fallait que Clermont soit puni d’avoir briser la glace de sa malédiction.

L’accession au sacre suprême européen n’aura été que de désillusion sur désillusion : quart de finale 2010, contre le Leinster (28-29, Brock James vendangeant tous les points), demi finale 2012, toujours contre le Leinster à Bordeaux (15-19), puis trois finales, en 2013 contre Toulon à Dublin (15-16), en 2015 toujours contre Toulon à Cardiff (18-24), en 2017 contre les Saracens à Édimbourg (17-28).

Quant à la quête d’un deuxième Brennus, rien n’y faisait, les absences et maladresses en phases finales laissant place parfois aux injustices, comme en 2016 cette fameuse demie contre le Racing, sacré champion.

2017 sera la bonne pour le second sacre national de Roro et son club, le dernier qui viendra compléter un palmarès de trois titres.

Concernant l'équipe de France, il avait déjà tiré sa révérence en 2015 avec ses 76 sélections, 23 essais, 3 coupes du monde (2003, 2007 et 2011) – respectivement deux fois demi-finaliste puis finaliste dans ce match injuste contre les All-Blacks où, avec ses coéquipiers, il n’était pas loin d’écrire le plus beau chapitre du rugby français. Mais monsieur Joubert avait un autre manuscrit entre les mains. Roro se contentera des 3 victoires au Tournoi des VI nations, dont deux grands chelems (2002 et  2010, il manquera celui de 2004).

Quelle carrière, je disais. Mais quel grand monsieur surtout !

Monsieur Rougerie est un exemple pour moi de ce que le rugby a produit de mieux durant mon existence. Bien entendu, il y a eu des précédents, je laisse les anciens nous parler des frères Boniface jusqu'à ses ainés, Rives, Betsen et Blanco.

Car cette génération qui prenait la relève des héros de la coupe du monde de 1999 (battant les All-Black et s’inclinant en finale contre les Wallabies) a été un pur gâchis, faute d’ambition, tuant le French-Flair dans l’œuf d’un rugby moderne basé sur le modèle défensif sud-africain que Laporte et Saint-André allaient adopter.

Pourtant la finale inespérée de 2011 montrait que cette génération riche des Dusautoir, Bonnaire, Harinordoquy, Servat, Mas, Nallet, Papé, Yachvili, Traille, Heymans, Poitrenaud, déjà retraités auxquels viennent s’ajouter aujourd’hui les Michalak, Clerc Fritz, Poux et bien sûr Roro, avait tout pour dominer le rugby mondial, après son grand Chelem européen en 2010.

Tous ces joueurs ne sont plus, Roro en incarnait un des derniers, même s’il reste encore quelques plus jeunes d’alors comme Picamoles, Szarzewski, Médard ou encore le minot Parra.

Avec lui, c’est toute une page du rugby qui se tourne.

Violence, jeu de puissance, rouleaux compresseurs, défenses resserrées, enjeux personnels et financiers, championnats faussés, vidéo excessive, décisions injustifiées, blessures et infirmeries pleines, le rugby pro d’aujourd’hui offre un piètre spectacle et ne fait plus rêver les parents qui voyaient à travers ce sport les valeurs pour parfaire l’éducation de leurs enfants en dehors de l’école et de la maison.

La discipline, la solidarité, le combat et un engagement sans faille... toutes ces valeurs qu'incarnait Rougerie. Il était un exemple pour tous, bien au delà de l'Auvergne.

Que va devenir l’ASM sans toi ? Parce que...

Un Michelin sans Rougerie c’est un peu comme une potée sans son chou.

Les Jaunards sans Roro, c’est un peu comme une truffade sans patate.

Alors le public auvergnat en a profité une dernière fois, samedi soir, de son chouchou qui avait encore la patate, dans son berceau du Michelin, lui offrant une ovation bien méritée, après un match très disputé. Roro sortira même le maillot ensanglanté, mais avec le sourire.

Il n’aura pas marqué son 95ème essai de la saison, restant loin derrière le 101ème de Clerc, inscrit ce même soir à Pau. Résultat : 4 essais Toulousains contre 3 Clermontois, le pied de Parra faisant le reste.

Et c’est le jeune Penaud qui le remplacera à la 55ème minute, comme un symbole d’une relève au destin aussi prometteur (on le lui souhaite), dans une allée d’honneur pleine de respect et d’émotions entre Clermontois et Toulousains mêlés, tous avec dans le cœur et au bout de la langue un seul mot:

Merci !

 

Les autres matches en bref…

Brive (14) – Bordeaux (10)                     22 – 20

Pau (8) – Toulon (4)                              38 – 26

Racing 92 (2) – Agen (11)                      42 – 13

Castres (6) – Oyonnax (13)                    54 – 3

La Rochelle (7) – Stade Français (12)   31 – 7

Lyon (5) – Montpellier (1)                    32 – 24

Status quo au classement après un suspense de ouf !

C’est bien Lyon et Castres qui disputeront les barrages, respectivement à Mayol et à Ernest-Wallon, comme c’est bien Oyonnax qui tentera de se maintenir au Stade des Alpes en Isère.

S’il n’y a pas eu photo à Castres, là où on s’attendait (surtout moi) à une éventuelle surprise des Oyomen, du côté de Gerland ça a été une toute autre histoire, laissant espérer des Rochelais jusqu’à la dernière minute après leur facile victoire bonifiée sur des Parisiens inexistants (mais finalement sauvés).

Car les Montpelliérains, déjà qualifiés en demie et premiers quoi qu’il se passait, ont joué le jeu, celui de leur rugby, pas facile à contrer. Ce que les Lyonnais ont constaté durant 80 minutes de souffrance.

Nadolo marquait le premier obligeant les locaux à réagir par Arnold puis Tuifuia juste avant la pause pour mener petitement (17-10). Seulement en seconde, bis repetita, Van Resburg égalisait et éliminait le Lou de son premier barrage. Lyon repassait devant à l’heure de jeu par Gill avant qu’un nouveau coup de tonnerre, au nom de Haouas, fasse trembler Gerland. Alors que tous les autres matches étaient finis, le MHR menait 24-22 à moins d’un quart d’heure du terme. Rochelais et Lyonnais voulaient y croire. Et ces derniers auront raison grâce à une pénalité de Michalak, autre partant, puis un essai de dernière minute de Mignot que le sort des Maritimes était scellé. Ils ne disputeront pas le barrage.

De son côté, l’équipe C du Racing n’a fait qu’une bouchée de l’équipe B d’Agen dans un match délocalisé à Vannes qui a dû décevoir un public qui n’a pas eu son lot de stars pour son argent.

Toulon n’a pas cherché à prendre la troisième place à Toulouse, très indiscipliné à Pau qui a offert un dernier beau spectacle (vain) à son public du hameau, emmené par un grand Taylor.

Quant à Brive, sa victoire sur le fil contre Bordeaux est un épiphénomène qui ne fera pas oublié aux Coujoux que leur avenir s’inscrit désormais en PRO D2.

Les Oyomen les y rejoindront-ils ?

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

Le tableau des phases finales

Demi-finales                             Barrages

Montpellier             v                 Toulon - Lyon

Racing 92               v                 Toulouse - Castres

 

La finale de PRO D2 en bref…

Perpignan – Grenoble                      38 – 13

Les Catalans sont de retour !

À Ernest-Wallon, Perpignan n’a fait qu’une bouchée de Grenoble dans une seconde période à sens unique, comme si les Isérois avaient baissé les bras. Ce qui a passablement peiné David Mélé, le demi de mêlée vaincu, en pleurs à la fin du match.

La mêlée. C’est justement ce qui a pêché chez cette équipe grenobloise qui a subi celle de l’USAP, puissante et efficace, réduisant à quatorze les Isérois pour mieux les croquer à l'heure de jeu.

Cinq essais à un, une victoire haut la main et un titre de champion pour les Catalans qui les réjouit bien moins que leur retour en TOP 14. Cela faisait  quatre ans qu’ils attendaient ça.

Grenoble pourra encore les rejoindre s’il parvient à battre les Oyomen dans son Stade des Alpes.

Réponse samedi prochain.

 

Les demies retour de PRO 8 féminin en bref…

Montpellier – Blagnac                      21 – 19          (22 – 22)

Lille – Toulouse                                19 – 24           (3 – 6)

Ça bouge au sommet !

Je n’ai rien vu, forcément… mais l’élimination des Lilloises est historique. Les coéquipières de la capitaine toulousaine de l’équipe de France, Gaëlle Hermet, ont réalisé un sacré exploit en allant s’imposer à Villeneuve-d’Ascq, chez les sœurs Ménager.

De leur côté, les Blagnacaises de Marjorie Mayans semblent avoir tenu tête aux coéquipières de Safi N’Diaye. Comme quoi, les choses bougent dans le rugby féminin dont le niveau se resserre autour d’un carré prometteur, fournisseur de l’équipe de France.

Safi N'Diaye, Cyrielle Banet, Caroline Boujard et Agathe Sochat pour Montpellier RC.
Marjorie Mayans, Audrey Forlani et Carla Niessen pour Blagnac Rugby Féminin.
Gaëlle Hermet, Camille Boudaud et Fiona Lecat pour le Stade Toulousain.
Marine et Romane Ménager, Yana Rivoalen et Miléna Soloch pour Lille Métropole RC Villeneuvois.

Nous aurons droit à une finale inédite entre Montpellier et Toulouse, la 7ème de suite pour les tenantes du titre…

à suivre dimanche prochain à Carcassonne.

 

La semaine prochaine…

Bilbao le haut but du Racing…

Souvenez-vous, c’était le titre de la brève d’il y a deux semaines.

Les Racingmen vont jouer leur deuxième finale de Champions Cup face au favori irlandais, invaincu cette saison en coupe d’Europe, en espérant qu'ils existeront plus que contre les Sarries en 2016.

Mais jamais un club invaincu jusqu’en finale n’a réussi à remporter le titre, à l’image de Clermont en 2013. Et puis le Racing a cette grinta espagnole qui lui a déjà souri à Barcelone.

Alors, vont-ils le faire ?

À suivre, samedi 12 mai, en direct du San Mamès Stadium, sur France 2 à 17h45 :

  • Racing 92 – Leinster

 

Côté TOP 8 du rugby féminin, la finale se joue à Carcassonne, dimanche 13 mai à 14h.

  • Montpellier – Toulouse

 

Côté PRO D2, le barrage avec TOP 14 se déroule au Stade des Alpes, samedi 12 mai à 14h45.

  • Grenoble – Oyonnax

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29 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°307

Sortez la Limousine !

TOP 14... 25ème journée                            Stade Français – Brive      30 – 22

                                                    Oyonnax – Lyon      39 – 18

Montez ! on va faire un petit tour en PRO D2.

