L E S B R E V E S D O V A L I E . C O M - l'Hebdo du Rugby par Antonio -

19 mars 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°257

Une effusion de cent... minutes !

VI NATIONS... 5ème journée                   France – Pays de Galles        20 – 18

99'55. Un jeu sans fin, par monsieur Barnes

Dure dure !

Pour faire durer, ça il a fait durer monsieur Barnes ! Et pas pour le plaisir du jeu mais bien pour l’agonie de nos Bleus qu’il a poussé à son paroxysme, en espérant une fin cruelle, le sadique… en vain !

Comme en coupe du monde 2007, et sur le même score, lors de ce quart de finale mémorable face aux All-Blacks à Cardiff.

Décidément, Wayne Barnes réussit à l’équipe de France, malgré lui.

Car on ne peut pas dire qu’il ait été impartial, au Stade de France, samedi, sans vouloir centrer cette brève sur l’arbitrage. Mais tout de même, il devient urgent de mettre les points sur les i avec les instances de World Rugby. Les arbitres britanniques n’aiment pas les Français et ils nous le démontrent à chaque fois, de manière un peu trop ostentatoire.

Comment ne pas être ulcéré par cette fin de match, en effusion de temps pour ne pas accorder un essai de pénalité criant. Monsieur Barnes a attendu vingt minutes une faute française qui n’est pas venue, accordant dans un bras hésitant l’essai évident que les Bleus sont allés chercher, plein de courage et de détermination, à leur risque et péril.

Parce que de péril il y en avait clairement un, tendu par des journalistes (à la botte de la fédération ?) depuis le début du tournoi, à coup d’analyses exclusivement négatives sur les performances du XV tricolore, cherchant à leur faire la peau, à saigner leur jeu, à prendre la patte de Novès au collet d'un échec de trop.

Les hommes et le staff de Guy Novès l’ont échappé belle !

Comme si dans l’oreillette de monsieur Barnes, c’était Bernard Laporte lui-même qui avait soufflé l’ordre de ne pas accorder cet essai de pénalité. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, les instances du rugby français œuvrent en coulisse, à coup de médias et leur « 5ème place catastrophique annoncée » ou encore d’entraineur (d’un certain cru) soudain disponible sur le marché. Mais qui l’eut cru, les Bleus ont gagné et sont troisièmes !

Le rugby en France marche sur la tête, la fusion du public au Stade de France avec son équipe contrastait samedi avec la fusion d’intérêts particuliers à la tête des deux clubs de la capitale.

L’argent, la performance, les résultats, les titres, voilà ce qui prime aujourd’hui dans le rugby.

Le plaisir, le jeu, le spectacle, la convivialité, l’identité, le partage,  tout cela semble bien secondaire pour la plupart des observateurs. Et pourtant depuis Guy Novès, en tribune, on commence à prendre du plaisir, à jouer, à s’enthousiasmer, à ressentir le jeu français, à exulter, comme sur cet essai de pénalité qui est arrivé samedi comme une délivrance. Pas seulement pour le résultat du match en lui-même, car il y a à redire, mais pour la page qui semble enfin se tourner.

Car oui, une nouvelle page de l’équipe de France est en train de s’écrire.

Ce tournoi en aura été le brouillon. Et je m’y connais en brouillon. C’est sale, c’est raturé, mais c’est riche d’enseignements et de matière à travailler. Y a plus qu’à réécrire, ou à recopier le « bon », comme ces vingt premières minutes face à ces Diables Rouges, et les vingt dernières face à ce diable de Barnes.

Comme contre les Irlandais, nos Bleus ont démarré parfaitement la rencontre avec des séquences offensives de toute beauté, jusqu’à cette 6ème minute où un petit coup de pied par dessus génial de Lopez atterrissait précisément dans les quatre bras de la paire de centres qui se disputaient la balle d’essai. Lamérat eut le dernier mot sans faire de faute.

Un premier signe encourageant. Et la France menait 10-0.

Et puis il y a eu cette expulsion pour dix minutes de Vakatawa pour un en-avant volontaire sur une défense salvatrice dans notre en-but. Première injustice de Monsieur Barnes quand on voit l’action à vitesse réelle, interprétable comme on veut au ralenti. Et aussi quand on sait qu’auparavant Davies n’avait pas été exclu pour la même action.

À 14 contre 15, les Bleus s’en sortaient pas trop mal, défendant parfaitement et explosant leur adversaire en mêlée fermée. Si seulement ils ne leur offraient pas des points aussi bêtement comme ce hors-jeu de Baille qui revenait en marchant devant le porteur de balle gallois.

Halfpenny passera tous ses coups de pied, de près comme de très loin. Monsieur Barnes lui offrant une troisième opportunité en mêlée juste avant la pause, histoire que le XV du Poireau reste dans son match (à monsieur Barnes).

Menant d’un petit point (10-9), les Bleus vont redémarrer tambour battant le second acte cumulant mauvais choix et petites erreurs comme on ne voudrait plus s’y habituer. Et pourtant, une pénalité sous les poteaux jouée à la main par Picamoles finissait en mêlée sur l’aile avec une pénalité renversée pour les Gallois. Rageant.

Des coups de pieds trop long ou trop court de la charnière rendaient trop de ballons qui revenaient en autant de munitions, jusqu’à ce petit coup de pied par dessus génial de Biggar (le berger répondant à la bergère) avec un faux rebond qui trompait la défense française mais fort heureusement ne se terminait qu’en simple pénalité pour Halfpenny. L’arrière toulonnais ne se privait pas pour donner l’avantage aux siens (10-12).

Et quand sur une mêlée dominée par nos avants, monsieur Barnes décidait qu’ils l’avaient volontairement tournée ( ?!), Halpenny ne s’est pas fait prier pour corser l’addition (10-15). Lopez réduisait alors le score sur un temps fort des Tricolores (13-15), mais le buteur gallois avait une nouvelle opportunité pour plaquage haut du pilier Atonio, tout juste entré (13-18).

Comme en fin de première période et comme contre les Irlandais, les Bleus cumulaient précipitation, maladresse et naïveté mais avec une défense de fer et une envie de bien faire, à l’image de Dulin, Gourdon, Picamoles et Nakaitaci, très actifs et toujours dans l’avancée, mais au dernier geste encore mal exécuté.

Et puis arriva l’effusion de la dernière minute, interminable, vingt minutes de grand n’importe quoi que Chouly conclura avec une explosion de joie simultanée de tout un groupe, tout un staff et tout un stade.

Le rugby français vient de trouver son équipe nationale, jeune, enthousiaste, un brin encore naïve et maladroite, mais avec un putain de courage et de cran, et une ossature (Dulin, Fofana-Lamérat, Serin/Dupont-Lopez, Picamoles-Gourdon, Vahaamahina, Guirado) très prometteuse.

Les Bleus finissent le tournoi à la troisième place, à hauteur de l’Irlande et des Écossais, respectivement deuxième et quatrième, quand les Gallois se retrouvent à l’avant dernière place, peu enviée. Est-ce pour autant qu’on parlera de crise au Pays de Galles ? Pas sûr.

Tout reste encore à bâtir, mais les fondations de Guy Novès sont là. Et je vois mal la fédération de Bernard Laporte changer son fusil d’épaule au risque de se tirer une balle dans le pied. Mais on ne s’étonne de rien aujourd’hui.

 

Les autres matches en bref...

Irlande – Angleterre                   13 – 9

Fin de série !

Il est l’heure de se renouveler pour le XV de la Rose. Après avoir surfé sur la vague de Lancaster, Eddie Jones va devoir désormais relancer la machine anglaise dans une nouvelle ère.

L’Irlande, comme avec les All Blacks à Chicago cet été, a mis fin samedi à la série des 18 victoires consécutives des Anglais, dans un match arbitré par un Français (Monsieur Garcès) qui n’a rien fait pour rendre la victoire des Rosbifs possible. Hihi !

Le XV du Trèfle a pu dérouler son jeu et son savoir faire, sans être systématiquement pénalisé par un monsieur Barnes du dernier Galles-Irlande (je sais, quand j’ai quelqu’un dans le nez), inscrivant le seul essai du match par Henderson en première période.

Les Anglais n’ont pas existé, sans doute saisis par l’enjeu, ou pas aidés dans le cours du jeu, Farrell n’inscrivant que trois pénalités dans tout le match et la ligne de trois-quarts ayant été muselée par une défense celte imperméable.

Loin d’un grand match, la victoire irlandaise remet les Anglais à leur place, avec un trophée tout de même, mais sans la saveur d’un Grand Chelem, et privés du trophée des Trois Couronnes. Hihi !

 

Écosse – Italie                          29 – 0

Bonus, fanni et cuiller de bois !

Rien n’y a fait pour cette Squadra Azzura. Ni le pied carré de Canna qui laissait 9 points en première période pour mettre les siens dans le match, ni l’infériorité numérique en deuxième qui voyait tous les temps forts italiens avortés par des mauvais choix et des fautes de mains.

Le match aurait pu être d’une toute autre facture si seulement cette équipe italienne avait fait preuve d’un minimum de lucidité et d’efficacité, notamment après tant d’efforts et d’application des avants sur leurs ballons portés.

Les Écossais, chez eux, n’en demandaient pas tant. Murrayfield jubilait gentiment quand Russel inscrivait le premier essai après trente minutes laborieuses de temps de jeu éprouvants qui venaient enfin à bout de la défense italienne. Dix minutes plus tard Scott doublait la mise et portait la marque à 15-0 pour le XV du Chardon à la pause, tout heureux de voir des Italiens maladroits.

Au retour des vestiaires, après un quart d’heure difficile, à défendre un temps à quatorze, les hommes de Cotter reprenaient les choses en main à l’heure de jeu, avec un coaching mieux armé que celui de son adversaire, talon d’Achille de cette Squadra Azzurra. Visser puis Seymour s’offraient chacun un nouvel essai pour le premier bonus offensif écossais dans ce tournoi qui leur permettait de bien finir dans ce tournoi, à la quatrième place derrière les Français.

Tandis que l’Italie, fanni, à l’image de sa compétition, décroche pour la septième fois de sa vie dans le VI nations la Cuiller de bois avec laquelle elle va devoir ramasser les débris de tout ce qui n’a pas marché dans le jeu insufflé par leur nouveau coach, Conor O'Shea.

 

1-Angleterre, 19 (+65) – 2-Irlande, 14 (+49) – 3-France14 (+17) – 4-Écosse, 14 (+4)  – 4-Pays de Galles, 10 pts (+16)  – 6-Italie, (-151).

 

Du côté de nos Bleuets...

France – Pays de Galles          40 – 20

Une victoire d’argent !

À Montauban, vendredi soir, nos jeunes Coqs ont fini en beauté ce tournoi qu’ils avaient mal commencé. Une victoire bonifiée qui les place juste derrière les Anglais, auteur d’un Grand Chelem phénoménal après leur cinquième victoire en Irlande (10-14).

Un point de bonus offensif que nos Bleuets sont allés chercher avec les dents, du talent et du culot, après avoir été menés 13-0 d’entrée de jeu. Six essais, deux en première période (par la charnière Couilloud et N’Tamack), puis quatre en seconde (par Roumat, Uberti, Cros et Millet), qui soufflent la deuxième place aux Gallois, troisième avec comme les Français, deux défaites au compteur.

Les Italiens ferment la marche du tournoi des U20, comme leurs ainés, avec une sévère cuiller de bois.

 

Et de nos Bleues…

France – Pays de Galles                   39 – 19

Un bonus et un podium !

Les filles n’ont pas eu la même peine que les gars pour venir à bout de modestes Galloises.

En moins de 80 minutes, elles ont même obtenu le bonus offensif grâce à quatre essais de Audrey Forlani, Caroline Ladagnous, Caroline Boujard et Jessy Tremouliere.

Les Bleues finissent à la troisième place derrière les Anglaises (championnes) et les Irlandaises, exactement comme chez les hommes. Quelle parité !

Et maintenant place à la préparation de la Coupe du monde, au mois d’août en Irlande.

 

En gros, la 21ème journée de TOP 14…

La Rochelle (1) – Brive (10)                               36 – 17

Clermont (2) – Pau (5)                                       65 – 13

Grenoble (13) – Toulon (4)                                23 – 23

Bayonne (14) – Bordeaux (8)                            24 – 20

Toulouse (7) – Lyon (11)                                    42 – 26

Castres (6) – Stade Français (12)                     reporté

Montpellier (3) – Racing 92 (9)                        reporté

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Le temps d’infuser et…

Tu avales ou tu jettes. Ils ont décidé de la jeter et c’est tant mieux.

La fusion entre le Racing et le Stade Français n’aura pas lieu !

Tout ça pour ça ! … Une semaine d’effervescence, de manifestations en Île de France, avec des cœurs brisés, deux matches « curieusement » reportés par la LNR et des espoirs de sauvetage envolés.

C’est dans ce contexte qu’a débuté cette 21ème journée fiction qui a fait trembler tout le monde du rugby français, et particulièrement dans deux coins de la France.

À Bayonne, on s’est démené pour battre des Bordelais, pourtant en manque de points. Quand à Grenoble, on n’a pas eu le temps de rêver puisque Lorenzetti et Savare avaient annoncé l’annulation de leur projet avant que les Toulonnais n’arrivent au Stade des Alpes. Les Isérois ont arraché néanmoins un nul qui les rapproche à 11 longueurs de Paris.

Et si le club parisien ne se relevait pas de ce coup de théâtre de leur président ? Grenoble peut y croire.

La veille, les deux leaders n’ont pas fait dans la dentelle, écrasant leurs adversaires avec bonus offensifs, quand Toulouse renouait avec une victoire qui lui échappait jusque-là, même à domicile.

Rien ne va plus, dans ce championnat, faussé, hasardeux, comme un casino.

Tous les résultats officiels du week-end >>


La semaine prochaine…

22… rev’là le TOP 14 !

