L E S B R E V E S D O V A L I E . C O M - l'Hebdo du Rugby par Antonio -

24 avril 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°262

Impaire, passe et... gagne !

CHAMPIONS CUP... Demi-finales             Clermont – Leinster        27 – 22

Un drop jusqu'à Édimbourg pour Lopez !

Et de trois !

2013, 2015, 2017, Clermont est de nouveau au rendez-vous de sa finale européenne, pour un sacre qui pour l’heure reste un grand manque dans la vitrine de son palmarès. 

Avec deux Challenges Européens (1999 et 2007) pour trois finales jouées, l’ASM court toujours après le titre suprême dans la cour des Grands depuis son premier Brennus (2010).

Faites vos jeux, tout va bien... se passer !

C'est vrai que jusque là, au Casino européen, le club auvergnat n'a jamais été en veine. Plutôt des finales en vain, si vous en avez le souvenir. Car les années impaires, Clermont passe et... manque toujours le coche.

2010, quart de finale perdu au Leinster (29-28), d’un petit point avec près de 20 points de déchet de Broke James qui en restera marqué à jamais (aujourd'hui encore).

2012, demi-finale perdue face au Leinster (15-19) à Bordeaux, avec cet essai refusé à Fofana à deux doigts près (lire ici >>).

2013, première finale enfin, après avoir éliminé le Leinster en poule, puis le Munster en demie, pour échouer à Dublin contre Toulon (15-16), d’un petit point… Une balade à l’irlandaise qui a fini en drame (lire ici >>).

2014, défaite cuisante à Twickenham en demi-finale face aux Saracens (46-6), avec monsieur Owens au sifflet, une humiliation dure à digérer (lire ici >>).

2015, deuxième finale maudite contre Toulon pour la revanche à Twickenham, après avoir dominé les Saracens en poule et en demi-finale. Mais nouvelle désillusion (24-18) après avoir été dominé de long en large (lire ici >>).

2011 et 2016 auront été des années sans phase finale.

Voilà que trois semaines après avoir chassé les démons de sa bête noire toulonnaise, dimanche après-midi, Clermont est allé chercher sa troisième finale après avoir éliminé un redoutable adversaire, l’équipe dublinoise étant pour moi la favorite de cette compétition.

Et comment !

On est passé par toutes les émotions, avant ou après avoir voté pour la plupart des français. Pour ma part j’avais glissé le nom de Clermont dans l’urne, et dès 18 heures j’ai eu le résultat espéré, sans que les sondages n'aient eu à s’en mêler, ni  les médias à le commenter la nuit durant.

Car oui, c’était du grand Clermont...

Avec une première période enthousiasmante, une entame parfaite et des actions de jeu flamboyantes. Dès la quatrième minute, Yato concrétisait le premier essai après un petit par dessus de Strettle, fabuleux dans cette demie, qui rajoutait dans une deuxième salve, dix minutes plus tard, sa touche personnelle pour le second essai.

Les Irlandais, perturbés, ne touchaient pas un ballon, perdant de nombreuses touches et secoués à la mêlée. Monsieur Owens ne leur faisait pas de cadeau, si ce n’est une pénalité en fin de mi-temps pour ne pas regagner les vestiaires fannis (15-3).

Le début du second acte fut tout l’inverse pour les Auvergnats qui subirent pendant quinze bonnes minutes et concédèrent de nombreuses fautes, de quoi donner l’occasion aux Irlandais de recoller au score (15-12) et même d’inscrire un essai qui sera fort heureusement (et justement) refusé pour une retenue de chaussure sur Rougerie. Parra augmentait alors la marge d’une victoire loin d'être acquise (18-12).

Le coaching d'Azéma fut alors déterminant avec les entrées de Lapandry en place de Yato et de la première ligne. Clermont reprenait la maitrise du ballon. Et après une attaque fulgurante de Strettle, Parra servait Lopez pour un drop sensationnel du demi d’ouverture (21-12).

On pensait la victoire acquise à dix minutes du terme, c’était sans compter Ringrose qui fit un numéro fantastique après s’être débarrassé (un peu facilement) de Penaud (tout juste entré) et alla inscrire l’essai de l’espoir pour les Leinstermen (21-19).

La fin de match devint alors stressante tant les Irlandais étaient dangereux sur chaque ballon, mais la défense clermontoise tenait bon. Après avoir perdu Parra sur claquage, Lopez allait assurer une pénalité cruciale et même à quatre minutes du bonheur, claquer un nouveau drop parfait pour anéantir les espoirs de l'adversaire (27-19).

Sexton réduira pourtant l’écart à une minute de la fin (27-22), avant d’espérer une dernière munition sur le renvoi. C’était compter sans la classe et l’opportunisme de Penaud qui, tel Nakaitaci dans les airs, récupérait le cuir et l’offrait aux siens pour les dernières secondes de pick-and-go avant que Rado ne l’envoie par delà les tribunes.

Quel match !

Ils l’ont fait, ces Auvergnats. Ils sont en finale pour la troisième fois de leur histoire et affronteront le tenant du titre qu’ils ont battus déjà deux fois (2012 en quarts, 2015 en demie), entre la terrible correction à Twickenham en demie (2014).

Seulement, Édimbourg ne sera pas Twickenham, ni Dublin…

Pour les plus fidèles, les croyants de la première heure, ce sera un espoir de plus d’un premier sacre, pour les autres, les « finalophiles », un stade de plus sur leurs paninis.

Rendez vous le samedi 13 mai !

 

L’autre demie...

Munster – Saracens                               10 – 26

Pauvre de jeu !

Je n’ai pas vu le match, mais il semblerait que les Irlandais n’aient pas été à la hauteur de leur demi-finale devant leur public. En mal d’inspiration, sans Connor Murray, les Munstermen n’ont jamais pesé dans le jeu et ont laissé les Anglais prendre le score au pied en première période.

Petit score (3-6) à la pause qui montre la pauvreté des offensives des Sarries qui se sont contentés en fin de match d’enfoncer une défense irlandaise à la ramasse, par Vunipola puis Wyles, le pied de Farrell ayant assuré le reste des points.

Pas glorieux pour les champions en titre qui devront montrer autre chose face à la machine clermontoise.

Allez les Jaune et Bleu ! … On lâche rien ! On lâche rien !

 

Les demies de la Challenge Cup...

La Rochelle – Gloucester                  14 – 16

La fièvre du samedi soir

Trop fébriles, sans doute par l’enjeu de cette phase finale qui croissait, les Maritimes ont raté leur rendez-vous avec une première finale qui leur tendait pourtant les bras.

Si James parvenait à égaliser juste avant la pause, la deuxième période ne lui réussira pas, se faisant intercepter pour le premier essai anglais et manquant la transformation du seul essai des siens (par Lagrange), sans parvenir à se rattraper sur deux tentatives au pied difficiles ou ce drop manqué à la 72ème minute.

Le leader du championnat serait-il pris d’une « Jaunardite », à l’instar de son ouvreur providentiel ?

Je ne leur souhaite pas. La demie au Vélodrome est quasiment acquise, il ne leur reste qu’à bien se préparer mentalement pour ne pas passer à côté.

 

Stade Français – Bath                      28 – 25

Ils sont fous ces Parisiens !

Comme en 2013, le Stade Français accompagnera Clermont en finale de Coupe d’Europe. Et pas comme en 2013, les Parisiens soulèveront le trophée cette fois… comme les Auvergnats.

Parce que cette équipe-là est invincible. Rien ne l’arrête, rien ne lui fait peur, même face à une redoutable équipe de Bath qui compte parmi elle des noms comme Ford, Joseph, Watson, Faletau ou encore Charteris.

Dans un match incroyable, les Parisiens nous ont fait passer par tous les états.

L’espoir d’abord après avoir pris la marque et le jeu à son compte par un essai de Doumayrou, puis de Plisson (18-6). Seulement en dix minutes, les Anglais renversaient complètement le match en inscrivant coup sur coup, trois essais comme des banderilles sur un taureau un peu trop insouciant.

Menés alors (18-25), les Parisiens, dans les dernières minutes allaient sortir l’invraisemblable de leur chapeau, un essai de Pyle avec une transfo de Plisson pour l’égalisation… Mais mieux, encore, l’ouvreur ex-international nous régalait d’un drop extraordinaire pour remporter le match, quand Ford, sur sa dernière tentative, échouait.

Incroyable, sensationnel, voilà ce qu’est ce Paris-là, depuis qu’il sait qu’il ne mourra pas !

Je n’sais pas vous, mais moi j’achète !

 

TOP 14, 21ème journée                (matches en retard)

Castres – Stade Français                 33 – 10

Circulez y a rien à voir !

Ce n’est pas sans mal que les Castrais, mercredi dernier, ont pris le bonus offensif face à une équipe totalement remaniée du Stade Français qui préparait sa demi-finale.

5-0, les Tarnais n’en menaient pas large à la pause avant de dérouler en seconde période, enfin !

Cinq essais pour cinq points, c’était un moindre mal pour le CO, pour revenir dans la course aux barrages.

 

Montpellier – Racing 92                   54 – 3

Incompréhensible !

Je n’ai rien vu, et tant mieux. Samedi en fin d'après-midi, le Racing avec une équipe d’internationaux a été incapable de rivaliser face à l’armada montpelliéraine. Une interrogation, une honte surtout.

Huit essais à rien… Et ça voudrait jouer un barrage ?

J’espère que le Stade Français à Jean-Bouin saura remettre leurs voisins définitivement à leur place.

Montpellier passe deuxième quand Castres revient dans le TOP 6.



La semaine prochaine…

La folie s’empare du TOP 14 !

Ils sont encore 12 à jouer quelque chose, même Toulouse, oui ! (lire ici >>)

Cette 25ème journée va valoir son pesant de « dehors ! »… car chaque défaite peut sortir un prétendant aux phases finales. Enfin, ça dépend des Castrais.

Si le CO bat Toulouse, Pau Brive et Bordeaux sont contraints de l’emporter ou bien c’en est terminé.

Par contre, si Toulouse venait à créer l’exploit, la dernière journée serait juste monstrueuse de suspense.

 

À suivre cette 25ème journée, dès le samedi 29 avril avec :

  • Castres – Toulouse, à 14h45 (C+ sport) : un match, huit espoirs !
  • Bayonne – Grenoble, à 18h30 (r+) : pour le public,
  • Pau – Brive, à 18h30 (r+) : malheur au perdant,
  • Lyon – Clermont, à 18h30 (r+) : enjeu aux deux étages,
  • Bordeaux – Toulon, à 20h45 (C+ sport) : fin de suspense ?

Puis, dimanche 30 avril :

  • La Rochelle – Montpellier, à 12h30 (C+) : faire le point,
  • Stade Français – Racing 92, à 17h (C+) : un derby en fusion !

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17 avril 2017

TOP 14 - Fiction des phases finales

Sauvons le soldat Dusautoir !

On va te sauver, mon Titi !

La semaine dernière, seul Mola y croyait encore. Cette semaine, il semble avoir capitulé avec les autres. Et pourtant...

Si tout le monde s'y met, on peut encore sauver la peau du soldat toulousain. Car il n'est pas pensable que notre Titi national ne participe pas pour sa dernière saison aux phases finales.

Alors, j'ai mis au point un plan que j'ai envoyé aux arbitres qui vont officier pour les deux dernières journées. Ils devront le suivre aussi scrupuleusement que l'a fait Gaüzère ce week-end avec celui que lui avait fourni Goze, ami de Lorenzetti.

En préambule

Le Stade Toulousain, 12è, compte 48 points

  • et reste mathématiquement encore en lice s'il atteint 58 points.

Mais pour ce faire, il va falloir lui donner un GROS coup de main.

Au classement :

  • La Rochelle, Clermont, Montpellier et Toulon, en tête, sont intouchables (plus de 60 points).
  • Le Racing 92 est 5è avec 57 points.
  • Paris et Lyon sont respectivement 6è et 7è avec 54 points.
  • Castres, Bordeaux, Pau et Brive suivent derrière avec 53 points.
  • Grenoble et Bayonne sont déjà promus en PRO D2 (moins de 35 points).

Le but est donc que seul un des 7 concurrents au Stade Toulousain puisse être devant lui, avec plus de 58 points. Et j'ai choisi un autre Stade, également miraculé d'une descente aux enfers depuis l'histoire de la fusion.

 

Comment ça va se passer ?

Mercredi 19 avril       (match en retard de la 21è journée)

Castres va logiquement battre Paris, avec le bonus offensif, et prendre les 5 points qui le placeront à la 5è place avec 58 points, devant le Racing.

Samedi 22 avril        (match en retard de la 21è journée)

Montpellier va exploser à son tour le Racing 92 qui restera sagement à sa 6è place avec ses 57 points. Jusque-là, rien de surprenant.

Classement : La Rochelle (80) - Montpellier (71) - Clermont (70) - Toulon (61) - Castres (58) - Racing 92 (57)

 

Lors de la 25è journée 

Toulouse va bien entendu battre Castres avec le bonus offensif, aidé de monsieur Ruiz, également spécialiste en arbitrage recommandé. Et ça fera 53 points !