Deux matches et un enterrement…

Les travées de Jean-Bouin avait des airs de cimetière samedi soir pour les milliers de supporters limousins qui ont assisté à la procession d’actions méthodiques des croque-morts Parisiens, secondés par ceux de Charles-Mathon, à quelques centaines de kilomètres de là.

Deux matches de 80 minutes se sont joués en même temps pour enterrer les derniers espoirs des Brivistes dans une agonie interminable, la perfusion de pénalités les maintenant illusoirement en vie.

Une longue illusion qui n’a pas commencé à 20h45, ce samedi, mais bien depuis de longs mois tant le mythique club corrézien est passé à côté de sa saison, perdant bien trop souvent à la maison sans gagner le moindre match à l’extérieur. Et il n’allait pas s’y mettre maintenant, face à un concurrent direct à la relégation.

Paris et Oyonnax avaient leurs destins en main et ils n’allaient pas les laisser leur échapper, l’occasion était trop belle… celle d’envoyer les Coujoux en enfer.

Dès les premières minutes, Plisson donnait le ton avec un premier essai parisien, quand Botica, l’ouvreur Oyoman, se contentait d’une pénalité pour mener au score. Au bout d’un quart d’heure, Parisse enfonçait le clou avec un deuxième ballon dans l’en-but quand McDonald offrait son premier esssai à Oyonnax.

Plisson et Laranjeira échangeaient leurs coups de pied dans un duel de kick-boxing à l’avantage du parisien à la pause (21-12) quand Halafihi répondait du Lou à la bergère oyonnaxienne par un essai lyonnais juste avant de rentrer au vestiaire (10-8).

La seconde période reprenait sur les mêmes bases de combat entre les pieds de Plisson et Laranjeira jusqu’à dix minutes du terme où le carton jaune infligé à l’arrière local Ensor ouvrait la voie à Marques pour offrir un essai inespéré aux Brivistes qui revenaient à cinq longueurs seulement d’une résurrection (27-22).

Du côté de Charles-Mathon, Harris répondait au pied de Botica, tout comme Clément   répliquait à l’essai de Seuteni pour maintenir un suspense jusqu’à dix minutes de la fin (20-18).

Mais à 22h22, plus ou moins quelques minutes, Morné Steyn, suppléant Plisson, enterrait d’un drop sextonien (synonyme d’assassin) tout espoir des Corréziens de revenir dans la partie. D’autant que, dans le même temps, les Oyomen Seuteni, Gondrand et Etienne rajoutaient une rafale de trois essais, validant leur victoire sur les Lyonnais, finissant de faire s’écrouler l’équipe briviste, criblée de défaites.

Emportée, la Limousine, sur le chemin du cimetière de PRO D2…

avec son rugby et les rêves de Brennus dans son cercueil, en attendant un dernier office dans l’antre d’Amédée-Domenech pour les adieux à son public, effondré par ce destin tragique qu’il n’avait pas vécu depuis 2013.

Quant à Oyonnax et le Stade Français, leurs vies ne sont pas sauves pour autant, car il leur reste un dernier combat à livrer à distance, pour éviter la place de barragiste au maintien qui pourrait bien leur réserver le même mauvais sort, tant les protagonistes de PRO D2 à la montée seront coriaces à domcile (à lire ci-dessous). Avantage aux Parisiens.

 

Les autres matches en bref...

Agen (11) – Clermont (9)                            27 – 17

Agen décroche le pompon !

Les Agenais ont validé leur ticket pour la saison prochaine dans l’élite grâce à une nouvelle victoire à domicile, cette fois sur le champion de France qui n’a été, encore une fois, que l’ombre de son Brennus.

Rien à se mettre sous la dent, mais plutôt dans les dents, côté clermontois, avec un carton rouge pour Vahaamahina pour un coup de poing dans la figure qui s’en est suivi d’un doigt d’honneur envers le public, c’est dire le niveau du joueur… à l'image de l’équipe.

Un match qui s’est alors déverrouillé par cette supériorité numérique, côté agenais, inscrivant trois essais en fin de première période et en tout début de seconde. L’entrée de Parra coïncidera avec la réaction des visiteurs, vaine, tant il ne restait que quelques minutes. Et à quoi bon ? Les Auvergnats ne jouent plus rien et ça se voit…

Le jubilé de Rougerie contre Toulouse au Michelin s’annonce déjà avec un festival d’essais, mais pas forcément du côté qu’on croit.

Toulon (4) – Castres (6)                             59 – 13

Le CO humilié

Dans la course aux barrages, le CO s’est fait démonter par un Toulon surpuissant, les hommes d’Urios capitulant dès la première période, après avoir encaissé cinq essais.

Ils en encaisseront huit avant de sauver l’honneur en fin de rencontre, conservant malgré tout une sixième place qualificative qu’ils ont encore la possibilité de défendre chez eux la semaine prochaine contre des Oyomen surmotivés, eux, pour ne pas jouer de barrage.

Toulon est assuré, lui, d’un barrage à domicile, à défaut de mieux. Qui sait ?

Montpellier (1) – Pau (8)                           45 – 13

Contrat rempli

Que dire de cette rencontre qui n’a pas échappé à la règle d’un bonus offensif à l’Altrad Stadium.

Les Montpelliérains sont irrésistibles à domicile, comme ils semblent intouchables pour la suite, déjà qualifiés en demi-finale, engoncés à la première place du classement quoi qu’il arrive.

Le match ? Six essais contre un, qui se sont décantés en seconde période dans une domination sans partage des locaux, emmenés par un Pieenar grand cru. Comme d’hab’ quoi.

Pau n’a pas dit son dernier mot pour accéder aux barrages, mais cela ne dépend pas que de lui, dans les circonstances d’une dernière journée peu favorables.

Bordeaux (10) – Racing 92 (2)                 15 – 39

Chaban, comme à la maison

Dimanche midi, on pouvait se demander qui jouait à domicile, des Racingmen ou des Béglo-bordelais tellement les Franciliens ont déroulé leur sérieux comme s’ils poursuivaient une troisième et quatrième périodes contre le Munster.

Les remplaçants de luxe du Racing (Carter, Iribaren, Imhoff) n’ont pas eu à forcer leurs talents pour venir à bout d’une équipe bordelaise timorée, voire peu concernée, comme les Jaunards la veille.

Mise à part une réaction en fin de match qui a failli gâcher le bonus des visiteurs, les Bordelais se sont logiquement inclinés sous les assauts de Dupichot, Imhoff (doublé), Thomas et Nakarawa qui a fini par récupérer in extrémis le point de bonus offensif.

Le Racing a repris son destin en mains avec la deuxième place, directement qualificative en demie, au détriment des Toulousains.

Toulouse (3) – La Rochelle (7)              19 – 14

Tout est encore possible

Toulouse et La Rochelle ont tout donné pour décrocher une victoire précieuse pour les deux formations.

Un match serré, un essai partout, Faassalele pour les locaux en premièer période, Vito pour les visiteurs en seconde. Un bonus défensif arraché à la sirène pour les Maritimes et une option pour espérer se qualifier en cas de faux pas des Castrais la semaine prochaine, juste devant les Palois.

Toulouse a assuré son barrage à domicile et ne devrait pas trop se faire d'illusion à Clermont pour une éventelle demie. Non pas que les Auvegnats privent les Haut-Garonnais de victoire mais plutôt que le Racing chute à domicile contre des Agenais qui ne jouent plus rien. 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

Les demies de PRO D2 en bref…

Montauban – Grenoble                     15 – 22

Solide comme un roc

Grenoble a tenu bon dans cette demi-finale maîtrisée de bout en bout, malgré un retour des Montalbanais en seconde période.

Une première heure parfaite, après un doublé de Taumalolo et un troisième essai du demi Mélé qui a validé le sérieux des Isérois en défense avant de céder par deux fois, quand Chaput puis Domenech trouvaient la faille, pour un suspense de fin de rencontre haletant.

Perpignan – Mont-de-Marsan          28 – 8

Logique

Il n’y a pas eu photo dans cette demi-finale. Si le carton rouge de Malafosse a certes faussé la seconde période, amenant deux essais coup sur coup, la supériorité des locaux à Aimé-Giral n’était pas que numérique.

Les Montois ont montré la limite de leur bravoure, sauvant l’honneur par Ratu, quand la domination était toute catalane, dans tous les secteurs.

Depuis quelques mois, le leader de PRO D2 a démontré qu’il était clairement le favori pour retrouver l’élite, quatre ans après. Même si cette finale face aux Grenoblois s’annonce des plus serrées.

Quel que sera le perdant, il a tout pour saisir sa chance, à domicile, contre le barragiste du TOP 14, que ce soit Oyonnax ou Paris.

 

Les demies aller de PRO 8 féminin en bref…

Blagnac – Montpellier                      22 – 22

France 3 Occitanie nous dit

« Montpellier, en vingt minutes avec ses deux essais a cru tuer le match. Mais les Blagnacaises sont bien revenues : un essai et une pénalité leur permettent d'atteindre la mi-temps sur un score de 10 à 15.

En deuxième mi-temps, les montpelliéraines dominent à nouveau, au début et marquent un nouvel essai.

A 10 à 22, les dés semblent jetés mais encore une fois, les filles de Blagnac relèvent la tête et réussissent deux essais dont l'un à la dernière minute. »

Ça se passait samedi après-midi dans l’indifférence totale des médias spécialisés du ballon ovale. Sans surprise, les Montpelliéraines ont dominé les débats quand les coéquipières de la Blond Destroyer, Marjorie Mayans, ont sauvé l’honneur devant leur public avant un match retour sans grande illusion.

Toulouse – Lille                                3 – 6

Festival de pétards mouillés à Ernest Wallon

Dimanche après-midi, en lever de rideau du Toulouse-La Rochelle masculin, les Féminines n’ont pu offrir un grand spectacle sous une pluie torrentielle. Pas d’essai, deux coups de pied à un… pour une courte victoire des Lilloises.

Pas bézef, ni de bon augure pour les Toulousaines qui ne partent pas favorites pour le match retour chez les coéquipières des sœurs Ménager, déjà finalistes la saison passée.

 

La semaine prochaine…

Le verdict du TOP 14 en multiplex !

Les enjeux sont clairs pour cette dernière journée de la phase régulière :

Qui de Paris ou Oyonnax jouera le barrage du maintien ?

Il faudrait un exploit des Oyomen pour y échapper.

Qui de Castres, La Rochelle ou Pau obtiendra le dernier ticket des phases finales ?

Dans l'ordre, les premiers ont leur destin en mains. Lyon n’a besoin que d’un point pour assurer le sien. 

Qui de Toulouse ou le Racing décrochera le deuxième billet pour une demie ?

Montpellier a déjà la sienne quand Toulon semble hors course, tant on voit mal le Racing perdre contre Agen à l’U Arena. Mais les Varois sont déjà assurés de recevoir leur barrage à la maison. De quoi réjouir le président Mourad et ses finances.