Le championnat reprend son cours normal, après son psychodrame sur la fusion parisienne et ses doublons pendant le tournoi des VI nations.

Place à la 22ème journée, avec une nouvelle donne. Grenoble et Bayonne ne sont pas encore sauvés. Et le Stade Français, comme le Racing 92, pourraient ne pas se relever de cet épisode, sur le terrain comme au classement.

 

À suivre dès le samedi 25 mars avec :

  • Racing 92 – Clermont, à 14h45 (C+ sport) : gravir la montagne.
  • Pau – La Rochelle, à 18h30 (r+) : rêver de podium,
  • Lyon – Bayonne, à 18h30 (r+) : pour un maintien assuré,
  • Grenoble – Castres, à 18h30 (r+) : et si ça suffisait ?
  • Bordeaux – Toulouse, à 20h45 (C+ sport) : à élimination directe.

Puis, dimanche 26 mars :

  • Brive – Montpellier, à 12h30 (C+ sport) : pour se mêler au peloton,
  • Stade Français – Toulon, à 17h (C+) : dans quel état d’esprit ?

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12 mars 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°256

Dure Rome, d'la balle... des essais nom de Dieu !

VI NATIONS... 4ème journée                   Italie – France        18 – 40

Soldat Louis, auteur d'un essai !

Tout n’a pas été parfait, loin de là !

Mais à Rome, samedi après-midi, nos Tricolores ont tout de même retrouvé des couleurs dans leur jeu. Si si !

Le bleu de chauffe qu’il a fallu remettre après avoir encaissé un essai au bout de deux minutes, par le capitaine de la Squadra Azzurra, Sergio Parisse.
On ne pouvait pas plus mal démarrer, avec un Serin inhabituellement lent et peu inspiré
(il se reprendra après vingt minutes de flottement).

Le blanc du fil des relances cousu par un Brice Dulin flamboyant et déclencheur du premier essai de fickou, de grande classe, avant que l’arrière français n’achève lui-même, sur le fil, avec une détermination sans faille, le festival d’essais tricolores, pour une victoire bonifiée réjouissante. Entre temps, Vakatawa (48è) puis Picamoles (67è) avaient chacun surgi tout en puissance pour renverser deux fois la défense locale.

Le rouge des boulets que l’on n’a pas fini de tirer sur ces Coqs qui s’aviseraient à chanter trop tôt, avant le lever d'un jour nouveau du rugby français que personne ne voit ou ne veut voir poindre. Parce qu'au fond, ce n’était que les Italiens en face, la plus faible équipe du tournoi, que certains voudraient voir recalée au tournoi B avec la Roumanie et la Géorgie.

Et pourtant, réveillez-vous, le soleil point … COCORICOOOO !

Toutes les nations, que ce soit le Pays de Galles, l’Angleterre, et même l’Irlande, ont buté (plus ou moins longtemps) face à cette coriace (et dure à jouer) équipe italienne. Et il n’est pas négligeable de souligner que l'équipe de France s’en est finalement mieux tirée que les Anglais et les Gallois, ces derniers n’ayant même pas obtenu le point de bonus.

Alors, si rien n’est encore fait ou que tout reste encore à faire, d’ici le prochain tournoi ou 2019 (à commencer samedi prochain face à ces Diables de Gallois, pour figurer à une honorable 2è ou 3è place), rien ne m’empêche, moi, en ce dimanche ensoleillé, de m’enchanter de cette victoire.

Avec une petite chanson comme un clin d’œil à Picamoles, notre « Soldat Louis », encore héroïque samedi, ou à Guirado, capitaine courage au talon, qui tient, bon an, mal an, les rênes de ce XV tricolore.

Hello ! cap'taine fait parler ton talon
Et reste bien au chaud quand on tient le ballon
Nous c'est notre peine qui nous coule sur le front
Alors tiens bien les rênes, tu connais la chanson

Dure Rome, d’la balle, des essais nom de dieu
Un Kevin Gourdon pour valser tant qu'on veut
À Rome d’la balle c'est ça qui rend heureux
Dulin nous emporte on n'a rien trouvé de mieux
Oh oh oh oh on n'a rien trouvé de mieux

Ça fait une paye qu'on n'a pas touché terre
Et même une paye qu'on rêve de défenses en gruyère
Tant pis pour celle qui s'pointera la première
J'lui démonte la passerelle, la cale, la dunette arrière

Dure Rome, d’la balle, des essais nom de dieu
Un Gaël Fickou pour valser tant qu'on veut
À Rome d’la balle c'est ça qui rend heureux
Dulin nous emporte on n'a rien trouvé de mieux
Oh oh oh oh on n'a rien trouvé de mieux

C’est moi, ou je ne vous entends pas ? :-)

 

Les autres matches en bref...

Pays de Galles – Irlande                   22 – 9

Aux Diables vos Verts !

Le XV de Trèfle archi favori, voilà ce que je prônais dans ces Brèves les semaines passées. Seulement au jeu des pronostics, la logique, la forme, l’expérience, le mérite ne sont pas toujours de mise au rugby.

Les Irlandais étaient les plus forts vendredi soir en ouverture de cette quatrième journée du tournoi. Mais les Gallois étaient bien les plus mordants, les plus déterminés… et les plus chanceux aussi.

Parce que les hommes verts de Schmidt ont pris le match en main d’entrée, avec beaucoup de mouvements et d’envie mettant à mal la défense galloise qui s’en tirait bien avec seulement trois points de retard.

Et puis tout a semblé basculer pour les Irlandais, à l’image de leur maitre à jouer, Jonathan Sexton.

À peine le temps d’un protocole commotion pour l’ouvreur celte et North déboulait de nulle part pour inscrire le premier essai. De retour sur la pelouse, il n’avait pas fini d’être K.O quand monsieur Barnes lui collait un carton jaune pour anti jeu sur un temps fort gallois.

8-6 à la pause pour les locaux, les Irlandais allaient payer cher l’absence de leur ouvreur, North profitant encore d’un temps fort pour inscrire un doublé sur son aile. Halfpenny transformait et le XV du Poireau prenait le large (15-6).

Sexton de retour pour la troisième fois, réduisait la marque par une pénalité supplémentaire (15-9). Alors que le pressing irlandais était à son comble, en fin de match, ce même Sexton se faisait contrer dans ses 22 et offrait le troisième essai au vieux roublard de Roberts, tout juste entré. Une soirée cauchemardesque pour l’as de trèfle, pourtant extraordinaire dans son animation du jeu jusque-là.

À deux doigts d’inscrire le quatrième essai du bonus offensif, les Diables Rouges corrigeaient les hommes de Schmidt, verts de n’avoir pas su maitriser ce match.

Dans la foulée, l’Angleterre avait désormais son destin entre les mains pour remporter le tournoi, dès cette journée. Et elle n’allait pas s’en priver.

 

Angleterre – Écosse                          61 – 21

Un Chardon sans piquant

Le XV du Chardon, déjà privé de son capitaine emblématique Laidlaw et de quelques cadres (Strauss, Maidland), n’allait pas rivaliser bien longtemps avec un XV de la Rose au complet et à qui tout réussi, qui plus est, emmené samedi à Twickenham par un Joseph flamboyant.

À peine deux minutes de jeu, les défections allaient se succéder à une allure hallucinante. Un premier carton jaune pour le talonneur calédonien Browne laissait les Écossais à 14 d’entrée, le temps pour Joseph de transpercer leur défense sans résistance.

Dix minutes plus tard, c’est au tour de Hogg, le joueur providentiel de ce XV du Chardon, de sortir pour commotion. Il ne reviendra plus. Quand son remplaçant, Bennett se bessait à son tour. Cotter pansait les plaies de son équipe comme il pouvait en décalant son demi de mêlée à l’aile pour faire entrer son suppléant. Rien d’idéal face à une machine à marquer qui n’en demandait pas tant.

Joseph se remettait en action, insaisissable pour son doublé, dès la 25ème minute. 20-0. Il n’y avait déjà plus de match. La suite sera une démonstration de force et d’efficacité d’un côté, de courage (vain) de l’autre. Sept essais anglais dont un triplé de Joseph et un doublé de Care, pour une victoire bonifiée, synonyme de trophée du tournoi.

Mais reste aux Anglais à décrocher le Grand Chelem et le trophée de la Triple Couronne, à Dublin. Rien d’acquis. Sans parler de la pression d’une 19ème victoire anglaise consécutive qui battrait ainsi le record des All Blacks auquel les Irlandais avait mis fin à Chicago.

Les Irlandais comptent bien rejouer les trouble-fête. Cela promet un beau duel entre les deux meilleures formations d’Europe. Ringrose face à Joseph, on ne demande qu’à se régaler.   

1-Angleterre, 18 (+69) – 2-Irlande, 10 (+45) – 3-France10 (+15) – 4-Pays de Galles, 9 pts (+18)  – 5-Écosse, (-25)  – 6-Italie, (-122).

 

Du côté de nos Bleuets...

Italie – France                   13 – 18

Sur les pas des grands.

Vendredi après-midi, au sud de la Sardaigne, du côté de Cagliari, les Bleuets ont décroché eux aussi leur deuxième victoire du tournoi.

Ça n’a pas été facile face à une jeune et talentueuse Squadra Azzurra. Cela faisait même longtemps que nos petits Coqs n’avaient pas déjoué les Italiens chez eux. Une belle opération.

Le match a mis longtemps à se lancer avant que nos Bleuets ne passent l’en-but les premiers. Par deux fois en première période, à la 28ème par Dufour sur un ballon porté plein d’autorité, puis à la 33ème par Boniface en force. La deuxième période a vu les italiens revenir très rapidement avant que le pied de N’Tamack ne gère la maigre avance jusqu’au terme d’un match peu emballant.

Reste plus qu’à bien finir, face aux Gallois pour décrocher une troisième place, peu glorieuse, mais pas catastrophique… comme leurs ainés, en fait.

Tandis que les Anglais devraient décrocher leur grand chelem chez les Irlandais.

 

Et de nos Bleues…

Italie – France                   5 – 28

Sans forcer !

À Parme, dimanche après-midi, les Féminines ont déroulé leur victoire bonifiée en un seul acte, laissant les Italiennes fanni à la pause (0-25).

Quatre essais tricolores (Ladagnous pour un doublé, Ménager et Poublanc) de belle factures qu’a payées cher la défense sous pression de la Squadra Azurra.

Au retour des vestiaires, il ne s’est rien passé avant que les Italiennes ne sauvent l’honneur à dix minutes du terme. Un deuxième acte terne où les Bleues n’inscriront que trois petits points.

Les Filles sont toujours dans la course pour la troisième place qu’elles se disputeront contre les Galloises. Tandis qu’une vraie finale se prépare à Dublin pour un Grand Chelem entre Irlandaises et les Anglaises.

 

En gros, la 20ème journée de TOP 14…

Racing 92 (7) – La Rochelle (1)                         15 – 38

Clermont (2) – Montpellier (3)                          19 – 28

Pau (4) – Castres (5)                                          18 – 12

Toulon (6) – Bayonne (14)                                 82 – 14

Brive (9) – Toulouse (10)                                   21 – 19

Bordeaux (8) – Grenoble (13)                            46 – 14

Lyon (11) – Stade Français (12)                         35 – 33

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Le jeu du grand écart

La Rochelle, étonnant encore à l’extérieur, chez le champion de France, après Ernest-Wallon, n’en finit pas de creuser l’écart avec ses poursuivants, solide leader 8 points devant Clermont, lui-même rattrapé à grands pas par son adversaire du jour, Montpellier, qui s'est offert le luxe d'aller glaner le bonus offensif au Michelin, revenant à 3 longueurs d'une place en demie. Rien que ça !  

De leurs côtés, les trois autres barragistes, Pau, Castres et Toulon ont fait le trou avec des prétendants à la traîne, comme le Racing 92, Bordeaux, Brive et Toulouse, 6 à 8 points derrière. Pourtant les Bordelais ont repris du poil de la bête en gagnant à Grenoble, et les Toulousains n’étaient pas loin de faire un coup à Brive. Mais que ça va être dur d’aller chercher cette qualification aux phases finales.

Tout comme pour Grenoble d’aller chercher Paris ou Lyon, avec 13 longueurs de retard. Ça sent la PRO D2 pour les Isérois quand les Basques y sont déjà dans leurs têtes, après la claque monumentale prise à Toulon.

Tous les résultats officiels du week-end >>

    

La semaine prochaine…

Le tournoi nous livrera son verdict…

Les Anglais feront-ils le Grand Chelem ?

Nos Bleus prendront-ils une deuxième ou troisième place, toutefois logique ?

Les Irlandais n’ont pas l’intention de laisser la Triple Couronne aux Rosbifs, chez eux à Dublin, et auront à cœur, comme contre les All Blacks à Chicago, de stopper l’élan de leurs 18 victoires consécutives.

On se doute que les Gallois voudront bien finir leur tournoi au Stade de France, pour une troisième place honorifique et encourageante, comme pour nos Tricolores.`

Quant aux Écossais, c’est l’infirmerie pleine qu’ils aborderont leur dernier match face à des Italiens qui ne voudront pas de la cuiller de bois. De quoi rééquilibrer les forces.

Que de matchs qui promettent du spectacle et de l’engagement, à ne pas manquer !

 

A suivre samedi 18 mars sur France 2 :

  • Écosse – Italie, à 13h30
  • France – Pays de Galles, à 15h45
  • Irlande – Angleterre, à 18h

 

Pendant le même temps, le TOP 14 souffrira d’un nouveau doublon pour sa 21ème journée, toujours aussi cruciale, plus on se rapproche des phases finales.

Et ça se passera dès le samedi 18 mars avec :

  • Bayonne – Bordeaux, à 18h30 (r+) : le sursaut bordelais ?
  • Castres – Stade Français, à 18h30 (r+) : retrouver le podium,
  • La Rochelle – Brive, à 18h30 (r+) : toujours plus haut,
  • Clermont – Pau, à 18h30 (r+) : plus près des demies,
  • Montpellier – Racing 92, à 20h45 (C+ sport) : enterrer le champion.

