En toute liberté d'expression !

TOP 14... 16ème journée,             Toulon  Racing Métro      32 – 23 

Toulon Racing 2015

Plus corrosif qu’à Mayol, tu meurs !

Quelle journée de TOP 14 ! … 39 essais ! ... Plus de 5 en moyenne par match... Hou !

A l’image de toute la France, frappée par la terreur de trois barbares durant trois jours, le rugby français s’est levé d’un seul quinze pour exprimer son indignation, sa solidarité et sa détermination à préserver sa liberté d’expression, au son de marseillaises exultées en tribunes à donner le frisson.

« Nous sommes tous Charlie ! », le message est passé.

« Je suis rugby… total ! », la seizième journée a aussi parlé.

Et c’est à Mayol, chez l’éditeur de BD célèbre qu’est Mourad Boudjellal, que le rugby français s’est exprimé dans toute sa palette de couleurs, de l’engagement, du beau jeu et du suspense, dans une liberté totale, presque caricaturale.

Parce que Charlie, Parce que Toulon ne faisaient qu’un…

Parce qu’il il y avait des gueules de bande dessinée sur le pré, à la Botha ou Lavanini, deux deuxièmes lignes qui se sont faits sacrément « face ».

Parce qu’il y a eu des gestes de globe-trotters à la Hernandez ou Giteau, génies qui manient le ballon comme d’autres le crayon sur le papier, en figures élégantes et incisives.

Et puis il y a eu surtout des essais. Six ! …

Comme six planches de dessinateurs de renoms que l’on n’est pas prêt d’oublier illustrant un jeu bête et méchant, parfois provocateur ou irrévérencieux qui frappent les consciences derrière l’en-but de ses adversaires.

Quatre essais toulonnais croqués par des talents que l’on avait cru voir mourir à Paris, à Jean-Bouin, et qui ont ressuscité samedi dans l’antre de Mayol.

Le premier par Halfpenny, l’air cabusien, le grand Duduche, buteur naïf et utopiste qui n’avait pas marqué jusque-là. Son premier essai servi génialement par une sautée de Giteau après une action d’envergure dès la 5ème minute menée par le non moins génial Hernandez qui a fait impression pour sa première en TOP 14.

Le second par le troisième ligne Smith, au grattage charbesque, le trait cabossé, volontiers bête et méchant, la force de l’irrévérence dans les rucks mais toujours debout. Au quart d’heure de jeu, il charge le dernier après un pilonnage de la défense francilienne. Le coup fait mouche.

Le troisième arrive dix minutes plus tard, par Habana, le plus Tignousien de la bande, ailier élégant et féroce au trait filiforme, la jubilation de l’éternel gamin prêt à tout pour marquer. Il est servi sur son aile par Giteau, une nouvelle fois décisif. Pour la première fois Halfpenny ne transforme pas.

Alors que le bonus offensif sourit aux hommes de Boudjellal, un artiste oublié du camp adverse, Andreu, s’illustre brillamment tel Honoré sur sa planche, slalomant dans la défense varoise, et contrariant la une des toulonnais.

22-10 à la pause. Les varois se font cueillir à nouveau dès le retour des vestiaires par une croisée entre Laulala et Roberts qui file tout droit inscrire le second essai francilien, un autre oublié très honoré de s’illustrer à son tour.

Le Racing revient à deux points des toulonnais après une nouvelle pénalité.

Le quatrième essai du dernier talent toulonnais viendra à l’heure de jeu par le stratège de cette équipe, l’ancien, le Wolinski, espiègle, rusé, le geste souple aux lignes amples comme des sourires, celui qui ne lâche rien, qui ne pense qu’à ça, l’obsédé de la gagne, Giteau. En force depuis la ligne des 22, il enfonce la défense et aplatit avec détermination.

La dernière pénalité de Dambielle ne changera rien à la victoire locale même si les deux équipes ont joué jusqu’au bout pour décrocher un bonus, en vain.

