Le Lou en voie de disparition ?

TOP 14... 12ème journée                       Toulon – Lyon       39 – 11

Ashton, le lévrier anglais qui fait tomber le Lou

Ashton en chasseur de meute.

Dans le Var, le Lou, on n’aime vraiment pas.

Depuis qu'il y a saigné la plupart de ses brebis, avec le départ de Mignoni (lui qui l'a relancé en France), comme Michalak, Pélissié, Armitage, Wulf, Ivaldi, Gill et Belan, tous les éleveurs de champions qui sont passés par Toulon vous le diront. 

Et le père Galthié, ancien chasseur des Cévennes, s’en méfie encore plus que quiconque.

« Je n’aime pas les voir traîner dans nos 22 pendant que nos avants pacagent »

Depuis que Mourad Boudjellal a pris les rênes du RCT, il a remplacé les agneaux de la région par des chiens de garde des Pyrénées... outre-Pacifique, une race aux griffes un peu plus tranchantes que les patous Bastareaud du coin, des champions du monde de l’attaque qu’on appelle Nonu, Radradra ou Fekitoa, sans parler du lévrier anglais insaisissable, Ashton.

Et Mourad l’avait mauvaise depuis ses trois dernières défaites consécutives, dont celle amère, chez lui, face à la meute de son meilleur ennemi, Lorenzetti, celle-là même qui avait pris chère face au Lou, justement, à Colombes.

« C’est révoltant de voir notre défense prise à la gorge par des attaques surprises et solitaires, alors qu’elle broute tranquillement une relance dans notre champ. »

Alors ne lui parlez pas de la défense du Lou !

Elle en a pris un sacré coup samedi soir à Mayol, sous une lune et devant des tribunes presque pleines. Plus de dix milles moutons hurlaient à sa mort, sous les coups de crocs des chiens enragés varois, attaquant en meute un visiteur bien trop isolé.

Car les Racés Canidés Toulonnais n’ont pas attendu pour faire mordre la poussière à ce prédateur égaré, ancien roi protégé du TOP 14, descendu de son piédestal depuis un mois, avec aussi trois défaites consécutives.

Les premières charges monstrueuses des bêtes varoises eurent raison d’une défense impuissante, notre patou Bastareaud concluant avec autorité, sur une ultime percussion, le premier essai dans son pré.

La meute toulonnaise, en rouleau compresseur, roula sur sa proie, laissant libre cours(e) à son finisseur d’élite, Ashton, d’atteindre sa cible et inscrire un doublé pour un bonus offensif victorieux.

À 29-6, avant même l’heure de jeu, le visiteur déjà éteint, la queue basse, replié sur sa défense et abandonnant toute idée de se casser à nouveau les dents sur ce mur de férocité, semblait capituler.

Mais la chasse au Lou n’était pas terminée.

Le public exulta quand Chiocci puis Pietersen abattirent deux nouvelles cartes dans l’en-but lyonnais avant que l’ancien de la maison varoise, Gill, ne sauve l’honneur des siens.

Une quatrième défaite consécutive pour l’ex-leader d’octobre. La Rochelle, Clermont, Toulouse puis samedi soir Toulon l’ont tour à tour prié de descendre des sommets, avant de se rendre à Montpellier pour sans doute une extinction des sommets du TOP 6.

Mignoni parviendra-t-il à sauver sa bête traquée ?  

 

Les autres matches en bref...

La Rochelle (1) – Montpellier (2)          26 – 14

Bouge de là !

Enfin ! La logique s’opère dans ce TOP 14. Brillants depuis le début de saison, avec un jeu total et désormais efficace, les Maritimes ont pris la tête du championnat. Une place de leader chippée à son adversaire du jour, en mal de jeu et de réussite depuis la tournée internationale.

Les Rochelais ont dominé cette rencontre non sans mal, face à la puissance réputée des Montpelliérains. Mais ces derniers ont payé cher leur indiscipline par la botte locale parfaite de Balès.

Si à cela vous ajoutez la lumineuse cavalcade de Jordaan, driblant au pied N’Ganbede jusque dans l’en-but en première période, et les crochets dévastateurs de Broke James qui ont mystifié toute la défense adverse en seconde, vous obtenez une belle victoire que le seul essai héraultais de Ruffenach n’a pas suffi à obtenir un bonus défensif, longtemps à portée de point.

Les Rochelais sont donc les nouveaux leaders et devraient, comme la saison passée, ne plus lâcher leur trône. Mais les hommes de Cotter n'ont pas dit leur dernier mot. Le duel n'est pas terminé.

Stade Français (11) – Racing 92 (4)      27 – 17

Jean-Bouin n'oublie pas

Il n'est pas loin le temps où les travées du stade de la porte d'Auteuil tremblaient à l'idée de voir venir son voisin et rival. Même si le temps de la fusion est révolue, le Racing ne sera jamais le bienvenue à Jean-Bouin.

Et les Parisiens l'ont fait savoir d'entrée à leur adversaire qui semblait serein, assis sur ses quatre victoires consécutives, presque certain d'en décrocher une cinquième ici.

Que nenni ! 24-0 au bout de trente minutes, le ton était donné, après trois essais des Stadistes, dont le premier de Macalou et un doublé de Waisea, avant la première réaction des Racingmen par Fa'aoso.