Toulon, qui cherchera à assurer son barrage à domicile, va aller gagner à Bordeaux qui aura la tête à sa victoire à Brive, comme les Coujoux justement... comme une contagion de défaites à domcile démarrée au Michelin. Aucun bonus.

Pau, de son côté, va battre Brive, sans bonus pour y croire à son tour.

Quand Lyon perdra contre Clermont (qui a besoin de repasser devant Montpellier) avec un point de bonus défensif comme maigre consolation.

Paris va se venger du Racing dans le derby avec un bonus offensif à la clé qui va assomer les espoirs des Franciliens, avec monsieur Cardona pour leur couper le sifflet. Ouais !

Sinon La Rochelle va battre de justesse Montpellier qui s'en tirera avec un bonus défensif, quand Bayonne se sortira grand vainqueur sans bonus du match sans enjeu contre Grenoble.

Classement : La Rochelle (84) - Clermont (74) - Montpellier (72) - Toulon (65) - Paris (59) - Castres (58)

                  Pau (57) - Racing 92 (57) - Lyon (55) - Bordeaux (53) - Brive (53) - Toulouse (53)

 

Lors de la dernière journée

Toulouse va poursuivre son élan et décrocher (pas plus facilement) un nouveau BO face à Bayonne et atteindre les précieux 58 points.

Toulon, devant son public et sans pression, va battre séchement (avec bonus offensif) Pau qui sera éliminé avec seulement 57 points.

Bordeaux, cherchant le bonus offensif qu'il ne décrochera pas, battra tout de même le Racing 92 qui, sans point de bonus, restera toujours à 57, synonyme d'élimination.

Brive, à son tour, devant son public, va battre Castres qui restera à 58 points, à hauteur des Toulousains...

  • mais avec un cumul "points terrain" désavantageux qui laissera les Tarnais à la 7è place, qualificative pour les barrages européens.
  • Quant à Brive, il rejoindra le peloton des 57 points.

Sinon en bref :

  • Grenoble, devant son public, parviendra à battre Lyon qui prendra un point insuffisant.
  • Montpellier corrigera avec le bonus offensif un Paris déjà qualifié avec ses 59 points.
  • L'équipe B de Clermont battra celle de La Rochelle, les deux déjà qualifiées en demies.

 

Classement : La Rochelle (84) - Clermont (78) - Montpellier (77) - Toulon (70) - Paris (59) - Toulouse (58)

                  Castres (58) - Pau (57) - Racing 92 (57) - Bordeaux (57) - Brive (57) - Lyon (56) 

 

Ainsi se qualifieraient les deux Stades  !

Pour les barrages suivants :

Montpellier - Toulouse
Toulon - Paris

 

Et voilà mon Titi, comment on te sauve de tous ces 'Rosminet !

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Les brèves d'Ovalie - Edition n°261

Touché coulé !

TOP 14... 24ème journée                       Toulouse – Racing 92        8 – 10

Dusautoir et Toulouse, la fin d'un règne...

Tel un naufragé…

À Toulouse, dimanche après-midi, il n’y avait bien que Mélenchon pour mettre la pression sur ses rivaux et réjouir 70.000 spectateurs, avec toujours l’espoir au bout, aussi relatif soit-il, de se qualifier à un prochain tour.

Parce qu’à quelque(s) kilomètre(s) de là, au Stadium Municipal, ils étaient trois fois moins à assister, tels des garde-côtes impuissants en tribune, au naufrage du Titanic toulousain, détenteur de tous les superlatifs en titres :

19 Brennus, 4 sacres européens, insubmersible avant les phases finales depuis 41 ans.

Il fallait être fou ou toulousain pour y croire encore !

Car à regarder de plus près cette équipe depuis quelques mois, que ce soit en coupe d’Europe ou en championnat, son jeu ambitieux mais trop étriqué se butait systématiquement à des défenses aguerries, ne laissant aucune solution aux Haut-Garonnais pour concrétiser leurs offensives. Et quand on croyait qu’ils allaient y parvenir, le dernier geste leur était fatal, quand ce n’était pas une décision arbitrale. Tout se jouait à rien et chaque victoire, comme leur qualification en quart de finale européen, était hypothétique avant de finir par une défaite cruelle d’une courte-tête, que l’adversaire ou l’arbitre s’amusait à couper à la fin à chaque fois.

Et dimanche après-midi, ça a été la même histoire… rageante en tous points.

Impuissants, maladroits, mal inspirés, pas aidés, tant de touches rendues, d'occasions gâchées, les Toulousains ont fini par s’accrocher à leur mêlée comme une bouée de sauvetage... que monsieur Gaüzère a laissé dériver au large sans leur tendre la main d'un essai de pénalité charitable qui aurait pu les sauver.

La pelouse du Stadium avait des airs de Méditerranée et les Toulousains de migrants mal embarqués depuis le début de saison. Pour la première fois depuis 1976, les phases finales leur ont fermé les frontières de l'Europe.

On a presqu’envie de pleurer devant ce spectacle désarmant, ce mastodonte du rugby français, transformé en moins de deux ans en radeau de la méduse ou juste en canot Libyen, surchargé, en indiscipline, en fautes de main et mauvais choix, avec trop de poids sur les épaules de certains, pas au niveau (Bezy, Maestri, Dusautoir, David, McAlister, Doussain… et la liste est longue des capitaines déserteurs).

Les 23.000 spectateurs n’ont rien pu faire, depuis leur tribune Lampeduza, leurs encouragements comme leurs sifflets se sont jetés à l’eau pour sombrer avec leur équipe. Il était impossible de la repêcher, si ce n'était peut-être par la grande autorité centrale. Mais monsieur Gaüzère n’en aura rien fait, sciemment.

Pourquoi accorder un essai de pénalité après une dizaine de mêlées subies par les Racingmen et offrir une égalisation aux locaux qui ne ferait que reporter l’évidence ?

Si seulement c’était la bonne raison, on pourrait presque l’applaudir.

Mais quand on voit comment l’homme sans foi n’a pas hésité à appliquer la loi, cruelle, en début de match sur un en avant volontaire de Fickou (donnant un essai de pénalité aux Franciliens plus un carton jaune au centre toulousain), et que ce fait de jeu avait déjà eu lieu la semaine passée contre cette même équipe, on se demande s’il n’y a pas là de l’acharnement.

Parce que ne comptez pas sur moi pour vous parler du match, il a été aussi triste qu’un enterrement, organisé par les pompes funèbres de la LNR où le Racing 92, en croquemort, s’est contenté de porter le cercueil de points encaissés par les Toulousains. Un essai de pénalité (forcément transformé) et une pénalité.

Le Racing 92 n’a pas vraiement existé dans ce match en dehors de l’action qui a amené cet essai… se contentant de défendre, alors qu’avec un Dulin, encore explosif, Laulala, Chavancy, Imhoff, Rococoko, Manchenaud et Carter, on pouvait s’attendre à un peu plus d’initiatives. Mais non.

C'était un match nul entre deux équipes nulles qui aurait dû finir en match nul.

Mais monsieur Gaüzère a décidé tout seul qu'il n'y aurait pas d'équité dans ses décisions en refusant cet essai de pénalité, pourri certes, mais logique, à Toulouse qui a dû aller en chercher un en coin à la dernière minute, sans que McAlister ne soit capable de le transformer.

Dimanche une page de l’histoire du rugby français s’est tournée, sous les yeux de Guy Novès (quelque peu brouillés j’imagine), ancien commandant de ce Charles de Gaulles ovalien qui a coulé en mer de notre championnat.

Il serait peut-être temps de bâtir un autre porte-Brennus, avec des bases de jeu solides et un équipage compétent.

 

Les autres matches en bref...

Lyon (7) – La Rochelle (1)                     29 – 25

Dans la gueule du LOU

C’est dans la gueule du LOU que le leader et son record d’invincibilité sont tombés, après un match de grande qualité des Lyonnais qui sont rentrés tambour battant dans cette rencontre obligeant l’équipe rochelaise remaniée à réagir.

Lagrange et Pelo ont répondu aux assauts de Fearns, Arnold et Couilloud en première période pour revenir à deux points des locaux. Mais en deuxième mi-temps, les Lyonnais ont résisté et négocié une fin de match à leur avantage, grâce à l’entrée de Isa, auteur d’un doublé et offrant le bonus offensif aux siens. Seulement Gourdon, dans la dernière minute leur enlèvera et offrira même un point de bonus défensif au leader qui conforte désormais sa première place et n’a besoin que d’un point pour la faire sienne définitivement.

Quant au LOU, il est dans la bergerie des prétendants aux barrages et compte bien bouffer le premier mouton qui s’égarera dans une défaite lors des deux dernières journées.

Après une petite simulation, je vois bien un barrage entre Clermont et Lyon au stade Marcel Michelin qui serait une belle manière de dire au revoir à ce monument qu’est Julien Bonnaire (tout comme à Privat et Ti’Paulo).

 

Grenoble (13) – Clermont (2)                 16 – 59

80 minutes de silence…

Ainsi s’en est allé le FCG de ce TOP 14… Qu’aille en paix l’âme de son rugby au ciel de PRO D2. Une mort effroyable dans son antre du Stade des Alpes… Neuf coups mortels portés par son agresseur qui avait semble-t-il prémédité l’homicide.

La victime s’est débattue tant bien que mal, plutôt mal que bien en première période, surprise chez elle, par tant d’agressivité et de savoir-faire dans l’art de tuer le match, l’ASM assénant trois essais à la pause.

Pendant les quarante minutes d’un second acte barbare, le sérial-killer auvergnat a minutieusement joué avec sa proie agonisante, en tailladant sa défense à six autres reprises avant qu’elle ne décède au coup de sifflet final.

Pour autant Clermont a laissé des traces, en perdant Vahaamahina et Planté sur blessures, et pourrait avoir à payer sa combativité dans les prochaines échéances, à commencer par sa demi-finale européenne, à Lyon.

 

Montpellier (3) – Bayonne (14)              61 – 22

Sans pitié !

Il n’y avait qu’une équipe sur le terrain et un punching-ball à quinze têtes en face.

C’est sans pitié et sans gants que, dimanche midi, dans son ring de l’Altrad Stadium, le MHR a mis KO un Aviron Bayonnais sans défense.

Déjà attendus en PRO D2, les Basques n’avaient ni les armes, ni le courage pour se livrer à un combat inégal et ont capitulé d’entrée, encaissant 6 essais en première période, puis 3 en seconde, répliquant par trois fois pour sauver l’honneur.

Montpellier se rapproche d’une qualification directe en demie qu’il devrait décrocher dès la semaine prochaine s’il parvient à disposer du Racing dans son match en retard polémique. Une bataille à distance aura ensuite lieu entre Clermont et lui pour se dispenser de barrage.

 

Toulon (4) – Castres (8)                        23 – 14

Une histoire de conquête !

Dans le duel pour un barrage à domicile, Toulon et le CO ont joué au jeu de « Qui a la plus grosse ? ».

Je veux parler de mêlée, bien sûr et du jeu en touche. Mais fallait-il encore que les Castrais ait une conquête pour rivaliser avec celle de leurs hôtes qui n’a pas fléchi pendant 80 minutes et n’a pas manqué de leur rentrer dedans à la première occasion.

20 minutes pour le premier essai de Tuisova et 20-0 à la mi-temps après une interception de Habana. Un second essai malheureux alors que le CO était sur un temps fort avec une pénalité stupidement jouée à la main par Kockott au lieu de la taper.

La domination castraise sera quasi totale en seconde période avec deux essais arrachés sur trente-six occasions, grâce notamment aux bonnes entrées de Dupont et Urdapiletta, impulsant chaque offensive.  La plaie castraise aura été tous ces ballons perdus sur leurs propres touches et introductions en mêlée. Une catastrophe à ce niveau.

Certes, Urios avait ménagé sa charnière (sur le banc) en vue du match en retard mercredi contre Paris, où il faudra, là sans faute, récupérer 5 points pour ne pas se faire happer par le peloton en course pour la qualification.

Quant à Toulon, sa qualification est quasi acquise, il ne lui reste à faire qu’un petit effort pour s’assurer un barrage à domicile.

 

Brive (11) – Bordeaux (9)                      19 – 22

Pour le suspense…

L’UBB a attaqué fort samedi après-midi au stade Amédée-Domenech, surprenant des Coujoux sans doute encore sur leur nuage après leur incroyable victoire au Michelin.

Deux essais coup sur coup par Chalmers puis Spence donnaient l’avantage aux Girondins à la pause (6-17). Un avantage de courte durée, car dès la reprise, l’essai de Ribes puis la précision du pied de Germain faisaient repasser les Brivistes devant à l’heure de jeu (19-17).

La fin de match offrira un suspense haletant, quand Ducuing ajoutera un troisième essai bordelais pour reprendre les commandes d’une victoire toute proche. Trois points d’écart qui donneront des sueurs froides aux spectateurs durant dix dernières minutes suffocantes.