Puis, dimanche 19 mars :

  • Toulouse – Lyon, à 12h30 (C+ sport) : plus le choix,
  • Grenoble – Toulon, à 17h (C+) : deux destins opposés.

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06 mars 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°255

Bref, j'ai rien vu !

TOP 14... 19ème journée 

La Rochelle, toujours plus haut !

Monsieur le lecteur des Brèves d’Ovalie,

« Notre chroniqueur, ayant été en balade tout le week-end, après avoir été pris d’effroi lors du dernier Irlande-France à Dublin, n’a pu se rendre à la colle du TOP 14, samedi et dimanche.

Nous vous présentons nos plus plates excuses, qui valent bien, au demeurant, ses plus plates Brèves à lui, pour son devoir qu’il n’a pu vous rendre ce lundi.

À savoir, un commentaire composé que vous lui aviez demandé sur les thèmes suivants :

Le miracle de la première victoire des Grenoblois cette année (enfin !) qui, par la poisse qui leur colle toujours aux basques finalement, n’a pas servi à grand chose puisque tous leurs prédécesseurs ont gagné.

Le Pau monstre chez les Basques qui n’ont pas réussi pour autant à faire la peau à ces collants palois.

La gueule du Lou qui peut tout avaler à la table de Gerland.

La gueule de bois des Bèglais et l'appétit insatiable des Parisiens qui ont vidé la bouteille des derniers espoirs de Bordeaux pour accompagner leur Jean-Bouin fumé.

Le Tsunami des Maritimes qui a englouti Ernest-Wallon
et vingt ans de rugby de la ville rose.

Le flegme des Coujoux à Amédée-Domenech que rien ne semble ébranler, pas même ces fantomatiques mercenaires venus de la rade de Toulon.

Et enfin, la formidable ascension du Castres Olympique, quarante jours avant Pâques, alors qu’on l’avait crucifié un peu trop tôt dans la quête du graal de Brennus. 

Avec nos sincères élucubrations,

les tuteurs d’Antonio »

 

En bref, voici les résultats...

Bayonne (14) – Pau (5)                           25 – 25

Grenoble (13) – Racing 92 (7)               19 – 10

Lyon (12) – Montpellier (4)                    16 – 3

Stade Français (10) – Bordeaux (11)     32 – 9

Brive (9) – Toulon (6)                            15 – 5

Toulouse (8) – La Rochelle (1)             21 – 27

Castres (3) – Clermont (2)                   26 – 16

   

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Un seul chemin mène à Rome !

Celui que prendront les Gaulois bleus de Guy Novès pour aller fumer le XV de la Squadra Azzura dans le cadre de l’avant dernière journée du tournoi des VI nations.

Quand les Gitans du TOP 14 (avec filtre... des internationaux) prendront les routes de France à l’heure H pronée par la FFR, pour se rouler un doublon et se tirer la bourre dans un championnat de plus en plus enfumé par la nouvelle fédération.

Les Bleus iront chercher à la fois un résultat et la manière pour se rassurer, avant de finir en beauté contres les Gallois rouges au Stade de France.

Vendredi soir, les Irlandais auront la lourde tâche de l’emporter au Millennium, dans une ambiance d’enfer contre les Diables rouges, s’ils veulent espérer jouer une éventuelle finale contre les Anglais à Dublin. Encore faudra-t-il que les Rosbifs se défassent des redoutables Écossais à Twickenham, samedi.

 

A suivre à partir de vendredi soir 10 mars sur France 2 :

  • Pays de Galles – Irlande, à 21h

Puis samedi 11 mars… toujours sur France 2 :

  • Italie – France, à 14h30
  • Angleterre – Écosse, à 17h 

 

Côté TOP 14, ça démarre samedi 11 mars avec :

  • Toulon – Bayonne, à 18h30 (r+) : pour du réconfort,
  • Bordeaux – Grenoble, à 18h30 (r+) : au moins se maintenir,
  • Lyon – Stade Français, à 18h30 (r+) : s’éloigner de la zone rouge,
  • Brive – Toulouse, à 19h (C+ sport) : enfoncer le clou,
  • Racing 92 – La Rochelle, à 21h (C+ sport) : honorer son statut.

Puis, dimanche 12 mars :

  • Pau – Castres, à 12h30 (C+ sport) : barrage à blanc,
  • Clermont – Montpellier, à 17h (C+) : faire le trou.

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27 février 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°254

Atout Trèfle

VI NATIONS... 3ème journée                   Irlande – France        19 – 9

Les Irlandais plient le match...

Belote, rebelote et dix de der !

Samedi, à l’Aviva Stadium, nos Bleus n’avaient décidément pas de jeu dans les mains. Tout le monde le sait, au rugby comme à la belote, tout est question de donne.

Et nos Marius en herbe ont tout donné pendant vingt cinq minutes...

avant de se faire couper l’herbe sous le pied… à Trèfle. 6-0 pour les gamins de Pagnol, après plusieurs tours de nos as à cœur de bien faire.

Picamoles qui perfore, Serin qui écarte, Huget qui se démarque, Fickou qui ramasse et Lamérat qui passe.

Quelle action et quel essai ! Refusé par monsieur Owens, après visionnage de la vidéo, pour un en-avant minime (mais un en-avant quand même) de Fickou.

Vingt-cinq minutes sans que les Irlandais n’aient jusque-là fait un pli. À se demander quand ils allaient se mettre vraiment à jouer.

«  Et bien quoi ?  C’est à toi !  semblait lui dire notre XV de France.

– Je le sais, mais j’hésite… lui répondait l’équipe locale, en jetant un œil sur Monsieur Owens. C’est que la chose est importante. C’est ce coup-ci que la partie se gagne ou se perd. C’est pour ça que je me demande si Monsieur Owens coupe à trèfle… »

Entendez par là, que Sexton, dans l’en-but tricolore, voulait être sûr qu’en jouant la mêlée plutôt que la penal-touche il avait une chance de faire le pli dans le maul qui allait suivre. Apparemment oui, Owens nous coupait le sifflet... à Trèfle.

La mêlée jouée, avec le pilier gauche irlandais le genou à terre, tout comme la prise de balle de Murray pour aplatir derrière son maul, en deux temps, rien ne semblait gêner monsieur Owens qui accordait l’essai aux Celtes, l’air de rien et transformé par Sexton.

Et durant les dix dernières minutes, nos Bleus allaient subir la découpe (toujours à trèfle) de la troisième ligne O’Brien-Heaslip-Stander, les Irlandais prenant enfin le jeu à leur compte, pli sur pli, dans les 22 français, de penal-touches en mauls destructeurs, mais pourtant vains, grâce à une défense tricolore héroïque.

Au retour des vestiaires, avec un point de retard seulement, le jeu des Bleus allait être bien trop tendre. Jouer à cœur quand ça  découpe à trèfle derrière, ça n’allait pas le faire.

Et quand des erreurs grossières, comme un en-avant de Spedding sur un ballon haut suivi d’une faute stupide de Serin sur la mêlée qui suivait, offraient autant d’’occasions à Sexton de s’illustrer, on ne voyait pas comment nos Coqs retranchés en défense allaient pouvoir faire un pli dans cette deuxième partie.

L’ouvreur Irlandais allait se régaler et s’offrait même un drop dans la foulée entre deux pénalités pour mener 16 à 6. Incapables de sortir de l’étau irlandais, le XV de France tentait tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi, comme un joueur qui n’a pas de jeu et sert à la couleur quand en face il n’y a que de l’atout en main. Sexton puis Jackson dirigeaient la fin de la rencontre, de mains de maitres, et tenaient leur adversaire à dix longueurs derrière.

La France n’avait certes pas les bonnes cartes samedi pour rivaliser.

Il lui manquait la maitrise, la maturité et l’expérience. Tout ce que possède l’Irlande, justement, la plus complète des équipes de ce tournoi. La meilleure selon moi.

Car ne vous trompez pas, les Anglais ne feront pas mieux, en terme de résultat à Dublin. Seule la manière de perdre sera différente. S’il est clair que eux parviendront à concrétiser leurs temps forts, il n’est pas dit qu’ils ne prendront pas plus d’un essai dans leur musette.

Alors avant de faire un faux-procès à nos « bleus » de France, attendons de faire les vrais comptes à la fin, car s’ils ne sont pas aussi bons qu’on voudrait qu’ils soient, ils sont loin d’être plus mauvais que les Anglais, les Écossais et les Gallois.

Prochain verdict dans quinze jours à Rome… Ce sera loin d’être une promenade de santé. Demandez aux Anglais.

 

Les autres matches en bref...

Écosse – Pays de Galles                   29 – 13

Bienvenue en nouvelle Calédonie !

Qu’ils sont incroyables ces Écossais !

Sans leur capitaine Laidlaw et quelques autres cadres, le XV du Chardon a montré qu’il avait de la ressource et du talent pour revenir dans un match mal embarqué. C’est l’effet Cotter avec sa ligne de trois-quarts qui peut enfin retrouver son nom de All Black de l’hémisphère nord. Depuis trois ans maintenant, le stratège néo-zélandais a construit une équipe redoutable qui ne cesse de monter en puissance depuis son quart de finale contre l’Australie qu’elle aurait dû remporter, sans une erreur d’arbitrage.

Samedi, en ouverture de la troisième journée du tournoi, les Écossais ont préservé l’invincibilité de leur forteresse de Murrayfield, vingt jours après la réception de l’Irlande. Cette fois, la victime s’appelle le Pays de Galles.

Menés à la pause (9-13), après un essai de Williams, le XV du Chardon a infligé un 20-0 à son adversaire, dès le retour des vestiaires. Deux essais de trois-quarts fabuleux, signés Seymour et Visser, avec des gestes somptueux du génie Hogg.

Russel a su gérer parfaitement ce match et passer tous ses coups de pied. Les Gallois, repartent à nouveau avec une défaite (comme contre l’Angleterre) après avoir mené à la pause.

   

Angleterre – Italie                          36 – 15

Les dix dernières minutes…

Trois essais en dix minutes, c’est le temps qu’il a fallu aux Anglais pour décrocher la victoire et le bonus offensif à des Italiens, accrocheurs, et qui ont pourtant mené la danse pendant près d’une heure… à Twickenham !

Je n’ai pas vu le match mais le score ne reflète apparemment pas sa physionomie et démontre que les Italiens sont loin d’être aussi mauvais qu’on veut nous le faire croire. Le banc Anglais a encore une fois fait la différence.

Ce qui  démontre que le XV de la Rose finit bien, mais aussi que les Irlandais sont bien plus forts encore et que dans trois semaines à Dublin, le coaching de Jones risque de ne pas suffire cette fois.

Ce sera sans aucun doute, la finale de ce tournoi.

   

Cl. 1-Angleterre, 13 (+29) – 2-Irlande, 10 (+58) – 3-Écosse, 9 (+15)  – 4-Pays de Galles, 5 pts (+5) – 5-France, 5 (-7) – 6-Italie, (-100).

 

Du côté de nos Bleuets...

Irlande – France                   27 – 22

De quoi être verts !

Nos petits jeunes de France ont encore beaucoup à apprendre… à commencer par se faire des passes.

Après une première mi-temps à prendre l’eau face à une vague verte trop haute pour eux (3 essais irlandais en 30 minutes), nos Bleuets ont su réagir en fin de première période et surtout dans la deuxième.

Portée par un Rétière en ébullition, ce petit XV de France a renversé un match en deux temps trois mouvements… et trois essais rassurants (enfin !) dont un doublé de Fartass, toujours aussi décisif, et un essai de pénalité après que les locaux aient été en infériorité numérique et que la mêlée française les ait mis au supplice (24-22).

Mais il ne fallait pas se faire trop d’illusions sur nos petits Bleus. Sur un terrain synthétique dont ils n’appréhendaient aucun rebond, ils ne sont jamais parvenus à aligner des passes correctes, tout le match, accumulant les fautes et les déchets. Et sur les dix minutes qu’il restait pour aller marquer trois points nécessaire à la victoire, ces ‘bleus’ du rugby ont tout manqué.

Les Irlandais n’en demandaient pas tant pour remettre la main sur le ballon et en profiter pour exécuter une pénalité cadeau pour un hors-jeu sur un en-avant tricolore.

Sales gosses ! De quoi rentrer verts de rage, après être revenus de si loin.

Le Tournoi semble acquis pour les Anglais qui font cavaliers seuls après avoir écrasé les italiens (46-0).

 

Et de nos Bleues…

Irlande – France                   13 – 10

En un tweet..

Comme je n’ai pas vu le match, je vous twitte le communiqué de la FFR …

« Nos Bleues doivent s'incliner à Dublin pour la 3ème journée du tournoi.
Malgré de beaux mouvements, nos tricolores n'ont pas su renverser la vapeur. »

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 entame sa dernière ligne droite…

À J-8, la phase régulière va se jouer sans coupure jusqu’au mois de mai, tandis que le tournoi s’accorde, lui, une ultime pause, avant ses deux dernières journées.

L’heure est grave pour Bordeaux et Toulouse, dans la course aux phases finales, tout comme pour Bayonne et Grenoble dans leur lutte pour le maintien.

Mais Brive, le Stade Français et Lyon ne sont pas sauvés pour autant, quand Pau, Toulon et Castres sont encore loin d’avoir validé leur ticket pour les barrages. Seuls Clermont et La Rochelle peuvent voir venir… mais pas trop quand même.

Autant dire que la victoire dans cette 19ème journée va valoir chère… très chère.

Et ça commence dès samedi 4 mars :

  • Castres – Clermont, à 14h45 (C+ sport) : grimper sur le podium.
  • Bayonne – Pau, à 18h30 (r+) : retrouver des couleurs,
  • Grenoble – Racing 92, à 18h30 (r+) : plus le droit de tergiverser,
  • Brive – Toulon, à 20h45 (C+ sport) : dans le bourbier corrézien.

