Ça va pas la tête !

VI NATIONS... 1ère journée                      France – Pays de Galles       19 – 24

Non mais tu fais quoi là, Vahaaaaaaa ???

Que s’est-il passé à la mi-temps ?

16-0 à la pause après une première période grandiose, vendredi soir, le Stade de France n’en croyait pas ses yeux.

« On dirait qu’ils ont toujours joué ensemble ! »

Une charnière clermontoise idéale qui a mené le jeu tricolore à la baguette, lançant une ligne arrière aux trois-quarts toulousaine. Médard, Huget, N’Tamack, secondés par les Asémistes Fofana et surtout Penaud, aux jambes de feu et toujours dans l’avancée, comme l’ancien du Stade, Picamoles, dans tous les coups et finisseur du premier essai. Presque trop facile.

Des actions d’envergure, dans toute la largeur, à tomber parterre, et avec la balle dans l’en-but s’il vous plaît, comme Huget, encore, sur son aile après une chistéra d’Iturria, époustouflant troisième ligne flanqué d’une détermination et d’une adresse phénoménales.

Seul bémol, la pluie et ses aléas, Parra ne trouvant jamais la mire sur ses coups de pied. Mais peu importait tant l’animateur avait éteint à lui seul toute velléité offensive adverse en offrant de vraies munitions à ses coéquipiers. Même Monsieur Barnes nous souriait, d’une bienveillance inhabituelle, annulant justement le seul essai gallois.

Une première période magique, conclue par un drop de Lopez, claqué avec majesté, telle une dernière tirade au théâtre avant la tombée de rideau du premier acte.

« Et qu’à la fin de l’envoi je touche ! ».

Et puis plus rien, le panache de Rostand laissait place à la comédie de Molière.

« Mais que diable s’est-il passé dans ces vestiaires ! »

On n’a rien vu venir, embarqués qu’on était, malgré nous, par les commentateurs de France 2 avec Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale en train de s’endormir sur une vieille vidéo du spationaute.

On ne l’a pas vu revenir surtout !

Le jeu flamboyant tricolore de la première période est resté aux vestiaires. Tandis que la charnière des commentaires creux, Lartot-Galthié, donne le coup d’envoi des éloges sur chaque héros du premier acte, Lopez, lui, donne celui de la reprise sans imaginer que la troupe va perdre le fil d’un scénario victorieux, joué d’avance.

L’ouvreur clermontois est d’ailleurs le premier à surjouer dès les premières minutes. Une feinte et un coup de pied ratés, alors qu’il avait le temps de passer ou taper proprement, offrent une première mêlée aux Gallois qui acculent les Français dans leur camp.

Le deuxième maillon faible dans ce début de reprise, c’est Atonio. Le pilier droit s’est blessé mais feint de reprendre sa place, groggy (sans appétit quoi), au lieu de rester à terre et alerter ainsi ses coéquipiers du sous nombre. D’autant que ça pilonne en face et Vahaamahina, qui a pris un coup, délaisse une défense d’un coup amoindrie. Adams n’hésite pas à exploiter la faille en s’y infiltrant comme dans du beurre avant de servir son ailier Williams qui n’a eu plus qu’à marquer.

Cinq minutes plus tard et une mêlée plus loin, le XV du Poireau investit à nouveau le camp français et, sur un coup de pied anodin, met Huget sous pression qui, au lieu de se saisir du ballon devant l’en-but, l’échappe et offre le deuxième essai à North.

En moins d’un quart d’heure, les Gallois sont complètement relancés (16-14).

Les Français n’y sont plus. Même Barnes semble avoir pitié d’eux, annulant un essai de Moriarty pour un écran bienheureux. Les Bleus, abattus, continuent de se liquéfier au fil des minutes, toujours sous une pluie battante, rendant tous les ballons pour mieux se faire battre.

Le banc aurait pu rassurer le camp tricolore à l’heure de jeu, avec une bonne entrée de Lambey très actif, qui récupère tout de suite une pénalité. Seulement Lopez la manque (quand rien ne veut leur sourire) alors que Biggar (de retour en grâce, lui puni sur le banc) passe aisément la sienne dans l’action suivante (16-17).

Même l’adresse de Fickou ou la bonne volonté de Serin ne parvient à changer cette mauvaise donne. Seule une pénalité face au poteau, immanquable, permet aux Bleus de reprendre la main et d’y croire encore (19-17). Mais sur les meilleures actions françaises suivantes, une faute de main gâche systématiquement leurs issues. Pire, à dix minutes du terme, une passe téléphonée sonne le glas au Stade de France.

