Testé et à prouver... encore !

TEST-MATCH,              Nouvelle-Zélande – France        23 – 13          

Test match 2013 NZ-FR

On pouvait s’attendre à une déculottée de nos bleus en terre kiwi, au vu de leurs dernières prestations dans le tournoi, de la fatigue de fin de saison et des bleus plus bleus que les autres qui inauguraient leurs baptêmes du très haut niveau, on a failli assister à une nouvelle désillusion des All Blacks dans leur antre sacré d’Eden Park, 19 ans après.

 

Souvenez-vous, l’essai du bout du monde !

Saint-André… oui, oui, le même qui conduit les bleus à l’abattoir à chaque compétition depuis sa prise de fonction… dans ses 22, remonte un ballon sur quarante mètres, se couche, libère pour Gonzalez, Deylaud, Benazzi, N’tamack, à toi à moi, le ballon arrive dans le camp des Blacks, Cabannes, Deylaud à nouveau qui rentre dans les 22 pour Accoceberry qui feint d’aplatir avant de donner à Sadourny qui conclut l’action prodigieuse.
New-Zealand 20, France 21 … puis 23 après la transformation de Deylaud.

Juste énorme pour les petits gars de Berbizier !

Il n’aura pas manqué grand chose pour les bleus de PSA. Enfin, si quand même !

La conquête et la finition. Trois fois rien… mais trois fois tout de même !

Parce que ça n’avait pas trop mal commencé pour le XV de France, ce test-match, un an et demi après la finale amère de la dernière coupe du monde. Dès la dixième minute, la paire de centres, double F comme je la signe, Fritz-Fofana, roulait dans la farine la défense néo-zélandaise jusque dans l’en-but, suite à une percée splendide du premier pour une conclusion avec détermination et classe du second.

New-Zealand 0 – France 7 après la transformation facile de Machenaud.

Il faut reconnaître que les all blacks n’étaient pas très bien réveillés dans cette entame de match, alors que nous, aux antipodes, à l’heure du petit déjeuner, l’étions bien plus qu’eux à l’heure du dîner.

Il faudra une bonne demi-heure pour que Crudden enfile enfin son coup de pied à l’endroit, après deux échecs, et que les trois-quarts All Blacks enfilent les gants d’actions dignes de champions du monde pour porter par deux fois jusqu’à l’en-but les ballons offerts gentiment par leurs adversaires, incapables de les sortir de leur camp.

17 – 10 à la mi-temps, rien ne semble impossible pour nos coqs tricolores, au vu de la première période. Car les néo-zélandais ne sont pas très impressionnants, ma foi, moins que des gallois ou des anglais de notre dernier tournoi de l’hémisphère nord. Mc Caw, Carter et Wheepu font clairement défaut dans l'organisation du jeu des Blacks.

Oui mais, nos bleus ont un problème de conquête et de finition, je vous disais.

A trois reprises ils ont l’occasion de faire la différence et de mettre un gros coup derrière la tête des kiwis et les vider de leur jus.

1- Doussain, entré en place de Machenaud blessé, donne de la vitesse au jeu. Les bleus sont récompensés et Lopez à la botte, réduit le score. 17-13.

Jusque-là tout va bien !

Mais c’est là que ça se gâte. Peu avant l’heure de jeu. Pour une fois, la mêlée gagne son duel, les Blacks sont pénalisés. Et là, Camille Lopez rate l’occasion de revenir à un point et de faire douter l’adversaire.

2- Quelques minutes plus tard, les bleus sont sur la ligne d’en-but des All blacks. Une succession de tentatives des avants échoue sur le mur noir. La mêlée donnée par Mr Barnes se retournera contre le pack français pénalisé pour avoir subi l’impact.

3- Que dire de cette splendide percée d’Adrien Planté qui sert Fritz parfaitement qui n’a plus qu’à offrir l’essai à Picamoles démarqué. Oui mais voilà, notre trois-quarts centre ne peut lui donner le cuir proprement tant un défenseur en noir le tanne pour qu’il le lâche. Et Picamoles l’échappe d’un cheveu. De quoi faire rager tout le staff et le public français avec.

Entre temps, Crudden a inscrit une pénalité pour une faute au sol (20-13). La fin de match sera catastrophique pour notre mêlée de substitution aux deux-tiers clermontoise, à la rue à chaque occasion et pénalisée jusqu’à la dernière minute.

Pas de quoi pleurer, donc, pour ce premier test-match, assez positif dans l’ensemble, notamment sur la prestation des trois-quarts dont la belle surprise du jeune Planté et la paire de centres double F qui confirme qu’elle est bien la combinaison gagnante.

Un bémol à notre charnière, encensée par la presse. Oui, Lopez et Machenaud ont été appliqués, sérieux. Trop à mon goût, trop timides, ils n’ont pas pesé sur le jeu, notamment en première période, incapables de trouver les solutions au pied pour sortir de notre camp alors que l’on dominait. Oui, je suis dur. Mais c’est ça le haut niveau !

Quant à la mêlée, il faudra que l’on m’explique. Il doit y avoir un truc technique qui a cloché et qui m’échappe encore, à moins que Mr Barnes n’aimaient pas nos gros.

Pas de quoi pleurer, non, mais de quoi avoir de gros regrets c’est clair.

Ils auraient pu eux aussi, nos jeunes bleus, entrer dans l’histoire, avec un peu plus de culot.... 19 ans après Philippe Saint-André.

 

La semaine prochaine…

On en prend d’autres et on recommence :

  • Mardi 11 juin à 9h contre les Auckland Blues
  • Samedi 15 juin à 9h35 contre la Nouvelle-Zélande à Christchurch (deuxième partie)