La belle série des Coujoux s’arrête là, mais pas leurs chances de qualification qui restent les mêmes que celles de leurs adversaires qui ont réalisé une bonne opération pour se relancer.

Le suspense pour les deux dernières places qualificatives est à son comble, avec 7 équipes concernées.

 

Stade Français (6) – Pau (10)                51 – 16

Ils sont fous ces Parisiens !

Rien ne les arrête depuis qu’ils ont repris le travail après une grève qui a ressoudé un groupe qu’on croyait perdu et à qui on promettait un avenir en Fédérale.

Pas de peau pour les Palois, ils sont tombés sur des Stadistes de la capitale invincibles. Les Parisiens ont déroulé leur jeu avec aisance pour inscrire 7 essais et décrocher un bonus offensif qui les place carrément dans le TOP 6, eux qui avaient flirté longtemps avec la relégation.

La Section n’a réagi qu’en fin de match avec un petit essai et se voit rétrogradée dans le peloton de ceux qui vont devoir batailler pour se qualifier, à un point désormais du Stade Français, qui lui, a un match en retard à jouer à Castres, mercredi. Même si on peut légitimement penser que Quesada y enverra une équipe de jeunes pour privilégier sa demi-finale européenne à Jean-Bouin, dimanche prochain.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Place aux demi-finales de coupes d’Europe.

3 clubs français sont encore en lice sur les deux compétitions, avec le privilège pour chaque de recevoir leurs adversaires.

Combien seront à Édimbourg le 13 mai ? … à suivre,

En Champions Cup :

  • Munster – Saracens, samedi 22 avril à 16h15 (BeIN) à Dublin (Aviva Stadium)
  • Clermont – Leinster, dimanche 23 avril à 16h (Fr2) à Lyon (Gerland)

 

En Challenge Cup :

  • La Rochelle – Gloucester, samedi 22 avril à 21h (Fr4)
  • Stade Français – Bath, dimanche 23 avril à 13h30 (BeIN)

 

À suivre également les deux matches reportés de la 21ème journée du TOP 14 :

  • Castres – Stade Français, mercredi 19 avril à 20h45 (C+ sport) : sans surprise.
  • Montpellier – Racing 92, samedi 22 avril à 18h45 (C+ sport) : le vrai match, FFR vs LNR.

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09 avril 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°260

Les petits candidats dans la mêlée...

TOP 14... 23ème journée                       Clermont – Brive        21 – 26

Le Coujou joue bien le coup...

L’heure est au débat… oui, mais à onze !

On les croyait déjà out, en vacances, nos petits candidats aux phases finales du TOP 14.

À 4 journées du scrutin de la phase régulière, si on savait que Bayonne et Grenoble n’obtiendraient pas les signatures de victoires requises pour se maintenir dans l’élite et que La Rochelle était sûre d’être au deuxième tour, on pensait que certains ne feraient plus le poids dans cette campagne jouée d’avance, à l’issue de cette journée.

Que nenni ! ils sont encore là !

Lors du grand débat de cette 23ème journée retransmis ce week-end sur les antennes de Canal+, les petits candidats ont assuré le show et provoqué l’effroi chez les six favoris de cette élection, promis depuis belle lurette à disputer les phases finales, à savoir : La Rochelle, Clermont, Montpellier, Toulon, Castres et le Racing 92.

Mais ils sont bien toujours onze à postuler pour une place en barrage, même si les trois premiers peuvent être rassurés par les sondages qui les placent largement devant.

Car ce week-end, certains des petits candidats ont brillé par leur culot et leur efficacité sur le terrain, quand les autres, dans la défaite, n’ont pas pour autant dit leur dernier mot.

Ils sont cinq à jouer encore les trouble-fêtes dans cette campagne, quand seul Toulouse s’est retiré de lui-même de la course en perdant au Vélodrome contre Toulon (33-23).

D’abord il y a Pau, le « lunaire » des Pyrénées-Atlantiques, que l’on n’attendait pas à ce niveau et qui vient de trébucher en perdant de peu chez le Champion de France (34-32), après pourtant une remontée fantastique en fin de match. Toujours présent dans le TOP 6, le berger du TOP 14 ne renonce pas pour autant à poursuivre la campagne des phases finales contre les puissants présidents de clubs qui n’affichent pas la même exemplarité.

Ensuite il y a Brive, la star du week-end, le Coujou « Punchline » qui a dégommé le cador du TOP 14 dans son fief du Michelin (21-26), avec un débit mitraillette, et des essais enflammés qui ont totalement déstabilisé son hôte dans un derby électrique auquel ce dernier n’a pas su répondre avec de vrais arguments. Clermont, ménageant ses efforts de campagne sur tous les fronts, vient de perdre (sur  celui national) de précieux points qui le rendent désormais vulnérable devant Montpellier pour accéder directement aux demies.

Il y a également le LOU, le candidat « mordant », le petit roquet mignon du championnat avec ses vieilles stars, bien françaises, comme Beauxis qui a montré l’exemple en début de débat pour venir à bout de Castres, chez lui, à Pierre-Antoine, et l’emporter d’un petit point (16-17).

Et que dire du Stade Français, grande gueule sur le terrain, le combattant de toutes les luttes sociales et sportives, sorti vainqueur d’une grève où le grand patronat cherchait à l’exploiter et d’un quart de finale européen où on ne l’attendait pas. Voilà qu’il arrache de belle manière un bonus offensif chez la lanterne rouge basque (16-32).

Et pour finir, il reste l’UBB, le candidat qui semble complètement à l’ouest, voire sur une autre planète depuis des mois, mais qui y croit encore, malgré sa défaite chez le leader (16-5) où il s’est trouvé victime d’un système d’arbitrage qui favorise toujours les mêmes.

Cette 23ème journée aura montré que rien n’est encore joué, que le leader rochelais "en marche" depuis six mois, avec dix victoires consécutives, n’a pas remporté encore le Brennus et que ses adversaires en phase finale sont loin d’être encore désignés.

Seul le vote des joueurs sur le terrain fera foi dans les trois dernières journées.

 

Les matches en bref...

La Rochelle (1) – Bordeaux (11)             16 – 5

Et de 10 !

C’est extraordinaire ce que font les Rochelais depuis six mois. Dixième victoire consécutive, onzième match sans défaite. Ils semblent invincibles.

Mais cette dixième a un goût amer pour des Bordelais venus à Deflandre avec des ambitions. Ils se sont sentis fortement pénalisés quand la domination territoriale n’était pas si flagrante.

Un seul essai à la demi-heure pour le rochelais Murimurivalu à se mettre sous la dent, avec un second acte moins rythmé que le premier. L’UBB n’en finit pas d’enrager de sa 11ème place, car elle méritait mieux chez le leader, confortablement installé sur son trône, quasi les deux pieds en demie.

 

Clermont (2) – Brive (8)                         21 – 26

Quand ça tourne… pas rond !

À Clermont, rien ne va plus, avec cette deuxième défaite à domicile (après Montpellier) dans un derby rondement mené par des Coujoux sans complexe.

L’équipe auvergnate largement remaniée en vue des échéances à venir et avec pas mal de joueurs blessés ou fatigués, s’est faite croquée à chaque entame de période par des Brivistes opportunistes qui ont eu la réussite sur leurs tentatives, bien aidés par une défense locale laxiste. Ils inscriront deux essais par mi-temps, quand les locaux s’en contenteront d’un seul par période.

La défense clermontoise est loin d’être irréprochable et l’apport expérimenté du banc avec Rougerie et Parra ne suffira pas à renverser le cours du match, tout juste à récolter un point de bonus défensif heureux, quand on sait que, s’il y avait eu Germain, Brive aurait eu encore bien plus de points au compteur, Laranjeira ayant gâché quelques munitions au pied.

Une défaite fâcheuse pour les Jaunards qui devraient voir passer les Montpelliérains devant en cas de victoire bonifiée lors de leur match en retard. Il devient urgent pour Clermont de se remettre dans une dynamique positive avant sa demie européenne, s’il ne veut pas enchainer les déconvenues comme dans le passé.

 

Montpellier (3) – Grenoble (13)              54 – 14

FCG, c’est fini !

Grenoble jouera la saison prochaine en PRO D2, après sa lourde défaite à Montpellier. Si ce n’est pas mathématique, c’est certain.

Il n’y a pas eu de match à Altrad Stadium, les Montpelliérains ont écrasé leur adversaire en une mi-temps, avec cinq essais (33-0) avant d’enfoncer le clou en fin de seconde avec trois autres réalisations.

Montpellier recolle à Clermont, à quatre points, avec un match en retard. Autant dire qu’il a toutes les chances de reprendre la seconde place directement qualificative en demie, au club auvergnat.

 

Castres (6) – Lyon (9)                            16 – 17

La reconquête lyonnaise

Le LOU a été très fort samedi en conquête sur la pelouse de Pierre Antoine, donnant autant d’occasions à Beauxis de scorer pour mener la danse.

Le CO sera néanmoins le premier à marquer en première période, par Smith, histoire de ne pas se faire distancer, et même passer devant en seconde. Mais Nalaga répondra juste derrière et donnera l’occasion aux siens de tenir une victoire à l’extérieur importante qui les laisse dans la course aux barrages, à la 9ème place.

Quant aux Castrais, ils ont perdu de précieux points pour sécuriser leurs chances. Avec leur match en retard qui se jouera en semaine contre Paris, cela n’est pas pour les avantager en plus. La fin de saison régulière risque d’être compliquée avec autant de concurrents qui les talonnent.  

 

Toulon (4) – Toulouse (12)                   33 – 23

La descente aux enfers

Après son échec en quart de finale de coupe d’Europe face au Munster, les Toulousains n’ont pas réussi à rebondir dans le championnat, au Vélodrome, dans un match capital pour espérer disputer les barrages.

Toulon, à l’inverse, s’est remis de sa désillusion européenne en assommant son homologue rouge et noir dans un match engagé et mieux maitrisé.

Les hommes de Mola ont pourtant dominé en première période sans faire la différence. Trop indisciplinés, Halfpenny en profitait au contraire pour prendre les devants, avant que les Varois ne les enfoncent en fin de match avec un troisième essai de Nonu. Le deuxième essai toulousain par Johnston sur le fil n’y changera rien.

Toulouse est douzième avec six points de retard, soit quasiment aucune chance de revenir dans la partie en cette fin de saison. Quant au RCT, l’avenir reste prometteur, avec quatre points d’avance sur le septième.

 

Racing 92 (7) – Pau (5)                              34 – 32

C’était moins une !

Le Racing s’est effondré en trente minutes après avoir mené 34-8, avec 4 essais de Rococoko, Imhoff, Tameifuna et Chavancy, perdant alors son bonus offensif et pas loin de perdre le match, si seulement Fajardo (remplaçant de Slade blessé) avait passé ses transformations (2/5).

Les Palois ont infligé un 24-0 au champion de France, inscrivant 4 essais (Moa, Votu, Buros et Ramsey) après celui de première période de Lespiaucq.

Malgré sa défaite, avec son point de bonus défensif, Pau prend la cinquième place, à hauteur de points de Castres et du Racing 92.

 

Bayonne (14) – Stade Français (10)              16 – 32

Les Basques ont rendu les armes

À Bayonne, on n'a décidément plus le cœur à se battre.

« La PRO D2 c’est par où ? Merci, nos armes c’est par là. »

Paris ne s’est pas fait prié pour saisir tout l’arsenal de leur adversaire et le retourner contre eux.

À la fin, ça a fait quatre essais à un, et donc un bonus offensif qui remet les Parisiens sur le chemin d’une réconciliation avec sa saison, après déjà une qualification inattendue en demi-finale de coupe d’Europe.

Et s’ils allaient plus loin ?

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Nos 11 candidats seront tous en meeting…

Seuls Clermont, La Rochelle et le Stade Français auront un peu la tête à l’Europe, leur demie les attendant en France la semaine suivante.

Pour les autres, il n’est plus question de laisser le moindre point à l’adversaire, et encore moins la victoire. À J-3, toute défaite pourrait être fatale.

 

À suivre cette 24ème journée, dès le samedi 15 avril avec :

  • Toulon – Castres, à 14h45 (C+ sport) : Un parfum de barrage, déjà.
  • Brive – Bordeaux, à 18h30 (r+) : c’est toi ou moi,
  • Stade Français – Pau, à 18h30 (r+) : dans la dynamique,
  • Grenoble – Clermont, à 18h30 (r+) : se racheter,
  • Lyon – La Rochelle, à 20h45 (C+ sport) : une occasion de rêver.

Puis, dimanche 16 avril :

  • Montpellier – Bayonne, à 12h30 (C+) : sans scrupule,
  • Toulouse – Racing 92, à 17 (C+) : pour l’honneur.

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02 avril 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°259

La parole n'est plus à la défense !