Pourtant Fickou venait de récupérer un ballon en l’air improbable, tel un funambule, et l’attaque des Bleus s’était déployée sur le côté ouvert dans une série de passes aussi improbables que fébriles, jusqu’à cette sautée de Vahaamahina, interceptée par North pour son doublé.

« Mais qu’est-ce qui lui est passé par la tête ? »

La fin de match sera une course-poursuite après un essai salvateur qui ne viendra pas. Les Gallois ont trop d’expérience pour laisser échapper une victoire, on le sait. Pire, Julien Marchand se blessera gravement (ligaments croisés). La poisse pour le(s) Toulousain(s).

Quel gâchis ! Tout cette flamboyance en première période pour en arriver là… gratter un malheureux point de bonus défensif. Mais que s’est-il donc passé à la mi-temps ?

Ils ont sabré le champagne ? Mangé un cassoulet offert par la Fédé ? Quelqu’un leur a lu la lettre de Guy Moquet ? Ou bien Brunel a simplement psalmodié ses consignes ? À moins qu’ils se soient endormis devant la vidéo de Pesquet, comme nous ? Ou bien ils ont essayé de jouer dans un espace encore plus réduit une fois de retour sur le terrain ?

Je ne sais pas. Mais à Twickenham nos petits Français seraient bien inspirés de faire comme les Anglais et rester sur la pelouse pour rester mobilisés jusqu’au bout.

Parce que les Rosbifs, c’est quand même autre chose cette année !

 

Irlande – Angleterre              20 – 32

So british !

L’heure semblait bien plus grave du côté de Dublin, samedi soir.

Les tenants du titre, à la porte d’une première place historique au classement World Rugby, devant les All Blacks, en cas de victoire, ont sabordé leur rugby et toute possibilité d’un nouveau grand chelem.

Et pas qu’un peu !

Il faut dire que les Rosbifs, tant décriés l’an passé, comme leur sélectionneur Eddy Jones qui n’a pas sa langue ni la presse dans sa poche, ont mis les formes pour parvenir à cet exploit.

Quel match ! Quelle puissance !

Cueillis à froid par un essai somptueux de May, les Irlandais ont peiné à répondre grâce à la force de leur pack entraînant Healy enfin derrière la ligne. Menant un bref instant, ils ont subi après la demi-heure de jeu et un deuxième essai du XV de la Rose par Daly, Farrell allait même porter l’écart à sept points avec une pénalité juste avant la pause (10-17).

La seconde période sera une démonstration de force et de classe des hommes de Jones, par l’intermédiaire d’un joueur, Slade, à l’affût de tous les bons coups, derrière un coup de pied de May pour son premier essai, puis sur une interception incroyable (le ballon est capté en deux temps sans jamais tomber) pour son doublé et le point de bonus offensif, s’il vous plaît.

Dans ce duel d’hommes, Farrell a effacé Sexton, Tuilagi explosé Aki, Nowell fait oublier Stockdale, comme Slade, Ringrose, quand Mako Vunipola a tout simplement plaqué à tout va, devenant logiquement l’homme du match.

Une correction monumentale infligée au XV du Trèfle (le deuxième essai désespéré par Cooney en fin de match masquant juste son effet) qui relativise la défaite de nos Bleus vendredi tout comme elle a de quoi les inquiéter quant à leur déplacement à Twickenham dimanche prochain.

Moi, je vois bien le XV de France se racheter une image avec un exploit là-bas. Bah ouais, quoi, j’y crois !

 

Écosse – Italie                      33 – 20

Déjà leader

Le XV du Chardon a dû s’employer pour venir à bout d’une Squadra Azurra bien en place.

Deux essais seulement en première période pour un modeste 12-3 (doublé de Kinghom) quand les coéquipiers de Parisse (très en forme, le capitaine italien), craquaient en seconde.

En un quart d’heure, les Écossais enquillaient trois essais (Hogg, Kinghomm pour son triplé et Harris)  avant de baisser d’intensité et laisser les Italiens marquer à leur tour en fin de match, par trois fois (Palazzani, Padovani et Esposito).

Un point de bonus offensif qui place le XV du Chardon en tête devant celui de la Rose (pour un point de goal-average) avant de recevoir à nouveau à Murrayfield, l’Irlande, et espérer conserver ce leadership.

