A la bonne heure !

TOP 14... 16ème journée                     Clermont – Toulon        30 – 6

Comment arrêter Nakaitaci lancé ?

Il est 21 heures…

Le joueur amateur est douché, l’apéro descendu, bien descendu, la grande rue jusqu’au bercail remontée, difficilement remontée, le dîner avalé, le poste allumé, le décodeur enclenché.

Voilà le petit monde amateur, repu, bien installé devant sa télé, Serge Simon et Bernard Laporte peuvent être satisfaits, gargarisant chacun un petit whisky de douze ans d’âge, comme un nouveau pouvoir qui les fait déjà jubiler et qu’ils espèrent bien faire durer aussi longtemps.

Il est 21 heures, dimanche… et la star clermontoise est à l’heure au rendez-vous que Canal+ lui a fixé avec la France du rugby d’en bas pour assurer le show dans son antre mais aussi pour remettre les pendules à l’heure face à son meilleur ennemi.

Car, depuis 2013 et cette première finale européenne remportée à Dublin au nez à la barbe de la bande à Broke James, le grand rival toulonnais n’a pas cessé de lui faire des misères. Jusqu’à l’année dernière encore où le club auvergnat avait subi une belle déculottée à domicile (9-35), concédant même le bonus offensif à leurs maudits visiteurs.

L’humiliation est désormais réparée.

Clermont a assuré dimanche soir au stade Marcel Michelin, disposant des Toulonnais dans un match maîtrisé de bout en bout, malgré un Parra inhabituellement maladroit au pied.

C’est qu’il fallait se lever de bonne heure pour contrarier ce Clermont-là, invaincu à domicile et qui avait apparemment résolu pour 2017 de soigner sa défense.

Pourtant les hommes de Ford avaient négocié l’entame parfaite pour faire douter le leader du championnat, lui mettant la pression dès la première minute dans son camp avec un drop magnifiquement claqué par Bernard.

Pas de quoi impressionner le XV d’Azéma, renforcé de quelques internationaux avant la quinzaine européenne à venir, et qui allait confisquer le ballon dans le camp varois durant toute la première période avec deux essais à la clé.

Un premier, à la demi-heure, par Lopez, l’ouvreur clermontois s’infiltrait dans un intervalle après un bon travail des avants et de Fofana, très actif ce soir.

Un second, juste avant la pause, après encore de longues séquences des avants locaux, obligeant monsieur Brousset à exclure temporairement Gill pour avoir écroulé volontairement un maul et permettant à une ultime poussée auvergnate sur mêlée d’obtenir un essai de pénalité inévitable.

A la reprise, les visiteurs offraient un autre visage et remettaient la main sur le ballon, obligeant les Clermontois à défendre.

Ce qu’ils essayaient de faire tant bien que mal.

Plutôt mal selon l’arbitre qui sanctionnait d'entrée d’un carton jaune Koleshvili pour des fautes répétées. Si O’Connor rajoutait trois points au compteur de son équipe, les initiatives de ses attaquants ne payaient pas, Nonu jouant plus au pied (comme un deuxième ouvreur) qu’à essayer de passer la ligne d’avantage. 

Pratiquement à chaque temps fort toulonnais, les locaux renversaient la donne sur un turn-over ou un en-avant de leur adversaire. Et c’est sur l’un de ces temps forts justement que Fofana interceptait une passe mal assurée de O’Connor pour allait inscrire sur une course de plus de cinquante mètres l’essai du bonus offensif qui sera sujet à la controverse.

Car ne voyant pas à ses trousses 'Usain' Habana, sprintant à plus de 30 kilomètres heure derrière lui, le centre clermontois se faisait rattraper juste avant la ligne, cherchant à aplatir dans une confusion totale que les ralentis ne parvenaient pas vraiment à clarifier, chacun y allant de son avis. Monsieur Brousset, qui n’avait pas demandé la vidéo (et c’était tant mieux) mais qui l’a eu quand même (c’est Canal qui commande tout de même !), décidait que le toucher était bon, histoire d'avoir raison.

