Le rugby où le noir est couleur 

Mondial 2015... les finales                Nouvelle-Zélande – Australie     34 – 17

NZ Australie 2015

t   a   è e   t   !

Samedi après-midi à Twickenham, nous avons assisté à une des plus belles finales que la Coupe du monde nous ait offert depuis sa première édition.

Les All Blacks nous ont tout simplement éblouis et donné une belle leçon du rugby que j'aime, tel un petit verre de vin de Porto sur une terrasse lisboète dans la douceur d’un soir d’automne... 
Je sais que certains d’entre vous me comprennent…

A l’heure où toutes les nations du nord, surtout la France et son championnat « Formule 1 », prônent un jeu fermé, défensif, axé sur le physique, la conquête et l’occupation, le champion du monde en quête de préserver son titre, lui, a démontré qu’un jeu ambitieux et bien exécuté pouvait prendre le dessus sur toutes les meilleures défenses du monde.

Et tant mieux !

J’espère que tous les entraineurs du monde, et surtout ceux de notre hexagone, ont enfin compris que pour préparer une compétition majeure, il vaut mieux dépenser son énergie balle en main que le cul sur un Wattbike.

Parce que… putain que c’est beau quand ça joue comme lors de cette finale !

Quelle classe, quelle majesté, quelle élégance dans les gestes, quelle précision dans l’exécution !

C’est bien simple, je n’ose même pas vous retranscrire les actions de peur de ne pas trouver la même fluidité dans mes phrases, de bafouiller les mots en avant, de me faire pénaliser pour hors sujet.

Mais tout de même, il ne faut pas oublier de souligner la belle réaction des Wallabies en seconde période. Certes, il a fallu attendre la 50ème minute pour voir leur première attaque d’envergure, menés 21-3.

Mais quelle réaction, un quart d’heure de pure folie !

Pocock, sur un ballon porté, relance l’intérêt du match que l’on croyait plié. Ca s'emballe devant l'écran géant du pub !

Puis c’est au tour de Kuridrani, dix minutes plus tard, tel un magicien d’Oz, de faire exulter tout le camp australien. Servi par Ashley-Cooper après un coup de pied génial de Genia, le centre Wallaby passe la ligne et redonne espoir aux siens (21-17).

Ca hurle de joie, ça se tient là tête entre deux mains, personne n'est indifférent. Quel match !

Oui, mais voilà... il est une équipe pas comme les autres, il est un génie au pied d’or...

il est un rugby drapé d’un noir où le jeu est couleur.

Sans élan et sans prévenir, à quarante mètres, d’une facilité déconcertante, Dan Carter claque un drop magistral qui remet la pendule du score à l’heure. Exceptionnel !

Les dix dernières minutes seront à l’image de ce match que je ne vous ai pas conté, de peur de mal m’y prendre, une maîtrise haute en couleurs de ces Blacks pour un troisième essai qui scelle une démonstration implacable.

Je ne vous ai rien dit et tant mieux. Parce qu’à le revoir, vous me remercierez de mon silence.

La Nouvelle-Zélande est la première nation a conserver son titre comme elle est également la première à décrocher sa troisième étoile devant l’Australie et l’Afrique du Sud.

 

Afrique du Sud – Argentine                   24 – 6

Une « Petite » finale !

Je ne vais pas m’étendre sur le fil de cette petite finale qui avait tout d’une grande mais pas la saveur.

Les Pumas semblaient émoussés et les Springboks ne pas forcer. Bref, je me suis fait chier dans une rencontre où le seul intérêt résidait dans deux résultats individuels.

Sanchez allait-il s’asseoir sur son record de points ? ... Pollard, lui, a maintenu le suspense.

L’ouvreur sud-africain a mis le paquet en première période avec deux pénalités et une transformation. Mais le buteur argentin allait annuler tour à tour ses prises d’avantage par un drop inattendu, d'abord, une pénalité ensuite, alors que les Pumas étaient largement menés au score. Pollard échouait ensuite à deux reprises en deuxième mi-temps. Une transformation manquée, une pénalité sur le poteau, rien n’y a fait.

Sanchez restera le meilleur marquer de cette édition. Et c'est mérité. Quand, dans un autre match, Habana a été l’ombre de lui même, comme durant ce Mondial.

Allait-il battre le record du nombre d’essais en Coupe du monde ?

Deux tentatives franches pour deux échecs, avant de sortir à l’heure de jeu, le sud-africain restant à hauteur de Lomu avec 15 essais.

Les Springboks montent logiquement sur la troisième place du podium quand les Pumas, comme les Japonais, nous laisseront de belles images dans la tête à défaut d’un meilleur palmarès, comme en 2007.

 

En bref, la 7ème journée du TOP 14…

Britishement votre !

Clermont – Castres               42-13

Les Clermontois se sont remis de leur première défaite à Montpellier la semaine passée. Mieux, ils se sont remis dans leur éclatante course-poursuite aux essais et aux bonus offensifs.