Quant à Clermont, Bordeaux, Agen et Brive, ils n’ont rien à jouer, si ce n’est fêter le départ de Roro et d’autres anciens au Michelin ou encore faire ses adieux au TOP 14 pour le public d’Amédée-Domenech.

À suivre, samedi 5 mai, en multiplex sur Canal+, à 21h :

  • Castres – Oyonnax
  • La Rochelle – Stade Français
  • Pau – Toulon
  • Racing 92 – Agen
  • Clermont – Toulouse
  • Lyon – Montpellier
  • Brive – Bordeaux

 

Côté TOP 8 du rugby féminin, les barrages retour sont programmés dimanche 6 mai à 12h30, en s’dreaming sur le canal de votre imagination.

  • Montpellier – Blagnac
  • Lille – Toulouse

 

Côté PRO D2, la finale aura également lieu dimanche 6 mai, à 15h, à Ernest-Wallon, retransmise sur Eurosport :

  • Perpignan – Grenoble 

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22 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°306

Bilbao, le haut but

CHAMPIONS CUP... demi-finales               Racing 92 – Munster      27 – 22

Teddy Thomas terrasse le Munster d'entrée !

L’Espagne, l'eldorado du Racing ?

On a tous en mémoire cette finale de TOP 14, en juin 2016, historique parce que délocalisée dans la capitale catalane espagnole.

Le Racing Club de France décrochait à Barcelone son sixième Brennus, miraculeusement, face à un Toulon pourtant largement favori et en supériorité numérique quasi tout le match.

De nouveau, le Racing aura l’occasion de marquer son histoire, en Espagne, en décrochant son premier titre européen, le plus prestigieux de tous, mais dans la capitale basque cette fois.

Bilbao, le haut but du Racing… une aventure romanesque qui retrace le destin européen de ce XV francilien, emmené bien malgré lui (leur parcours, à relire dans les brèves précédentes, est aussi incroyable qu'improbable) par le magicien Dan Carter (à temps partiel) et une compagnie de vingt-deux (plus ou moins) nains dans leur voyage vers la Montagne du Leinster, à la recherche du trésor doublement gardé jusque-là par le dragon des Saracens.

Wouahou ! Une trilogie de phase finale qui a de quoi faire saliver !

Dans le premier volet, le plus nain d’entre eux, et le plus agile, Marc Andreu, avait à lui seul anéanti les trolls des volcans d’Auvergne, dans leur inhospitalière caverne du Michelin.

Dans la deuxième partie, ce dimanche après-midi, sur les plaines de Chaban-Delmas, c’était au tour de Teddy Thomas de libérer les siens en moins d’une demi-heure, tuant les Munstermen de ses propres mains, de trois coups de massue assassins, aidé de ses perce-murailles, Vakatawa et Chavancy, qui lui ouvraient, tour à tour, le chemin de l’en-but.

On nous annonçait une Red Army monstrueuse en tribune. En une période, les 6000 soldats en tunique rouge se sont tus...

Il n’y avait qu’un raid armé sur le pré !

Trois essais, tous signés Teddy Thomas, ou presque, puisque le dernier, il l’offrait à Machenaud, aussi surpris que nous du geste de son coéquipier dans l’en-but. 

24-3 à la pause, le match était plié. D’autant qu’en seconde période, le Munster ne parvenait à rien, impuissant en conquête, maladroit balle en main et confronté à une défense de fer qui repoussait férocement chacun de ses assauts, à l’image des premières lignes franciliennes et des suivantes, comme les soldats Ryan, Chat et Nyanga, aux plaquages monstrueux.

Il faudra attendre le dernier quart d’heure pour voir le Racing lâcher prise, enfin, en infériorité numérique, suite au carton jaune infligé à Andreu. L’entrée de Zébo, côté irlandais allait porter ses fruits, l’ailier international (et futur Racingman la saison prochaine) marquait le premier essai des visiteurs.

Marschall puis Conway, dans les dernières secondes, en ajoutaient deux autres, comptant presque pour du beurre, tant l’écart était conséquent et la mission devenue impossible... Comme ce qui attend le Racing à Bilbao dans trois semaines, car...

avec un tel adversaire, il ne lui reste plus qu’à bâtir des châteaux en Espagne.

 

Leinster – Scarlets         38 – 16

Juste énorme !

On pouvait s’y attendre. Les Gallois n’existeraient que par le pied de Halfpenny quand les Irlandais de Sexton mettraient en place petit à petit leur jeu et étoufferaient la défense adverse jusque dans son en-but pour inscrire autant d’essais que possible.

Ce sera cinq (dont trois en première période) pour une victoire sans appel du grand favori à la succession des Saracens. Les Scarlets sauveront l’honneur à la toute dernière minute, sans illusions possibles. 

Ça s'est passé samedi après-midi, une demie gagnée tout en maitrise par ce monstre du Leinster, dans un match de très haut niveau.

C’est dire la montagne à franchir pour les Racingmen. Réponse dans trois semaines à Bilbao.

 

La Challenge Cup en bref…

Cardiff Blues – Pau               16 – 10

Une Section pâlotte

Dans cette demi-finale, Pau n’a jamais vraiment été en position d’inquiéter sur la durée des Gallois plus ambitieux et adroits, portés par un public endiablé dans un Arms park plein à craquer.

Après un premier essai des locaux en début de rencontre, Pau a réagi, quinze minutes plus tard, par Smith pour l’essai égalisateur, avant de lâcher prise peu à peu, courant jusqu’à la fin après le score. Quand Evans passait tous ses coups de pied, Taylor en maquait deux, juste de quoi, pour la Section, rester derrière au coup de sifflet final.

Les Palois n’iront donc pas en finale, comme ils n’iront certainement pas en barrage du TOP 14 (s’ils perdent contre Montpellier samedi prochain), terminant alors ce mois d’avril sur un double échec cuisant.

Gloucester – Newcastle        33 – 12

Sans surprise

Gloucester n’a fait qu’une bouchée, à domicile, de ses compatriotes anglais de Newcastle.

Sans surprise, 4 essais à 2.

Les Anglais disputeront leur troisième finale en quatre ans, défaits l’an passé par les Parisiens, tenants du titre. Sera-ce la bonne cette fois ou bien sont-ils maudits ?

Rendez-vous à Bilbao pour une petite finale qui promet d’être très ouverte face à Cardiff.

 

Les barrages de PRO D2 en bref…

Mont-de-Marsan – Béziers   31 – 23

Les Montois à Aimé-Giral !

Malgré leur indiscipline, les Montois se qualifient en demie grâce à une volonté offensive, récompensée par trois essais (Cabannes, 26è, Malafosse, 47è, Matanavou, 48è).

De leur côté, les Biterrois ont payé cher leur mauvaise entame de seconde période, accrochant malgré tout les locaux au score, grâce au pied de Porrical et un essai de Pinto Ferrer qui avait pourtant lancé les hostilités (24è). Seulement la fin de match sera trop éprouvante pour revenir, poussés à la faute, ils offriront les munitions au Montois pour sécuriser leur victoire.

De quoi nourrir des regrets pour Béziers et de l’espoir pour Mont-de-Marsan qui retrouvera en demi-finale Perpignan le week-end prochain à Aimé-Giral.

Grenoble – Biarritz              33 – 26

Du grand spectacle au Stade des Alpes

Les Grenoblois et les Biarrots ont régalé le public isérois samedi dans un quart de finale à couper le souffle et au suspense jusqu’au-boutiste.

3 essais partout et 7 points d’écart, le temps d’une dernière munition pour le BO d’égaliser, un scénario fou qui a tenu en haleine les spectateurs et les a libérés sur une ultime penal-touche basque volée par les locaux qui, pour le coup, n’ont pas volé leur qualification en demie.

Ce sera à Montauban, au Stade Sapiac, où une toute autre ambiance attend les Grenoblois.

 

La semaine prochaine…

Dernière ligne droite du TOP 14

A J-2, les prochaines défaites coûteront chères. Le Racing pourrait perdre sa place directement qualificative en demie, Toulon son barrage à domicile, Pau et La Rochelle leurs tickets pour les phases finales, quand Brive pourrait déjà être relégué en PRO D2.

Seuls Bordeaux, Clermont et Agen se la joueront sans stress, les pieds sur le terrain, les têtes en vacances. 

Au programme de la 25ème journée, samedi 28 avril :

  • Toulon – Castres, à 14h45 (C+) : La peur au ventre et les yeux dans le rétro
  • Agen – Clermont, à 20h45 (R+) : Un point suffit !
  • Montpellier – Pau, à 20h45 (R+) : Une demie en vue
  • Oyonnax – Lyon, à 20h45 (R+) : Derby inamical
  • Stade Français – Brive, à 20h45 (R+) : Pas le droit à l’erreur

Puis dimanche 29 avril:

  • Bordeaux – Racing 92, à 12h30 (C+) : Le Racing à domicile ?
  • Toulouse – La Rochelle, à 16h50 (C+) : Couler les Maritimes

 

Côté TOP 8 du rugby féminin, les barrages débutent par les matches allers durant lesquels Blagnac et Toulouse devront tout donner pour espérer un exploit et une avance significative avant les matches retours chez les indétrônables Montpelliéraines et Lilloises.

Mon cœur penche pour Blagnac de Marjorie Mayans, le petit poucet face à l’ogre champion en titre de Safi N’Diaye.

A suivre donc :

  • Blagnac – Montpellier, samedi 28 avril à 15h30
  • Toulouse – Lille, dimanche 29 avril à 12h

 

Côté PRO D2, voici le programme des demi-finales :

  • Montauban  Grenoble, samedi 28 avril à 18h
  • Perpignan – Mont-de-Marsandimanche 29 avril à 14h15

 

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15 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°305

Chute à l'arrière du peloton !

TOP 14... 24ème journée                            La Rochelle – Castres      18 – 26

Les Rochelais stoppés net dans la course au titre !

Vous avez dit Godard ?

Dimanche midi, une nouvelle vague a déferlé sur Marcel-Deflandre, renversant les Maritimes dans un scénario à faire bondir tous les spectateurs et commentateurs de leurs sièges… avec au bout de la langue la célèbre réplique de Godard.

Je ne parle pas de Jean-Luc Godard, le réalisateur controversé des années 60, mais de Jean-René Godard, le commentateur du Tour de France sur sa moto, pas moins à bout de souffle, le petit soldat de France 2 qui suivait les coureurs cyclistes au mépris du danger.

« Chute à l’arrière ! Terrible chute ! »

Tout Marcel-Deflandre et les abonnés Canal (derrière leurs télés) ne peuvent croire que le maillot jaune (et noir) du début de saison vient de perdre la course au TOP 6. Car il va être difficile désormais pour le Stade Rochelais de se remettre en selle et refaire son retard sur les six premiers, lors des deux dernières étapes, notamment avec le col d’Ernest-Wallon.

Le Castres Olympique a fait tomber, avec un engagement de tous les instants, et dans les règles, un adversaire direct à la qualification, profitant de sa chute pour le doubler et intégrer le peloton dans la course finale.