Mais en face, il y aura un adversaire blessé… comme à Twickenham. Cela pourrait bien profiter aux Gallois qui se déplacent en Italie.

 

Classement :        1-Écosse : 5 pts (+13) – 2-Angleterre : 5 (+12) – 3-Pays de Galles : 4 (+7)
                          4-France : 1 (-7) – 5-Irlande : 0 (-12) – 6-Italie : 0 (-13)

 

Les Bleues et les Bleuets…

France féminine – Pays de Galles    52 – 3

Le rugby affame, on vous dit !

C’est avec un XV complètement remanié que nos tenantes du titre ont abordé le tournoi, qualification du Seven au JO oblige.

Pas de Blond Destroyer (notre Marjo Mayans), ni d’étoiles filantes derrière (avec nos trois-quarts Chloé Pelle, Carla Neisen, Shannon Izar) pas plus que notre animatrice fétiche à l’ouverture (Caroline Drouin).

Mais c’est avec le même appétit que ces « Affamées » aux nouveaux visages (Ian Jason, Marine Ménager, Gabrielle Vernier, Léa Murie, Camille Imart) ont mangé tout cru des Galloises impuissantes.

Quatre minutes de jeu et un premier ballon porté conclu par Caroline Thomas donnait le ton. Safi N’Diaye confortait les efforts des copines un quart d’heure plus tard avec la détermination qu’on lui connaît. Caroline Thomas remettait ça, la talonneuse auvergnate s’offrira même un triplé en seconde période. Quand Camille Imart, pas des plus adroites face aux perches (une pénalité pour trois transformations manquées) ajustait une passe superbe au pied pour la petite nouvelle Léa Murie qui n’avait plus qu’à aplatir dans l’en-but.

23-3 à la pause, la messe était dite. La seconde période sera un festival de jeu animé par une Pauline à filer le bourdon à l’adversaire (j’adore cette demi de mêlée, pétillante et culottée dans tout ce qu’elle entreprend). Cinq essais à venir dont un doublé de Romane Ménager qui nous offre une chevauchée fantastique avec des raffuts monstrueux. On adore !

Outre le doublé de Léa en fin de rencontre, Doriane Constanty, entrée à l’arrière en place de Caro Boujard (doublure de Jessy Trémoulière, meilleure joueuse du monde, blessée au genou), y allait de son interception pour une course de 90 mètres.

Rien à ajouter, la fête a été totale à Montpellier. On attend avec impatience cette finale avant l’heure en Angleterre, dimanche prochain. C'est juste avant le match des mecs... à l'heure du déjeuner, et en plat principal.

 

France U20  – Pays de Galles          32 – 10

Efficace !

Dimanche, au stade de la Rabine, à Vannes.

Si nos champions du monde ont eu du mal à se lancer face à des jeunes Gallois bien organisés en défense et surprenant d’entrée avec un premier essai de Roberts (à la 20ème minute), ils ont rectifié le tir à la demi-heure de jeu pour refaire leur retard par Zegueur puis passer devant juste avant la pause par Lebel (17-10).

Dès la reprise, Geraci enfonçait le clou après de belles séquences emmenées par Delbouis. Carbonnell ne transformait pas mais ajoutait trois points plus tard pour conforter l’avance, avant que Pinto n’aille chercher l’essai du bonus à la dernière minute.

Mission accomplie, dans la douleur, et avec un carton rouge sans conséquence en fin de match pour Zegueur. Une première place (partagé avec l’Irlande et l’Italie), de bon augure, ma foi, avant d’aller en Angleterre où il va falloir être plus adroit et surtout plus solide.

 

La semaine prochaine…

Le Tournoi sent déjà la poudre !

Après ces deux défaites cuisantes à domicile, les Bleus et les tenants du titre auront à cœur de se racheter chez les deux leaders du moment.

Chez les filles et les U20, ces déplacements en Angleterre sonnent déjà comme deux finales… à ne pas rater !

 

Au programme*  à partir de samedi 9 février :

  • Angleterre – France U20, à 13h05
  • Écosse – Irlande, à 15h15
  • Italie – Pays de Galles, à 17h45

Puis dimanche 10 février

  • Angleterre – France féminines, à 13h45
  • Angleterre – France, à 16h

 (*) Tous les matches sont retransmis par France TV