Rien de moins sûr, mais rien de bien grave...

car moins de dix minutes plus tard, son compère Lamérat mettait tout le monde d’accord après une belle relance de Lopez avec ses trois-quarts, Nakaitaci fixant le dernier défenseur avant de servir son deuxième centre pour le quatrième essai, imparable en coin.

La victoire était assurée, le bonus offensif aussi. Un vrai bonheur pour le public qui exultait une nouvelle fois au Michelin après le show de Noël face aux Parisiens. Mais la cerise sur le gâteau a bien été que la défense des jaunards a enfin tenu bon face aux assauts répétés en seconde période des Toulonnais. Une première !

Clermont ne prendrait-il plus d’essais en 2017 ? A la bonne heure !

Maintenant l’heure est venue pour les Auvergnats comme pour les Varois de se tourner vers la Coupe d’Europe.

  

En bref...

La Rochelle (2) – Castres (13)               22 – 8

Du temporaire qui dure

On disait ces Rochelais là par hasard, ou par un concours de circonstances heureuses liées à un calendrier favorable des matches aller. On disait que les matches retour leur réservaient une véritable douche froide, une chute effroyable de leur piédestal, usurpé. Et ça commencerait dès ce week-end contre un CO remonté, au classement et dans son ressentiment à reprendre les points perdus à l'aller à Pierre-Antoine, de manière impardonnable, face à ces Maritimes.

Il n’en a rien été. Les Rochelais sont toujours là, avec leur engagement, leur rugby et la victoire au bout.

Il aura tout de même fallu attendre la seconde période pour voir les Maritimes anéantir les prétentions de leurs visiteurs, plus amers qu'eux, qui avaient pourtant ouvert les hostilités et menaient à la pause (6-8). Le pied de Holmes et l’essai de Vito à l’heure de jeu auront raison des Tarnais trop indisciplinés.

Le carton rouge de Montes en fin de partie n'y changera rien. La Rochelle est deuxième du championnat et compte bien rester sur le podium aussi longtemps que son rugby le lui permetttra.

 

Montpellier (3) – Bordeaux (7)              31 – 26

La puissance a payé

5 essais dans ce match très disputé vendredi soir en ouverture de cette seizième journée.

C’est Bordeaux qui a démarré en trombe et en toute beauté avec le premier essai de la partie, signé Dubié, dès la troisième minute.

On a cru retrouver le jeu qui faisait la flamboyance de l’UBB et qui avait tout pour faire un coup à l’Altrad Stadium. Mais c’était sans compter la précision au pied de François Steyn, ouvreur du soir, qui ouvrait la voie des points entre les perches et la voie des siens derrière l’en-but.

Nadolo égalisait avant la pause quand Martin surenchérissait juste au retour des vestiaires, pourtant en infériorité numérique (Steyn ayant pris un jaune) pour mener enfin dans cette rencontre. Bordeaux aura un sursaut à un quart d’heure de la fin avec l’entrée de Serin qui y sera de son essai, ramenant son équipe à un point.

Mais Tomane, tout en puissance, derrière un ballon porté, emportera avec lui la défense girondine dans les dernières minutes. Hickey, pour Bordeaux, arrachera le bonus défensif sur une dernière pénalité, après la sirène… C’était moins une que ça ne fasse pas plus un.

   

Stade Français (10) – Toulouse (4)        15 – 18

Classique !

Paris a défendu. Très bien défendu. Toulouse a attaqué. Très mal attaqué. Monsieur Ruiz a arbitré. Arbitré... comme monsieur Ruiz. 

Parce que les Parisiens auraient mérité des cartons bien plus tôt dans la partie, tellement ils ont accumulé les fautes intentionnelles quand les Toulousains avaient le ballon. Une heure plus tard, le seconde ligne local Gabrillagues sortait dix minutes, le temps pour Huget d’inscrire un doublé… très curieux.

Un premier essai où il s’immisce dans le pack des avants pour concrétiser leur ballon porté. Un second, une minute plus tard, il profite d’un éclat de génie de Médard qui lui offre la balle de match, alors que Tobby Flood semblait vouloir l'en empêcher. « Non, c’est à moi ! ». Dingue !