Enfin, dimanche 5 mars :

  • Lyon – Montpellier, à 12h30 (C+ sport) : tenir bon,
  • Stade Français – Bordeaux, à 17h (r+) : à l’orgueil,
  • Toulouse – La Rochelle, à 17h (C+) : sortir les crocs.

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19 février 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°253

De la piquette à Bordeaux !

TOP 14... 18ème journée                       Bordeaux – Castres        17 – 29

Mais lâchez-moi la grappe !

Le vent a tourné…

Depuis notre dernière dégustation du XV bordelais, en novembre, face à La Rochelle (26-0), ce cru très prometteur en pleine saison post-vendanges européennes s’est complètement délité dans son jeu, devenu moins tannique et moins long en bouche, mais surtout avec un arrière goût aigre de défaite qui reste sur l’estomac.

C’est bien simple, depuis, Bordeaux n’a enchainé que des défaites en TOP 14 (6) et sombré en Coupe d’Europe, malgré une dernière victoire en Ulster que l’on croyait salvatrice pour la suite. Que nenni !

Cette nouvelle déconvenue, dimanche midi à la maison, à l’heure de l’apéro, face à un concurrent direct à la course aux barrages, ressemblait fort à celle du verre de trop qui vous fait prendre le volant d’un match avec une vision trouble du jeu, prêt à vous échapper au premier tournant.

Et patatra ! ... À l’heure de jeu, pris par la patrouille...

Bordeaux s’est fait soufflé le ballon par le talonneur Castrais, Rallier, qui, manu-militari, immobilisait le véhicule girondin d’une victoire emplâtrée dans un mur d’impuissance.

Pourtant, jusqu’à la pause, l’UBB s’en était pas mal sortie avec deux points de retard (14-16) malgré une domination tarnaise. Deux essais partout, il n’y a avait pas le feu au chais, comme on ne dit pas dans la région.

Seulement, ce Bordeaux-là, comme je vous le disais (moi par contre), c’est devenu de la piquette, depuis des semaines qu’on nous le sert à la table du TOP 14, incapable de retrouver son goût si caractéristique… de ce jeu plein de saveurs qui savait nous emmener au large, comme au près, et nous faire voyager jusqu’à l’en-but adverse avec des notes légères et subtiles de chistéra, de cadrage-débordement et même de ballons portés.

Ah ! Quel cépage c’était déjà ?

Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c’est que c’est une page qui se tourne désormais pour l’UBB, condamnée à courir après une saison ratée en priant pour qu’un miracle se produise d’ici les huit journées restantes.

En cellule de dégrisement, Raphaël Ibanez devrait passer un sacré lavement d’estomac à ses hommes pour qu’ils retrouvent leurs tripes et se relancent dans la bataille en allant chercher à l’extérieur, les points perdus à domicile.

Et cela devrait commencer par Paris dans quinze jours car devant, le TOP 6 prend le large, avec le CO à son bord.

Si Clermont et La Rochelle continuent de faire seuls la course en tête, épaules contre épaules, avec huit longueurs d’avance sur leur premier poursuivant et treize sur la septième place (non qualificative), derrière, ça bataille dur pour rester dans le peloton.

Tous recevaient pour rester ou atteindre le graal du sextet.

 

En bref...

La Rochelle (2) – Stade Français (11)     37 – 18

Dur dur de se bonifier !

En ouverture de cette 18ème journée, le Leader a dû s’en remettre à la botte de son ouvreur, Broke James, pour tenir à distance des Parisiens pas maladroits qui avaient décidé de rendre à leur hôte la tâche d’une nouvelle victoire pénible.

Après un essai partout en première période et trois pénalités d’avance, les Rochelais ont dû patienter jusqu’au dernier quart d’heure pour répondre à la semonce de Waisea dès l’entame, et empêcher les visiteurs de revenir dans la partie. Deux nouvelles réalisations, de Le Bail et Bothia, parachevaient une victoire compliquée, sans bonus, laissant la place à son dauphin de repasser devant.

Les Clermontois ne se sont pas fait prier, enfin… dans le public, on n’a quand même prié à la fin car ça n’a pas été aussi simple que ça en avait l’air au premier abord.

   

Clermont (1) – Bayonne (14)                  46 – 27

Une grosse claque peut cacher une petite gifle

29-0, bonus offensif en poche, avec quatre essais. À la pause, au stade Marcel-Michelin, tout le monde semblait décontracté, sauf les Bayonnais.

Le problème c’est qu’à trop se relâcher, Clermont tend le bâton pour se faire battre et semble aimer prendre des coups aussi facilement.

20-0 en trente minutes. Les Jaunards ont laissé leurs invités faire le jeu et remonter petit à petit au score. Le bonus offensif perdu, il leur a fallu cravacher par deux fois pour le reprendre, grâce à leur troisième ligne irréprochable, par Cancoriet (73è) et leur capitaine, Lapandry (après la sirène).

On pourrait dire que ces Jaunards-là ont un sacré caractère pour aller chercher ce qu’ils veulent. Sauf qu’en face, avec tout le respect pour la combativité et le talent de l’Aviron Bayonnais, ce n’était pas les Saracens. Alors Clermont peut continuer à jouer à se faire peur, si  ça le chante, à huit journées de la fin, mais il risque encore une fois de déchanter lors des matches couperets, à ne pas savoir tenir un match pendant 80 minutes.

Bien entendu il faut souligner les belles prestations des jeunes qui ont démarré, comme Penaud, Falgoux et Cassang (auteur d’un doublé), à côté de papa Rougerie (qui a montré l’exemple), mais s’ils veulent grandir vite, il faut aussi qu’ils apprennent à ne pas copier les anciens, dans leurs têtes.

Clermont est de nouveau le leader, à hauteur de points de La Rochelle, avec huit longueurs d’avance sur des Montpelliérains bien dans la course folle aux barrages qui se joue désormais entre sept équipes pour quatre places.

   

Montpellier (3) – Toulouse (8)              27 – 18

Toulousains à la peine

Montpellier a sorti un match sérieux pour écarter son adversaire du jour, toujours à la peine dans ce championnat pour essayer d'intégrer le fameux TOP 6. En vain.

Après avoir limité la casse en première période (13-3) en encaissant un seul essai (Willemse), les Toulousains ont été à la merci de leurs erreurs, à l’image de cette interception de Nagusa sur une passe hasardeuse de Doussain, décidément pas dans son assiette (et pourtant toujours convoqué avec le XV de France).

Johnston puis Palisson sauveront la face en seconde période, mais c’est le jeune centre montpelliérain  de 21 ans, Reilhac, très prometteur, qui clora les débats dans le dernier quart d’heure pour une victoire logique des siens.

Toulouse se retrouve désormais distancé de ses concurrents, à quatre points, synonyme d’une victoire qu’il faudra forcément décrocher à l’extérieur pour ne pas faire le yoyo jusqu’à la désillusion de la dernière journée.

   

Toulon (5) – Lyon (12)                            31 – 17

Le retour des anciens

À Mayol, Toulon recevait quelques anciens coéquipiers dirigés désormais à Lyon par un autre ancien, Mignoni.

Est-ce l’émotion ou bien encore leur fébrilité coutumière qui a rendu les Varois timides en première période ? Un peu des deux, sans doute, ce qui a ramené les deux équipes à la case départ à la pause, avec deux essais chacun dans leurs musettes.

Avec moins d’entrain et de potentiel offensif, les Lyonnais ont subi la seconde sans pour autant que les locaux parviennent à enfoncer le clou jusqu’au point de bonus, qu’ils garderont, une fois de plus, comme un regret en travers de la gorge.

L’essentiel semble être là, avec une victoire qui laisse les Toulonnais dans la course aux phases finales, mais déjà à la merci de leurs poursuivants palois et franciliens, à une longueur seulement.

   

Pau (6) – Grenoble (13)                          39 – 22

La belle vie continue

À l’inverse du cas bordelais, l’histoire de la Section Paloise dans le TOP 14 semble être devenue un conte de fée depuis quelques mois, les Palois alignant une sixième victoire consécutive qui les place avec les grands dans la lutte aux barrages.

Cela n’a pas été une mince affaire face à des Grenoblois qui cherchent désespérément un peu d’air pour tenter de sortir du gouffre de la relégation.

La première période aura été assez équilibrée (avec un essai partout) avant que la seconde ne soit complètement à l’avantage des locaux, bénéficiant de la botte précieuse de Slade pour gérer une avance au score et assommant leur adversaire grâce à un troisième essai de Charlet en fin de rencontre.

La vie est belle au Hameau… et pourrait encore l’être à l’extérieur, à Jean-Dauger, lors de la prochaine journée.

Le calendrier parle pour les Palois qui font mieux que la pâle figure à laquelle on aurait pu s'attendre dans ce championnat si relevé.

      

Racing 92 (7) – Brive (10)                     33 – 25

Toujours champion et toujours là

Le Racing a tenu son rang dans cet affrontement toujours compliqué et périlleux face aux Coujoux qui ne lâchent rien et qui jouent dur sur l’homme et plus adroits avec le ballon.

Que ce fut dur pour les Franciliens, assurant l’essentiel, la victoire, après avoir marqué autant d’essais qu’ils ont dû en encaisser, c’est à dire trois.

Mais que le chemin reste long encore pour espérer jouer les phases finales, toujours aux portes du TOP 6, qui ne s’ouvriront que si les champions parviennent à s’imposer à l’extérieur au moins une fois.

C’est à leur portée.

   

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Les Bleus aimeraient se faire Dublin…

Après s’être mis au vert du côté de Nice, le XV de France poursuit son petit bonhomme de chemin jusqu’en Irlande pour affronter l’ogre vert et y semer sur sa pelouse de l’Aviva Stadium d’autres graines d’un French Flair qu’elle cultive depuis l’arrivée du nouveau jardinier, Guy Novès.

De là à récolter une victoire au bout de quatre vingt minutes, sans doute intenses, il ne faut pas pousser… Si déjà les Bleus parviennent à planter un ou deux essais, ce sera déjà pas mal…

Mais rien ne nous empêche de rêver cueillir un XV du Trèfle à quatre points.

 

A suivre samedi 25 février… sur France 2 :

  • Écosse – Pays de Galles, à 15h25
  • Irlande – France, à 17h50

Puis dimanche 26 février :

  • Angleterre – Italie, à 16h

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12 février 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°252

Le jour et l'ennui !

VI NATIONS... 2ème journée                       France – Écosse        22 – 16

Pleure pas, on a gagné !

Pour quatre points... de suture.

Bah, la voilà... après s'être fracassée contre un mur de la peur-de-perdre qu'elle s'est dressé toute seule, dans sa robe déchirée, collante de boue et sentant la rose qui aurait poussé au milieu d’une déchèterie… cette Belle Victoire !

 

À deux jours de la Saint-Valentin, elle a été au rendez-vous... Et comment !

Franchement, ne comptez pas sur moi pour lui envoyer des fleurs. Si la semaine dernière, tout le monde se gaussait à dire que « dominer n’est pas gagner », ce dimanche, au Stade de France, en clôture de la deuxième journée du tournoi, j’aurais presque envie de vous dire que « gagner ce n’est pas avancer ».

Parce qu'en une semaine, nos Coqs ont perdu la maitrise du jeu qui aurait dû ici se transformer par une victoire bonifiée. Car les Écossais, déjà sans mêlée, ont subi des pertes considérables au cours du match (Laidlaw,  Dunbar et deux troisièmes lignes pour commotion, Barclay et Hardie), à défaut de subir le jeu ambiteux des Français, éprouvé la semaine passée. Largement de quoi déstabiliser leur système de jeu en place. Mais non !

À la place, le XV de France a continué son grand n’importe quoi d’un ennui mortel, la peur de perdre au ventre : « Faut qu’on gagne, faut qu’on gagne, bordel ! »

Tout aurait pu commencer de la plus belle des manières. Mais sur les premiers ballons, on a pu sentir cette fébrilité chez les Bleus dont se sont emparés des Écossais fringants et culottés, eux.

Au bout d’un quart d’heure, Hogg concluait une action sur l’aile où Vakatawa semblait défendre comme quand il joue à sept, bien seul et perdu sur ses appuis.

Il faudra attendre la demi-heure pour voir enfin une action poussive aller au bout avec Fickou qui aplatissait avec maitrise dans l’en-but adverse. Ouais !

Menant de deux petits points à la pause, les Bleus revenaient des vestiaires aussi peu inspirés qu’en première mi-temps. Premier ballon rendu et premier rebond casquette qui offrait un deuxième essai au XV du Chardon, par le seconde ligne, Swinson, qui remplaçait temporairement le deuxième troisième ligne sorti pour commotion. ("Euh, je passais juste par là!").

Mais le gag avait son deuxième volet avec la transformation ratée de Russel sous les poteaux (mdr)

Un gag qui remettait la pression sur les Français, la peur de perdre dans les jambes et la tête sur le tableau d’affichage plutôt que sur les épaules d’un système de jeu éprouvé contre les Rosbifs.

Lopez égalisait, figeant le score et son équipe pour une demi-heure de faux semblant. La France poussait sans trouvait la faille dans une défense solide, insistant à la mêlée pour obtenir un essai qui chauffait logiquement. Mais rien n’y fera. Lopez s’en remettra au pied, par deux fois, pour assurer une victoire étriquée, mais ô combien précieuse...

La voilà, couronnée de ses quatre points, aussi fripée qu’un nouveau-né, elle voit enfin le jour après des mois de gestation et de fausses couches. Mais putain, quel ennui !

Un match à oublier, car il n’y a aucun enseignement à en tirer, si ce n’est que seule la victoire est belle quand on a su en faire la demande en mariage avec la manière, car sinon le divorce ne sera pas loin. Tenez-le vous pour dit ;-)

Bonne Saint-Valentin à tous les amoureux du rugby !

