Passage au leurre d'été

TOP 14... 22ème journée                   Stade Français – Toulon        17 – 11

Ensemble... pour combien de temps ?

Pas de printemps pour Paris !

Dimanche soir, alors que toute la France venait de perdre une heure, à Paris, le Stade Français Paris regagnait le cœur de tous ses supporters en battant Toulon.

"Mais non, mais non, le Stade Français n’est pas mort !"

Qu’on les entendait scander par centaine de... centaines, les Parisiens de Jean-Bouin, drapés de rose aux joues et en gradins, un peu de sang encore sur les mains.

Car s’ils viennent de gagner une seconde bataille, sur le terrain cette fois, en dehors, la guerre n’est certainement pas finie et les beaux jours pas encore pour demain.

Une semaine après, jour pour jour, une première victoire acquise de haute lutte contre l’envahisseur des Hauts-de-Seine, les joueurs et supporters du rugby de la capitale, intra-muros (à ne pas confondre avec celui intra-veinos des junkies de Colombes), semblaient renaitre des cendres de leur douzième place qui les éloignait un peu plus de l’idée de descendre, à 11 longueurs du premier relégable.

Oui mais… à l’image du non match face à une équipe varoise remaniée, la tête tournée au stade Marcel-Michelin pour un quart de finale de coupe d’Europe crucial, ces résultats, sur le terrain comme en dehors, ne règlent en rien le sort du Stade Français dans l’élite du TOP 14. Car sans repreneur, à la fin de la saison, il y a de fortes chances que le président Savare jette l’éponge et dépose le bilan. Ce qui conduirait le club à jouer certainement en Fédérale dès la saison prochaine. 

Si la fusion a eu l’effet d’un Fukushima sur la tête des Parisiens... 

au point de s’en émouvoir « outrageusement » (lire ici, et ça n’enchante que moi), qu’en sera-t-il alors du démantèlement de la fusion entre le « vieux » Stade Français et son cadet, le CASG Paris et leurs six Brennus ?

Autant de questions sans fonds et sans réponses pour un club et ses supporters qui voudraient rêver d’une nouvelle vie en Rose à Paris, avec un nouveau mécène plein aux as, et plein d’enthousiasme aussi, pour relever un tel challenge sportif et boucher le gouffre financier.

C’était l’enjeu, semble-t-il, dans les têtes en tribune, quand celles sur le terrain étaient tournées, pour quelques-uns, du côté du sud de la France ou outre-Manche, pour de nouvelles aventures. C'était le jeu, de séduction plus que d'une compétition tournée vers un maintien, néanmoins pas encore acquis.

Mais à Jean-Bouin, tous les acteurs sur le pré ont répondu présent, à l’appel au combat pour relever la tête et espérer. Les Français perdaient une heure de sommeil quand les Parisiens étaient à l'heure du réveil sportif !

Un début de match à cent à l’heure qui aurait pu assommer d’entrée une équipe toulonnaise légèrement remaniée (Guirado, Nonu sur le banc, Halfpenny au repos) et sans repère. Plisson concrétisait au pied la domination des siens qui ne parvenaient pas à passer la ligne en première période (12-3).

Stade Français Toulon 2017 (2)

Au retour des vestiaires, Waisea trrouvait le premier la faille pour voir Paris s’envoler au score (17-3). Mais le second acte était surtout marqué, côté parisien, par un manque de réussite au pied de Plisson, vendangeant 11 points, ainsi que par une incapacité des deux formations à tenir une mêlée qui poussa monsieur Charabas à sortir pas moins de 4 cartons jaunes.

Le match devint vite un combat de tranchée, à l’image de l’actualité, pour éviter de perdre le match et la face aux yeux du public et du rugby français. Les Parisiens se mirent à douter à l’heure de jeu quand Bastareaud déchirait leur rideau défensif pour inscrire l’essai varois. Plisson, incapable de tuer le match, ce sera en infériorité numérique et en serrant les fesses que les Parisiens tiendront le score et leur victoire, comme un premier signe d’espoir pour la suite.