Les buteurs tarnais avaient beau se heurter aux barres sans marquer, le jeu des visiteurs était plus agressif et dominateur en première période, affolant la défense locale, dépassée par un slalom époustouflant de Tulou dans ses 22. Le troisième ligne centre castrais aplatissait entre les perches pour donner l’avantage aux siens qui menaient logiquement à la pause (10-3).

Les Rochelais réagissaient aussitôt au retour des vestiaires par un essai en force du pilier Boughanmi, tout juste entré en place d’Atonio, après une longue séquence de ses coéquipiers dans les 22 castrais. Balès ne transformait pas et laissait son équipe derrière, à deux longueurs qu’elle ne parviendra jamais à rattraper.

Sur une nouvelle échappée d’un visiteur, Dumora cette fois, Battle héritait de la passe décisive de son arrière et marquait de nouveau pour le CO qui creusait l’écart grâce à une pénalité supplémentaire d’Urdapilleta (23-11).

À nouveau, les locaux, piqués à vif, répondaient en force par leur homme en forme, Boughanmi, pour son doublé. Broke James, tout juste entré, transformait et ramenait son équipe à cinq points (18-23).

Seulement il restait trop peu de temps et de munitions pour espérer renverser le sort de cette course contre la montre. D’autant que les Maritimes cumulaient les fautes, donnant une occasion à Urdapiletta de les sortir définitivement du bonus défensif.

Rien ne va plus à La Rochelle !

Le favori et maillot jaune du début de tour (du championnat) de France, n’est que l’ombre de lui-même depuis quelques mois, subissant sa deuxième défaite à domicile, après Toulon.

Trois points séparent les Rochelais des Castrais, dernier qualifié provisoire pour les barrages. Pas un gouffre à première vue, mais une mission bien compliquée au vu de leur calendrier (déplacement à Toulouse, réception de Paris) et le besoin aussi vital de leurs futurs adversaires de l'emporter.

Les Maritimes n’ont plus leur destin entre les mains… Tout comme une autre victime, à l’arrière du peloton qui a chuté samedi dans son antre du Hameau.

 

Les autres matches en bref...

Pau (7) – Agen (11)                                22 – 33

Coup d’arrêt

La Section Paloise est tombée de haut, samedi au stade du Hameau, face à une équipe agenaise qui a joué crânement sa chance, tellement les locaux ne les attendaient pas.

Mal leur en a pris, à les laisser jouer et à croire qu’il serait facile de revenir. C’était mal connaître les Lot-et-Garonnais qui ne lâchent rien et qui savent bien que chaque point est bon à prendre dans leur course folle au maintien depuis la première journée du TOP 14.

D’entrée, les visiteurs ont frappé fort avec un doublé de Nakosi (frère du toulonnais Tuisova) qui a créé la panique dans le camp palois. Heureusement, les locaux sont revenus grâce à trois essais (Lespiaucq, Vatubua et Daubagna) pour mener à la pause (22-20).

Seulement en seconde période Pau n’a rien produit et a subi la loi des Agenais qui, au culot, ont inscrit deux nouveaux essais, laissant le demi-finaliste européen fanny de points terrain.

Désormais, comme pour La Rochelle, la Section n’a plus son destin en mains et devra obligatoirement remporter ses deux derniers matches pour espérer disputer les phases finales. En attendant, place à l’Europe.

Quant à Agen, cet exploit lui ouvre les portes d’une nouvelle saison dans l’élite du rugby français. Bravo !

Oyonnax (13) – Brive (14)                      40 – 17

Des Coujoux, un pied en PRO D2

Les Oyomen n’ont laissé aucun espoir aux Brivistes, ici à Charles-Mathon.

Si les visiteurs ont rivalisé en première période, en seconde ils ont logiquement été distancé face à la détermination et l’efficacité des locaux, emmenés par un Botica en grande forme.

Cinq essais à trois à l’arrivée. Il ne manquait que le point de bonus offensif pour que la fête soit totale, un regret qui pourrait avoir une conséquence sur le plan comptable à la fin de cette phase régulière.

En attendant, Oyonnax cède sa place de relégable à Brive qui n’a plus son destin en mains pour se maintenir. Mais rien n’est fait pour autant, avec seulement deux longueurs de retard. Il faudra obligatoirement pour les Coujoux aller gagner à Paris.

Lyon (5) – Stade Français (12)               44 – 3

Une faim de Lou

Les Lyonnais ont mangé tout cru des Parisiens pourtant accrocheurs durant le premier quart d’heure.

Et puis Couilloud a montré la voix avant de s’éteindre en début de seconde période sur une charge illicite de Flanquart (sorti sur blessure à l'épaule). Un essai de pénalité, Clément, Mignot, Arnold et enfin Pélissié complétaient le tableau de chasse de l’équipe locale.

Un bonus offensif qui replace idéalement Lyon dans le TOP 6, tandis que le Stade Français devra valider son maintien, dans quinze jours à Jean-Bouin, contre la lanterne rouge pour une confrontation à la vie, à la mort.

Toulon (4) – Montpellier (1)                  32 – 17

Ashton… #recordbattu

Dans ce duel de prétendants au Brennus aux airs de finale dans un stade Vélodrome presque plein, on ne retiendra que le record d’essais battu par Ashton. Détenu par Nalaga avec 21 réalisations, l’arrière anglais le passait à 22 dès la première occasion toulonnaise.

Pour le reste, l’équipe remaniée de Montpellier s’est réveillée en seconde période après avoir encaissé un 29-7 en première. À l’inverse, Toulon s’est endormi sur ses lauriers, subissant le retour des hommes de Cotter, avec un Ngandebe intenable sur son aile (un bon espoir pour le XV de France).

Incapables d’aller chercher le point de bonus offensif, les coéquipiers de Bastareaud se sont contentés d’assurer la victoire, en tenant leur défense, avec trois malheureux points dans leur musette. Triste prestation à deux visages. Tandis que le MHR reste un leader serein à deux journées de la fin.

Toulouse (2) – Racing 92 (3)                42 – 27

Objectif demie !

Ce choc avait un enjeu crucial pour les deux équipes, une place directement qualificative en demi-finale. Seulement le Racing se devait aussi de ménager ses cadres en vue d'une autre demi-finale, en coupe d'Europe.

Remaniée, cette équipe francilienne emmenée par les remplaçants Carter, Imhoff et Rococoko (excusez du peu !) a subi la loi toulousaine durant plus d'une heure, menée 42 à 6, après avoir encaissé cinq essais, carrément.

Et puis le coaching de la paire des Laurent a eu un effet dévastateur pour les locaux avec l'entrée de Szwarzewski qui a montré la voie à ses coéquipiers. En moins de dix minutes, les Racingmen allaient inscrire trois essais et priver les Toulousains d'un point de bonus offensif qui pourrait leur manquer au bout du compte.

Toulouse l'emporte nénamoins dans un match fou, mais frustrant, et vole la seconde place à son adversaire du jour, mais à égalité de points. La bataille va être rude jusqu'au bout pour conserver ce fauteuil, pour deux.

Clermont (9) – Bordeaux (10)                33 – 3

Dites 33 !

« Ben vous n’êtes plus malades, apparemment ! »

Trois essais et un bonus offensif qui compte pour du beurre, dans un match sans enjeu et sans entrain, face à un adversaire en service minimum.

Trois points de Serin, le Bordelais ne voulait pas être en reste face à son concurrent clermontois en équipe de France, Parra, auteur d’un sans faute et d’un capitanat efficace auprès de ses gros qui ont fait tout le travail, dans des conditions météo difficiles.

Pas un grand match, juste une victoire sans intérêt avant de clore une saison qui commence à devenir longue au pays des volcans.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Les demies sont servies !

Retour à la coupe d’Europe avec le programme des demi-finales où le Racing 92 et Pau tenteront de décrocher leurs tickets pour Bilbao, chacun dans sa compétition.

 

Au programme de la Champions Cup, samedi 21 avril :

  • Leinster – Scarlets, à 16h30 (BeIn) à l’Aviva Stadium (Dublin)

Puis dimanche 22 avril:

  • Racing 92 – Munster, à 16h15 (Fr2) à Chaban-Delmas (Bordeaux)

 

Au programme de la Challenge Cup, vendredi 20 avril :

  • Gloucester – Newcastle, à 20h45 (BeIn) au Kingsholm Stadium (Gloucester)

Puis samedi 21 avril:

  • Cardiff Blues – Pau, à 14h (Fr4) à l’Arms Park (Cardiff)

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09 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°304

Encore une journée d'foutue !

TOP 14... 23ème journée                               Agen – Oyonnax      36 – 21

Encore une défaite pour Oyo !

Adios !

Je ne sais ce qui lui a pris ce matin quand il ne s’est pas réveillé. Il se voyait déjà parti sur un voilier dans un pays lointain... 

ou quelque chose comme ça.

Ce week-end, excusez-moi, mais je n’avais pas la tête au rugby. La tête en l’air, oui, naïvement comme son haïtien, espérant qu’il nous retombe du ciel dans son aéroplane blindé que rien ne pouvait arrêter… sur scène. L’homme oiseau, avec son sourire d’ange heureux, s’est envolé pour de bon d’un coup d’ailes d’un lourd silence, me laissant seul, l'inspiration en berne et...

avec un de ses coups de blues... à 118°, du bon, du gros qui tache.

Alors excusez-moi, oui, si je n’ai rien vu de cette journée... déjà foutue avant même d’avoir commencé.

Apparemment je n’étais pas le seul à avoir du vague à l’âme et la fuite dans les idées. Dans le bras de fer qui opposait les deux promus, promis à la descente aux enfers, Oyonnax n’avait pas la tête à son rugby et a laissé Agen bonifier son succès et planter un premier pied dans le jardin du prochain TOP 14.

À l’image de leur saison, les Oyomen n’ont pris que des miettes dans ce duel de la peur, laissant champagne et caviar pour les autres.

Dès les premières secondes de la partie (15 exactement, un record), suite à l’engagement de McIntyre, Metge était lancé comme une fusée vers l’en-but pour le premier essai agenais. Il y en aura deux autres dans cette première mi-temps (Fouyssac et Sadie) quand Botica limitait la casse avec son pied alors que son homologue local manquait tout ce qu’il butait.

18-9 à la pause, ce n’était pas cher payé. Au retour des vestiaires les Oyomen réagissaient pour recoller au score, grâce à l’essai de Botica qui semblait jouer pour quinze, même s’il ratait la transformation.

Mais les Agenais n’allaient pas se laisser endormir et accéléraient de plus belle, inscrivant deux nouveaux essais, par Nakosi, sur une merveille de petit par-dessus de January, puis Bosch, en excès de zèle, un quart d’heure plus tard. Le match était plié, le bonus en poche pour les locaux, et l’essai de Veau, pour les visiteurs, à cinq minutes du terme, n’y changera rien.