 

Les autres matches en bref...

Pays de Galles – Angleterre            16 – 21

Sur grand écran du Millennium…

Quel match nous ont offert ces deux nations qui défendaient chacune leurs chances de réaliser le grand chelem dans une superproduction digne de Hollywood. C’est ça l’effet du Millennium !

On a bien cru que ces diables de Gallois allaient encore mettre un terme aux ambitions du XV de la Rose, comme en 2015.  Le match est parti sur des chapeaux de roue, avec des actions époustouflantes de plus de vingt temps de jeu, d’une grande intensité et d’une qualité supérieure. On se serait cru revenu à la coupe du monde, assistant à une vraie finale. (Si vous ne l’avez pas vu, vous avez raté la sensation du tournoi, sans aucun doute)

Une première période d’anthologie qui nous a offert deux essais somptueux où chaque demi de mêlée s’est illustré, comme un clin d’œil à un modèle sud-africain Joost van der Westhuizen, disparu et à qui tous les publics du tournoi ont rendu hommage ce week-end.

Le premier par Ben Youngs qui, en filou, parachevait une action anglaise de 27 temps de jeu et mettait les Anglais pour la première fois devant (3-8). Le second par Rhys Webb qui combinait avec Williams en sortie de mêlée pour lancer l’ailier gallois tromper la défense adverse. Fabuleux !

Menant alors 13-8 à la pause, puis 16-14 jusqu’à dix minutes du terme, portés par les chants du public dans un stade du Millennium chaud bouillant, malgré son toit resté ouvert à la demande de leur voisin visiteur rabat-joie, les Diables Rouges tenaient un nouvel exploit qui allait mettre un terme à la série de 15 victoires consécutives des hommes d’Eddie Jones. Mais le coaching du stratège australien allait être de nouveau l’arme fatale des dernières minutes.

Les entrées simultanées de Te’O et Care pulsèrent les attaques anglaises, et l’une d’elles, relayée par Farrell jusqu’à l’aile de Daly, trouva la faille et crucifia les Gallois. Exactement comme contre les Français, une semaine avant.

De quoi nous interroger sur cette réussite insolente. Est-ce vraiment un manque de réalisme ou de mental qui a fait défaut au XV tricolore ou du Poireau pour décrocher une victoire qui lui tendait les bras, ou bien est-ce que cette équipe anglaise est tout simplement bénie des dieux depuis sa déroute en coupe du monde ?

En tout cas, l’Angleterre enchaine sa 16ème victoire consécutive, à deux longueurs du record de la Nouvelle-Zélande, et se présente en bonne position pour renouveler son grand Chelem. Encore faudra-t-il être bénie jusqu’à Dublin.

   

Italie – Irlande                                 10 – 63

Evidemment c’est les verts !

Qui étaient les plus forts, samedi, dans le mach d’ouverture de cette deuxième journée à Rome ?

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour avoir la réponse. Le XV de Trèfle a obtenu son bonus offensif en une mi-temps, surclassant des Italiens à la merci de la puissance irlandaise, aux mouvements insaisissables entre leurs lignes et avec un Stander phénoménal, le flanker s’offrant un triplé, tout comme le jeune centre Gilroy (remplaçant de Henshaw), devant Earls (doublé) et l’autre nouvelle attraction au centre, Ringrose.

Neuf essais, comme une preuve par neuf qu’il faudra aussi compter sur les Irlandais qui recevront les Anglais à Dublin pour une cérémonie de clôture qui nous met déjà l’eau à la bouche.

La Squadra Azurra aura répondu par à coups, obtenant seulement un essai de pénalité après un ballon porté imparable sans le faire écrouler illicitement. D’autres nombreux temps forts ne seront malheureusement pas récompensés, même si cela n’aurait rien pu changer au résultat final.

Dommage car les Italiens de Parisse méritaient mieux.

   

Classement 1-Angleterre, 8 (+8) – 2-Irlande, (+48) – 3-Pays de Galles, 5 pts (+21) – 4-France, 5 (+3) – 5-Écosse, (-1) – 6-Italie, (-79).

 

Du côté de nos Bleuets...

France – Écosse                   36 – 8

Quinte flush royale !

Après la dérouillée en Angleterre, nos petits Bleus se sont fait pardonner au stade des Alpes de Grenoble en décrochant un bonus offensif précieux face à des modestes Écossais qui ont fini par craquer à l’heure de jeu.

Les Bleuets ont su hausser leur niveau de jeu pour venir à bout de leur adversaire, en force d’abord par Capelli puis toute en vitesse par l’insaisissable Fartass. Les demis de mêlée Couilloud et Retière se sont également illustrés (spécial « big up », Joost !), chacun leur tour, avec même un doublé pour le remplaçant, complétant cette belle quinte flush royale d’essais.

De quoi se remettre la tête à l’endroit avant un prochain déplacement qui pourrait à nouveau faire mal au crâne, cette fois en Irlande. Car les Irlandais restent invaincus, comme les Anglais (encore impressionnants au Pays de Galles, 21-37), mais avec deux points de bonus en moins, après une victoire étriquée en Italie (26-27).

De quoi les rendre agressifs !

 

Et de nos Bleues…

France – Écosse                   55 – 0

Des Écossaises douchées !

Les Féminines n’ont fait qu’une bouchée des Écossaises, invitée dans un guet-apens au stade Marcel-Deflandre de la Rochelle.

Avec une facilité déconcertante, après un petit temps d’observation, les Bleues ont déroulé leur jeu et écrasé des Calédoniennes dépassées en seconde période.

Neuf essais et un bonus offensif, bon pour le moral mais à relativiser tout de même face à un adversaire que l’on savait faible dans ce tournoi. Il faudra garder la même efficacité à Dublin dans quinze jours.

Les Anglaises sont bien parties pour réaliser le grand chelem après avoir corrigé les Galloises (0-63).

Les Bleues ne devraient que pouvoir viser la seconde place.

 

Matches en retard du TOP 14    (16ème journée)

Racing 92 (8) – Bayonne (14)          59 – 20

Pau (6)  – Lyon (12)                         38 – 15

(entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 tape l’incruste…

Comme Pau, pour la première fois dans le TOP 6, après son oral de rattrapage bonifié face à Lyon, clairement dans la course aux barrages, tout comme le Racing qui s’est bien rattrapé face à Bayonne et se positionne désormais aux portes du paradis, talonnant Toulouse et doublant Bordeaux.

Place au championnat et ses enjeux quand le tournoi des VI nations fait une pause pour recharger les batteries de ses internationaux.

Racing et Pau encore, mais surtout Grenoble, Bordeaux, Castres, Toulon et Toulouse jouent gros dans cette 18ème journée de tous les dangers.

Et ça commence dès samedi 18 février :

  • La Rochelle – Stade Français, à 14h45 (C+ sport) : en nouveau patron.
  • Racing 92 – Brive, à 18h30 (r+) : le retour du champion aux affaires,
  • Pau – Grenoble, à 18h30 (r+) : rêver de phases finales,
  • Clermont – Bayonne, à 18h30 (r+) : le choc des extrêmes.
  • Toulon – Lyon, à 20h45 (C+ sport) : des visiteurs en terrain connu.

Enfin, dimanche 19 février :

  • Bordeaux – Castres, à 12h30 (C+ sport) : faire barrage à tout prix,
  • Montpellier – Toulouse, à 17h (C+) : le choc des générations.

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05 février 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°251

Trois points de suspension...

VI NATIONS... 1ère journée                       Angleterre – France        19 – 16

Un offload de Nakaitaci incompris...

En attendant la suite.

Samedi soir, vers 19h45, toute la France est restée suspendue à ces trois points qui séparaient nos Bleus de nos meilleurs ennemis, telles trois petites gouttes d’eau au dessus de Twickenham qui ont fait s’ouvrir les premiers parapluies.

Le temps est à la rage chez certains supporters et observateurs pour qui, cette troisième défaite, si près de l’exploit, face aux trois meilleures équipes du monde, ne peut plus être encourageante, mais une fois de plus rageante !

Trois points qui laissent aujourd’hui un goût amer, en suspension, en travers de la gorge, celui d’une nouvelle défaite dont on aurait pu se passer cette fois... une particularité « in fine » bien française qui commence sérieusement à nous irriter.

La faute d’un travail en mode diesel qui tarderait à porter ses fruits ?

Pourtant tout était là, samedi, sur le terrain, pour que nos Coqs s’emparent d’un exploit à portée de plume et écrivent la première page d’une nouvelle histoire.

Car en première période, nos gallinacés tricolores ont volé dans les épines de cette équipe du XV de la Rose, pour se piquer à sa défense et la cueillir à froid. Camille Lopez, dans un bon jour, offrait à ses partenaires un bouquet de pénalités qui leur donnait l’avantage (3-9), malgré un déchet sur quatre tentatives. 

Mais voilà, alors que nos Bleus avaient le match en main et auraient dû saigner ces Rosbifs, autant au score que dans la chair de leur défense, leur inspiration est restée bloquée derrière trois points de suspension…

Incapables de terminer une phase de jeu...

qui ne demandait qu’à mettre son point final dans l’en-but. C’est bien simple, dans ce premier acte, leurs intentions sont restées lettre morte et les actions d’envergure avortées avant que l’on ne connaisse une autre chute que celle du ballon pour des choix inopportuns. À l’image de cette dernière action, magnifique, qui résumait ce manque de maturité dans le dernier geste.

Une relance tonitruante de Vakatawa, relayée par Spedding, avant que Serin n’écarte sur Lopez dont la passe au pied millimétrée sur Fickou offrait une occasion d’essai imparable. Le centre Toulousain volleyait intelligemment sur Lamerat qui n’avait plus qu’à lancer Nakaitaci dans le couloir intérieur. Mais le centre clermontois faisait le choix de conserver la balle qui ira finalement mourir dans un ruck mort-né que l’arbitre avait décidé de pénaliser en faveur des locaux, bien fébriles.

9-9 à la pause.Tant de points laissés derrière, qui s’ajoutaient à ceux manqués par Lopez (33è) et ceux données à Daly (36è, par Guirado suite à un en-avant stupide). Tout restait encore à faire.

Un autre match démarrait au retour des vestiaires avec des Anglais remontés par leur coach et un public qui rythmait chacune de leurs courses par un « Swing low, swing chariot » entrainant.

Et le chariot anglais avança doucement mais sûrement, bien aidé par monsieur Gardner, arbitre australien un peu paumé dans ses décisions, qui avait la mêlée française dans le collimateur et sifflait bien vite contre les Bleus (Je n’en dirai pas plus à son sujet… de sa Majesté ?). Sans conséquence sur la première pénalité, manquée par Farrell, ou encore l’échappée de Daly (le meilleur rosbif, très tranchant) qui aplatissait avec le pied en touche. Ouf !

Toujours suspendu aux actions des Bleus qui n’aboutissaient pas, le public français pouvait s’inquiéter d’un retour en force du chariot blanc qui roula sur la défense tricolore, s’offrant une pénalité qui les plaça pour la première fois devant, à la 54ème minute (12-9).

Et puis, cinq minutes plus tard, enfin… la délivrance !

Le banc français s’illustrait avec l’entrée de Slimani qui concluait, après plusieurs temps de jeu intenses menés par un Picamoles de feu, une belle combinaison d’avants, bien servi par Vahaamahina puis Gourdon pour la dernière passe.

La France repassait devant après la transformation de Lopez (12-16). Seulement dans le dernier quart d’heure, les attaquants tricolores allaient manquer de maitrise quand Eddie Jones trouvait, lui, le coaching gagnant pour l’Angleterre.

À peine entrés, Care et surtout Te’O remettaient leur chariot sur les rails, après plusieurs séquences dans les 22 des Bleus. Le demi de mêlée suppléant guidait des pick and go monstrueux qui allaient faire céder la défense française sur un déboulé de Te’O en force.

Il restait huit minutes au XV de France pour se ressaisir et reprendre la main sur un exploit qui lui tendait les bras depuis le début du match.

Huit minutes, suspendu à ces trois points de suspension, comme le symbole de tant d’hésitation en cours de phase offensive, d’une énumération de tant d’opportunités écourtées par autant de mauvais choix, comme ce dernier de Doussain (suppléant de Lopez) qui ne trouvait pas la touche pour la pénalité de la dernière chance.

Rageant, oui ! Mais désespérant, non.

Parce que pour la troisième fois, les Bleus ont montré qu’ils pouvaient se frotter aux meilleurs. Mais ils ont surtout montré qu’ils n’étaient pas encore assez mûrs pour récolter le fruit de leur travail.

Mais quel travail de Novès ! Les Rosbifs n’ont pas existé, ils ont bafoué leur jeu et presque fait dans leurs culottes blanches. Et ça, c’est une performance de l’équipe de France.

Alors je vous le dis… la cueillette du XV de la Rose est pour bientôt.

Parce que ces trois points, en suspension, sous-entendent une suite, un effet d’attente qui ne saurait nous décevoir. Et cela se vérifiera contre l’Écosse dès dimanche prochain. Pas une mince affaire car les Calédoniens, eux, sont prêts.

 

Les autres matches bref...

Écosse  – Irlande                   27 – 22

Murrayfield à la fête !

Le XV du Chardon, dirigé par Vern Cotter, pour son dernier tournoi, a enflammé le stade mythique d’Edimbourg. De par sa flamboyance, mais surtout de par sa victoire au bout, face au géant vert irlandais.

Une première période impériale de Hogg qui inscrivait un doublé avec ses jambes de feu, suivi par Dunbar pour assommer les Celtes d’entrée (21-8 à la pause).

Les Irlandais allaient se réveiller dans le second acte, passant même devant, à l’heure de jeu (21-22), après les ripostes de Henderson et Jackson qui venaient ajouter leurs réalisations à celle de Earls en première période.