CHAMPIONS CUP... Quarts de finale                   Clermont – Toulon        29 – 9

Une défense toulonnaise à toute épreuve

Toulon accuse le coup…

Dimanche après-midi, dans la cour du Stade Marcel-Michelin, Clermont s’est mis dans la peau du procureur général pour mettre le triple champion d’Europe à la peine durant ce dernier quart de finale que chacun sur sa chaise aura pu juger d’un ennui « électrique ».

Une plaidoirie d’une heure pour arriver à prendre le contre-pied d’une défense redoutable, devant un parterre de 18000 jurés tout acquis à l’accusation du procureur clermontois.

Bafouillant son jeu, sous une pluie d’arguments qui lui glissaient entre les mains, le XV jaune et bleu a eu du mal à se faire entendre et comprendre, si bien qu’il a dû s’efforcer de se répéter, sans vraiment convaincre, dans une diction brouillonne, lui si éloquent d’habitude sur de longues séquences, avec souvent le dernier mot.

Mais la défense adverse semblait l’avoir perturbé outre mesure, tout juste capable de passer des points de pénalités sans parvenir à faire la différence, Halfpenny répondant en rime, pied pour pied, à Parra.

9 partout, balle au centre, le juge Barnes restait perplexe quand l’accusé varois accusait le coup d’avoir fait tant d’efforts à défendre, défendre, défendre.

Dans les tribunes, on avait sa propre idée du coupable, depuis quatre ans que l’ennemi juré était traqué pour vols à main armée et assassinats en bande organisée.

Et puis soudain, l’articulation parvenait enfin à trouver un écho dans l’enceinte auvergnate. Une verve de pick and go, lancée par Lamérat, relayée par ses avants pour contrer enfin cette défense, avec un argument de poids que Lopez passera sur son aile à l’insaisissable Nakaitaci pour l’essai de la gloire, transformé par Parra.

Il ne restait plus qu’à l’accusation d’insister là où ça fait mal, dans le box des 22, en multipliant les séquences d’arguments incisifs et claquer à la figure de la défense un drop majestueux pour clore les débats.

Quant au dernier mot, il reviendra à la jeunesse clermontoise, révélation de cette saison, relève des prochaines. Dans les dernières secondes, Penaud bénéficiait d’une offrande d’Abendanon pour filer dans l’en-but adverse après une course de 80 mètres et inscrire le deuxième essai pour une victoire plus éloquente encore.

Le juge délibérera sur la transformation de Parra. Toulon sera jugé coupable de défaite et d'élimination en coupe d’Europe. Il sera condamné à suivre les demi-finales depuis sa cellule, avec obligation d'exécuter des travaux forcés en TOP 14 pour espérer rejouer en Champions Cup à l’automne prochain.

Quant à Clermont, victime de son bourreau depuis quatre ans, c'est une délivrance. Il va pouvoir désormais jouir de sa demi-finale, le 23 avril prochain au stade de Gerland, contre un adversaire redoutable qui pourrait bien lui faire un procès de mauvaise intention devant son propre public.

 

Les autres matches en bref...

Munster – Toulouse                               41 – 16

Une illusion de courte durée

Toulouse n’a pas vraiment pesé dans ce quart de finale. Très vite pénalisé par un carton jaune pour une faute de Cros, la machine irlandaise en a aussitôt profité pour inscrire le premier essai et laisser les visiteurs à dix longueurs derrière durant presque toute la première mi-temps.

Par à-coups, les Toulousains ont donné l’impression de rivaliser, mais cela n’a jamais beaucoup payé sur leurs rares temps forts, tout juste de quoi revenir à quatre points à la pause.

En seconde période, les Irlandais ont repris le dessus par un second essai inscrit par Stander, consécutif à un classique ballon porté. Les Haut-Garonnais ont eu un sursaut juste avant l’heure de jeu quand Perez concluait une belle séquence offensive des siens. De quoi revenir à huit longueurs et espérer.

Une illusion de courte durée, car dix minutes plus tard, les Toulousains allaient sombrer sous la pression irlandaise et encaisser deux essais en fin de match, pour un score sévère, mais une victoire logique. Ils n’ont jamais vraiment fait le poids dans ce match.

Une fin de saison inquiétante pour le Stade Toulousain, déjà très mal embarqué pour se qualifier en phase finale du TOP 14. 

 

Leinster – London Wasps                       32 – 17

Le XV du Trèfe en force

Les Dublinois seront les prochains adversaires de Clermont en demi-finale. Une connaissance pour les Jaunards, deux fois défaits en phase finale par le passé, face à ces Irlandais, dont une fois à Bordeaux en 2012.

Les Irlandais n’ont jamais douté de leurs forces face aux Anglais, menés par leur maître à jouer, Sexton. Deux essais par mi-temps et un jeu au pied d’occupation ont suffi pour gérer un match dans leur antre de l’Aviva Stadium. Les Guêpes londoniennes ont réagi trop tard (avec deux essais) pour espérer renverser la tendance. Le Leinster était bien trop fort.

L’Irlande est la nation la plus représentée en demie avec quasi toute l’équipe nationale avec ses deux clubs majeurs. En demie, cela fera un beau France - Irlande à Gerland.

 

Saracens – Glasgow                      38 – 13

Sans surprise

Les Sarries ont doucement mais sûrement décroché leur place en demi-finale, en disposant des Écossais, d’abord par le pied de Farrell, histoire de s’installer dans la partie, et ensuite par un essai d’Ashton, juste avant la pause.

En seconde période, les Glaswégiens recollaient de suite au score par un essai de Jones, avant de lâcher prise à l’heure de jeu devant la supériorité de la ligne de trois-quarts anglaise. Bosh, Barritt puis une nouvelle fois Ashton entérinaient une victoire logique du tenant du titre, de nouveau le grand favori de cette compétition.

 

Les affiches des demies :

           Clermont        v      Leinster              à Gerland, Lyon

            Munster          v      Saracens             à l’Aviva Stadium, Dublin

 

Résultats de la Challenge Cup et affiches des demies:

        Ospreys – Stade Français    (21-25)     v     BathBrive                          (34-20)

        Édimbourg – La Rochelle       (22-32)    v     Gloucester – Cardiff            (46-26)    

 

Première demi-finale européenne pour les Maritimes !

Dans un stade de Murrayfield quasi vide, les Rochelais ont époustouflé de leur classe la première période de ce quart de finale contre Édimbourg, avec un Gourdon en feu, un Rétière explosif et un Broke James étincelant, pour un feu d’artifices d’essais à la pause. Le second acte aura montré leur résilience à subir et encaisser sans jamais sombrer, et surtout à finir en beauté avec une gestion parfaite des temps faibles. Chapeau l’artiste !

La Rochelle a décidément tout d’un grand, même hors de France.

 

Ils sont incroyables ces Parisiens !

À peine vendus à leur voisin sans leur avis, les voilà qui se rebellent et reprennent Jean-Bouin avant de se rendre au Millennium de Cardiff chez les Ospreys de maître Biggar, reboostés comme des gamins qui n’ont désormais plus peur de rien.

Et les Gallois ont vite été surpris par le culot de cette équipe qu’on disait au fond du trou, au bord du dépôt de bilan et qui a marqué la première avec un essai de Zhvania au bout de trente minutes. Menant à la pause, Paris n’aura pas froid aux yeux pour renforcer son avance chaque fois que les locaux marqueront, Lakafia puis Arias, répondant respectivement à Matavesi et Ardron, pour tenir une incroyable victoire, même en infériorité pendant la dernière demi-heure.

Paris est vraiment magique quand il joue là où personne ne l’attend.

 

Pas de miracle pour les Coujoux

La domination territoriale anglaise a été totale, Bath n’a pas eu à s’employer de trop pour marquer 5 essais et venir à bout des Brivistes qui n’avaient pas envie de laisser toutes leurs forces dans une bataille inégale. Seul le troisième ligne international Sanconnie a fait impression en sauvant l’honneur par un joli doublé. 

Brive pourrait ne plus rien avoir à jouer dans les mois à venir, une fois sûr de son maintien.


La semaine prochaine…

En avril, ne perd pas le fil !

A quatre journées du dénouement de la phase régulière de notre TOP 14, ce n’est pas le moment de sortir en slip et en tongs sur les terrains. C’est le coup de froid et une crève assurés !

Si les Rochelais sont les premiers qualifiés, avec un pied en demi-finale, derrière, ça bataille dur. Pour les trois dernières places notamment avec cinq prétendants dont Bordeaux et le Racing prêts à s’incruster au premier faux pas de Pau, Castres ou Toulon. Pour Clermont et Montpellier, la marge est encore confortable.

En ce qui concerne le maintien, la messe est quasiment dite. Bayonne et Grenoble pourraient être en PRO D2 dès ce week-end… et Paris, Lyon, Brive et Toulouse, en roue libre, voire en miraculés pour un petit barrage. Avec Paris, on peut rêver !

 

À suivre cette 23ème journée, dès le samedi 8 avril avec :

  • La Rochelle – Bordeaux, à 14h45 (C+ sport) : un coup de pouce du voisin ?
  • Bayonne – Stade Français, à 18h30 (r+) : à quoi bon s’accrocher ?
  • Castres – Lyon, à 18h30 (r+) : se donner de l’air,
  • Montpellier – Grenoble, à 18h30 (r+) : pour un pied en phase finale,
  • Clermont – Brive, à 20h45 (C+) : pour un pied en demie.

Puis, dimanche 9 avril :

  • Racing 92 – Pau, à 12h30 (C+) : et si on échangeait nos places ?
  • Toulon – Toulouse, à 17 (C+) : Qui va sombrer ?

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28 mars 2017

De quoi j'me mêle ! - Première édition par Philou

Et pourquoi je devrais fêter mes 50 ans, moi ?

Philou, quarantenaire à date proche d'expiration, nous offre son regard inspiré sur le dernier Tournoi des VI Nations, empreint d'histoire et de nostalgie, mais non sans une pointe d'humour et de déception. 

"De quoi j'me mêle!", le coup de gueule des lecteurs, une nouvelle rubrique à laquelle chacun de vous peut contribuer (sur proposition).

 

Eux, ils ne fêteront pas leurs 50 ans !!!!

Victoire 1967, un an avant le 1er Grand Chelem.

40 ans qu’on gagnait le tournoi les années en 7 :

1967, 1977, 1997, 2007

En 2017, la buche, la tuile, rien, nada. Ils auraient dû gagner. Pas le grand Chelem, faut pas rêver, mais la victoire. Celle qui nous permet de croiser un Rostbif sans baisser la tête. A le regarder dans les yeux en lui disant (sans lui dire) GOOD GAME enc……

Et là, une place de troisième, signe d’un échec annoncé. Rêvé par Bernie le presque dingue, nouveau président de la FFR et relayé par les média. 

Mais qu’a-t-il manqué à cette équipe de France ?

Un presque rien, un presque tout qui fait la différence.

En 1967, la grande année, la plus belle et je m’en rappelle ! L’équipe regroupait des pointures, des grands, des légendes : Spanghero, les Camberabéros, Gachassin (le tennsiman), Dauga en passant par Villepreux, Dourthe (le père) et le Capitaine Carrere, la CLASSE.  Ils gagnaient sans coup fait rire. Ceux-là même qui allaient remporter en 1968, le premier grand Chelem de l’histoire du XV de France.

C’est peut être ça qui a manqué cette année 2017, des pointures, des grands et la CLASSE.

En 1977, le grand Chelem en couleur. Ils étaient 15 guerriers. Pas des soldats de pacotilles. Des Guerriers, du style Tueurs à gages, des flingueurs de concours à tous les étages : 1ere, 2ème et 3ème ligne. L’esprit fantassins quoi. Cette année-là, ils sont partis à 15 et sont arrivés à 15. C’était leur destin. Une équipe de caractère.

Lisez bien, Paco, Paparamborde, Chollet, Imbernon, Palmier, Skrela (le père), Rives, Bastia. On s’arrête une minute pour reprendre notre souffle et apprécier la compo. Ces 8 de devant, une tuerie organisée. Le genre de type avec lesquels tu peux aller n’importe où sans problème. Les gars qui rassurent, qui verrouillent. A l’arrière, Fouroux, Romeu, Bertanne, Harize, Sangalli, Averous, Aguirre. Que du beau monde, pas un de plus, ce n’était pas nécessaire. Ils l’ont fait à 15.

Un capitaine, un vrai, Fouroux-Napoléon.  Et un anesthésiste, Chollet, le gars qui se chargeait des protocoles Commotions sur le Terrain. Demandez donc aux deux écossais, s’ils s’en souviennent (2 uppercuts et 2 KO).

Les fantassins du Grand Chelem 1977...

Seulement, de nos jours, il y a de moins en moins de techniciens pour le combat. L'esprit fantassin n'existe plus. Napoléon est mort depuis longtemps. Quant à l’anesthésiste, c’est un vieux souvenir.