Adios Oyo ! On aimerait bien te revoir, la saison prochaine, qui sait. Rien n’est vraiment loin, au fond, si tu prends le bon chemin, dès le week-end prochain contre Brive, pour le match de la dernière chance, en laissant aux Coujoux, mal en point, la lanterne rouge pour éclairer ton chemin d’un barrage salvateur.

Parce qu’en Corrèze, rien ne va plus.

 

Les autres matches en bref...

Brive (13) – Lyon (7)                              25 – 27

Aujourd’hui la crise

C’est dur aujourd’hui, peut-être... demain ça s’ra difficilement vachement mieux. Quand on voit les Brivistes enchainer les défaites à domicile, la sixième de la saison, soit près de une sur deux.

Les Coujoux n’ont pas été récompensés de leurs efforts. Plus déterminés et agressifs, ils ont vu revenir à chaque fois des Lyonnais plus efficaces et pragmatiques, à l’image de cet essai de Couilloud, entré à l’heure de jeu et qui donne la victoire aux siens en fin de rencontre.

Brive a toujours son destin en mains, mais devra aller l’emporter chez ses deux concurrents au maintien, d’abord à Oyonnax, ensuite à Paris. Compliqué.

Stade Français (12) – Clermont (10)      50 – 13

Poil dans la main

Payés à rien foutre, depuis leur humiliation à Mayol (49-0), les Clermontois semblent se contenter désormais de regarder la balle dans l’œil du jeu de l’adversaire.

Qu’il était donc doux de rester sans rien faire, du moins en deuxième période, tandis que tout s’agitait autour d'eux. Les champions de France ont touché à tout, sauf à leur French flair, pour toucher une nouvelle fois le fond, avec leurs stars en nombre pourtant.

Les Parisiens, eux, n’ont rien calculé. Il leur fallait gagner pour sauver leur peau. Et avec le bonus, c’était encore mieux. Et c'était chose faite, avec cinq essais à la clé quand les visiteurs n’en marquaient qu’un seul en première période.

Paris n’est pas complètement sauvé, une victoire contre Brive suffirait pourtant à son bonheur pour rester dans l’élite.

Bordeaux (9) – Pau (5)                          19 – 18

Alertez l’UBB !

Bordeaux ne joue plus rien dans ce championnat et pourtant, à l’image d’un Serin en quête de rachat (sans doute en vue de la prochaine tournée de l’équipe de France) et auteur de tous les points de son équipe. Il a réveillé les siens et son public qui se faisaient endormir par les coups de pied assassins d’un Slade, en sérial-marqueur.

Le chassé-croisé entre les deux buteurs donnera raison à l’international français qui ravira enfin le public, après trois défaites de suite à domicile.

Pau récolte un point de bonus défensif qui le laisse dans le TOP 6 et lui promet une belle fin de saison, si le club palois parvient toutefois à bien négocier ses deux dernières réceptions (Agen et Toulon).

Castres (8) – Toulouse (3)                    28 – 23

Tête en l’air

Sur ses terres, condamné, solitaire, le CO n’avait pas le droit à l’erreur. Étrangers aux vérités premières énoncées par des cons (de journalistes), les hommes d’Urios ont retrouvé l’envie et le jeu de bien faire, enfin… remontant 15 points de retard en seconde période et ne laissant aucune chance aux Toulousains d’avoir le dernier mot.

Dumora aura été un des héros de la partie, avec son doublé, ainsi que Kockott avec un coup de pied monumental qui permet enfin au CO de passer devant et ne plus lâcher la partie.

La suite sera sans doute plus compliquée pour espérer intégrer la liste fermée des barragistes, avec deux déplacements (La Rochelle et Toulon) où il faudra aller gagner au moins une fois avant de terminer proprement contre un Oyonnax, sans doute au pied du mur de la PRO D2.

Montpelier (1) – La Rochelle (6)           40 – 24

Ce qui est dit doit être fait

Ce qui est fait était écrit, c’est comme ça, depuis le début de la saison. C’est la vie.

Quand Montpellier reçoit, c’est bonus offensif, le tarif minimum. Les Maritimes n’ont pas fait exception, comme ils n’ont pas fait illusion devant la domination des locaux dans tous les secteurs et avec un Jesse Mogg (pourtant partant la saison prochaine) en feu.

Le MHR a d'ores et déjà un pied et demi en demi-finale tandis que La Rochelle va devoir jouer jusqu’au bout sa place dans le TOP 6 face à des adversaires qui jouent eux aussi leur vie. (Castres, Toulouse et Paris).

Racing 92 (2) – Toulon  (4)                17 – 13

Dans un aéroplane blindé

Que peut-il arriver à ce Racing-là, imperturbable en défense, face aux héros de la voltige toulonnais ?

Pas grand chose, apparemment. Les Varois ne passeront qu’une fois, par Fekitoa, quand Vakatawa signait deux essais pour les locaux à l’U Arena. Suffisant pour assurer une courte victoire et la deuxième place au classement.

Tandis que le RCT, avec son point de bonus défensif, se positionne idéalement pour un barrage à domicile.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Le TOP 8 féminin en quelques mots... 

Montpellier (1) – Lille (2)              17 – 17

Des filles aux coeurs d'acier

Les Féminines de Montpellier, sûres de terminer premières de la phase régulière, n’ont pas cherché à forcer leur talent pour venir à bout des Lilloises coriaces, à l’image d’une Romane Ménager. Je n’ai ni vu le match, ni lu quoi que ce soit dessus, à cette heure difficile d’avoir des infos sur le rugby féminin, si on ne fait pas partie d’un réseau fermé, ou si on n’écoute pas Radio Londres dans les sous-sols de Sud Radio.

Vous pouvez retrouver tous les résultats sur le site de la FFR et le classement qui augure déjà des prochaines demi-finales, le 29 avril avec (comme l'an passé) :

  • Lille - Toulouse
  • Montpellier - Blagnac.

À noter que l'ASM Romagnat qui a terminé à la dernière place ne descendra pas puisque le championnat sera refondu en un TOP 16 vraisemblablement.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 poursuite sa route… en dernière ligne droite

A J-3, le suspense est à son comble, de la 2ème à la 6ème place, comme pour celles de la relégation. Autant dire que les barrages ont déjà commencé pour certains, une défaite étant synonyme de mort annoncée.

Au programme de la 24ème journée, samedi 14 avril :

  • Toulon – Montpellier, à 14h45 (C+) : un air de finale
  • Clermont – Bordeaux, à 18h (R+) : rien à prouver
  • Oyonnax – Brive, à 18h (R+) : malheur au perdant
  • Pau – Agen, à 18h (R+) : un peu plus près des barrages
  • Lyon – Stade Français, à 20h45 (C+ Sport) : y croire encore !

Puis dimanche 15 avril:

  • La Rochelle – Castres, à 12h30 (C+) : qui est in, qui est out
  • Toulouse – Racing 92, à 16h50 (C+) : un fauteuil pour deux en demie

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02 avril 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°303

La fin d'un calvaire... 

CHAMPIONS CUP... Quarts de finale                Clermont – Racing 92       17 – 28

Le Racing crucifie Clermont

Évangile selon Saint Marc… Andreu.

Depuis le temps que Clermont porte sa croix cette saison, sur ses belles épaules de champion...

Qu’il a été long le chemin jusqu’à cette crucifixion, dimanche sur ses propres terres.

Au lendemain de cette finale et ce deuxième titre arraché à la sueur et jusqu’au sang, et glorifié par un peuple aussi enthousiaste que reconnaissant, le nouveau messie auvergnat ne savait pas que ce Brennus venait de signer son arrêt de mort en même temps.

Car c’est une couronne d’épines que le champion a porté sur la tête tout du long cette saison, empruntant un chemin de croix en TOP 14 qui ne lui a rien épargné. Flagellé par le tout venant, attendu à chaque tournant, multipliant les blessures de plus en plus graves, le privant de ses moyens pour rester debout et encore en vie, Clermont a souffert le martyre, jusqu’à l’humiliation, le week-end dernier (souvenez-vous à Toulon), et sa mort, ce dimanche de Pâques…

crucifié par un procurateur monté de golgoths !

Ainsi l’histoire semblait écrite à l’avance et le très fervent monsieur Barnes, enfilant les habits de Ponce Pilate, la bible des règles du rugby à la main et Dieu à la vidéo, ne pouvait prêcher ce match autrement qu’en accordant la grâce d’un essai litigieux mais divin au Barabas ciel et blanc, condamnant (comme cela était écrit) le messie auvergnat, un genou à terre puis deux.

Voilà, c’est dit. Mais revenons au début de cette crucifixion où tout semblait nous faire croire à la résurrection du triste Clermont.

La foule du Michelin était en liesse, en jaune et bleu, encourageant sous un ciel de printemps son champion qui lui répondait par une entame pleine de détermination, concrétisée par le pied précieux de Parra, à défaut de passer la ligne d’en-but.

Vingt merveilleuses minutes et un 9-0 peu cher payé mais déjà de bon augure. Quand le Racing décidait de réagir avec un premier essai de Vakatawa, justement refusé pour un écran grossier de Chat, puis un second aussitôt, cette fois accordé à Nakarawa après une belle chevauchée de Marc Andreu, ailier intenable ce dimanche après-midi. Les Franciliens prenaient alors le pas sur la partie, poussant les locaux à la faute et permettnt à Machenaud de passer devant au score (9-10).

Mais Parra orchestrait une contre-attaque par une parfaite redoublée avec Fernandez pour envoyer Betham au premier essai clermontois. Le demi de mêlée local manquait sa transformation, comme Machenaud la pénalité qui s’ensuivit. Mais pas la suivante et le demi de mêlée francilien ramenait son équipe à un point à la pause (14-13).

La seconde période offrait un tout autre scénario avec une entame en faveur des visiteurs qui reprenaient le score par Machenaud (14-16). Mais une nouvelle fois les locaux relançaient leur machine d’attaque et d’une séquence époustouflante mettaient leur adversaire dans le reculoir avec d’énormes espaces pour un second essai imparable. Seulement Abendandon décidait de la jouer seul et échouait à deux millimètres de la ligne. Rageant, car le tournant du match n’était pas loin d’être là tant les Racingmen auraient pris un coup sur la tête. Les Auvergnats devront se contenter d’une nouvelle pénalité de Parra pour mener d’une courte tête (17-16). Le champion n'était pas encore mort.

Et puis apparut le divin… à l’heure de jeu, le dieu Carter.

D’un geste somptueux pour éliminer un adversaire et puis d’un second, un peu moins grand  – d’un centimètre en avant selon les chiffres de la police vidéo, jusqu’à deux mètres selon ceux des manifestants clermontois – il offrait un ballon d’essai à Andreu, assommant les Jaunards sur place, désormais menés 17-23.