Mais quelle suite pour ce Stade Français Paris ?

C’est là toute la confusion. En attendant, il y a un quart de finale de Challenge européen à jouer au Pays de Galles.

 

Les autres matches en bref...

Pau (6) – La Rochelle  (1)                      13 – 23

Les demies (quasi) en poche !

Les Maritimes ont signé leur 9ème victoire consécutive, leur 10ème match sans défaite depuis le mois de novembre, plus fort qu’un record pour un club au budget raisonnable pour ne pas dire modeste.

On pensait qu’au stade du Hameau où les Palois avaient enchainé une aussi belle série de victoires, portés eux aussi par une dynamique positive, les Rochelais allaient enfin tomber, sans grande conséquences pour leur première place.

Même pas ! James aux baguettes a offert quasi tous les points de ce match, auteur du premier essai et en réussite sur ses coups de pieds.

Pau a été puni en mêlée et n’a pas existé en seconde période, laissant filer la victoire, après l’essai de Amosa, jusqu’au port de La Rochelle où les Maritimes pouvaient déjà fêter leur participation à la phase finale, quoi qu’il se passe, avec une très très forte probabilité d’accéder directement aux demies.

Quelle équipe ! Et déjà, quel exploit !

Pau conserve malgré tout sa place dans le TOP 6, avec seulement trois longueurs d’avance sur ses premiers concurrents que sont le Racing et Bordeaux.

 

Racing 92 (8) – Clermont (2)                27 – 24

En deux temps et trois longueurs…

Le Racing 92, comme son voisin parisien avait besoin de se vider la tête après l’effusion médiatique de ces dernières semaines. Il avait aussi et surtout besoin de gagner pour revenir dans la course aux barrages.

En ouverture de cette 22ème journée, ce fut chose faite, dès la pause, menant 20-0 (bonus offensif en poche) face à une équipe clermontoise totalement remaniée, en vue de son quart de finale européen la semaine prochaine.

On pensait le match plié, mais c’était sans compter la réaction des hommes d’Azéma revenus sur le pré avec de toutes autres intentions. La seconde période fut également à sens unique, les Clermontois écrasant les locaux par un 24-3, bonus offensif annulant celui des Racingmen qui jusqu’au bout ont eu très très chaud.

Encore cinq minutes et la victoire changeait de camp. Heureusement, il n’en a rien été, monsieur Cardona, n’étant pas anglais, il n’y aura pas de temps additionnel conséquent.

Les Auvergnats repartent avec un point de bonus défensif non négligeable qui les maintient à la seoncde place et les tient à bonne distance (8 points) des Montpelliérains, défaits à Brive.

 

Brive (9) – Montpellier (3)                    28 – 25

Un match de Galala

À Brive, en général, on assiste à un concours de coup de pied que remporte toujours (ou presque) le buteur corrézien, Gaétan Germain.

Parti dans ce sens avec 7 pénalités contre 2 pour le montpelliérain François Steyn, les Coujoux semblaient mener le concours haut la main. Jusqu’à Cinq minutes de la fin où les visiteurs avaient décidé de jouer dans une autre cour, celle des marqueurs d’essais.

Après Dumoulin (28è), Nagusa (46è), c’est le talonneur Du Plessis qui surgissait classiquement d’un maul pour le troisième essai de l’après-midi, offrant un inattendu bonus offensif au MHR.

Mais dans le temps additionnel, les Brivistes allaient arracher une incroyable victoire grâce à un essai de Galala sur une ultime séquence offensive. Montpellier passait alors sur le fil, de 5 points à 1 seul, celui d’n bonus défensif amer.

Brive semble sur cette victoire avoir sauvé sa saison, et pourrait presque se frotter, pour de rire, à la course aux barrages.

 

Grenoble (13) – Castres (5)                   21 – 20

Mélé, en pilier !