A la place d’un protocole Commotion à la mode Chollet, on a droit à un protocole Commission à la sauce Atonio.  Il n’arrive pas à finir ce dernier match. Il ne restait plus que 20 minutes d’arrêt de jeu ! Et là, la tête du Pilar qui ne peut pas attendre, on le lit dans ses yeux, il fouette, il a la chiasse. Allez petit, les toilettes, c’est au bout du couloir à Gauche, le Cabinet Noir !

C’est sans doute ça qui a manqué cette année 2017, Un destin, Du caractère, L’esprit Fantassin et Napoléon.

1987, les 20 ans et nouveau Grand Chelem. Une équipe de grand (que Che L’aime) pour écrire l’histoire de la première Coupe du Monde (finaliste), emmené par un sélectionneur Fouroux, oui le même.

Des Avants de premier ordre, un capitaine Talonneur, non, je parle de Dubroca entouré d’Ondars et Garuche – des piliers du Sud Ouest. Un chanteur et un Poète. Celui qui disait : « Un pilier dans une mêlée, c’est comme un pilier de cathédrale. S’il s’effrite, c’est tout l’édifice qui s’effrite ». Et en parlant de Frites, il avait un sacré coup de fourchette la Garuche (1er joueur expulsé lors d’un match international pour une Fourchette sur un irlandais). Aujourd’hui, à les regarder, ils n’ont plus le coup de fourchette, et je ne leur demande même pas de monter des cathédrales.

A l’arrière, un Géant : BLANCO – l’instinct et le meneur, celui qui rassure, qui fait la différence.

Au centre, un Géant : SELLA - l’instinct et le meneur, celui qui rassure, qui fait la différence.

Et les autres, Berbizier, Mesnel, Charvet, Bonneval, Lafond. Du lourd, du très lourd.

C’était le French Flair des lignes arrière. 9 Essais en 4 matchs ! Bonneval (l’ailier, le père) en marque 5 dont 3 contre l’Ecosse. « La balle à l’aile, la vie est belle », ils disaient à la télé.

C’est évident, ce qui a manqué cette année 2017, Des géants, Un poète et le French Flair. Cette année la cabane est tombée sur le chien et le cochon est dans le maïs.

Grand chelem 1997 avec Olivier Merle...

Et que dire de ce tournoi 1997, un nouveau grand Chelem, le troisième de la lignée des années en 7.

Le feu d’artifice, 14 essais en 4 matchs. Je vous laisse faire la moyenne. Mais pour le coup, cette équipe n’avait rien de moyen. Commençons par le staff. Villepreux, Skrela, Maso. Eux aussi ont écrit l’histoire de la coupe du monde en 1999 – remember la ½ finale contre les blacks (42/31)…..

Villepreux inventait un truc, un machin qu’il appelle l’intelligence situationnelle.  Une idée pour dire aux joueurs d’essayer de réfléchir au lieu de réciter les gammes apprises à l’entrainement sans en avoir perçu le moindre sens. L’objectif était de jouer les 80 minutes du Match. Et quand je dis jouer, c’est attaquer. Et plus que de réfléchir, c’est arriver à jouer à l’instinct. C’est de créer l’incertitude chez l’adversaire. Celle qui déroute jusqu’à le faire déjouer.

L’équipe est sous le capitanat de Benazzi, à ses côtés ; l’homme et demi (Merle), Pelous, Charlie(Magne). On s’arrête là, n’en rajoutez plus, ça va faire des jaloux.

A l’arrière, du lourd, avec Galtier (le consultant de France 2), Ntamack (le père), Penaud (le père), dourthe (le fils), Castagnède (le saint),  LeFlammand (c’est son nom) et  Lamaison (le buteur, le vrai). Et je m’arrête là avant que ne sonne le Glas (c’était un joueur). Je n’en dis pas plus, la messe est dite. Nos amis anglo-saxons s’en souviennent.

C’est logique, ce qui a manqué cette année 2017, Jouer 80 minutes à l’instinct, de l’intelligence, un buteur et un homme et demi. Je ne parlerai pas du staff. J’ai trop de respect pour Noves. 

En 2007, Notre président Bernie était le sélectionneur de l’équipe de France. Pour le coup, le XV de France ne fera pas d’exploit en coupe du monde 2007. Rien de bien, même ce quart de final contre les blacks que j’estime un peu surfait par nos amis journalistes.

Cette équipe de France avait un système de jeu basé sur le jeu de devant avec des avants surpuissants, agrémenté de grands coups de gueule du manager. La psychologie à la mode Bernie, c’est dingue.

La doublette Nallet/Papé, des hommes de devoir, à l’ancienne, de la trempe des hommes de 77.

Une troisième ligne – Betsen, Bonnaire, Harinordoqui, et CavernMan (Chabal) enviée par nos meilleurs ennemis.

Chabal, celui qui fait mal. Il inspirait la peur sur un terrain de rugby. Le fils spirituel de Chollet.

Il est capable d’opérer sans anesthésie deux « Baby » blacks, Masoé et Ali William.  Masoe a vu 36 chandelles, William a mangé de la purée à la paille pendant quelques temps.

C’était ça l’époque Bernie, c’était ça.

Pour être honnête, les lignes arrière tenaient la route. Jauzion était le meilleur centre du monde. Dominici avait encore du jus, RORO représentait Montferrand et il y avait le fils de, en la personne de Skrela, David de son prénom. Ces joueurs avaient le niveau international.

Cette année-là, on gagne le tournoi sur le fil, au point « avérage », à la toute dernière minute du dernier match contre les écossais.

Sans doute, le capitaine (et actuel consultant France 2, encore un), Ibanez a su motiver, galvaniser cette équipe pour arriver à cette fin heureuse.

C’est possible, ce qui a manqué cette année 2017, faire peur à nos adversaires, CavernMan et quelques joueurs de classe internationale.

 

Et voilà, la boucle est bouclée. On est en 2017, Ils ont cassé la série et je ne comprends pas pourquoi. Ils devaient le savoir, c’est leur histoire, c’est dans leur gène, celui du rugby.

Mais ce qui a manqué à cette équipe c’est si peu, presque rien :

  • C’est peut être, Des pointures, des grands et la CLASSE.
  • C’est sans doute, Un destin, Du caractère, L’esprit Fantassin et Napoléon.
  • C’est évident, Des géants, Un poète et le French Flair.
  • C’est logique, Jouer 80 minutes à l’instinct, de l’intelligence, un buteur et un homme et demi.
  • C’est possible, faire peur à nos adversaires, CavernMan et quelques joueurs de classe internationale.

Et c’est beaucoup à la fois, un presque tout. Cet ensemble qui construit une équipe de FRANCE capable de gagner.

Certains me diront qu’il manquait presque rien à cette équipe. On y a cru à certains moments. Elle nous a fait vibrer, on y était presque, jusqu’à penser ne pas s’en prendre à ces referees de malheur. 

Il me semble qui lui manquait beaucoup. Tous ces petits « trop » et petits « peu » qui finissent par faire beaucoup.

  • Beaucoup trop d’erreur dans l’enjeu, dans le jeu, dans l’envie.
  • Beaucoup peu de Géants, de French Flair, de caractère, d’intelligence et d’instinct.

Moi, pour le coup, je suis comme un con en cette année 2017.

Je n’aurai pas de cadeau d’anniversaire pour mes 50 ans. Oui, je suis un vainqueur de 1967. Ils ont tout gâché.

Moi non plus je ne fêterai pas mon anniversaire cette année.

Pas envie, je le sens pas. Mon instinct me dit d’attendre, de jouer le jeu.

D’attendre et de voir s’ils ne vont pas inverser la tendance.

Qu’il se fixe un enjeu, un beau jeu et retrouve l’envie.

Qu’on retrouve notre French Flair et cette intelligence qui est notre instinct.

Que le staff français fasse éclore des Grands des Géants.

En 2018, on fêtera les 50 ans du premier Grand Chelem du XV de France (1968).
Et pourquoi pas rêver, le faire ce grand Chelem. Il faut qu’on se révolte comme en 68.

Pouvoir lever la tête en croisant un rosbif en lui disant (sans lui dire) …….

Ca y est, je commence à y croire. Je le sens, l’espoir renait. Putain on va y arriver.

J’ai une idée, je vais attendre l’an prochain pour fêter mon anniversaire.

Je le ferai avec les 68. On arrosera nos 50 ans et le 10ème grand Chelem.

La brève de Philou

 

Vous aussi, si vous souhaitez proposer un article, sur un coup de gueule ou ce que vous inspire l'actualité du rugby, contactez-moi sur ce blog.

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27 mars 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°258

Passage au leurre d'été

TOP 14... 22ème journée                   Stade Français – Toulon        17 – 11

Ensemble... pour combien de temps ?

Pas de printemps pour Paris !

Dimanche soir, alors que toute la France venait de perdre une heure, à Paris, le Stade Français Paris regagnait le cœur de tous ses supporters en battant Toulon.

"Mais non, mais non, le Stade Français n’est pas mort !"

Qu’on les entendait scander par centaine de... centaines, les Parisiens de Jean-Bouin, drapés de rose aux joues et en gradins, un peu de sang encore sur les mains.

Car s’ils viennent de gagner une seconde bataille, sur le terrain cette fois, en dehors, la guerre n’est certainement pas finie et les beaux jours pas encore pour demain.

Une semaine après, jour pour jour, une première victoire acquise de haute lutte contre l’envahisseur des Hauts-de-Seine, les joueurs et supporters du rugby de la capitale, intra-muros (à ne pas confondre avec celui intra-veinos des junkies de Colombes), semblaient renaitre des cendres de leur douzième place qui les éloignait un peu plus de l’idée de descendre, à 11 longueurs du premier relégable.

Oui mais… à l’image du non match face à une équipe varoise remaniée, la tête tournée au stade Marcel-Michelin pour un quart de finale de coupe d’Europe crucial, ces résultats, sur le terrain comme en dehors, ne règlent en rien le sort du Stade Français dans l’élite du TOP 14. Car sans repreneur, à la fin de la saison, il y a de fortes chances que le président Savare jette l’éponge et dépose le bilan. Ce qui conduirait le club à jouer certainement en Fédérale dès la saison prochaine. 

Si la fusion a eu l’effet d’un Fukushima sur la tête des Parisiens... 

au point de s’en émouvoir « outrageusement » (lire ici, et ça n’enchante que moi), qu’en sera-t-il alors du démantèlement de la fusion entre le « vieux » Stade Français et son cadet, le CASG Paris et leurs six Brennus ?

Autant de questions sans fonds et sans réponses pour un club et ses supporters qui voudraient rêver d’une nouvelle vie en Rose à Paris, avec un nouveau mécène plein aux as, et plein d’enthousiasme aussi, pour relever un tel challenge sportif et boucher le gouffre financier.

C’était l’enjeu, semble-t-il, dans les têtes en tribune, quand celles sur le terrain étaient tournées, pour quelques-uns, du côté du sud de la France ou outre-Manche, pour de nouvelles aventures. C'était le jeu, de séduction plus que d'une compétition tournée vers un maintien, néanmoins pas encore acquis.

Mais à Jean-Bouin, tous les acteurs sur le pré ont répondu présent, à l’appel au combat pour relever la tête et espérer. Les Français perdaient une heure de sommeil quand les Parisiens étaient à l'heure du réveil sportif !

Un début de match à cent à l’heure qui aurait pu assommer d’entrée une équipe toulonnaise légèrement remaniée (Guirado, Nonu sur le banc, Halfpenny au repos) et sans repère. Plisson concrétisait au pied la domination des siens qui ne parvenaient pas à passer la ligne en première période (12-3).

Stade Français Toulon 2017 (2)

Au retour des vestiaires, Waisea trrouvait le premier la faille pour voir Paris s’envoler au score (17-3). Mais le second acte était surtout marqué, côté parisien, par un manque de réussite au pied de Plisson, vendangeant 11 points, ainsi que par une incapacité des deux formations à tenir une mêlée qui poussa monsieur Charabas à sortir pas moins de 4 cartons jaunes.

Le match devint vite un combat de tranchée, à l’image de l’actualité, pour éviter de perdre le match et la face aux yeux du public et du rugby français. Les Parisiens se mirent à douter à l’heure de jeu quand Bastareaud déchirait leur rideau défensif pour inscrire l’essai varois. Plisson, incapable de tuer le match, ce sera en infériorité numérique et en serrant les fesses que les Parisiens tiendront le score et leur victoire, comme un premier signe d’espoir pour la suite.

Mais quelle suite pour ce Stade Français Paris ?

C’est là toute la confusion. En attendant, il y a un quart de finale de Challenge européen à jouer au Pays de Galles.

 

Les autres matches en bref...

Pau (6) – La Rochelle  (1)                      13 – 23

Les demies (quasi) en poche !

Les Maritimes ont signé leur 9ème victoire consécutive, leur 10ème match sans défaite depuis le mois de novembre, plus fort qu’un record pour un club au budget raisonnable pour ne pas dire modeste.

On pensait qu’au stade du Hameau où les Palois avaient enchainé une aussi belle série de victoires, portés eux aussi par une dynamique positive, les Rochelais allaient enfin tomber, sans grande conséquences pour leur première place.