À peine le temps de réaliser ce qui leur arrivait, les Clermontois, médusés, regardaient Carter prêcher la bonne nouvelle aux siens pour un troisième essai de Palu parfaitement amené par Thomas. Le troisième ligne venait de rentrer. Coaching gagnant pour la paire Labit et Travers.

En moins de trois minutes le stratège champion du monde venait de planter le dernier clou sur la croix des Auvergnats. Et pourtant ces derniers voulaient encore y croire quand Grosso interceptait une balle pour aller à l’essai. Mais Ponce Pilate ne le lui accordait pas pour une faute de main en amont (qui m’a échappée personnellement)…

Il leur restait dix minutes pour tenter de revenir, en vain, rien n’y faisait. Dès que Grosso avançait Ponce Pilate sifflait… et ce, jusqu’au coup de sifflet final.

Moralité de cette brève : On ne réécrit pas les évangiles avec monsieur Barnes.

Et celui de ce quart de finale a été écrit par Marc Andreu, béni des Dieux. Il n’est pas étonnant qu’il ait été élu homme du match et devrait être canonisé pour la suite des phases finales.

Le calvaire est donc fini pour Clermont, en ce dimanche pascal. Le champion peut ranger sa couronne et sa croix, et partir en vacances jusqu’à la saison prochaine.

Quant au Racing vainqueur, une demi-finale l’attend à Bordeaux contre le Munster qui a sorti nos Toulonnais.

Parce que ce week-end n’a pas souri à nos autres clubs français, pourtant bien armés pour passer ce tour.

 

Les autres matches en bref...

Scarlets – La Rochelle          29 – 17

Trop de fautes ! trop de fautes !

Comment les Maritimes ont-ils pu perdre ce match ?

Comment ont-ils pu offrir tant de pénalités en première période au meilleur artificier du circuit qu’est Halfpenny et laisser filer le match à l’heure de jeu ?

Il y avait 12-10 à la pause, deux points de retard seulement pourtant, après un premier essai de Bourgarit qui présageait autre chose dans ce quart de finale. 

Mais voilà, à vouloir marquer au lieu de prendre les points sur leurs temps forts, les Rochelais se sont fait prendre sur un ballon porté qui les a déstabilisés et a déporté le jeu sur la gauche pour l’essai de Patchell. Les Maritimes lâchaient prise sur le match et se faisaient punir une seconde fois par Williams à cinq minutes du terme, pourtant en supériorité numérique. Quel gâchis !

Il y avait largement la place de faire mieux. Mais pour leur première participation à cette compétition majeure, soulignons la performance d’ensemble et ne nous arrêtons pas sur cet échec. Bravo aux Rochelais, place au TOP 14 désormais, car rien n’est fait pour la qualification.

 

Munster – Toulon                  20 – 19

Plus fort tu meurs

Comment les Toulonnais ont-ils pu perdre ce match ?

Je sais, ça ressemble à une histoire sans fin. Mais bon sang, quand on voit la première demi-heure monstrueuse de Toulon, on se demande qui peut battre cette équipe. Et je ne suis pas adepte du jeu varois, loin de là.

Mais la maîtrise dans tous les secteurs d’un jeu mené avec culot et brio par le jeune Belleau, ne pouvait que finir par une victoire historique à Thomond Park.

Mais non. Après une domination sans partage les Toulonnais ne menaient que 6-0 avant que Murray ne joue un coup de filou sur le premier essai irlandais. Un ruck, un en-avant de Guirado qui sort la balle du ruck et les Toulonnais arrêtés attendant une réaction de monsieur Owens laissant le demi de mêlée celte s’emparer du cuir et marquer. Dix minutes de vidéo pour valider un essai gag qui coûtera cher, au final, aux visiteurs.

Pourtant, menés seulement 10-6 à la pause, les Toulonnais parvenaient à refaire leur retard et passer devant grâce à un essai de Ashton puis une pénalité de Trinh Duc (13-19).

Le plus dur semblait être fait quand il restait cinq minutes à jouer. Mais un  renvoi hasardeux de Trinh Duc après une longue séquence défensive rendait la balle à Conway qui allait slalomer toute la défense varoise, une nouvelle fois arrêtée, pour inscrire l’essai d’une victoire improbable, au vu de la rencontre.

Toulon laisse échapper une demie à sa portée et devra se concentrer désormais sur son unique objectif, le Brennus.

 

Leinster – Saracens              30 – 19

Y a pas eu photo

Je n’ai pas vu le match, mais les commentaires sont clairs. Le Leinster c’est du sérieux, les portes de Bilbao lui semblent grandes ouvertes, après avoir éliminé le double champion en titre.

Le Racing est prévenu s’il devait aller au bout. Nous aurions alors une revanche du dernier France-Irlande, tant les internationaux de chaque nation sont issus de ces deux ogres du rugby européen.

 

Le tableau des demies

         Leinster        v      Scarlets       à Aviva Stadium, Dublin

         Racing 92  v      Munster     à Chaban-Delmas, Bordeaux

 

En ce qui concerne la Challenge Cup

Pau est le seul club français qualifié pour les demi-finales après un match très disputé contre son compatriote parisien, toujours aussi peu récompensé de ses efforts. Les Palois devront se déplacer chez des Gallois victorieux à Édimbourg. Ainsi le veut la règle, avantageant la victoire à l’extérieur.

Pour le reste, je vous laisse apprécier les résultats.

Le tableau des demies

         Édimbourg – Cardiff Blues (6-20)      v        Pau – Stade Français (35-32)       

         Connacht – Gloucester (28-33)          v        Newcastle – Brive (25-10)             

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 reprend sa comédie

A J-4, Clermont et Bordeaux comptent pour du beurre désormais, quand les autres ne pourront compter que sur eux-même pour espérer se qualifier ou rester dans le TOP 14.

 

Au programme de la 23ème journée, samedi 7 avril :

  • Castres – Toulouse, à 14h45 (C+) : pas le droit à l’erreur pour le CO
  • Brive – Lyon, à 17h45 (R+) : le Lou salive déjà
  • Bordeaux – Pau, à 17h45 (R+) : un coup à faire pour la Section ?
  • Stade Français – Clermont, à 17h45 (R+) : Paris doit sauver sa peau
  • Agen – Oyonnax, à 20h45 (C+ Sport) : la finale de la mort

Puis dimanche 8 avril:

  • Montpellier – La Rochelle, à 12h30 (C+) : en patron
  • Racing 92 – Toulon, à 16h50 (C+) : un goût de finale

À noter le nouveau lien pour suivre les résultats du TOP 8 féminin et sa dernière journée avant la phase finale, dimanche prochainLe TOP 8 - Site officiel de la FFR

Montpellier de Safi N'Diaye et Lille de Romane Ménager sont en tête et devraient se disputer le titre, encore cette saison, à moins que Toulouse de Gaëlle Lhermet ou Blagnac de Marjorie Mayans en décide autrement.

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25 mars 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°302

Thriller à Jean-Bouin 

TOP 14... 22ème journée                       Stade Français – Toulouse       33 – 37

Course-poursuite infernale à Jean-Bouin

Toulouse se fait la balle…

Dans le sprint final aux qualifications, pour les phases finales ou juste pour avoir le droit de rester parmi l’élite la saison prochaine, le Stade Toulousain s’est offert un festival de cannes, décrochant la palme du meilleur acteur dans le film événement de la 22ème journée, El Clasico, au détriment de son rival de toujours, "El Parigot".

Ce western-paëlla, remake du célèbre Barça-Real du foot espagnol et qui oppose les deux plus grands palmarès du rugby français, a tenu le public de Jean-Bouin en haleine.

Une course-poursuite infernale avec des rebondissements...

Jusqu'à la dernière seconde. Tout Paris a tremblé, ce #Parismobilisé  par les réseaux sociaux qui a rosi tant bien que mal les tribunes de Jean-Bouin, derrière son équipe quand son équipe, elle, restait toujours derrière au score.

Un premier essai d’entrée calmait ses ardeurs, le trois-quarts centre toulousain, Mjekevu, transperçait le rideau parisien après une domination des siens. Puis un deuxième qui faisait froid dans le dos quand Paris, à la relance, se faisait prendre naïvement par la patrouille de Kolbe, interceptant une passe téléphonée de Danty.

Enfin, l’euphorie faisait son entrée dans les travées du stade, une transversale au pied millimétrée de Plisson pour son ailier Yobo et voilà Paris qui revenait dans la partie. S'ensuivait une nouvelle percée de Camara et un relais de Parisse pour le doublé de l’ailier parisien qui ramenait les siens à 7 longueurs à la pause (13-20), malgré les échecs de transformation de Plisson.

Le public pouvait y croire au retour des vestiaires, mais le scénario de la première période semblait se répéter, Kolbe, intenable, était à nouveau à la manœuvre pour son doublé.

Paris n’avait pas dit son dernier mot pour autant et attaquait de plus belle pour se défendre.

Quand Burban concluait un joli mouvement de ses partenaires, les ramenant cette fois à 4 points seulement de leur adversaire (23-27). Il restait 25 minutes, largement de quoi passer devant, pensait le public qui exultait et poussait toujours derrière son équipe, d’autant qu’elle avait la possession depuis quelques minutes.

Mais voilà, alors qu’elle était à deux doigts de faire péter le coffre-fort de la défense haut-garonnaise, elle se faisait une nouvelle fois coincer par la brigade des stupéfiants trois-quarts toulousains, très en jambe. Une deuxième interpellation de balle, par Médard cette fois sur un cadeau de Macalou, qui mettait un coup d’arrêt aux belles intentions locales. Lui qui venait de rentrer, ressortira blessé. Un coaching tout sauf gagnant, dira Azam sur le banc.

Mais rien n’était joué dans cette histoire folle, il restait moins d’un quart d’heure, le temps pour un ballon porté rageur jusque dans l’en-but, signé Daguin et Paris était à nouveau à 4 points (30-34).

La course-poursuite devenait déroutante, faisant crisser la joie de Jean-Bouin, à chaque virage. Une joie de courte durée quand Doussain repassait trois nouveaux points, obligeant Plisson sur sa dernière munition, à choisir le point d’une défaite bonifiée plutôt que de tenter une gloire vaine sur une dernière attaque incertaine.

Toulouse tenait là sa prestation de prestige, logiquement récompensée face à un Paris qui a trop surjoué, ce qui lui a joué deux mauvais tours et coûté une victoire pourtant vitale.

Les deux plus grands palmarès du TOP 14 se retrouvent aux antipodes du classement, l’un sur le point d’accéder directement aux demi-finales, l’autre au barrage pour éviter la relégation. Mais quel match, ils nous ont offert...

du jeu et du combat, du spectacle et du suspense !

Ce n’est pas le cas de tous, malheureusement.

 

Les autres matches en bref...