Un match rythmé et haletant jusqu’au bout où le bonus offensif n’aura souri ni à l’une ou l’autre équipe mais où la victoire aura choisi son camp, grâce au capitaine écossais qui aura su remettre les siens dans le match et mener ses avants dans le camp adverse. Deux pénalités suffiront à Laidlaw pour valider cette première victoire dans le tournoi des VI nations.

Le XV du Trèfle se contentera du point de bonus défensif, pour une première dans cette nouvelle formule du tournoi. Le XV tricolore l’imitera quelques heures plus tard.

   

Italie – Pays de Galles          7 – 33

Et la vague galloise !

Le premier bonus offensif du tournoi a failli trouver preneur en terre italienne. En vain.

Pourtant la première période récompensait le travail de sape de la Squadra Azzurra, menée par son capitaine, Parisse, en forme. Un premier essai de Gori qui donnait l’avantage aux locaux à la pause (7-3).

Et puis il y a eu la vague galloise qui a submergé littéralement la défense italienne, lui infligeant un 30-0, avec trois essais, de Davies, Williams et North. Un réveil tardif à l’heure de jeu qui ne permettait pas au XV du Poireau de repartir avec le point de bonus.

Le Pays de Galles prend néanmoins les commandes du tournoi en attendant d’éliminer un concurrent direct au grand Chelem. Et pas des moindres. 

Classement 1-Pays de Galles, 4 pts (+26) – 2-Écosse, 4 (+5) – 3-Angleterre, 4 (+3) – 4-France, 1 (-3) – 5-Irlande, 1 (-5) – 6-Italie, 0 (-26) 

 

Du côté de nos Bleuets...

Angleterre – France                   59 – 17

Quand la relève baisse la tête.

Je n’ai pas vu le match mais le score en dit long sur comment nos jeunes Bleus ont été courts pour rivaliser face aux Anglais. Difficile de reconstruire tous les deux ans avec des jeunes qui ne se connaissent pas toujours. Un challenge pour le staff, complètement manqué pour cette première.

La génération Iturria, Penaud, Dupont, elle, est déjà aux portes du XV de France pour 2019.

Que valent ces nouveaux Bleuets réellement ? À suivre.

 

Et de nos Bleues…

Angleterre – France                   26 – 13

Plus d’essence dans le moteur ?

Incompréhensible, ce match. Tout s’est joué en deux temps.

13-0 pour nos Françaises en première période avant de sombrer en seconde, comme s’il n’y avait plus d’essence dans le moteur de leur jeu. 26-0, une claque qui laisse perplexe.

Le nouveau staff a du travail comme du souci à se faire. Et dire que l’ancien, remercié sur des motifs peu scrupuleux, avait réalisé le grand chelem avec ces mêmes filles.

J’espère que Simon et Laporte seront aussi exigeants avec leurs « amis » qu’ils annoncent l’être avec notre Guy national. À suivre aussi.

 

La semaine prochaine…

Oublier pour mieux repartir…

Le XV de France va tâcher de faire oublier ses regrets à Twickenham et opérer sa mue au Stade de France contre des Écossais qui ont déjà grandi, eux.

Les Irlandais auront à cœur d’aller chercher un bonus offensif à Rome pour grappiller des points qui seront sans doute bien utiles à la fin.

Et déjà, nous avons une première affiche pour éliminer un concurrent au grand Chelem, dans le plus beau stade d’Europe, le Millennium de Cardiff.

 

À ne pas manquer, dès samedi 11 février, sur France 2 :

  • Italie – Irlande, à 15h25
  • Pays de Galles – Angleterre, à 17h50

Enfin, dimanche 12 février :

  • France – Écosse, à 16h

 

À noter, deux matches en retard du top 14, pour le compte de la 16ème journée :

Racing 92 – Bayonne (Samedi 11 février à 20h45, C+sport)

Pau – Lyon (Dimanche 12 février à 12h30, C+sport)

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29 janvier 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°250

Tiens bon la rade...

TOP 14... 18ème journée                       Toulon – La Rochelle        20 – 23

Rattez et La Rochelle s'envolent au classement...

Et tiens bon le vent !

Il ne s’appelle pas Thomas Coville, ni Armel Le Cléac’h ou Francis Joyon... mais Patrice Collazo. Retenez bien son nom.

Parti en équipage, comme Joyon, sur le port de La Rochelle, depuis le début de la saison, il fait aujourd’hui la course en tête, en solitaire, tout joyeux, sur son embarcation monocoque, comme celui de Le Cléac’h, sans grands moyens et moins puissants que les trimarans (qui ne veut pas dire « trois marrants ») de Clermont, Montpellier ou Toulon, montés, eux, pour battre des records, comme ceux de Coville et Joyon.

Vous me suivez ou bien ?

Car faire le tour du monde ou le tour de la phase régulière du trophée Charles Brennus, c’est un peu la même chose. Il faut être fou et passionné comme Vincent Merling, président depuis 26 ans de l’Association Sportive Rochelaise ou mégalo et fortuné comme Mourad Boudjellal, hyper président du Rugby « world Company » Toulonnais.

Alors quand on a vu, samedi après-midi, comment l’équipage rochelais de Patrice Collazo a arrimé son jeu dans la rade toulonnaise, on se dit qu’il n'a plus qu'à tenir bon, ce vent favorable et le cap, pour gagner ce trophée.

Car il faut aussi préciser que cette période offrait aux Maritimes une fenêtre météo idéale pour créer un exploit. Les gros bateaux sortaient d’une épreuve européenne éprouvante avec des blessés et entraient dans une zone de vents contraires avec le tournoi des VI nations qui les privait de leurs internationaux.

Certes, sans Bastaraud, Halfpenny, Vermeulen et Guirado... les mercenaires de la rade varoise n'étaient pas en reste pour autant avec des pirates de renoms, à bord du Jolly-Mayol-Roger, vaisseau du capitaine Ford, accroché à son poste par un fil... de chaque match. On s’attendait à une démonstration de force de la part des Nonu, Habana, Giteau ou Tuisova qui sont finalement restés en fond de cale, apathiques, montant rarement sur le pont pour défendre leur navire face à Peter-Pan-Collazo et ses garçons pas si perdus.

Une première période catastrophique en conquête pour nos mercenaires toulonnais qui se sont fait cueillir, en mêlée, en touche et par Rattez, à la 23ème minute, après un cafouillage de Pélissié, un garçon, lui, perdu parmi les siens. Orioli limitait la casse juste avant la pause en récupérant à son tour un ballon égaré pour aller l’aplatir en force dans l’en-but.

En seconde période, les Varois ont remis la main sur le ballon et égalisé une première fois par le pied de Bernard. Mais Broke James qui avait remplacé Holmes (blessé à la cheville, 34è), reprenait les commandes du match, au score et dans le jeu.

Grâce à une belle passe sautée il offrait le doublé à Rattez à l’heure de jeu. L’ailier rochelais aura été un véritable poison à Mayol quand l’ouvreur franco-australien en sera le héros final.

Car à cinq minutes du terme, les avants toulonnais faisaient rugir leur moteur puissant, une nouvelle fois à réaction, et obtenaient un essai de pénalité qui leur offrait une égalisation prometteuse. Le public de Mayol pouvait y croire.

Seulement, à l’image du match et de cette brève métaphorique, c’est sur une ultime mêlée dans leur camp que les locaux se sont fait emporter par la vague du pack rochelais, énorme. Un tsunami qui a décimé l’euphorie du public toulonnais quand Broke James passait la pénalité après la sirène.

Une septième victoire consécutive, toutes compétitions confondues, comme un refrain que l'on n'a pas fini d'entendre d'ici la fin de la saison régulière. 

« Tiens bon la vague et tiens bon le vent ! »

Hissé haut, Pat Collazo

Si ton jeu garde cette constance

Vous irez jusqu’au Stade de France »

 

En bref...

Bordeaux (7) – Clermont (2)                   23 – 23

Pas mieux !

Clermont n'a su répondre au nouveau leader que par un match nul arraché à Bordeaux dans une seconde période maitrisée après une débâcle en première.

Le premier essai local de Braid, à la huitième minute, aura laissé des traces dans cette  équipe auvergnate qui perdra simultanément Parra et Koleshvili lors d'un choc frontal entre eux, assez sérieux pour les laisser hors jeu. Une deuxième salve de Lesgourgues enfoncera un peu plus le leader dans le doute qui n'a rien eu à se mettre sous la dent qu'une pénalité de Brett avant la pause.

La seconde période sera de toute autre facture de la part des Clermontois qui vont hausser leur niveau de jeu et faire payer cher Bordeaux en inscrivant deux essais en moins de dix minutes, par Stanley puis Timani. La fin de la rencontre sera subie par les hommes de Ibanez, avec un banc clermontois d'expérience (Lee, Yato, Planté, Rougerie) qui apportera de la consistance dans les avancées auvergnates, jusqu'à arracher le match nul.

Mérité mais cruel pour Bordeaux qui avait besoin de points pour se rapprocher du TOP 6.

   

Castres (4) – Montpellier (3)                  38 – 25

Par la fougue d'éloquence

C'était le choc attendu entre deux formations qui venaient à peine de se quitter en poule de coupe d'Europe et qui, donc, se connaissaient bien.

Le CO a confirmé sa belle prestation face au Leinster et surtout Antoine Dupont nous a encore régalé de sa fougue et de sa vista pour inscrire un premier essai de filou dès la première minute. Le pied de Dumora et la vitesse de Smith répondront coup pour coup à Catrakilis et aux essais de Nadolo et Willemse, en première période.

Un match à rebondissements, de grosse intensité, en faveur des locaux qui ont su mettre les Montpelliérains à la faute et saisir les opportunités avec deux nouveaux essais en seconde période (Kockott, Caballero) contre un seul pour le doublé de Willemse.

Il faudra compter avec le CO pour les phases finales et c'est très logiquement qu'il se hisse à la quatrième place à une longueur de son adversaire du jour. 

   

Toulouse (6) – Pau (8)                           10 – 20

Allo ? Y a quelqu'un ?

A Ernest-Wallon, les Toulousains ont été aux abonnés absents dans un match que les Palois ont finalement pris à leur compte. Et c'est tant mieux.

Non pas que la victoire était acquise au futur quart-finaliste, privé de 7 internationaux, mais au moins les quinze qui étaient sur le terrain auraient pu essayer de jouer. Ils ont été en dessous de tout, prenant sans doute leurs adversaires de haut, qui ne se sont pas privé de leur faire manger leur propre pelouse, sans brio. Un match terne où tout s'est joué en première. Je plains ceux qui se sont déplacés pour voir ce simulacre.

Si Toulouse reste dans le TOP 6, ce n'est que provisoire, car le Racing a un match en moins et Pau (8è) se rapproche toujours un peu plus, à grappiller des victoires à l'extérieur (la deuxième après celle à Bordeaux).

 

Lyon (12) – Racing 92 (10)                         37 – 25

Quelle première à Gerland !

La nouvelle enceinte des Lyonnais, ancien chaudron du ballon rond qui a troqué ses cages contre des perches, a offert une première réussie et de qualité à son public qui ne demande qu'à y revenir pour le même spectacle.

Après avoir été mené en première période, le LOU, sous la baguette d'un Michalak en parfait chef d'orchestre et buteur impeccable, et avec les jambes en feu d'Arnold et de Fearns, a su imposer son jeu et sa loi au champion de France, avec un bonus à la clé. Tout de même !

Le Racing a perdu Carter et Chauveau très rapidement, juste après que Thomas ait donné l'avantage aux visiteurs avec un premier essai à la 4è minute. Hart et Dambielle tenteront de tenir le score un temps avant que la meute lyonnaise n'avale son adversaire en deux temps trois mouvements, avec un doublé de Fearns et de Arnold.

Lyon s'éloigne de la zone relégable, avec un match en retard, qui pourrait bien leur réussir à Pau avec cette dynamique là. Le Racing, lui, comptera aussi sur son match en retard face à Bayonne pour oublier cette contre performance. Après l'Europe et le dopage, rien ne va chez le champion de France.

   

Grenoble (13) – Stade Français (11)       44 – 22

Le sursaut

Il s'en est fallu de peu que Grenoble mette fin à sa saison sur ce match. Une entame catastrophique des Isérois qui encaissaient deux essais en cinq minutes. Heureusement, ils reprendront leurs esprits et les commandes de la rencontre pour inscrire quatre essais splendides.

Bien dommage quand on sait que cela aurait pu déboucher sur un point de bonus supplémentaire non négligeable. Grenoble veut encore y croire. Même si cela sera dire, il peut et le Stade Français, à 11 points, ferait bien de se méfier d'une fin de saison où à chaque match désormais il faudra vendre chèrement sa peau.

   

Bayonne (14) – Brive (9)                           33 – 23

Du plaisir à l'espoir...

Sérieux et appliqués, à l'image de leur buteur Du Plessis, les Basques ont acquis une quatrième victoire précieuse pour espérer un dénouement différent de celui qu'on leur prédit depuis des mois.

Tout s'est décanté sur la sirène de la première période, l'essai de Le Bourhis a lancé les Bayonnais sur la route du jeu-plaisir, cher à Etcheto. Un chassé croisé avec les Brivistes jusqu'à l'heure de jeu avant qu'un essai de pénalité et un troisième de Bustos Moyano ne les lâchent définitivement, tout près du bonus offensif. Seulement Ngwenya avalera la cerise sur ce gâteau en inscrivant un deuxième essai pour les Coujous.

Bayonne respire et peut se mettre à rêver de récidiver cette performance au point de nous surprendre en fin de saison contre tout pronostic.

   

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Nous y voilà !

Le Crunch… en cérémonie d’ouverture du VI Nations, rien que ça !

Un combat de gladiateurs avec du sang de Rosbif qui gicle et des plumes de coq qui s’envolent dans l’arène de Twickenham, ça ne se manque pas.