Même pas ! James aux baguettes a offert quasi tous les points de ce match, auteur du premier essai et en réussite sur ses coups de pieds.

Pau a été puni en mêlée et n’a pas existé en seconde période, laissant filer la victoire, après l’essai de Amosa, jusqu’au port de La Rochelle où les Maritimes pouvaient déjà fêter leur participation à la phase finale, quoi qu’il se passe, avec une très très forte probabilité d’accéder directement aux demies.

Quelle équipe ! Et déjà, quel exploit !

Pau conserve malgré tout sa place dans le TOP 6, avec seulement trois longueurs d’avance sur ses premiers concurrents que sont le Racing et Bordeaux.

 

Racing 92 (8) – Clermont (2)                27 – 24

En deux temps et trois longueurs…

Le Racing 92, comme son voisin parisien avait besoin de se vider la tête après l’effusion médiatique de ces dernières semaines. Il avait aussi et surtout besoin de gagner pour revenir dans la course aux barrages.

En ouverture de cette 22ème journée, ce fut chose faite, dès la pause, menant 20-0 (bonus offensif en poche) face à une équipe clermontoise totalement remaniée, en vue de son quart de finale européen la semaine prochaine.

On pensait le match plié, mais c’était sans compter la réaction des hommes d’Azéma revenus sur le pré avec de toutes autres intentions. La seconde période fut également à sens unique, les Clermontois écrasant les locaux par un 24-3, bonus offensif annulant celui des Racingmen qui jusqu’au bout ont eu très très chaud.

Encore cinq minutes et la victoire changeait de camp. Heureusement, il n’en a rien été, monsieur Cardona, n’étant pas anglais, il n’y aura pas de temps additionnel conséquent.

Les Auvergnats repartent avec un point de bonus défensif non négligeable qui les maintient à la seoncde place et les tient à bonne distance (8 points) des Montpelliérains, défaits à Brive.

 

Brive (9) – Montpellier (3)                    28 – 25

Un match de Galala

À Brive, en général, on assiste à un concours de coup de pied que remporte toujours (ou presque) le buteur corrézien, Gaétan Germain.

Parti dans ce sens avec 7 pénalités contre 2 pour le montpelliérain François Steyn, les Coujoux semblaient mener le concours haut la main. Jusqu’à Cinq minutes de la fin où les visiteurs avaient décidé de jouer dans une autre cour, celle des marqueurs d’essais.

Après Dumoulin (28è), Nagusa (46è), c’est le talonneur Du Plessis qui surgissait classiquement d’un maul pour le troisième essai de l’après-midi, offrant un inattendu bonus offensif au MHR.

Mais dans le temps additionnel, les Brivistes allaient arracher une incroyable victoire grâce à un essai de Galala sur une ultime séquence offensive. Montpellier passait alors sur le fil, de 5 points à 1 seul, celui d’n bonus défensif amer.

Brive semble sur cette victoire avoir sauvé sa saison, et pourrait presque se frotter, pour de rire, à la course aux barrages.

 

Grenoble (13) – Castres (5)                   21 – 20

Mélé, en pilier !

4 pénalités et 3 drops de l’ouvreur David Mélé ont suffi aux Grenoblois pour disposer des Castrais, bien revenus pourtant en fin de match, avec un essai de pénalité qui les faisait passer devant, après un premier essai de Caballero à l’heure de jeu.

Un match en demi-teinte où les Tarnais ont accumulé trop de fautes avant de reprendre la main dans le second acte. Et puis il y a eu ce drop à la dernière minute… Mais quel drop !

Et dire que David Mélé ne devait même pas jouer. La blessure de Winiewski a rebattu les cartes au FCG dont la victoire remet du baume au cœur dans une actualité peu reluisante. A cinq journées de la fin, il ne reste plus d’autres choix à Grenoble que d’aller gagner à l’extérieur.

 

Bordeaux (7) – Toulouse (10)                20 – 11

Et puis Serin est entré…

Toulouse a pris d’entrée le match en main à Bordeaux, marquant son seul essai dès la 10ème minute par Médard et puis s’est petit à petit endormi sur ses bien maigres lauriers, menant 8-3 à la pause.

Les Bordelais, pas inspirés, à l’image de leur ouvreur irlandais Madigan, vont être totalement métamorphosés par l’entrée de l’enfant prodige, Baptiste Serin, à l’heure de jeu.

Et le jeu girondin retrouva l’usage de ses jambes, la défense toulousaine s’ouvrit, et les points se multiplièrent… Alléluia !

Trois pénalités de Serin suffirent à faire passer Bordeaux devant, un essai de Lesgourgues à priver Toulouse d’un point de bonus et du même coup de phase finale.

Car il va être très compliqué au Stade Toulousain de revenir dans la course aux barrages, à moins de remporter tous ses matchs. Il ne lui reste que la coupe d’Europe pour rêver… la semaine prochaine au Munster. Difficile d’y croire.

 

Lyon (11) – Bayonne (14)                        52 – 7

Bas les Basques !

Adieu Bayonne, on t’aimait bien… C’est avec beaucoup de Pena qu’on te voie quitter notre championnat, crois-nous. Mais là ! Y a plus rien à faire, plus rien à tirer de cette équipe qui n’a plus le niveau, ou qui ne l’a jamais eu.

Le Lou n’a fait qu’une bouchée de la brebis malade du TOP 14, tout comme Toulon il y a quinze jours.

7 essais à 1 … Lyon a sauvé sa peau… Ce sera dur d’aller les chercher pour Grenoble.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>



La semaine prochaine…

Montez dans les quarts, on se fait un tour d’Europe !

Et bonne nouvelle, il y aura un club français en demie. Puisque Clermont reçoit son rival toulonnais au Michelin, comme le Racing l’an passé, malheureux en finale.

Toulouse complètera le trio tricolore avec un déplacement périlleux chez les Irlandais du Munster. Pas sûr que les Toulousains, déjà en difficulté dans le championnat, crée l’exploit à Thomond Park, comme seul les Clermontois l'avaient fait dans le passé.

 

Au programme, samedi 1er avril :

  • Leinster – London Wasps, à 16h15 (beIN Sport)
  • Munster – Toulouse, à 18h45 (beIN sport)

Puis dimanche 2 avril :

  • Saracens – Glasgow, à 14h (beIN Sport)
  • Clermont – Toulon, à 16h15 (France 2)

 

En challenge Cup,

La Rochelle se déplacera à Édimbourg, vendredi soir 31 mars, à 21h (France 4)

Brive se déplacera à Bath, samedi 1er avril, à 13h45 (beIn Sport)

Le Stade Français se déplacera chez les Ospreys, dimanche 2 avril, à 18h45 (beIn Sport)

Gloucester recevra à Cardiff, samedi 1er avril, à 20h05 (beIn Sport)

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19 mars 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°257

Une effusion de cent... minutes !

VI NATIONS... 5ème journée                   France – Pays de Galles        20 – 18

99'55. Un jeu sans fin, par monsieur Barnes

Dure dure !

Pour faire durer, ça il a fait durer monsieur Barnes ! Et pas pour le plaisir du jeu mais bien pour l’agonie de nos Bleus qu’il a poussé à son paroxysme, en espérant une fin cruelle, le sadique… en vain !

Comme en coupe du monde 2007, et sur le même score, lors de ce quart de finale mémorable face aux All-Blacks à Cardiff.

Décidément, Wayne Barnes réussit à l’équipe de France, malgré lui.

Car on ne peut pas dire qu’il ait été impartial, au Stade de France, samedi, sans vouloir centrer cette brève sur l’arbitrage. Mais tout de même, il devient urgent de mettre les points sur les i avec les instances de World Rugby. Les arbitres britanniques n’aiment pas les Français et ils nous le démontrent à chaque fois, de manière un peu trop ostentatoire.

Comment ne pas être ulcéré par cette fin de match, en effusion de temps pour ne pas accorder un essai de pénalité criant. Monsieur Barnes a attendu vingt minutes une faute française qui n’est pas venue, accordant dans un bras hésitant l’essai évident que les Bleus sont allés chercher, plein de courage et de détermination, à leur risque et péril.

Parce que de péril il y en avait clairement un, tendu par des journalistes (à la botte de la fédération ?) depuis le début du tournoi, à coup d’analyses exclusivement négatives sur les performances du XV tricolore, cherchant à leur faire la peau, à saigner leur jeu, à prendre la patte de Novès au collet d'un échec de trop.

Les hommes et le staff de Guy Novès l’ont échappé belle !

Comme si dans l’oreillette de monsieur Barnes, c’était Bernard Laporte lui-même qui avait soufflé l’ordre de ne pas accorder cet essai de pénalité. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, les instances du rugby français œuvrent en coulisse, à coup de médias et leur « 5ème place catastrophique annoncée » ou encore d’entraineur (d’un certain cru) soudain disponible sur le marché. Mais qui l’eut cru, les Bleus ont gagné et sont troisièmes !

Le rugby en France marche sur la tête, la fusion du public au Stade de France avec son équipe contrastait samedi avec la fusion d’intérêts particuliers à la tête des deux clubs de la capitale.

L’argent, la performance, les résultats, les titres, voilà ce qui prime aujourd’hui dans le rugby.

Le plaisir, le jeu, le spectacle, la convivialité, l’identité, le partage,  tout cela semble bien secondaire pour la plupart des observateurs. Et pourtant depuis Guy Novès, en tribune, on commence à prendre du plaisir, à jouer, à s’enthousiasmer, à ressentir le jeu français, à exulter, comme sur cet essai de pénalité qui est arrivé samedi comme une délivrance. Pas seulement pour le résultat du match en lui-même, car il y a à redire, mais pour la page qui semble enfin se tourner.

Car oui, une nouvelle page de l’équipe de France est en train de s’écrire.

Ce tournoi en aura été le brouillon. Et je m’y connais en brouillon. C’est sale, c’est raturé, mais c’est riche d’enseignements et de matière à travailler. Y a plus qu’à réécrire, ou à recopier le « bon », comme ces vingt premières minutes face à ces Diables Rouges, et les vingt dernières face à ce diable de Barnes.

Comme contre les Irlandais, nos Bleus ont démarré parfaitement la rencontre avec des séquences offensives de toute beauté, jusqu’à cette 6ème minute où un petit coup de pied par dessus génial de Lopez atterrissait précisément dans les quatre bras de la paire de centres qui se disputaient la balle d’essai. Lamérat eut le dernier mot sans faire de faute.

Un premier signe encourageant. Et la France menait 10-0.

Et puis il y a eu cette expulsion pour dix minutes de Vakatawa pour un en-avant volontaire sur une défense salvatrice dans notre en-but. Première injustice de Monsieur Barnes quand on voit l’action à vitesse réelle, interprétable comme on veut au ralenti. Et aussi quand on sait qu’auparavant Davies n’avait pas été exclu pour la même action.

À 14 contre 15, les Bleus s’en sortaient pas trop mal, défendant parfaitement et explosant leur adversaire en mêlée fermée. Si seulement ils ne leur offraient pas des points aussi bêtement comme ce hors-jeu de Baille qui revenait en marchant devant le porteur de balle gallois.

Halfpenny passera tous ses coups de pied, de près comme de très loin. Monsieur Barnes lui offrant une troisième opportunité en mêlée juste avant la pause, histoire que le XV du Poireau reste dans son match (à monsieur Barnes).

Menant d’un petit point (10-9), les Bleus vont redémarrer tambour battant le second acte cumulant mauvais choix et petites erreurs comme on ne voudrait plus s’y habituer. Et pourtant, une pénalité sous les poteaux jouée à la main par Picamoles finissait en mêlée sur l’aile avec une pénalité renversée pour les Gallois. Rageant.

Des coups de pieds trop long ou trop court de la charnière rendaient trop de ballons qui revenaient en autant de munitions, jusqu’à ce petit coup de pied par dessus génial de Biggar (le berger répondant à la bergère) avec un faux rebond qui trompait la défense française mais fort heureusement ne se terminait qu’en simple pénalité pour Halfpenny. L’arrière toulonnais ne se privait pas pour donner l’avantage aux siens (10-12).

Et quand sur une mêlée dominée par nos avants, monsieur Barnes décidait qu’ils l’avaient volontairement tournée ( ?!), Halpenny ne s’est pas fait prier pour corser l’addition (10-15). Lopez réduisait alors le score sur un temps fort des Tricolores (13-15), mais le buteur gallois avait une nouvelle opportunité pour plaquage haut du pilier Atonio, tout juste entré (13-18).

Comme en fin de première période et comme contre les Irlandais, les Bleus cumulaient précipitation, maladresse et naïveté mais avec une défense de fer et une envie de bien faire, à l’image de Dulin, Gourdon, Picamoles et Nakaitaci, très actifs et toujours dans l’avancée, mais au dernier geste encore mal exécuté.

Et puis arriva l’effusion de la dernière minute, interminable, vingt minutes de grand n’importe quoi que Chouly conclura avec une explosion de joie simultanée de tout un groupe, tout un staff et tout un stade.