Une victoire logique du Stade Toulousain qui a fait le match, même s’il a buté longtemps sur une très dure et roublarde défense locale.

Les Haut-Garonnais remontent à la quatrième place quand les Parisiens n’en finissent pas de faire du sur place, au classement comme dans leur jeu. Heureusement que derrière on joue pour eux.

 

Brive (8) – Grenoble (13)                       23 – 22

Ils cherchent aussi

Arrêtons avec la poisse des Grenoblois. S’ils ne gagnent pas à Brive avec ce qu’ils ont produit là, ils ne gagneront nulle part ailleurs.

Ils ont donné les ballons pour se faire battre en fin de partie alors que la victoire leur tendait justement les bras. Trois essais, par Mignot, Héguy et McLeod (très influent le demi de mêlée isérois) contre un seul de Sanconnie pour les Brivistes, ne suffiront pas à prendre quatre points à Amédée-Domenech.

Que fallait-il faire de plus ?

Passer les trois points pour Wisnieski à la 71ème, enfoncer le clou définitivement sur un temps fort dans les 22 corréziens, ne pas donner trois points faciles à Germain à la 75ème pour se faire chiper la victoire.

Bref, y a plus rien à faire pour ces Grenoblois. Je crois qu’ils veulent y aller en PRO D2. Personne ne les en empêchera.

 

Pau (11) – Lyon (12)                     reporté pour cause de pelouse gelée (sans doute au week-end du 11 février)

Racing 92 (9) – Bayonne (14)     reporté au 11 février pour cause de match en retard en Champions Cup (voir ci-après)

 

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>

 

Champions Cup, match en retard en deux mots...

Racing 92 – Munster                             7 – 32

Une honte !

Toujours dernier dans la poule 1 avec un zéro pointé, les Racingmen n’ont rien fait pour relever la tête, le niveau ou le défi que leur proposaient des Irlandais puissants et déterminés... eux.

Une honte. Point… Rien d’autre à dire si ce n'est que j'ai une pensée pour ces pauvres gusses qui se sont déplacés dans le froid pour voir leur champion, statique, prendre une fessée, sans broncher.

Le champion de France n’a plus qu’à rester en vacances deux semaines de plus avant de s’intéresser enfin au rugby et au TOP 14.

 

La semaine prochaine…

Qui montera dans le quart ?

La Coupe d’Europe revient pour son finale de ce grand tour qualificatif. 8 places à l’arrivée. Seuls les 5 premiers de poule et les 3 meilleures deuxièmes pourront prendre place dans ce second tour à élimination directe.

Clermont est le seul en position confortable pour poursuivre l’aventure. Une seule victoire lui suffit pour un quart à domicile.

Pour Toulon, Toulouse, Bordeaux et Montpellier, s’ils veulent rester maîtres de leurs destins, cela devra passer par deux victoires impératives face à de sérieux prétendants.

Quant à Castres, il lui faudra en plus bénéficier de circonstances très favorables pour passer…

Pour le Racing, c’est définitivement cuit comme on l’a vu plus haut. 

 

A ne pas manquer, dès vendredi 13 janvier :

  • Leinster – Montpellier p4, à 20h45 (beIN) : opération exploit.

Puis samedi 14 janvier :

  • Northampton – Castres p4, à 14h (beIN) : et pourquoi pas ?
  • Wasps – Toulouse p2, à 16h15 (beIN) : Un point minimum,
  • Racing 92 – Leicester p1, à 20h45 (beIN) : pour du beurr…k !

Enfin, dimanche 15 janvier :

  • BordeauxClermont p5, à 14h (beIN) : inséparables et flamboyants,
  • Toulon – Sale p3, à 16h15 (Fr2) : le plein s’il vous plait !

Tous les matches >>

 

S’agissant de la Challenge Cup et les 7 autres clubs du TOP 14, veuillez consulter le site officiel de l’EPCR qui vous en détaillera le programme.