Pas sûr qu’à l'issue de ce duel la victoire sente la rose pour les Anglais qui pourraient la concéder à ces fumiers de Français qui auront su se hisser glorieusement dessus.

Et pourquoi pas ! Comme disent les Chinois, l'année du Coq, rien ne lui résiste !

 

A suivre samedi 4 février, date historique ! … sur France 2 :

  • Ecosse – Irlande, à 15h25
  • Angleterre – France, à 17h50

Enfin, dimanche 5 février :

  • Italie – Pays de Galles, à 15h

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22 janvier 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°249

Chronique d'un sort annoncé...

Champions Cup... 6ème journée                  

Montpellier – Northampton     26 – 17        Castres – Leinster      24 – 24
Clermont – Exeter              48 – 26        Ulster – Bordeaux       22 – 26
Saracens – Toulon           10 – 3         Toulouse – Connacht     19 – 10     

Toulon défait mais heureux...

Et un, et deux… et trois heureux !

Si vous avez tout raté ce week-end, asseyez-vous, je vais tout vous raconter.

On pensait qu’il n’en resterait qu’un et que Clermont était déjà celui-là.

C’était sans compter sur la magie de cette Champions Cup, le combat et le casse-tête surtout (par son règlement) qu’elle génère jusqu’au bout. Car si les Irlandais, Anglais, et Écossais favoris n’ont rien lâché, les autres Français n’ont pas été en reste pour autant.

"On ne compterait pas pour du beurre !" (seuls les Gallois et les Italiens se sont fait tartiner)

Et ils étaient cinq Coqs de France a vouloir suivre les pas du  grand tétras bleu des montagnes d’Auvergne (paré de ses plumes européennes « midnight navy ») ...

Cinq à pouvoir y croire encore… certains plus que d’autres.

Car Toulon, temporairement dans les huit, était sérieusement menacé par Montpellier, voire même par Castres et Bordeaux. Quand Toulouse ne dépendait que de lui pour décrocher son ticket. Ce qui, pour lui, était déjà énorme. A moins que Glasgow…

Mais commençons par le commencement.

Dès vendredi soir, dans la poule 4, Montpellier faisait le job en s’imposant avec autorité et le bonus offensif face à Northampton (26-17), après avoir été mené à la pause. Tout se décantait en seconde période avec un Nadolo qui marchait sur l’eau et sur les défenseurs pour inscrire un doublé fabuleux.

De son côté, Castres flirtait avec l’exploit de l’emporter avec le bonus offensif face au même Leinster qui avait mis la semaine passée une déculottée aux Montpelliérains (ils s'en mordront longtemps les doigts… mais chut !), en vain (24-24).

Emmené par le jeune Dupont, toujours aussi inspiré (il me botte ce gamin!), et un Smith très en jambes, le CO hissait son jeu au niveau de celui des Irlandais, favoris, sans parvenir à les dépasser au score. Et pourtant, il aurait suffi d’une pénalité bien tapée en fin de match, alors que l’essai du bonus offensif  ne servait déjà plus à rien (Montpellier resterait devant) pour décrocher une victoire de référence qui leur tendait le tee. Une belle réaction tarnaise cependant, un peu tardive, mais qui augure de belles choses pour la suite avec cet effectif et cet enthousiasme-là.

Vendredi soir, vers 23 heures, si Castres était hors jeu désormais, le MHR, lui, avec 16 points, éjectait temporairement Glasgow (à 14) des qualifiés, se plaçant juste devant Toulon (à 15), toujours en lice.

Mais ces deux derniers n’avaient pas encore dit leur dernier mot.

En attendant, Samedi, à 14h, dans la poule 5, Clermont avait sorti la grosse artillerie pour s’assurer un quart à domicile et éliminer dans le même temps un concurrent étranger à cette foire d’empoigne d’une deuxième place qualificative, Exeter, qui avait sa carte à jouer au Michelin. Ca a été fait, et comment ! (48-26).

En une  période, les Jaunards étouffèrent leur proie pour la cuire dans le bouillon du Michelin avec cinq essais maison à point(s) et un bonus offensif acquis à la pause (34-0). Non sans mal, puisque Clermont perdait gros dans la foulée, avec la sortie de Fofana, gravement blessé au tendon d’Achille.

La seconde période démarra fort avec une première réaction adverse efficiente, répliquée aussitôt par deux nouveaux essais des troisièmes lignes locaux. Et puis plus rien. A l’heure de jeu, les Auvergnats se relâchèrent coupablement et laissèrent place à un festival d'essais anglais, pas moins de trois en moins de dix minutes, le bonus offensif en prime.

Mais la fête ne sera pas gâchée pour autant puisque les Jaunards retrouveront leurs esprits et leur défense avec une victoire bonifiée au bout, dans un match au final spectaculaire, avec la bagatelle de 11 essais (comme lors du match aller contre Bordeaux).

Et la cerise sur le gâteau, l'ASM volait au Leinster la première place de cette phase qualificative, tel un maillot jaune qui lui sied si bien et qui lui offre assurément le meilleur quart à domicile.

Pendant ce temps, chez les Irlandais de l’Ulster, Bordeaux obtenait une victoire réjouissante (22-26). Certes sans bonus, mais par la victoire des Montpelliérains la veille il ne leur aurait rien garanti sans un cumul de défaites par ailleurs et une calculette high-tech.

Bordeaux quittait donc la course sur une belle note et surtout une belle dynamique, prometteuse pour la reprise du TOP 14.

16h15, le moment attendu. Toulon entrait dans l’arène de l’Allianz Park...

pour ce qui allait être, dans cette poule 3, un combat de gladiateurs avant même un match de rugby, face au champion en titre, les Saracens. Monsieur Owens au sifflet et British Telecom à la vidéo, la tâche n’était pas gagné d’avance pour le déjà vieux triple champion d'Europe. Mais ne polémiquons pas, l’arbitrage fut parfait, nous n’avons rien vu, ou plutôt revu, car les ralentis étaient réservés à la télévision anglaise.

Donc, quand à la 3ème minute, Habana aplatissait sous les poteaux, tout le monde était d’accord pour dire qu’il y avait faute au sol, tout comme quatre minutes plus tard quand Tuisova échappait la balle au moment d’aplatir. Un démarrage tonitruant des Varois qui nous laissait comme un goût amer et qui n’allait pas nous réconcilier avec l’arbitrage « tous des truands » britannique.

Pas de quoi rendre sereins des Toulonnais à zéro point au bout d’un premier quart d’heure dans le camp anglais. Il leur faut un point, pour être sûr d’être devant Montpellier et de ne dépendre de personne pour s’inviter dans ces quarts de finales.

Jusque là tout allait bien, mais ça pouvait aller bien mieux encore.

Seulement les Sarries remirent la main sur le ballon et le match, obligeant cette fois les visiteurs à défendre leur point qu’il tenait à la pause, Farrell n’ayant pu que passer une pénalité pour les siens (3-0).

En seconde période, la rencontre passa en mode combat au sol ou de tranchées dans les rucks pour sauver tout ce qui pouvait l’être dans les 22 varois. Mais l’insaisissable Ashton, futur toulonnais, trouva la faille à l’heure de jeu, échappant un peu facilement à Nonu, meilleur à jouer au pied qu’à plaquer.

Farrell transformait et privait alors Toulon du graal. Mais heureusement le coup de pied long de Halfpenny, à 45 mètres, rendait le « précieux » aux siens qui firent en sorte de tenir, à la vie, à la mort, ce score jusqu’au bout (10-3). Plutôt à la mort, à l'avis de monsieur Owens qui aimait à faire durer le supplice de la bande à Guirado, en ne leur accordant aucun répit. 

Au coup de sifflet final, Toulon se qualifiait enfin... de justesse mais avec un sacré courage, sortant du même coup Montpellier qui ne dépendait désormais que du sort des Glaswégiens.

Et de deux !

Dans l’autre match de cette poule, sans enjeu, l’équipe de Sale empocha ses premiers après une courte victoire face aux Scarlets (25-23). Autant vous dire que ça nous fait une belle jambe.

Car tout le monde était tourné du côté de Leicester à 18h30...

Pour voir comment Glasgow, dans la poule 1, allait ne pas se sortir des griffes des tigres. Sauf que les Montpelliérains n’eurent pas à attendre bien longtemps pour se rendre compte que ces tigres-là étaient en cage, se réveillant de la sieste. Y a-t-il eu un match ? (0-43) … Le score semblait dire que non. Comme je n’ai rien vu, je ne commenterai pas plus.

Le coup de massue était tombé bien avant l’issue du match, Montpellier était éliminé, Glasgow serait parmi les deux meilleurs deuxièmes avec Toulon en bon dernier.

Lisez au sens propre des deux termes. Car il fallait être « bon » pour être dans les huit ce week-end. Comme il faudra être « bon » pour aller chercher les Clermontois au Michelin, puisque le sort en avait décidé ainsi avant même l’issue de cette dernière journée. Car dimanche, quoi qu'il arrive, la poule 2 délivrerait deux qualifiés.

Mais restons dans la poule 1, deux minutes, le temps de rire de la cinquième défaite du Racing 92, champion de France (c’est là que vous pouvez rire), face au Munster, à Thomond Park (22-10). Mais sans rire, les Racingmen n'étaient pas aussi ridicules que les autres fois.

Cette victoire non bonifiée des Irlandais dessinait les hôtes des prochains quarts qui verront les Sarries et le Munster recevoir dans l'ordre les deux meilleurs deuxièmes quand le Leinster recevra le futur leader de la poule 2 qui se jouait dimanche.

Une première place réservée aux Wasps qui se déplaçaient chez les Zébre, et qui mirent le temps pour prendre le meilleur sur les modestes Italiens (27-41). La seconde place, elle, offrirait donc un voyage en quart chez les Sarries ou le Munster.

La peste ou le choléra, peu importait pour Toulouse... 

qui avait son « funeste » destin en main, en recevant le Connacht, leader surprise de cette poule, qui postulait également pour le même « bad trip ». Sauf qu’il fallait une victoire à quatre points (d’écart) pour les Toulousains s’ils voulaient s’envoler outre Manche.

Pas insurmontable face à ces Irlandais moins saillants que les années passées. On l’avait vu au match aller où le Stade Toulousain aurait dû l’emporter. Mais il faut croire que cette saison les Haut-Garonnais collectionnaient la poisse, ou les fins de match aux maladresses maladives, la gangrène au bout du pied de Doussain que Mola ne se résignait à amputer de son XV de départ.

Et ce huitième de finale n’échappa pas à la règle, l’ouvreur international enchaina les ratés avec une nonchalance déconcertante. Mais heureusement, ce Toulouse-là avait de la ressource, de l’envie et du talent chez ses trois-quarts pour effacer tous ces points noirs sur la peau que voulaient lui faire ces Irlandais remontés. Une entame parfaite avec deux essais à la clé, par un excellent Fickou d’abord (rassurant pour nos Bleus qui pleuraient la perte de Fofana la veille) et le non moins bon Arthur Bonneval.

La deuxième période garda le suspense jusqu’au bout puisque les Irlandais inscrivaient un essai après que Tekori eût offert le troisième aux siens. A cinq minutes de la fin, les locaux menaient seulement de 9 points (19-10).

Mais quel casse-tête pour les Toulousains !

Il ne leur manquait qu’un essai pour aller chez les Sarries plutôt qu'au Munster ("surtout ne marquez pas !" semblait crier le public dans un silence de mort) mais il ne manquait aussi qu’une pénalité aux Celtes pour envoyer les Français en enfer. Et à les regarder s’empêtrer nos Coqs sur un tas de fumiers qui cherchaient à les plumer dans leurs 22 ou à ne pas prendre les pénalités quand elles se présentaient parce que les buteurs étaient morts de peurs, c’était à se demander si le choléra n’était pas déjà là.

Finalement monsieur Barnes mit fin à cette épidémie de tremblotte des Toulousains, sous la menace d’une pénalité dans leur camp. Tout est bien qui finit bien… Limerick c'est toujours mieux que l'Allianz Park... demandez aux Toulonnais.

Et de trois ! … nos Coqs peuvent chanter.

Surtout quand on sait qu'ils ne sont que deux, et chez les Irlandais, et chez les Anglais, avec un Écossais au milieu. Mais que ce fut dur pour nos deux derniers !

 

Le tableau de la phase finale

         Clermont (1) – Toulon (8)      v      Leinster (4) – Wasps (5)

           Munster (2) – Toulouse (7)       v      Saracens (3) – Glasgow (6)

Pour les demi-finales, l’équipe qui gagnera à l’extérieur recevra en priorité, l’ordre de classement de la phase de poules départageant les deux concernées.

C’est à dire que pour la première demi-finale, elle se déroulera en priorité :

chez les Wasps puis à Toulon ou Clermont, le Leinster étant certain de se déplacer en cas de victoire.

Pour la seconde demi-finale, elle se déroulera en priorité à :

Glasgow puis à Toulouse ou Munster, les Saracens étant certains de se déplacer en cas de victoire.

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

En ce qui concerne la Challenge Cup, vous trouverez également tous les résultats sur le site officiel de l’EPCR.

Pas de surprise pour nos Français attendus !

Ils sont trois aussi, Brive en tête, seul premier de poule mais qui n’aura pas le privilège de recevoir.
Quand La Rochelle et le Stade Français décrochent les deux derniers tickets du meilleur deuxième.

 

Le tableau de la phase finale

         Ospreys (1) – Stade Français (8)     v      Bath (4) – Brive (5)

          Gloucester (2) – Cardiff (7)                    v      Edimbourg (3) – La Rochelle (6) 

Idem pour les demi-finales, l’équipe qui gagnera à l’extérieur recevra en priorité, l’ordre de classement de la phase de poule départageant les deux concernées.