Montpellier (1) – Castres (8)                45 – 7

Le CO aux abonnés absents

Montpellier n’a pas eu à forcer son talent pour venir à bout de Castrais totalement absents d’une partie à sens unique. Par le pied de Pienaar d’abord pour répondre aux fautes grossières des visiteurs, puis par deux essais (Rensburg et Du Plessis), les locaux menaient déjà 21-0 à la pause.

La seconde période ne laissera pas plus de chances aux Tarnais qui encaisseront trois nouveaux essais (Du Plessis, Sanga et Tomane), sauvant l’honneur en fin de match par Battle.

Le leader conforte sa place, à 5 longueurs de son dauphin tandis que le CO voit s’éloigner dangereusement la qualification aux phases finales.

Lyon (7) – Racing 92 (2)                        22 – 24

Le coup de force du Racing

Le Lou a perdu une bonne chance de se positionner favorablement pour disputer les barrages en concédant cette défaite à domicile, alors qu'on pensait le Racing déjà tourné vers le Michelin et son quart de finale européen.

Que nenni ! Les Franciliens ont montré qu'ils étaient mobilisés sur tous les fronts et n'ont pas fait semblant pour profiter des faiblesses de ces Lyonnais inhabituellement timorés offensivement.

Il aura fallu s'appuyer sur Beauxis et Machenaud dans un premier temps avant que Chouzenoux et Lambie ne se décident à marquer les premiers derrière l'en-but  pour le compte des visiteurs, obligeant les locaux à réagir.

Seulement à 15 contre 1" en fin de match le Lou ne marquera qu'une fois sous les perches par son buteur Beauxis, auteur de tous les points. Insuffisant pour décrocher une victoire pourtant cruciale.

Le Racing vient de réaliser une belle opération en se positionnant à la seconde place, prêt à défier des Clermontois frileux chez eux, avec la même dynamique. Une nouvelle désillusion ne semble pas loin pour le champion de France qui ne rêve désormais que d'Europe.

Toulon (4) – Clermont (9)                     49 – 0

Pan pan cul cul !

Un point par minute en première période pour les Toulonnais face à des Clermontois d’une passivité déconcertante. On ne peut pas dire qu’ils avaient la tête à l’Europe, vu que peu d’entre eux seront du quart de finale la semaine prochaine, à part Iturria et Penaud, peut-être. Pourtant il y avait de grands noms qui faisaient leur retour, Fofana, Penaud, Parra, Lopez, Toeava, Chouly, Strettle etc. Mais tous semblaient manquer de rythme comme s’ils l’avaient laissé quelque part sur une plage ou dans une discothèque d’Ibiza.

Du rythme, côté varois, ils n’en manquaient pas. Une balade et un enthousiasme qui a dû faire plaisir à leur président comme au public, à l’image d’un Bastareaud, passeur décisif et facile sur tous les coups.

Sept essais, sept transformations, et un record égalé pour Ashton avec son 21ème de la saison. Toulon se replace dans le premier carré quand Clermont n’a plus rien à jouer en TOP 14. Le champion de France peut se concentrer exclusivement sur la Coupe d’Europe et espérer la remporter s’il veut la retrouver la saison prochaine.

Et ça commence dès le week-end prochain. Ce sera une autre paire d’outre-Manche pour les vainqueurs du jour, qui ont un rendez-vous périlleux dans l’antre de Thomond Park.

La Rochelle (5) – Bordeaux (10)            31 – 20

Le retour des Maritimes à bon port

Les Rochelais ont pris ce match par le bon bout, emmené par un Retière de feu. Trois essais en première période pour prendre le large, par Bouldoire, Priso et Kerr-Barlow contre un seul pour Bordeaux par Gayraud.

En seconde période on a cru que la vague des Maritimes allait déferler sur l’UBB acculée en défense, après l’essai du bonus offensif par Amosa. Mais c’est tout le contraire qui s’est passé, les visiteurs ont répondu aussitôt par Marais et ont mis la pression sur la défense locale.

Il faudra attendre la dernière minute pour que l’essai de Balès redonne le point de bonus aux siens pour ne pas repartir avec une victoire amère. La Rochelle est de retour aux affaires, juste à temps, avant son déplacement au Pays de Galles en quart de finale européen.

Pau (6) – Oyonnax (14)                          33 – 12

À la sauce béarnaise

Les Oyomen sur leur dynamique y ont cru en marquant les premiers par Inman. Mais c’était sans compter la maitrise et la force des Palois, déterminés à rester dans le TOP 6.

La Section a réagi aussitôt en inscrivant, coup sur coup, cinq essais (Hamadache, Armitage, Lespiaucq, Votu, Vatubua) en moins de trente minutes pour plier le match dès la reprise de la seconde période. Oyo fermera ce festival d’essais par Geledan sur un groupé pénétrant pour s’incliner logiquement et retrouver sa dernière place, mais toujours dans les talons de ses prédécesseurs.

Brive (13) – Agen (11)                            15 – 12

Des sueurs froides

Brive a tenu sa victoire, obtenue à bout de pied de son buteur Germain, et à bout d’efforts malgré un retour des visiteurs par le pied de McIntyre suite à une accumulation de fautes qui a vu les Coujoux terminer la partie à 13.

Que c’est dur de se maintenir. Et les Agenais sont bien partis pour réaliser cet exploit sur les quatre journées restantes quand les Brivistes montrent bien des lacunes dans leur jeu.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Quatre quarts européens bien français !

Quatre clubs français tenteront de finir dans le dernier carré de la Champions Cup, sachant qu’au moins un est sûr d’y figurer, comme au moins un est certain d’être éliminé. Car, vous l’avez compris, Clermont recevant le Racing, le bonheur de l’un fera le malheur de l’autre.

Quand Toulon et La Rochelle se déplaceront outre-Manche dans des confrontations aux chances inégales.

À suivre, vendredi  30 mars :

  • Scarlets – La Rochelle, à 18h30 (BeIn) : Les Maritimes, le vent dans le dos

Puis samedi 31 mars :

  • Munster – Toulon, à 16h15 (France 2) : pour un exploit monstrueux

Et enfin, dimanche 1er avril :

  • Clermont – Racing 92, à 14h (BeIn) : attention... pan pan cul cul !
  • Leinster – Saracens, à 16h30 (BeIn) : une finale avant l’heure

 

Concernant la Challenge Cup, voici le programme des quarts, avec trois autres clubs français dont seul Pau semble armé pour s’en sortir.

À suivre, vendredi  30 mars :

  • Newcastle – Brive, à 21h (BeIn) : est-ce bien raisonnable ?
  • Pau – Stade Français, à 21h (France 4) : la tête ailleurs, ou bien ?

Et enfin, samedi 31 mars :

  • Connacht – Gloucester, à 14h (BeIn) : que le meilleur gagne, hein ?
  • Édimbourg – Cardiff, à 18h45 (BeIn) : Écosse v Galles !

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18 mars 2018

Les brèves d'Ovalie - Edition n°301

Plus belle la vie à Colwyn Bay !

VI NATIONS... 5ème journée                    Pays de Galles – France      3 – 38

5è grand Chelem pour les filles !

On s’éveille au rayon du soleil…

de Colwyn Bay, petit coin de paradis sur la mer d’Irlande, à un bon millier de kilomètres de la rade de Marseille et à quelques centaines seulement de Cardiff et de nos gars en rade de victoires, mais toujours proches des meilleurs.

Vendredi soir, vers 19 heures, France 4 fait concurrence à sa grande sœur (de la trois) en diffusant une nouvelle saga qui va faire chavirer le cœur des Français et rêver nos Bleus depuis leur hôtel quatre étoiles. Car ils ne rateraient pour rien au monde ce feuilleton-fiction qu’est pour eux la quête d’un Grand Chelem.

Dès l’entame du générique de ce long métrage de 80 minutes, les paroles de la marseillaise n’ont jamais autant pris tout leur sens :

« Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé,
La vie est plus belle… On est vraiment rien sans elle !
Qu’on soit femme ou non, si on tend la main pour elle,
la vie est TELLEMENT plus belle ! »

L’émotion gagne les hommes de Brunel chaque fois qu’ils entendent parler d’elle. Elle, la victoire, bien sûr et rien d’autre, elle qui leur a souri la semaine dernière et rendu la vie si belle. Peut-être demain, samedi, se disent-ils, ils osent à peine y croire.

Mais peu leur importe, tout ce qu’ils veulent, c’est être proches des meilleurs. Et ils se débrouillent bien ces cons jusque-là, toujours à un point d’une victoire qui leur tend les bras et qu’ils laissent par bienveillance à leurs adversaires (sauf s’ils sont anglais, bien sûr, parce que là, c’est plus du cinéma !). Et demain sera pareil, même s’ils ne le savent pas encore à cet instant-là.

Car la fiction c’est tellement beau à la télé.

Le Grand Chelem, ça passait vendredi soir donc, sur France 4, un feuilleton qui nous a tous émus aux larmes.

Colwyn Bay… cinquième minute de jeu, alors que Cyrielle fait cavalière seule dans la défense galloise, Pauline se tient à l’affût pour conclure le premier galop d’essai de la partie. L’agent Jessy transforme sans trembler. 0-07.

Cinq minutes plus tard, alors que Pauline distribue les ballons d’attaque avec fougue et précision, Caroline (celle à l’ouverture) déboule comme une flèche et transperce à son tour le rideau gallois, presque trop facilement pour inscrire le deuxième essai sous les perches. Jessy ne fait qu’une bouchée de la transformation. 0-14.

Soudain, pendant vingt longues minutes, les Bleues subissent la révolte locale et défendent rigoureusement leur 22, n’encaissant que trois points, avant que Pauline ne remette le bleu de chauffe au jeu des Françaises et balance de nouveau des missiles jusqu'à toucher l’en-but. C’est chose faite par Jessy, après plusieurs temps de jeu, juste avant la pause, sans que la buteuse ne transforme son propre essai. 3-19.

Au retour des vestiaires ce sont les Galloises qui mettent la main sur le ballon les premières, mais sur un contre, ce sont nos Féminines qui vont bénéficier d’un essai de pénalité suite à un coup de pied par dessus de l’autre Caro (l’ailière) retenue illicitement dans l’en-but. 3-26.

Compliqué désormais pour ces Diables de femmes, en infériorité numérique, de revenir dans une partie bénie des déesses pour les Françaises. Comme si c’était leur destin. Pourtant les Galloises pousseront jusqu’au bout, à quelques mètres de passer la ligne mais échouant par maladresses ou malédiction. Car elles encaissent malgré leurs efforts, deux nouveaux essais.

Un par Agathe, sur les talons d’un ballon porté à l’ancienne, puis un dernier par Carla, après un jeu au large, partie de l’aile droite de Marine et relayée jusqu’à l’aile opposée de Caro, en relais parfait pour sa trois-quarts centre. Du jamais vu chez les gars, médusés devant leur télé.

« Et Basta ! T’as vu comment elles se font des passes ?