Le rugby français vient de trouver son équipe nationale, jeune, enthousiaste, un brin encore naïve et maladroite, mais avec un putain de courage et de cran, et une ossature (Dulin, Fofana-Lamérat, Serin/Dupont-Lopez, Picamoles-Gourdon, Vahaamahina, Guirado) très prometteuse.

Les Bleus finissent le tournoi à la troisième place, à hauteur de l’Irlande et des Écossais, respectivement deuxième et quatrième, quand les Gallois se retrouvent à l’avant dernière place, peu enviée. Est-ce pour autant qu’on parlera de crise au Pays de Galles ? Pas sûr.

Tout reste encore à bâtir, mais les fondations de Guy Novès sont là. Et je vois mal la fédération de Bernard Laporte changer son fusil d’épaule au risque de se tirer une balle dans le pied. Mais on ne s’étonne de rien aujourd’hui.

 

Les autres matches en bref...

Irlande – Angleterre                   13 – 9

Fin de série !

Il est l’heure de se renouveler pour le XV de la Rose. Après avoir surfé sur la vague de Lancaster, Eddie Jones va devoir désormais relancer la machine anglaise dans une nouvelle ère.

L’Irlande, comme avec les All Blacks à Chicago cet été, a mis fin samedi à la série des 18 victoires consécutives des Anglais, dans un match arbitré par un Français (Monsieur Garcès) qui n’a rien fait pour rendre la victoire des Rosbifs possible. Hihi !

Le XV du Trèfle a pu dérouler son jeu et son savoir faire, sans être systématiquement pénalisé par un monsieur Barnes du dernier Galles-Irlande (je sais, quand j’ai quelqu’un dans le nez), inscrivant le seul essai du match par Henderson en première période.

Les Anglais n’ont pas existé, sans doute saisis par l’enjeu, ou pas aidés dans le cours du jeu, Farrell n’inscrivant que trois pénalités dans tout le match et la ligne de trois-quarts ayant été muselée par une défense celte imperméable.

Loin d’un grand match, la victoire irlandaise remet les Anglais à leur place, avec un trophée tout de même, mais sans la saveur d’un Grand Chelem, et privés du trophée des Trois Couronnes. Hihi !

 

Écosse – Italie                          29 – 0

Bonus, fanni et cuiller de bois !

Rien n’y a fait pour cette Squadra Azzura. Ni le pied carré de Canna qui laissait 9 points en première période pour mettre les siens dans le match, ni l’infériorité numérique en deuxième qui voyait tous les temps forts italiens avortés par des mauvais choix et des fautes de mains.

Le match aurait pu être d’une toute autre facture si seulement cette équipe italienne avait fait preuve d’un minimum de lucidité et d’efficacité, notamment après tant d’efforts et d’application des avants sur leurs ballons portés.

Les Écossais, chez eux, n’en demandaient pas tant. Murrayfield jubilait gentiment quand Russel inscrivait le premier essai après trente minutes laborieuses de temps de jeu éprouvants qui venaient enfin à bout de la défense italienne. Dix minutes plus tard Scott doublait la mise et portait la marque à 15-0 pour le XV du Chardon à la pause, tout heureux de voir des Italiens maladroits.

Au retour des vestiaires, après un quart d’heure difficile, à défendre un temps à quatorze, les hommes de Cotter reprenaient les choses en main à l’heure de jeu, avec un coaching mieux armé que celui de son adversaire, talon d’Achille de cette Squadra Azzurra. Visser puis Seymour s’offraient chacun un nouvel essai pour le premier bonus offensif écossais dans ce tournoi qui leur permettait de bien finir dans ce tournoi, à la quatrième place derrière les Français.

Tandis que l’Italie, fanni, à l’image de sa compétition, décroche pour la septième fois de sa vie dans le VI nations la Cuiller de bois avec laquelle elle va devoir ramasser les débris de tout ce qui n’a pas marché dans le jeu insufflé par leur nouveau coach, Conor O'Shea.

 

1-Angleterre, 19 (+65) – 2-Irlande, 14 (+49) – 3-France14 (+17) – 4-Écosse, 14 (+4)  – 4-Pays de Galles, 10 pts (+16)  – 6-Italie, (-151).

 

Du côté de nos Bleuets...

France – Pays de Galles          40 – 20

Une victoire d’argent !

À Montauban, vendredi soir, nos jeunes Coqs ont fini en beauté ce tournoi qu’ils avaient mal commencé. Une victoire bonifiée qui les place juste derrière les Anglais, auteur d’un Grand Chelem phénoménal après leur cinquième victoire en Irlande (10-14).

Un point de bonus offensif que nos Bleuets sont allés chercher avec les dents, du talent et du culot, après avoir été menés 13-0 d’entrée de jeu. Six essais, deux en première période (par la charnière Couilloud et N’Tamack), puis quatre en seconde (par Roumat, Uberti, Cros et Millet), qui soufflent la deuxième place aux Gallois, troisième avec comme les Français, deux défaites au compteur.

Les Italiens ferment la marche du tournoi des U20, comme leurs ainés, avec une sévère cuiller de bois.

 

Et de nos Bleues…

France – Pays de Galles                   39 – 19

Un bonus et un podium !

Les filles n’ont pas eu la même peine que les gars pour venir à bout de modestes Galloises.

En moins de 80 minutes, elles ont même obtenu le bonus offensif grâce à quatre essais de Audrey Forlani, Caroline Ladagnous, Caroline Boujard et Jessy Tremouliere.

Les Bleues finissent à la troisième place derrière les Anglaises (championnes) et les Irlandaises, exactement comme chez les hommes. Quelle parité !

Et maintenant place à la préparation de la Coupe du monde, au mois d’août en Irlande.

 

En gros, la 21ème journée de TOP 14…

La Rochelle (1) – Brive (10)                               36 – 17

Clermont (2) – Pau (5)                                       65 – 13

Grenoble (13) – Toulon (4)                                23 – 23

Bayonne (14) – Bordeaux (8)                            24 – 20

Toulouse (7) – Lyon (11)                                    42 – 26

Castres (6) – Stade Français (12)                     reporté

Montpellier (3) – Racing 92 (9)                        reporté

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Le temps d’infuser et…

Tu avales ou tu jettes. Ils ont décidé de la jeter et c’est tant mieux.

La fusion entre le Racing et le Stade Français n’aura pas lieu !

Tout ça pour ça ! … Une semaine d’effervescence, de manifestations en Île de France, avec des cœurs brisés, deux matches « curieusement » reportés par la LNR et des espoirs de sauvetage envolés.

C’est dans ce contexte qu’a débuté cette 21ème journée fiction qui a fait trembler tout le monde du rugby français, et particulièrement dans deux coins de la France.

À Bayonne, on s’est démené pour battre des Bordelais, pourtant en manque de points. Quand à Grenoble, on n’a pas eu le temps de rêver puisque Lorenzetti et Savare avaient annoncé l’annulation de leur projet avant que les Toulonnais n’arrivent au Stade des Alpes. Les Isérois ont arraché néanmoins un nul qui les rapproche à 11 longueurs de Paris.

Et si le club parisien ne se relevait pas de ce coup de théâtre de leur président ? Grenoble peut y croire.

La veille, les deux leaders n’ont pas fait dans la dentelle, écrasant leurs adversaires avec bonus offensifs, quand Toulouse renouait avec une victoire qui lui échappait jusque-là, même à domicile.

Rien ne va plus, dans ce championnat, faussé, hasardeux, comme un casino.

Tous les résultats officiels du week-end >>


La semaine prochaine…

22… rev’là le TOP 14 !

Le championnat reprend son cours normal, après son psychodrame sur la fusion parisienne et ses doublons pendant le tournoi des VI nations.

Place à la 22ème journée, avec une nouvelle donne. Grenoble et Bayonne ne sont pas encore sauvés. Et le Stade Français, comme le Racing 92, pourraient ne pas se relever de cet épisode, sur le terrain comme au classement.

 

À suivre dès le samedi 25 mars avec :

  • Racing 92 – Clermont, à 14h45 (C+ sport) : gravir la montagne.
  • Pau – La Rochelle, à 18h30 (r+) : rêver de podium,
  • Lyon – Bayonne, à 18h30 (r+) : pour un maintien assuré,
  • Grenoble – Castres, à 18h30 (r+) : et si ça suffisait ?
  • Bordeaux – Toulouse, à 20h45 (C+ sport) : à élimination directe.

Puis, dimanche 26 mars :

  • Brive – Montpellier, à 17h (C+) : pour se mêler au peloton,
  • Stade Français – Toulon, à 21h (C+) : dans quel état d’esprit ?

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12 mars 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°256

Dure Rome, d'la balle... des essais nom de Dieu !

VI NATIONS... 4ème journée                   Italie – France        18 – 40

Soldat Louis, auteur d'un essai !

Tout n’a pas été parfait, loin de là !

Mais à Rome, samedi après-midi, nos Tricolores ont tout de même retrouvé des couleurs dans leur jeu. Si si !

Le bleu de chauffe qu’il a fallu remettre après avoir encaissé un essai au bout de deux minutes, par le capitaine de la Squadra Azzurra, Sergio Parisse.
On ne pouvait pas plus mal démarrer, avec un Serin inhabituellement lent et peu inspiré
(il se reprendra après vingt minutes de flottement).

Le blanc du fil des relances cousu par un Brice Dulin flamboyant et déclencheur du premier essai de fickou, de grande classe, avant que l’arrière français n’achève lui-même, sur le fil, avec une détermination sans faille, le festival d’essais tricolores, pour une victoire bonifiée réjouissante. Entre temps, Vakatawa (48è) puis Picamoles (67è) avaient chacun surgi tout en puissance pour renverser deux fois la défense locale.

Le rouge des boulets que l’on n’a pas fini de tirer sur ces Coqs qui s’aviseraient à chanter trop tôt, avant le lever d'un jour nouveau du rugby français que personne ne voit ou ne veut voir poindre. Parce qu'au fond, ce n’était que les Italiens en face, la plus faible équipe du tournoi, que certains voudraient voir recalée au tournoi B avec la Roumanie et la Géorgie.

Et pourtant, réveillez-vous, le soleil point … COCORICOOOO !

Toutes les nations, que ce soit le Pays de Galles, l’Angleterre, et même l’Irlande, ont buté (plus ou moins longtemps) face à cette coriace (et dure à jouer) équipe italienne. Et il n’est pas négligeable de souligner que l'équipe de France s’en est finalement mieux tirée que les Anglais et les Gallois, ces derniers n’ayant même pas obtenu le point de bonus.

Alors, si rien n’est encore fait ou que tout reste encore à faire, d’ici le prochain tournoi ou 2019 (à commencer samedi prochain face à ces Diables de Gallois, pour figurer à une honorable 2è ou 3è place), rien ne m’empêche, moi, en ce dimanche ensoleillé, de m’enchanter de cette victoire.

Avec une petite chanson comme un clin d’œil à Picamoles, notre « Soldat Louis », encore héroïque samedi, ou à Guirado, capitaine courage au talon, qui tient, bon an, mal an, les rênes de ce XV tricolore.

Hello ! cap'taine fait parler ton talon
Et reste bien au chaud quand on tient le ballon
Nous c'est notre peine qui nous coule sur le front
Alors tiens bien les rênes, tu connais la chanson

Dure Rome, d’la balle, des essais nom de dieu
Un Kevin Gourdon pour valser tant qu'on veut
À Rome d’la balle c'est ça qui rend heureux
Dulin nous emporte on n'a rien trouvé de mieux
Oh oh oh oh on n'a rien trouvé de mieux

Ça fait une paye qu'on n'a pas touché terre
Et même une paye qu'on rêve de défenses en gruyère
Tant pis pour celle qui s'pointera la première
J'lui démonte la passerelle, la cale, la dunette arrière

Dure Rome, d’la balle, des essais nom de dieu
Un Gaël Fickou pour valser tant qu'on veut
À Rome d’la balle c'est ça qui rend heureux
Dulin nous emporte on n'a rien trouvé de mieux
Oh oh oh oh on n'a rien trouvé de mieux

C’est moi, ou je ne vous entends pas ? :-)

 

Les autres matches en bref...

Pays de Galles – Irlande                   22 – 9

Aux Diables vos Verts !

Le XV de Trèfle archi favori, voilà ce que je prônais dans ces Brèves les semaines passées. Seulement au jeu des pronostics, la logique, la forme, l’expérience, le mérite ne sont pas toujours de mise au rugby.

Les Irlandais étaient les plus forts vendredi soir en ouverture de cette quatrième journée du tournoi. Mais les Gallois étaient bien les plus mordants, les plus déterminés… et les plus chanceux aussi.

Parce que les hommes verts de Schmidt ont pris le match en main d’entrée, avec beaucoup de mouvements et d’envie mettant à mal la défense galloise qui s’en tirait bien avec seulement trois points de retard.

Et puis tout a semblé basculer pour les Irlandais, à l’image de leur maitre à jouer, Jonathan Sexton.