 

La semaine prochaine…

Le TOP 14 reprend et compte ses pertes…

Entre les blessés et les internationaux, les clubs vont devoir composer avec la profondeur de leurs effectifs, pour deux mois délicats où les plus petits ou les moins touchés pourraient tirer leur épingle du jeu.

En ligne de mire, Grenoble et Bayonne qui reçoivent, un tournant dans la course au maintien, une chance pour les Isérois et les Basques de se relancer et tirer vers le bas deux formations avec quelques absents clés. 

Ca commence directement samedi 28 janvier :

  • Toulon – La Rochelle, à 14h45 (C+ sport) : rends-moi ma place !
  • Castres – Montpellier, à 18h30 (r+) : comme on se retrouve !
  • Grenoble – Stade Français, à 18h30 (r+) : réduire l’écart à tout prix,
  • Toulouse – Pau, à 18h30 (r+) : cuisiner avec les restes,
  • Lyon – Racing 92, à 20h45 (C+ sport) : à mon tour de me faire le champion !

Puis dimanche 29 janvier :

  • Bayonne – Brive, à 12h30 (C+ sport) : y croire encore,
  • Bordeaux – Clermont, à 21h (C+) : inséparables !

15 janvier 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°248

Comme des bleus...

Champions Cup... 5ème journée                  Wasps – Toulouse        17 – 14

Maestri... j'avais dit pouce !

Il y a des exploits dont on rêve tous...

comme aller battre les Rosbifs chez eux, à Twickenham... le 4 février prochain, par exemple.

Au deuxième rang mondial, le rugby anglais est ce qu’il se fait de mieux après celui des All-Blacks.

L'Angleterre domine outrageusement, et aussi magnifiquement (il faut savoir le reconnaître), les nations de l’hémisphère nord et se présente au tournoi des VI Nations comme le favori incontestable, devant l’Irlande, loin devant la France.

Loin ? Avec Guy Novès et la dernière tournée de novembre où les Bleus ont fait trembler les champions et vice-champions du monde, on peut penser que non. Plus très loin.

Et ce 4 février 2017, dans l’enceinte du British Rugby Museum, dès l’ouverture du tournoi, on va être fixés. Quelle meilleure entrée en matière pour notre XV tricolore ? Imaginez !

Les Rosbifs chez eux, se piquer au XV de la Rose, saigner pour mieux les saigner à la fin, saisis à point, quarante minutes de chaque côté, dans un match d’anthologie. Laissez-moi rêver !

Et les Toulousains étaient à deux doigts de nous montrer la voie.

Que dis-je, deux doigts… Ils l’avaient cet exploit. Au bout des dix doigts des quinze acteurs sur le terrain. Quatre points d’avance sur ce qu'il se fait de mieux dans le championnat anglais, les Wasps, chez eux, non plus à Londres mais à Coventry depuis deux saisons.

Il restait une minute à tenir. Ils venaient de résister à une vingtaine de phases de jeu, plus éprouvantes les unes que les autres et où ils auraient pu lâcher. Mais ils avaient tenu. Plus qu’une minute et une dernière pénalité et ils allaient pouvoir exulter.

Comment peut-on se relâcher à cet instant ? A l’image de Maestri, 50 sélections en équipe de France, le leader du pack d’avants, entré en jeu depuis moins d’une demi-heure seulement, soufflant comme après un marathon, le dos tourné à l’assaillant et les mains sur la tête :

« Ne tirez pas, je me rends ! »

Et pour sûr que les locaux n’allaient pas la tirer, cette pénalité. Il leur manquait cinq points pour l’emporter et ils étaient à deux mètres de la ligne. Pas folle la guêpe !

Comme des débutants... de vrais gamins en cour de récréation qui venaient de dire « Pouce, on ne joue plus » parce que trop essoufflés, Richie Gray et Yoann Maestri se faisaient berner par le culot d'un jeune demi-de-mêlée remplaçant, Robson, qui jouait à la main pour lui même, fonçant droit sur la ligne d’en-but où les deux gossses restaient figés de stupéfaction.

« On avait dit pouce ! »

Impardonnable ! Certes, on pourrait s’en prendre à un autre « bleu », l’international Jean-Marc Doussain, dont l’expérience de buteur en première période semblait être restée aux vestiaires (ou sur le banc avec Maestri), laissant six points faciles à l’adversaire.

Mais heureusement il y avait les avants, avec leur capitaine, Titi Dusautoir, exemplaire, comme dans les grandes heures de la coupe du monde 2011.

Des avants appliqués, avec une conquête sans faille, multipliant les avancées et ouvrant les portes pour leurs trois-quarts qui, comme Huget à la 51ème minute, n’avaient plus qu’à terminer le travail.

Des avants impressionnants qui, à huit minutes d’une victoire qui leur tendait les bras, emmenaient toute la défense anglaise dans son en-but avec un ballon porté monstrueux, obligeant l’arbitre à leur accorder logiquement un essai de pénalité.

La suite on la connaît. Comme des bleus… mais qui a de quoi nous laisser espérer pour nos Bleus, justement.

Car quand on voit ce Stade Toulousain, fournisseur officiel du XV de France (avec l’ASM qui marche sur l’eau et sur l’Europe), dominer la crème du rugby anglais, même s’il s’est fait cueillir bêtement à la fin, on peut croire que le 4 février prochain, nos Coqs tiendront cette fois jusqu’au bout un exploit retentissant, qui cueillerait le XV de la Rose dans son jardin, avec la même maîtrise, le même engagement et cette petite touche supplémentaire qui fait la fierté comme l'originalité du rugby français...

Je veux parler bien sûr du french flair.

On peut aussi croire que certains ‘bleus’ toulousains pourraient ne pas être de cette belle première page d'une nouvelle histoire, pour peu que Guy Novès ait vu ce match.

Comptablement, Toulouse peut se mordre les doigts d’un tel résultat car le point de bonus défensif obtenu est une bien maigre consolation pour espérer se qualifier dans cette poule 2.

Après la victoire bonifiée attendue des Irlandais de Connacht face aux Zèbre italiens (66-21), il ne reste plus qu’aux Toulousains à battre ces mêmes Celtes à Ernest-Wallon avec au moins le bonus offensif pour espérer terminer parmi les meilleurs deuxième avec seulement 19 points.

A noter que l’an dernier, les meilleurs deuxièmes étaient à hauteur de 20 points, c’est vous dire la chance faible des Haut-Garonnais.

Seulement le Connacht a une belle carte à jouer pour être sûr de terminer meilleur deuxième quand, sauf surprise, les Wasps devraient finir en tête de cette poule après leur déplacement, tout bonus, chez les Zèbre.

Classement 1-Connacht, 18 pts – 2-Wasps, 17 – 3-Toulouse, 14 – 4-Zèbre, 0.

 

En bref…

Dans la poule 1, samedi soir, le Racing 92 a enfin sauvé l’honneur dans cette compétition et inscrit ses premiers points contre le Leicester (34-3). Et de belle manière, les Franciliens ont inscrit cinq essais dans un match à sens unique qui comptait mathématiquement pour du beurre mais qui a entrainé les Anglais avec les Français dans leur élimination.

Dans l’autre rencontre, quelques heures avant, les Warriors de Glasgow ont dû céder leur première place aux Irlandais du Munster qui l’ont emporté d’une courte tête (16-18). Une mauvaise affaire pour les Ecossais qui vont devoir aller chercher une qualification aléatoire au Leicester lors de la dernière journée.

Le Munster, lui, est le premier qualifié pour les quarts de finale. Il s’agit désormais pour les Irlandais de valider la rencontre à domicile en disposant des Racingmen samedi prochain. Une formalité ? Pas si sûr, si les Français montrent le même orgueil.

Classement 1-Munster, 20 pts – 2-Glasgow, 14 – 3-Leicester, 8 – 4-Racing 92, 5.

 

Dans la poule 3, dimanche après-midi, Toulon nous a offert un finish incroyable à Mayol, contre d’autres Anglais encore, ceux de Sale (27-12). Après une première période chaotique, les Varois ont su élever leur niveau à l’heure de jeu pour inscrire trois essais et arracher le  bonus offensif, après plusieurs séquences de jeu époustouflantes et une ultime réalisation de Tuisova conclue avec détermination.

C’était le minimum pour le RCT avant l’ultime marche pour sa qualification face à d’autres Rosbifs bien plus redoutables. Quoique !

Les Saracens ont décroché le match nul chez les Scarlets (22-22) à la toute dernière minute, grâce à un deuxième essai de Ashton. Les Gallois n’étaient pas loin de créer la surprise et de se positionner idéalement pour une qualification la semaine prochaine. C’est donc possible pour les Toulonnais qui vont devoir jouer ce match comme une finale.

Car même si les Sarries sont qualifiés (au pire ils finiraient meilleurs deuxièmes), il va leur falloir battre les Varois pour recevoir leur quart de finale. Le duel promet d’être saignant, comme un avant goût du vrai Crunch du 4 février.

Classement 1-Saracens, 20 pts – 2-Toulon, 15– 3-Scarlets, 10– 4-Sale, 0.

 

Dans la poule 4, samedi après-midi, Montpellier et Castres ont dit adieu à la coupe d’Europe après leurs défaites respectives au Leinster (57-3) et à Northampton (28-21). Les premiers ont subi une humiliation à Dublin quand les seconds n’étaient pas loin de revenir dans un match malheureusement mal entamé.

Il ne devrait donc pas y avoir de meilleur deuxième dans cette poule qui voit donc l’autre province irlandaise également qualifiée pour la phase finale. Le Leinster devrait se rendre à Pierre-Antoine avec l’intention de recevoir son quart, donc ça promet un beau duel si les Tarnais décident de jouer le jeu.

Classement 1-Leinster, 21 pts – 2-Montpellier, 11 – 3-Castres, 10 – 4-Northampton, 9.

 

Dans la poule 5, dimanche après-midi, Clermont et Bordeaux n’ont pas sorti leur flamboyance du match aller, se neutralisant au pied un temps avant que les Auvergnats ne prennent le dessus par Lopez (6-9).

Après les onze essais du match aller, on avait de quoi être sur notre faim à Chaban-Delmas, d’autant que les maladresses et les défenses avaient pris le pas sur l'efficacité et les envolées des deux côtés.

Une bonne opération pour Clermont qui assure ainsi sa qualification et devrait se concentrer sur son prochain match au Michelin pour décrocher le quart le moins compliqué à domicile.

Les Auvergnats recevront les Anglais d’Exeter qui peuvent encore y croire après leur succès bonifié face à l'Ulster (31-19). Une chance très infime qui ne devrait pas offrir de meilleur deuième dans cette poule. Les Irlandais, comme les Bordelais, sont d'ores et déjà éliminés.

Classement 1-Clermont, 21 pts – 2-Exeter, 11 – 3-Bordeaux, 10 – 4-Ulster, 9.

 Tous les résultats officiels du week-end >> 

 

En ce qui concerne la Challenge Cup, vous trouverez également tous les résultats sur le site officiel de l’EPCR.

Dans la poule 1, La Rochelle devrait se qualifier en meilleur deuxième après sa victoire à Bayonne (14-24). La réception de Trévise ne devrait pas les empêcher de rester derrière l'indétrônable leader Gloucester.

Lyon ne devrait pas se sortir de la poule 2 après sa lourde défaite chez les Ospreys (47-7). Même avec un bonus offensif la semaine prochaine contre Grenoble, déjà éliminé mais qui s'est réveillé contre Newcastle (31-27) avec une victoire bonifiée pour ses premiers points.

Brive reprend les rênes de la poule 3 après sa victoire sur Worcester (17-14) et jouera la première place face à Newport samedi prochain.

Dans la poule 4Pau ne jouait plus rien, même si Cardiff a eu du mal samedi à aller gagner au Hameau (21-22). Les Gallois devraient se qualifier avec Bath.

Dans la poule 5le Stade Français n’a pu jouer sa rencontre en Roumanie face au Saracens de Timisoara qui a été reportée. Les Parisiens sont encore dans la course pour finir meilleur deuxième derrière le leader Edimbourg, mais cela doit passer par deux victoires impératives, dont la prochaine à Jean-Bouin face aux Harlequins.

 

La semaine prochaine…

C’est l’heure de faire les comptes...

On connaît déjà la moitié des qualifiés, et Clermont caracole en tête aux côtés du Leinster, avec 21 points, quand le Munster et les Saracens n’en comptent que 20. 

Côté français, seuls Toulon et Toulouse peuvent encore y croire, mais cela passera par une victoire et une bonne part de chance.

Pour les Wasps, leur qualification ne devrait être qu'une formalité. Pour les trois places restantes, nos deux Français seront aussi en concurence avec Connacht et Glasgow.

Montpellier pourrait même bénéficier d'une wild card (en cette période tennistique en Australie) au cas où deux d'entre eux échouraient. Tout comme Exeter en cas d'exploit à Clermont. Sous réserve de calculette certifiée ;-)

 

A suivre, pour commencer vendredi 20 janvier :

  • Castres – Leinster p4, à 20h45 (beIN) : prendre des notes,
  • Montpellier – Northampton p4, à 20h45 (beIN) : sans trop d'illusions.

Puis samedi 21 janvier :

  • Ulster – Bordeaux p5, à 14h (beIN) : sans enjeu !
  • Clermont – Exeter p5, à 14h (beIN) : meilleur premier ?
  • Saracens – Toulon p3, à 16h15 (beIN) : pour un crunch explosif,
  • (Sale - Scarlets)
  • Munster – Racing 92 p1, à 18h30 (beIN) : par orgueil ?
  • (Leicester - Glasgow)

Enfin, dimanche 22 janvier :

  • Toulouse – Connacht p2, à 16h15 (Fr2) : sortez vos calculettes !
  • (Zèbre - Wasps)

Tous les matches >>

 

S’agissant de la Challenge Cup et les 7 autres clubs du TOP 14, veuillez consulter le site officiel de l’EPCR qui vous en détaillera le programme.

Posté par NewZeland2011 à 20:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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