4 pénalités et 3 drops de l’ouvreur David Mélé ont suffi aux Grenoblois pour disposer des Castrais, bien revenus pourtant en fin de match, avec un essai de pénalité qui les faisait passer devant, après un premier essai de Caballero à l’heure de jeu.

Un match en demi-teinte où les Tarnais ont accumulé trop de fautes avant de reprendre la main dans le second acte. Et puis il y a eu ce drop à la dernière minute… Mais quel drop !

Et dire que David Mélé ne devait même pas jouer. La blessure de Winiewski a rebattu les cartes au FCG dont la victoire remet du baume au cœur dans une actualité peu reluisante. A cinq journées de la fin, il ne reste plus d’autres choix à Grenoble que d’aller gagner à l’extérieur.

 

Bordeaux (7) – Toulouse (10)                20 – 11

Et puis Serin est entré…

Toulouse a pris d’entrée le match en main à Bordeaux, marquant son seul essai dès la 10ème minute par Médard et puis s’est petit à petit endormi sur ses bien maigres lauriers, menant 8-3 à la pause.

Les Bordelais, pas inspirés, à l’image de leur ouvreur irlandais Madigan, vont être totalement métamorphosés par l’entrée de l’enfant prodige, Baptiste Serin, à l’heure de jeu.

Et le jeu girondin retrouva l’usage de ses jambes, la défense toulousaine s’ouvrit, et les points se multiplièrent… Alléluia !

Trois pénalités de Serin suffirent à faire passer Bordeaux devant, un essai de Lesgourgues à priver Toulouse d’un point de bonus et du même coup de phase finale.

Car il va être très compliqué au Stade Toulousain de revenir dans la course aux barrages, à moins de remporter tous ses matchs. Il ne lui reste que la coupe d’Europe pour rêver… la semaine prochaine au Munster. Difficile d’y croire.

 

Lyon (11) – Bayonne (14)                        52 – 7

Bas les Basques !

Adieu Bayonne, on t’aimait bien… C’est avec beaucoup de Pena qu’on te voie quitter notre championnat, crois-nous. Mais là ! Y a plus rien à faire, plus rien à tirer de cette équipe qui n’a plus le niveau, ou qui ne l’a jamais eu.

Le Lou n’a fait qu’une bouchée de la brebis malade du TOP 14, tout comme Toulon il y a quinze jours.

7 essais à 1 … Lyon a sauvé sa peau… Ce sera dur d’aller les chercher pour Grenoble.

 (entre parenthèses, le rang du nouveau classement après cette journée)

Tous les résultats officiels du week-end >>



La semaine prochaine…

Montez dans les quarts, on se fait un tour d’Europe !

Et bonne nouvelle, il y aura un club français en demie. Puisque Clermont reçoit son rival toulonnais au Michelin, comme le Racing l’an passé, malheureux en finale.

Toulouse complètera le trio tricolore avec un déplacement périlleux chez les Irlandais du Munster. Pas sûr que les Toulousains, déjà en difficulté dans le championnat, crée l’exploit à Thomond Park, comme seul les Clermontois l'avaient fait dans le passé.

 

Au programme, samedi 1er avril :

  • Leinster – London Wasps, à 16h15 (beIN Sport)
  • Munster – Toulouse, à 18h45 (beIN sport)

Puis dimanche 2 avril :

  • Saracens – Glasgow, à 14h (beIN Sport)
  • Clermont – Toulon, à 16h15 (France 2)

 

En challenge Cup,

La Rochelle se déplacera à Édimbourg, vendredi soir 31 mars, à 21h (France 4)

Brive se déplacera à Bath, samedi 1er avril, à 13h45 (beIn Sport)

Le Stade Français se déplacera chez les Ospreys, dimanche 2 avril, à 18h45 (beIn Sport)

Gloucester recevra à Cardiff, samedi 1er avril, à 20h05 (beIn Sport)