Un match à rebondissements et en miroir, à l’image du score, entre des adversaires qui ont envoyé du jeu, et du beau, une mi-temps chacun.

Deux équipes que l’on devrait retrouver logiquement en demi-finales des phases finales dans les desseins qui les attendent.

 

En bref…

39 essais ! … Quelle journée extraordinaire, je vous disais !

Les deux leaders ex-aequo ont ouvert et fermé respectivement cette 16ème journée de manières les plus prolifiques, chacune avec un bonus offensif.

7 essais du côté de Jean-Bouin où le Stade Français  a atomisé  l’ex et du coup futur relégable du championnat, Castres, défait sans concession (49-13), avec un triplé de Parisse et un Camara époustouflant dans ses relances.

6 essais contre 1 ! et encore monsieur Chalon aurait du accorder au moins deux essais évidents aux parisiens.

Du côté du Stade Marcel Michelin, le record a été battu avec 9 essais même si Clermont n’en a pas plus inscrit que les parisiens face à un Brive qui a eu du répondant dans le derby du Massif Central (44-20).

Un match qui s’est emballé en seconde période avec une domination territoriale indiscutable. De bon augure pour la quinzaine européenne.

En haut de tableau, Bordeaux revient à un point des racingmen à la cinquième place après sa victoire assurée mais non bonifiée contre Grenoble pourtant auteur d’une belle entame (34-16).

Les isérois restent cependant dans le TOP 6 à une petite longueur de Toulouse qui a du batailler pour venir à bout d’un surprenant La Rochelle (29-26), les rochelais arrachant un bonus sur la sirène quand les toulousains manquaient le leur.

En bas de tableau, Oyonnax et Bayonne ont respectivement pris le meilleur sur Montpellier (20-13) et Lyon (23-22), non sans mal pour les basques.

Quant aux montpelliérains, la méthode White semble avoir ses limites hors de ses terres, car si le groupe va mieux le jeu lui semble regretter son prédécesseur.

Les rochelais et les castrais ferment à nouveau la marche derrière des brivistes et lyonnais qui leur mettent la pression avec un match à domicile à venir chacun.

Tous les résultats officiels du week-end >>

  

La semaine prochaine…

Place à l’Europe !

Quatre clubs sont encore en lice pour la Champions Cup, avec leurs destins en mains : Toulon, Clermont, Toulouse et le Racing Métro.

On est tous derrière vous ! …

Si seulement les montpelliérains pouvaient se joindre à nous dans ce soutien en privant de points les concurrents des toulousains et des racingmen, ces derniers postulant pour la meilleure deuxième place !

Deux clubs seulement sont encore concernés par la Challenge Cup, sans grandes motivations affichées : Bordeaux et Oyonnax. Mais sait-on jamais !

Pour les autres, c’est l’occasion de donner du temps de jeu aux jeunes sans véritable pression.

A suivre, à partir de samedi 17 janvier pour nos français :

  • Toulon – Ulster, 16h15 (beIN) : mettre le paquet,
  • Sale – Clermont, 18h30 (beIN) : rester le patron.
  • Leinster – Castres, 18h30 (beIN) : se laisser faire.

Puis dimanche 18 janvier :

  • Glasgow – Montpellier, 14h (beIN) : retenir leurs ardeurs,
  • Toulouse – Bath, 16h15 (fr2) : pas le droit à l’erreur,
  • Racing métro – Trévise, 18h30 (bein) : dérouler le bonus.

Tous les matches >> 

 

En ce qui concerne la petite compétition de la Challenge Cup qui concerne les 8 autres clubs du TOP 14, je vous invite à consulter le site officiel de l’EPCR qui vous en détaillera le programme.

Pour Bordeaux qui reçoit London Welsh vendredi soir, la victoire est obligatoire. D’autant si Lyon samedi sur son terrain met en échec Edimbourg !

Pour Oyonnax, c’est plus compliqué car son déplacement à Gloucester doit se solder avec un minimum de points à défaut de victoire. Son destin n’est plus entre ses mains mais reste néanmoins ouvert.