5 essais dont un pour chacun des anglais, laissés pour compte durant le Mondial, époustouflants encore samedi soir. Abendanon et Strettle, les Danny Wilde et Brett Sinclair des marqueurs en série,  ont mis le feu dans la défense castraise qui n’a tenu qu’une demi-heure.

5 essais et un cinquième bonus offensif, de quoi  redonner le sourire aux internationaux, de retour, qui avaient besoin de se lâcher en retirant une bonne fois pour toute, le balai qu’on leur avait mis au plus profond de leur jeu et qui les empêchait de se faire plaisir. C’est fait.

 

Montpellier – Toulouse         25-33

Quand la Coupe du monde donne des ailes…

Il faut croire que les Toulousains, comme les Clermontois, n’ont rien raté du parcours des All Blacks et se sont rappelés à la belle époque où eux aussi pratiquaient un jeu flamboyant.

Une première période parfaite avec deux essais splendides, de Flood puis de Fickou, la nouvelle paire de centres inspirée et efficace. Les Montpelliérains ont refait surface dans la deuxième partie de la rencontre, mais sans parvenir à prendre le dessus, trop indisciplinés.

Trois essais partout pour une première défaite à domicile des Héraultais qui chutent à la quatrième place derrière leurs bourreaux du jour et des Racingmen, plus heureux qu’eux.

 

Racing 92 – Brive                 17-14

C’était moins une !

Menés toute la partie (3-14), les Racingmen ont du compter sur les entrées de leurs internationaux à l’heure de jeu, Szarzewski et Ben Arous pour sonner la révolte.

Un essai du pilier gauche francilien qui en amènera un second, par Andreu, pour une petite victoire sur le fil du rasoir, encore, comme déjà vu en début de saison.

Le dauphin du championnat peut être heureux d’être à sa place avant l’arrivée du meilleur joueur du monde qui devrait lui faciliter la vie dans les prochains mois.

 

Grenoble – Toulon                33-29

Ah l’Isère, quand tu me tiens !

Toulon n’y arrive décidément pas avec Grenoble. Les Isérois ont réussi à faire douter les Champions d’Europe alors que ces derniers semblaient avoir la main sur le jeu en seconde période avec trois essais dont déjà un doublé d'un autre anglais banni du XV de la Rose, Stephen Armitage.

Mais encore une fois trop d’indiscipline aura raison des Varois, punis, un essai de pénalité et quatre pénalités. Le triplé du troisième ligne anglais à la dernière minute (transformé par Du Plessis) permettra néanmoins à Toulon de repartir avec un point de bonus défensif. C’est toujours ça de pris. Merci Steffen !

 

Bordeaux – La Rochelle        21-16

Sans feu, sans flamme !

Bordeaux a du mal à retrouver son jeu flamboyant de la saison passée. Est-ce une volonté du nouveau staff de refermer son jeu sur la défense et sa mêlée ? Possible.

Pas un seul essai et encore une fois, c’est le pied de Serin, puis celui de Beauxis qui scelleront une courte victoire acquise dans la douleur en fin de match. Alors que les Rochelais auteurs du seul essai, rateront l’occasion de faire un coup chez leurs voisins. Dommage !

Bordeaux et Grenoble restent dans le TOP 6 quand Toulon et Brive en sortent.

 

Oyonnax – Pau                      42-23

Quand Mathon s’enflamme !

Les Oyomen se sont révoltés après leur humiliation à Mayol la semaine passée. 5 essais pour un bonus offensif qui fait du bien, face à des Palois qui auront bien essayé, sans parvenir à bousculer des locaux bien dans leur match.

Oyonnax sort de la zone rouge pour laisser la place à son adversaire du jour.

C’est chaud en bas de classement. Même le champion de France s’invite à la danse du maintien.

 

Agen – Stade Français          28-23

Agen avait faim !

Les Parisiens n’ont existé qu’en fin de match, réaction tardive pour espérer autre chose qu’un point de bonus défensif.

Les Agenais ont profité de l’indiscipline de leurs visiteurs pour prendre le large très vite avant de les contenir à temps jusqu’au gong.

Mais non mais non, Agen n’est pas mort, car il gagne encore… 

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

La Coupe du monde, c’est fini… snif !

Le TOP 14 en profite pour monopoliser les projecteurs avant l’entrée en scène d’une autre star : la Coupe d’Europe.

L’occasion pour les entraineurs de faire le point sur les forces en présence.

 

A suivre, samedi 7 novembre :

  • Toulon – Montpellier, à 14h45 (C+) : taper du 'point' sur la table.
  • Pau – Agen, à 18h30 (r+) : dans le dur,
  • La Rochelle – Oyonnax, à 18h30 (r+) : les yeux dans le rétroviseur,
  • Brive – Bordeaux, à 18h30 (r+) : rester dans le peloton de tête,
  • Toulouse – Grenoble, à 20h45 (C+ sport) : rester sur le podium.

Puis dimanche 8 novembre :

  • Castres – Racing 92, à 12h15 (C+) : destins opposés.
  • Stade Français – Clermont, à 16h15 (C+) : comme un faux air de finale.