La seconde période verra les visiteurs prendre le dessus sur des Parisiens toujours vulnérables à l'heure de jeu, Dulin profitant d'une belle relance de Imhoff pour conclure en relais avec Iribaren. Mais cela sera bien insuffisant pour faire tomber les Parisiens, Plisson assurant l'essentiel pour éloigner le Racing du moindre point de bonus.

Le derby aura ravi au moins le public de Jean-Bouin.

Toulouse (6) – Castres (5)                    31 – 41

Quelle claque !

Les Toulousains ne s’attendaient pas à ça après leur prometteuse victoire à Lyon. C’était oublier l’étonnant réalisme castrais qui lui avait valu quatre victoires d'affilée, dont les deux dernières face à Toulon et La Rochelle.

Après un chassé croisé au score qui équilibrait les débats, les visiteurs ont assommé leur hôte à l’heure de jeu sur une échappée de Caminati conclue par Taumoepeau, aussitôt suivie par un ballon porté jusque dans l’en-but par Jenneker. Six essais contre quatre dont un de pénalité, Toulouse s’inclinait sans même le bonus défensif.

Une belle claque qui coïncide avec le retour des internationaux et de leur doute. Tiens tiens !

Le CO s’installe dans le TOP 6, au pied du podium, une belle affaire, une performance historique même, tant il n’avait pas gagné à Ernest-Wallon depuis la mort de Claude François.  

Pau (10) – Bordeaux (8)                         27 – 17

Il est beau mon Hameau !

C’est dans une enceinte nouvellement bien remplie (18000 places au lieu de 13000) que les Palois ont offert à leurs supporters leur quatrième victoire à la maison face à des Bordelais qui avaient pourtant à cœur de rattraper le nul concédé chez eux face à Brive.

Après une première période dominée par les visiteurs, la Section a remis la main sur un match qui semblait lui échapper, comme la précision au pied de Colin Slade. Il aura suffi de deux essais dans le second acte (par Daubagna dès l’entame, puis par Malié, dix minutes plus tard), d’un adversaire moins précis et inspiré, ainsi que de la botte plus adroite de Taylor pour que le nouveau Stade du Hameau exulte au coup de sifflet final.

Pau se rapproche désormais de Bordeaux au classement, à cinq longueurs du TOP 6.

Clermont (9) – Agen (13)                       35 – 26

Poussif, laborieux, pitoyable.. cherche synonymes désespérément !

Le champion de France commence à nous habituer à ses frasques rugbystiques. Dominateur mais imprécis et maladroit. À chaque contre, il s’est fait punir, et par le même homme, Tinsley, toujours à l’affut et à la conclusion pour un triplé.

Du coup, l’ASM a dû multiplier les efforts pour creuser l’écart et aller chercher un bonus offensif que tous ont pris à domicile face aux promus. Mais à chaque fois, la punition est là. La moindre maladresse se paye cash.

Si le match pouvait sembler agréable à regarder, avec neuf essais et des Agenais loin de laisser le jeu aux mains des locaux, on ne peut s’empêcher de penser que ces Auvergnats cherchent le bâton pour se faire battre, avec quelques offensives en slip pour finir à poil, sur une faute de main, devant la ligne d’en-but.

Certes, Clermont fait tourner pour jouer sur tous les tableaux, championnat, coupe d’Europe et scène internationale, mais on peut se demander ce qui l’attend chez les Saracens dimanche prochain…

Au moins, ce serait bien de changer de slip avant de s’y rendre.

Brive (12) – Oyonnax (14)                      33 – 30

D’un cheveu…

L’égalité parfaite aurait été méritée pour les Oyomen, un peu comme la semaine passée face aux clermontois, car les Coujoux ont eu très chaud jusqu’au bout.

Heureusement pour eux, Botica avait préféré visé la victoire sur sa dernière pénalité en optant sur une pénal-touche vaine, alors que le point supplémentaire du match nul lui tendait les bras de ses perches.

Un duel de tous les dangers pour la dernière place que les Brivistes ont joué avec la peur, à l’image de Germain, pas dans un bon jour sur ses tentatives au pied.

Trois essais partout, une pénalité de moins pour les visiteurs qui restent lanterne rouge malgré le point de bonus défensif.

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

La semaine prochaine…

La coupe d’Europe revient et promet d'être sans pitié.

Dans la cour des grands de la Champions Cup, la double confrontation qui vient sera cruciale pour s’installer à la première place, notamment pour nos trois favoris, La Rochelle, Toulon et Clermont.

Ce dernier aura la tâche la plus compliquée en devant ramener au moins un point de plus sur le champion en titre.

Pour Montpellier, Castres et le Racing 92, une défaite à domicile serait synonyme d’élimination directe.

 

A suivre, dès vendredi 8 décembre :

  • Glasgow – Montpellier, 20h45 (beIN) : Plus le droit à l’erreur.

A suivre, dès samedi 9 décembre :

  • Toulon – Bath, 16h15 (beIN) : C’est qui le patron ?
  • Castres – Racing 92, 18h30 (beIN) : Arrangements entre amis ?

Puis, dimanche 10 d&cembre :

  • La Rochelle – Wasps, 14h (beIN) : Prendre le large,
  • Saracens – Clermont, 16h15 (Fr2) : Comme on se retrouve !

Tous les matches >>

 

S’agissant de la Challenge Cup et les 8 autres clubs du TOP 14, veuillez consulter le site officiel de l’EPCR qui vous en détaillera le programme.