- C’est de la télé, les gars ! »

Sous leurs yeux ébahis, les Féminines venaient de réaliser ce dont ils n’osaient rêver en secret dans leurs chambres d’hôtel depuis huit ans et ce grand chelem de 2010. Seulement ce qu'ils ne savaient pas (faute aux médias qui préfèrent leur cacher la vérité de peur de les traumatiser) c'est que ce n’était pas de la fiction, mais bien la réalité.

C’est le cinquième Grand Chelem pour les filles en moins de vingt ans (après 2002, 2004, 2005 et 2014) quand les hommes en ont décroché neuf en un siècle. Je sais, la comparaison est un peu hasardeuse, mais quand même !

Bravo les filles ! car on ne vous le dira jamais assez…

Et la vie est tellement plus belle quand la joie d’un trophée est partagée.

 

Pays de Galles – France                  3 – 24                                         

Car, toujours à Colwyn Bay, ce vendredi soir, quelques instants après, sur le même terrain et presque de la même manière, mais avec le suspense en plus, les Bleuets ont réalisé un coup de Trafalgar au nez et à la barbe des jeunes Anglais pour s'emparer du titre. Quel pied !

La donne était claire. À égalité de points avec leurs rivaux mais un avantage au goal-average suffisant, les minots français se devaient de faire aussi bien qu’eux.

Et tout était bien parti dans une première période où les Bleuets inscrirent trois essais sous la pluie et un terrain bien piétiné par les filles juste avant. N’Tamack (2è), Laporte (21è) et Woki (30è) trouvaient la faille dans la défense galloise malgré un jeu plutôt haché.

Au même moment les Anglais dominaient les Irlandais jusqu’à ce qu’ils marquent ce quatrième essai qui leur offraient le point de bonus offensif nécessaire pour le titre.

Au retour des vestiaires les U20 n’avaient plus qu’à aller marquer à leur tour ce quatrième essai pour leur reprendre. Mais que ce fut dur, dans les conditions difficiles et face à des Gallois qui ne donnent rien. Il aura fallu attendre la 66ème minute pour voir l’éblouissant Gimbert se faire la malle et offrir le sacre aux siens. Quel talent ce demi de mêlée. Un de plus !

Les Anglais l’emportaient alors pour rien (45-15) et n’étaient pas récompensés de leur victoire face aux Français, payant très cher leur défaite surprise contre les Écossais. Et tant mieux !

Que la vie était belle à Colwyn Bay, vendredi soir !

 

Les matches des gars en bref…

Pays de Galles – France       14 – 13

Proches des meilleurs

Vous me voyez venir. Et bien pas du tout ! Je ne dirai pas de mal de cette équipe de France. Bien au contraire.

Bravo ! … l’objectif est atteint. Et comment !

Parvenir à réaliser, par deux fois, face aux deux meilleures nations européennes, qui auront terminé première et deuxième de ce tournoi, l’exploit de perdre d’un petit point un match qu’ils auraient pu gagner haut la main. Chapeau !

Commencer le tournoi en perdant contre l’Irlande dans les arrêts de jeu sur un drop assassin, alors que le match semblait plié, même si c’était contre le cours du jeu… wouah !

Terminer la compétition en perdant de nouveau d’un point sur une pénalité que l’on ne réussit pas à passer à un quart d’heure de la fin, alors que l’on sentait le match à la main des Français… oh !

Sans parler de l’Écosse, troisième nation sur le podium, qui d’une pénalité nous laissait encore derrière, mais tout proche, à un point de bonus défensif… han !

C’est dingue, cet art de flirter avec les meilleurs n’est pas donner à tout le monde, c’est devenu une marque de fabrique de la méthode Brunel.

Parce qu’à les regarder jouer, l’emporter cela semblait trop facile, ou plutôt à portée de mains et de talents dans cette équipe de France. Mais perdre d’un point, à chaque fois, ou presque, c’est juste incroyable, épatant même. Rageant, disent les jaloux. pff! 

Parce que lorsque Trinh Duc passe ce drop dès l’entame, on se dit : « qu’est-ce qu’on va leur mettre ! ».

Et quand Fickou transperce la défense galloise pour marquer l’essai français, répondant à celui de Williams, on se dit : « qu’est-ce qu’on va se régaler ! »

Mais non, le but n'était pas là, à 14-10, à la pause, il s’agissait en seconde période, de rester sagement derrière et de faire illusion qu’on pouvait passer devant à tout moment… Oui, mais non. 

C’est ça la tactique Brunel, caresser l’excellence dans le sens du poil de l’adversaire même si celui du supporter français se hérisse tout du long. Machenaud passera une pénalité et rien d’autre, juste pour être proches des meilleurs. Quelle classe ! Quelle humilité !

Par contre au classement, on est plutôt proches des derniers, seules nations que l’on a osé battre et qui auront elles aussi à se remettre en question. Et on peut compter sur la fédération anglaise pour faire bouger les choses, en Premiership comme chez World Rugby… ce qui serait sans doute un mal (anglais) pour un bien (du rugby français).

En attendant les prochaines colos en Nouvelle Zélande où ces Bleus pourront approcher la crème des meilleurs, le seul danger pour eux semble se trouver dans les chambres d’hôtel, avec quatre pieds et une tête plate qu’on appelle aussi accessoirement « tables de nuit », surtout avec Bastareaud en meneur de meute nocturne.

 

Angleterre – Irlande            15 – 24

Le troisième Grand Chelem du XV de Trèfle

L’Irlande est sacrée championne d’Europe avec son troisième Grand Chelem après avoir maitrisé et battu un XV de la Rose, pas remis de son Crunch perdu.

Ringrose, Stander puis Stockdale ont assommé en une mi-temps les Anglais que seul l’essai de Daly laissait dans la partie. Au retour des vestiaires, Sexton et les siens ont juste eu à contenir la bête blessée dans son antre où le Swing low Swing Chariot n’a pas retenti une seule fois.

Les Anglais parviendront néanmoins à marquer par deux fois, Daly à nouveau puis May sur la sirène. En vain. Le double tenant du titre termine à la cinquième place, lui qui rêvait d’un triplé historique.

Vivement que cette crise fasse bouger les choses, au moins dans les calendriers, car la fédération française n’aura pas d’autre choix que de les suivre.

 

Italie – Écosse                       27 – 29

Le XV du Chardon sur le podium

Un match fou que les Italiens auraient mérité de remporter tant ils ont tenu la dragée haute à cet irrésistible XV du Chardon qui aura réussi son tournoi. Comme la botte de Laidlaw aura été cruelle pour ses adversaires. Une seule réussie cette fois, mais ô combien décisive, à la 79ème minute pour le gain du match et une belle troisième place.

Pour le reste, le jeu a été très ouvert de part et d’autre, avec sept essais et un suspense jusqu’au bout.

L’Italie, cuiller de bois pour la troisième fois consécutive, va devoir hausser son niveau et trouver des solutions pour gagner enfin, d’ici la Coupe du monde. Qu’elle est loin cette victoire contre l’Afrique du sud.

 

Cl 1-Irlande-26 pts (+78) - 2-Pays de Galles-15 (+36) - 3-Écosse-12 (-27)  4-France-11 (+14) – 5-Angleterre-10 (+10)  - 6-Italie-1 (-111) 

  

Le TOP 14 en un mot... 

Toulouse (3) – Montpellier (1)              22 – 14

Racing 92  (2) – Stade Français  (12)    28 – 22

Oyonnax (13) – Toulon (4)                     29 – 26

Clermont (9) – Pau (5)                          38 – 14

La Rochelle (6) – Lyon (7)                     19 – 15

Castres (8) – Brive (14)                         37 – 28

Agen (11) – Bordeaux (10)                    10 – 15

Oyo sort du trou, Toulouse monte sur le podium

Cette 21ème journée aura eu son lot de surprises et d’émotions.

À commencer par la lanterne rouge qui aura arraché sa victoire contre l’ogre toulonnais, au courage et à l’envi, sur une dernière mêlée qui aura fini dans l’en-but. Les Oyomen cèdent enfin leur dernière place aux Coujoux et se rapprochent de Paris et Agen, également défaits.

Au dessus, Clermont et Bordeaux se refont la cerise, sans pour autant être invités à la lutte pour les barrages. Tandis que Castres et La Rochelle se mêlent au peloton pour une place dans le TOP 6, même si Lyon a montré plus que les dents chez les Maritimes. La bataille s’annonce rude jusqu’au bout.

Tout devant, Toulouse s’est hissé avec autorité sur le podium en battant le leader, à un point d’un Racing plus en forme que jamais disposant de son voisin dans un derby très disputé.

A cinq journées de la fin, je ne connais personne qui miseraient une fortune sur les 6 qualifiés et le club relégué. Et tant mieux pour le suspense.  

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

Qualifications Mondial 2019…

Géorgie – Roumanie             25 – 16

Belgique – Espagne              18 – 10

Oh la bonne blague belge !

Le Championnat Européen des Nations qui se déroulait en parallèle du tournoi des VI Nations a délivré ce dimanche le pays qui aura l’honneur d'ouvrir les festivités du mondial face au Japon, dans la poule A.

La Géorgie, première incontestable avec cinq victoires sur cinq, ne concourrait pas car déjà qualifiée de part sa belle coupe du monde en Angleterre.

Pour être l’heureuse élue, il suffisait donc à l’Espagne (vainqueurs des Roumains) de l’emporter en Belgique sans que la Roumanie ne fasse de même chez les Géorgiens. C’était mal connaître l’humour belge qui a décidé de contrarier le rêve espagnol.

Ce sera donc bien la Roumanie qui jouera dans la poule du Japon au prochain mondial quand l’Espagne tentera sa chance dans la phase des Play-Off qui commencera par un duel épique contre son voisin portugais. Le vainqueur aura le droit de jouer sa qualifiaction en matches aller et retour contre les Samoa pour retrouver la poule de la Roumanie. Le perdant de cette double confrontation s'offrant encore une chance dans la phase de repêchage qui se déroulera en novembre.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 a la voie libre

Fini de se faire doubler, le championnat de France peut retrouver ses joueurs et sa sérénité pour aborder la dernière ligne droite de sa phase régulière avec une 22ème journée cruciale, juste avant les quarts de finale européens pour quelques-uns et les vacances pour la plupart.

À suivre, dès samedi 24 mars :

  • La Rochelle – Bordeaux, à 14h45 (C+) : l’Europe c’est pas maintenant
  • Stade Français – Toulouse, à 16h45 (C+) : un Clasico désuet
  • Brive – Agen, à 18h45 (R+) : ça ne va pas rigoler
  • Pau – Oyonnax, à 18h45 (R+) : garder le cap
  • Montpellier – Castres, à 20h50 (C+ Sport) : garder la tête froide

Puis dimanche 25 mars :

  • Toulon – Clermont, à 16h50 (C+) : la tête à l’Europe ?
  • Lyon – Racing 92, à 21h (C+) : l’occasion est trop belle

Posté par NewZeland2011 à 23:21 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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