À peine le temps d’un protocole commotion pour l’ouvreur celte et North déboulait de nulle part pour inscrire le premier essai. De retour sur la pelouse, il n’avait pas fini d’être K.O quand monsieur Barnes lui collait un carton jaune pour anti jeu sur un temps fort gallois.

8-6 à la pause pour les locaux, les Irlandais allaient payer cher l’absence de leur ouvreur, North profitant encore d’un temps fort pour inscrire un doublé sur son aile. Halfpenny transformait et le XV du Poireau prenait le large (15-6).

Sexton de retour pour la troisième fois, réduisait la marque par une pénalité supplémentaire (15-9). Alors que le pressing irlandais était à son comble, en fin de match, ce même Sexton se faisait contrer dans ses 22 et offrait le troisième essai au vieux roublard de Roberts, tout juste entré. Une soirée cauchemardesque pour l’as de trèfle, pourtant extraordinaire dans son animation du jeu jusque-là.

À deux doigts d’inscrire le quatrième essai du bonus offensif, les Diables Rouges corrigeaient les hommes de Schmidt, verts de n’avoir pas su maitriser ce match.

Dans la foulée, l’Angleterre avait désormais son destin entre les mains pour remporter le tournoi, dès cette journée. Et elle n’allait pas s’en priver.

 

Angleterre – Écosse                          61 – 21

Un Chardon sans piquant

Le XV du Chardon, déjà privé de son capitaine emblématique Laidlaw et de quelques cadres (Strauss, Maidland), n’allait pas rivaliser bien longtemps avec un XV de la Rose au complet et à qui tout réussi, qui plus est, emmené samedi à Twickenham par un Joseph flamboyant.

À peine deux minutes de jeu, les défections allaient se succéder à une allure hallucinante. Un premier carton jaune pour le talonneur calédonien Browne laissait les Écossais à 14 d’entrée, le temps pour Joseph de transpercer leur défense sans résistance.

Dix minutes plus tard, c’est au tour de Hogg, le joueur providentiel de ce XV du Chardon, de sortir pour commotion. Il ne reviendra plus. Quand son remplaçant, Bennett se bessait à son tour. Cotter pansait les plaies de son équipe comme il pouvait en décalant son demi de mêlée à l’aile pour faire entrer son suppléant. Rien d’idéal face à une machine à marquer qui n’en demandait pas tant.

Joseph se remettait en action, insaisissable pour son doublé, dès la 25ème minute. 20-0. Il n’y avait déjà plus de match. La suite sera une démonstration de force et d’efficacité d’un côté, de courage (vain) de l’autre. Sept essais anglais dont un triplé de Joseph et un doublé de Care, pour une victoire bonifiée, synonyme de trophée du tournoi.

Mais reste aux Anglais à décrocher le Grand Chelem et le trophée de la Triple Couronne, à Dublin. Rien d’acquis. Sans parler de la pression d’une 19ème victoire anglaise consécutive qui battrait ainsi le record des All Blacks auquel les Irlandais avait mis fin à Chicago.

Les Irlandais comptent bien rejouer les trouble-fête. Cela promet un beau duel entre les deux meilleures formations d’Europe. Ringrose face à Joseph, on ne demande qu’à se régaler.   

1-Angleterre, 18 (+69) – 2-Irlande, 10 (+45) – 3-France10 (+15) – 4-Pays de Galles, 9 pts (+18)  – 5-Écosse, (-25)  – 6-Italie, (-122).

 

Du côté de nos Bleuets...

Italie – France                   13 – 18

Sur les pas des grands.

Vendredi après-midi, au sud de la Sardaigne, du côté de Cagliari, les Bleuets ont décroché eux aussi leur deuxième victoire du tournoi.

Ça n’a pas été facile face à une jeune et talentueuse Squadra Azzurra. Cela faisait même longtemps que nos petits Coqs n’avaient pas déjoué les Italiens chez eux. Une belle opération.

Le match a mis longtemps à se lancer avant que nos Bleuets ne passent l’en-but les premiers. Par deux fois en première période, à la 28ème par Dufour sur un ballon porté plein d’autorité, puis à la 33ème par Boniface en force. La deuxième période a vu les italiens revenir très rapidement avant que le pied de N’Tamack ne gère la maigre avance jusqu’au terme d’un match peu emballant.

Reste plus qu’à bien finir, face aux Gallois pour décrocher une troisième place, peu glorieuse, mais pas catastrophique… comme leurs ainés, en fait.

Tandis que les Anglais devraient décrocher leur grand chelem chez les Irlandais.

 

Et de nos Bleues…

Italie – France                   5 – 28

Sans forcer !

À Parme, dimanche après-midi, les Féminines ont déroulé leur victoire bonifiée en un seul acte, laissant les Italiennes fanni à la pause (0-25).

Quatre essais tricolores (Ladagnous pour un doublé, Ménager et Poublanc) de belle factures qu’a payées cher la défense sous pression de la Squadra Azurra.

Au retour des vestiaires, il ne s’est rien passé avant que les Italiennes ne sauvent l’honneur à dix minutes du terme. Un deuxième acte terne où les Bleues n’inscriront que trois petits points.

Les Filles sont toujours dans la course pour la troisième place qu’elles se disputeront contre les Galloises. Tandis qu’une vraie finale se prépare à Dublin pour un Grand Chelem entre Irlandaises et les Anglaises.

 

En gros, la 20ème journée de TOP 14…

Racing 92 (7) – La Rochelle (1)                         15 – 38

Clermont (2) – Montpellier (3)                          19 – 28

Pau (4) – Castres (5)                                          18 – 12

Toulon (6) – Bayonne (14)                                 82 – 14

Brive (9) – Toulouse (10)                                   21 – 19

Bordeaux (8) – Grenoble (13)                            46 – 14

Lyon (11) – Stade Français (12)                         35 – 33

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Le jeu du grand écart

La Rochelle, étonnant encore à l’extérieur, chez le champion de France, après Ernest-Wallon, n’en finit pas de creuser l’écart avec ses poursuivants, solide leader 8 points devant Clermont, lui-même rattrapé à grands pas par son adversaire du jour, Montpellier, qui s'est offert le luxe d'aller glaner le bonus offensif au Michelin, revenant à 3 longueurs d'une place en demie. Rien que ça !  

De leurs côtés, les trois autres barragistes, Pau, Castres et Toulon ont fait le trou avec des prétendants à la traîne, comme le Racing 92, Bordeaux, Brive et Toulouse, 6 à 8 points derrière. Pourtant les Bordelais ont repris du poil de la bête en gagnant à Grenoble, et les Toulousains n’étaient pas loin de faire un coup à Brive. Mais que ça va être dur d’aller chercher cette qualification aux phases finales.

Tout comme pour Grenoble d’aller chercher Paris ou Lyon, avec 13 longueurs de retard. Ça sent la PRO D2 pour les Isérois quand les Basques y sont déjà dans leurs têtes, après la claque monumentale prise à Toulon.

Tous les résultats officiels du week-end >>

    

La semaine prochaine…

Le tournoi nous livrera son verdict…

Les Anglais feront-ils le Grand Chelem ?

Nos Bleus prendront-ils une deuxième ou troisième place, toutefois logique ?

Les Irlandais n’ont pas l’intention de laisser la Triple Couronne aux Rosbifs, chez eux à Dublin, et auront à cœur, comme contre les All Blacks à Chicago, de stopper l’élan de leurs 18 victoires consécutives.

On se doute que les Gallois voudront bien finir leur tournoi au Stade de France, pour une troisième place honorifique et encourageante, comme pour nos Tricolores.`

Quant aux Écossais, c’est l’infirmerie pleine qu’ils aborderont leur dernier match face à des Italiens qui ne voudront pas de la cuiller de bois. De quoi rééquilibrer les forces.

Que de matchs qui promettent du spectacle et de l’engagement, à ne pas manquer !

 

A suivre samedi 18 mars sur France 2 :

  • Écosse – Italie, à 13h30
  • France – Pays de Galles, à 15h45
  • Irlande – Angleterre, à 18h

 

Pendant le même temps, le TOP 14 souffrira d’un nouveau doublon pour sa 21ème journée, toujours aussi cruciale, plus on se rapproche des phases finales.

Et ça se passera dès le samedi 18 mars avec :

  • Bayonne – Bordeaux, à 18h30 (r+) : le sursaut bordelais ?
  • Castres – Stade Français, à 18h30 (r+) : retrouver le podium,
  • La Rochelle – Brive, à 18h30 (r+) : toujours plus haut,
  • Clermont – Pau, à 18h30 (r+) : plus près des demies,
  • Montpellier – Racing 92, à 20h45 (C+ sport) : enterrer le champion.

Puis, dimanche 19 mars :

  • Toulouse – Lyon, à 12h30 (C+ sport) : plus le choix,
  • Grenoble – Toulon, à 17h (C+) : deux destins opposés.

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06 mars 2017

Les brèves d'Ovalie - Edition n°255

Bref, j'ai rien vu !

TOP 14... 19ème journée 

La Rochelle, toujours plus haut !

Monsieur le lecteur des Brèves d’Ovalie,

« Notre chroniqueur, ayant été en balade tout le week-end, après avoir été pris d’effroi lors du dernier Irlande-France à Dublin, n’a pu se rendre à la colle du TOP 14, samedi et dimanche.

Nous vous présentons nos plus plates excuses, qui valent bien, au demeurant, ses plus plates Brèves à lui, pour son devoir qu’il n’a pu vous rendre ce lundi.

À savoir, un commentaire composé que vous lui aviez demandé sur les thèmes suivants :

Le miracle de la première victoire des Grenoblois cette année (enfin !) qui, par la poisse qui leur colle toujours aux basques finalement, n’a pas servi à grand chose puisque tous leurs prédécesseurs ont gagné.

Le Pau monstre chez les Basques qui n’ont pas réussi pour autant à faire la peau à ces collants palois.

La gueule du Lou qui peut tout avaler à la table de Gerland.

La gueule de bois des Bèglais et l'appétit insatiable des Parisiens qui ont vidé la bouteille des derniers espoirs de Bordeaux pour accompagner leur Jean-Bouin fumé.

Le Tsunami des Maritimes qui a englouti Ernest-Wallon
et vingt ans de rugby de la ville rose.

Le flegme des Coujoux à Amédée-Domenech que rien ne semble ébranler, pas même ces fantomatiques mercenaires venus de la rade de Toulon.

Et enfin, la formidable ascension du Castres Olympique, quarante jours avant Pâques, alors qu’on l’avait crucifié un peu trop tôt dans la quête du graal de Brennus. 

Avec nos sincères élucubrations,

les tuteurs d’Antonio »

 

En bref, voici les résultats...

Bayonne (14) – Pau (5)                           25 – 25

Grenoble (13) – Racing 92 (7)               19 – 10

Lyon (12) – Montpellier (4)                    16 – 3

Stade Français (10) – Bordeaux (11)     32 – 9

Brive (9) – Toulon (6)                            15 – 5

Toulouse (8) – La Rochelle (1)             21 – 27

Castres (3) – Clermont (2)                   26 – 16

   

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

Un seul chemin mène à Rome !

Celui que prendront les Gaulois bleus de Guy Novès pour aller fumer le XV de la Squadra Azzura dans le cadre de l’avant dernière journée du tournoi des VI nations.

Quand les Gitans du TOP 14 (avec filtre... des internationaux) prendront les routes de France à l’heure H pronée par la FFR, pour se rouler un doublon et se tirer la bourre dans un championnat de plus en plus enfumé par la nouvelle fédération.

Les Bleus iront chercher à la fois un résultat et la manière pour se rassurer, avant de finir en beauté contres les Gallois rouges au Stade de France.

Vendredi soir, les Irlandais auront la lourde tâche de l’emporter au Millennium, dans une ambiance d’enfer contre les Diables rouges, s’ils veulent espérer jouer une éventuelle finale contre les Anglais à Dublin. Encore faudra-t-il que les Rosbifs se défassent des redoutables Écossais à Twickenham, samedi.

 

A suivre à partir de vendredi soir 10 mars sur France 2 :

  • Pays de Galles – Irlande, à 21h

Puis samedi 11 mars… toujours sur France 2 :

  • Italie – France, à 14h30
  • Angleterre – Écosse, à 17h 

 

Côté TOP 14, ça démarre samedi 11 mars avec :

  • Toulon – Bayonne, à 18h30 (r+) : pour du réconfort,
  • Bordeaux – Grenoble, à 18h30 (r+) : au moins se maintenir,
  • Lyon – Stade Français, à 18h30 (r+) : s’éloigner de la zone rouge,
  • Brive – Toulouse, à 19h (C+ sport) : enfoncer le clou,
  • Racing 92 – La Rochelle, à 21h (C+ sport) : honorer son statut.

Puis, dimanche 12 mars :

  • Pau – Castres, à 12h30 (C+ sport) : barrage à blanc,
  • Clermont – Montpellier, à 17h (C+) : faire le trou.

Posté par NewZeland2011 à 09:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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